La Vie : La Vie.

Sujet d'actualité Au Québec l'accommodement raisonnable, un sujet d'actualité.
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J'm'interroge

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Re: La Vie : La Vie.

Ecrit le 04 févr.26, 00:35

Message par J'm'interroge »

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@ Coemgen,

Ta réponse repose sur un présupposé central que tu ne démontres jamais : que les mécanismes manifestent logiquement une finalité. C’est précisément ce point qui est contestable, et que tu traites comme une évidence alors qu’il s’agit d’un choix métaphysique.

Un mécanisme n’implique pas nécessairement un but. Il implique une régularité, pas forcément une intention. Dire que l’information « produit une mécanique qui déclenche une multiplication et une croissance en puissance » n’introduit toujours aucune finalité : tu décris un enchaînement causal, puis tu lui ajoutes un vocabulaire téléologique (“perfectionnement”, “directive”, “plan”) sans justification indépendante. Tu changes de registre sans le signaler.

Tu parles d’« information » comme si elle était ajoutée de l’extérieur ou orientée. Or, en biologie, l’information génétique n’est pas un message porteur de sens, mais une structure physico-chimique qui se modifie par erreurs, duplications, recombinaisons. Elle n’“apporte” rien en vue de quelque chose, elle se transforme, et certaines transformations persistent parce qu’elles ne sont pas éliminées. L’information n’est pas finalisée, elle est sélectionnée.

Quand tu dis que les difficultés, disparitions et extinctions ne s’opposent pas au plan, tu rends ton hypothèse irréfutable. Tout ce qui arrive confirme le plan, y compris son contraire. Une thèse qui explique tout n’explique rien. Si l’ordre, le chaos, le progrès et la régression valident également la finalité, alors cette finalité n’a aucun contenu explicatif.

L’argument selon lequel « l’élément qui porte la cause n’est pas conscient des mécanismes » ne résout rien. Il sert uniquement à sauver la téléologie en la rendant invisible. Là encore, tu demandes qu’on accepte un plan dont aucun agent n’a conscience, dont aucun indice empirique distinctif n’existe, mais qui serait pourtant à l’œuvre partout. C’est une croyance, pas une explication.

Quand tu affirmes que « l’homme intelligent devait exister », tu franchis un seuil supplémentaire : tu invoques une nécessité finale. Or rien, absolument rien dans le processus de l’évolution biologique, n’impose l’apparition de l’homme comme étant le produit d'une finalité intentionnelle. Rejoue l’histoire avec de légères variations initiales, et tu obtiens autre chose — ou rien du tout. Dire “il devait exister”, c’est projeter notre existence comme justification du processus, pas comme conséquence nécessaire.

Tu insistes sur le passage du simple au complexe. C’est vrai localement, faux globalement. La complexité augmente parfois, dans certains lignages, sous certaines contraintes. Mais la majorité du vivant reste simple, et la simplicité est extraordinairement stable. L’évolution ne “cherche” pas la complexité, elle la tolère quand elle n’est pas trop coûteuse. Là encore, tu transformes une tendance partielle en direction universelle.

Ton vocabulaire — “mieux être”, “perfectionnement”, “croissance en puissance”, “douleurs de l’enfantement” — est révélateur : tu racontes une histoire du sens, pas une analyse des causes. Ce n’est pas illégitime philosophiquement, mais ce n’est pas une explication de l’évolution. C’est une lecture théologique et finaliste du réel, pas sa mécanique.

Enfin, quand tu dis que de « pauvres structures » ne pourraient produire l’information génétique nécessaire, tu poses une fausse alternative : soit une finalité, soit l’impossibilité. Or l’accumulation graduelle, les duplications, les cooptations fonctionnelles sont précisément documentées. Le fait que ça te paraisse insuffisant intuitivement ne constitue pas un argument.

En résumé :
- tu ne montres pas qu’il y a un but à l'évolution du vivant biologique, tu l’interprètes ;
- tu ne déduis pas un plan, tu le supposes ;
tu ne constates pas une direction, tu la racontes.
- Tu ne manques pas de cohérence interne, mais tu confonds constamment sens et processus causal.
- Et ce que tu appelles « manquer le but », c’est simplement refuser de transformer un résultat contingent en nécessité métaphysique.

Par ailleurs, il me semble que tu assimiles les mécanismes évolutifs à ceux d’artefacts comme une horloge, où le fonctionnement renverrait nécessairement à une conception, donc à une finalité. Mais cette analogie est précisément le point faible de ton raisonnement.

Une horloge est un artefact : elle est définie par une intention externe identifiable (indiquer l’heure). Son mécanisme est subordonné à un usage préalable. En revanche, les mécanismes naturels ne sont pas des artefacts. Ils n’ont pas d’utilisateur, pas de cahier des charges, pas de fonction prescrite à l’avance. L’analogie implicite importe clandestinement ce qu’elle est censée démontrer : un concepteur et un but.

Dans l’évolution du vivant biologique, la « fonction » n’est pas première, elle est dérivée. Un trait n’existe pas pour accomplir une tâche, il accomplit une tâche parce qu’il existe et qu’il n’a pas été éliminé. L’horloge indique l’heure même si personne ne la regarde, certes, mais elle a été faite pour cela. Un œil voit même sans finalité cosmique, parce qu’il est le résultat d’une histoire de variations retenues, pas d’un plan pour la vision.

Dire que le mécanisme manifeste la finalité revient à confondre organisation et intention. Or l’organisation peut émerger sans projet, comme dans les cristaux, les tourbillons, ou les structures auto-organisées, comme c'est le cas précisément pour les formes de vie biologiques. Le fait qu’un système produise un effet cohérent structurel et fonctionnel, ne suffit pas à conclure qu’il a été conçu pour cet effet.

L’horloge est un bon exemple… contre ce que tu prétends. Elle fonctionne indépendamment de toute évolution : elle ne se transforme pas, ne s’adapte pas, ne se reproduit pas, ne rate pas pour essayer autrement. L’évolution du vivant biologique, au contraire, est une accumulation de solutions locales, souvent inefficaces, parfois absurdes, toujours contingentes. Une horloge ratée est un échec de conception ; un organisme « mal fichu » est simplement un survivant temporaire.

Donc oui, tu penses probablement que mécanisme = conception = finalité. Mais ce lien n’est ni logique ni nécessaire. Il est culturel, intuitif ou téléologique, humain. Et c’est précisément cette intuition — séduisante mais trompeuse — que tu injectes dans la discussion, quand tu lis l’évolution biologique comme une horloge cosmique qui donnerait l’heure du sens.
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Re: La Vie : La Vie.

Ecrit le 05 févr.26, 02:00

Message par Coemgen »

J'm'interroge a écrit :Ta réponse repose sur un présupposé central que tu ne démontres jamais : que les mécanismes manifestent logiquement une finalité. C’est précisément ce point qui est contestable, et que tu traites comme une évidence alors qu’il s’agit d’un choix métaphysique.
Bonjour J'm'interroge,
Avant mon intervention , vous évoquiez deux définitions de la vie dans une grande opposition (théologie vs biologie) . Ce n'est pas du "tout vrai" et du "tout faux".
Je ne rejette pas tout de l'évolution ou de la théologie et j'ai jugé bon de rappeler une approche interdisciplinaire, d'où notre discussion .
J'm'interroge a écrit :Un mécanisme n’implique pas nécessairement un but. Il implique une régularité, pas forcément une intention. Dire que l’information « produit une mécanique qui déclenche une multiplication et une croissance en puissance » n’introduit toujours aucune finalité : tu décris un enchaînement causal, puis tu lui ajoutes un vocabulaire téléologique (“perfectionnement”, “directive”, “plan”) sans justification indépendante. Tu changes de registre sans le signaler.
Nous pourrions aussi penser au vocabulaire d'un géologue pour expliquer les changements de notre environnement et leurs impacts sur la biologie du vivant. c'est justement le principe de cette approche . En donnant aussi un sens dans une mécanique (grandir en puissance), j’établis une finalité : l’apparition d’êtres puissants .
Vous pouvez ne pas y adhérer, mais vous ne pouvez pas dire que je n’introduis pas de finalité .
a écrit :Tu parles d’« information » comme si elle était ajoutée de l’extérieur ou orientée. Or, en biologie, l’information génétique n’est pas un message porteur de sens, mais une structure physico-chimique qui se modifie par erreurs, duplications, recombinaisons. Elle n’“apporte” rien en vue de quelque chose, elle se transforme, et certaines transformations persistent parce qu’elles ne sont pas éliminées. L’information n’est pas finalisée, elle est sélectionnée.
Oui, aucun problème.
La cellule contient des informations qu'elle transmet à l'extérieur : la molécule présente dans le noyau au moment de la division cellulaire retranscrit fidèlement une information qui permet à l'organisme de croître . La cellule reçoit également des informations, notamment celles émises par la lumière du soleil.
Les erreurs, les éliminations, les variations et les imperfections restent dans un cadre où la sélection n’est pas incompatible avec la finalisation .
J'm'interroge a écrit :Quand tu dis que les difficultés, disparitions et extinctions ne s’opposent pas au plan, tu rends ton hypothèse irréfutable. Tout ce qui arrive confirme le plan, y compris son contraire. Une thèse qui explique tout n’explique rien. Si l’ordre, le chaos, le progrès et la régression valident également la finalité, alors cette finalité n’a aucun contenu explicatif.
J’apporte justement une précision qui m’est propre : il y a un entre " chaos et organisation " .
Cela pourrait être semblable à une zone avec des degrés de luminosité, entre " ténèbres et lumière ". Autrement dit, tout n’est pas rose, ou plutôt, tout n’est pas blanc ou noir. Certaines personnes observent la scène à travers un prisme " chaotique ", ce regard n’est pas faux, mais il est incomplet .
Je peux comprendre ce discours sur le chaos, la souffrance et la régression, mais il faut voir l'ensemble, qui est finalement plus structuré aujourd'hui.
Nous n’avons pas une belle horloge, la nature s’adapte sur un chemin large tout en conservant cette définition de grandir en puissance .
J'm'interroge a écrit :L’argument selon lequel " l’élément qui porte la cause n’est pas conscient des mécanismes " ne résout rien. Il sert uniquement à sauver la téléologie en la rendant invisible. Là encore, tu demandes qu’on accepte un plan dont aucun agent n’a conscience, dont aucun indice empirique distinctif n’existe, mais qui serait pourtant à l’œuvre partout. C’est une croyance, pas une explication.
Non, je disais simplement que de simples cellules ne peuvent pas prendre conscience de leur potentiel futur . Mais vous, vous le pouvez, car vous êtes beaucoup plus complexe que les premiers micro-organismes. C’est pour cette raison que j’ai écrit : " Vous pouvez prendre conscience que l’homme devait venir. "
D’ailleurs, "prendre conscience de" est une capacité remarquable et les mécanismes ne sont que partiellement compris dans ce domaine .
J'm'interroge a écrit : Quand tu affirmes que « l’homme intelligent devait exister », tu franchis un seuil supplémentaire : tu invoques une nécessité finale. Or rien, absolument rien dans le processus de l’évolution biologique, n’impose l’apparition de l’homme comme étant le produit d'une finalité intentionnelle. Rejoue l’histoire avec de légères variations initiales, et tu obtiens autre chose — ou rien du tout. Dire “il devait exister”, c’est projeter notre existence comme justification du processus, pas comme conséquence nécessaire.
Non, nous aurions pu être légèrement différents en raison de notre histoire (et même l'histoire ne peut pas faire tout et n'importe quoi) , mais il devait y avoir un homme. Vous évoquerez plus tard dans vos commentaires l'organe de l'œil ; il devait aussi y avoir une forme d'œil dans tout le potentiel exploitable des cellules poussées à se développer à la lumière de notre environnement, qui n'est pas non plus là sans aucun sens .
a écrit :Tu insistes sur le passage du simple au complexe. C’est vrai localement, faux globalement. La complexité augmente parfois, dans certains lignages, sous certaines contraintes. Mais la majorité du vivant reste simple, et la simplicité est extraordinairement stable. L’évolution ne “cherche” pas la complexité, elle la tolère quand elle n’est pas trop coûteuse. Là encore, tu transformes une tendance partielle en direction universelle.
Vous tentez de minimiser la complexité de nos organes . Il existe toutefois, de manière générale, un ordre croissant de complexité dans l'ensemble : les végétaux, les insectes, les animaux, et bien évidemment l’être humain , avec ses 8 milliards d’individus. Un cerveau n'est pas un atome.
J'm'interroge a écrit :Ton vocabulaire — “mieux être”, “perfectionnement”, “croissance en puissance”, “douleurs de l’enfantement” — est révélateur : tu racontes une histoire du sens, pas une analyse des causes. Ce n’est pas illégitime philosophiquement, mais ce n’est pas une explication de l’évolution. C’est une lecture théologique et finaliste du réel, pas sa mécanique.
Ce ne sont que des mots pour donner un sens à ce qui ne se limite pas à la biologie . Vous avez le droit de contester mon point de vue , mais il est inutile de vous focaliser sur des mots qui découlent naturellement de votre interlocuteur qui ne se limite pas à votre compréhension.
J'm'interroge a écrit :Enfin, quand tu dis que de « pauvres structures » ne pourraient produire l’information génétique nécessaire, tu poses une fausse alternative : soit une finalité, soit l’impossibilité. Or l’accumulation graduelle, les duplications, les cooptations fonctionnelles sont précisément documentées. Le fait que ça te paraisse insuffisant intuitivement ne constitue pas un argument.
Je n’ai rien contre l’observation des réactions et les études qui cherchent à expliquer le passage de la chimie à la biologie ; ce sont des hypothèses intéressantes pour comprendre comment des molécules peuvent s’organiser , se reproduire et évoluer . Je ne reprendrai pas le reste de vos citations à partir de votre résumé.
Je pense que vous aurez compris que la belle horloge ne correspond pas vraiment à mon explication. Concernant les yeux et d'autres organes, c'est toujours le même problème : je ne me contente pas d'éléments primaires simples qui évoluent par étapes sous l'action de la lumière. Je ne m'arrête pas à un matérialisme et à la biologie, cela n'est pas suffisant selon moi.
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Re: La Vie : La Vie.

Ecrit le 05 févr.26, 05:25

Message par J'm'interroge »

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@ Coemgen,

Tu clarifies ta position, mais le désaccord persiste : tu assumes une finalité ajoutée, pas déduite. Le problème n’est donc pas que tu « n’introduirais pas de finalité » — tu le fais explicitement — mais que cette finalité ne joue aucun rôle explicatif contraignant. C'est dans ce sens que je disais que tu ne l'introduis pas.

Dire que tu adoptes une approche interdisciplinaire ne change rien au fond. Une interdisciplinarité n’autorise pas à mélanger les registres sans règles. Un géologue peut éclairer la biologie, oui, parce qu’il apporte des contraintes physiques et historiques. En revanche, introduire une finalité (« grandir en puissance », « apparition d’êtres puissants ») n’est pas un changement d’échelle disciplinaire, c’est un changement de statut explicatif : tu passes du descriptif au normatif, du causal au téléologique.

Tu dis : « en donnant aussi un sens dans une mécanique, j’établis une finalité ». C’est exactement le point. Tu donnes un sens. Tu ne le montres pas comme nécessaire, tu l’assignes. Et rien, dans les mécanismes que tu décris ensuite (transmission, erreurs, sélection), n’exige cette finalité. Ils fonctionnent parfaitement sans elle.

Sur l’« information », tu continues sur le glissement dont j'ai parlé. Oui, la cellule transmet une information. Mais transmettre n’est pas signifier, et encore moins viser. La lumière du soleil n’« informe » pas la cellule au sens téléologique, elle agit comme une contrainte extérieure physique. Le vocabulaire informationnel, chez toi, reste chargé de sens implicite. Chez le biologiste, il est strictement opératoire.

Quand tu dis que la sélection n’est « pas incompatible avec la finalisation », tu confirmes le problème : la compatibilité n’est pas un argument. Tout est compatible avec une finalité invisible. Ce critère ne discrimine rien. Tu pourrais dire la même chose d’un monde radicalement différent, et la finalité survivrait intacte. Elle n’explique donc rien de spécifique.

Ton « entre chaos et organisation » est une image, pas un principe. Personne ne défend un chaos absolu. Les biologistes eux-mêmes parlent précisément de systèmes loin de l’équilibre, d’auto-organisation sous contraintes. Mais encore une fois, l’existence d’un ordre émergent n’implique aucunement un but. Tu prends une structure intermédiaire pour une direction.

Sur l’homme « qui devait venir », tu persistes dans une affirmation forte sans fondement contraignant. Dire « l’histoire ne peut pas faire n’importe quoi » est vrai, mais en déduire « donc l’homme devait exister » est un saut illégitime. Les contraintes n’imposent pas un résultat unique. Elles bornent un espace de possibles. Tu transformes une possibilité réalisée en nécessité rétrospective.

Même chose pour l’œil. Dire qu’« il devait y avoir une forme d’œil » suppose que la perception visuelle soit un aboutissement inscrit dans le potentiel du vivant. Or ce potentiel est indéterminé : il dépend des conditions de vie, des niches, des contingences aléatoires, des extinctions. D’autres lignées ont exploré d’autres solutions sensorielles. Tu sélectionnes notre solution comme si elle était inscrite à l’avance.

Sur la complexité, ton échelle « végétaux → insectes → animaux → humains » est une hiérarchie intuitive, voire simplement culturelle, pas un fait biologique global. Elle reflète notre point de vue d’animaux cérébrés. La complexité n’augmente pas uniformément, elle se redistribue. Et surtout, elle n’est pas une valeur en soi pour l’évolution.

Enfin, quand tu dis que tu ne te limites pas au matérialisme ni à la biologie, tu admets implicitement que ta thèse ne relève plus de l’explication scientifique, mais d’une interprétation du monde. C’est parfaitement légitime philosophiquement. Ce qui ne l’est pas, c’est de présenter cette interprétation comme si elle était requise par les faits biologiques.

En résumé, le désaccord est simple et profond : tu lis dans l’évolution une histoire orientée, je n’y vois qu’un processus contraint et nécessaire. Tu proposes du sens. Je m'intéresse au processus et conditions. Et tant que la finalité que tu invoques ne contraint aucun phénomène précis, elle reste un regard porté sur le monde — pas une clé pour l’expliquer.

En outre, ma position bien que 100% naturaliste, n'est pas matérialiste. Elle est non substantialiste et intègre la dimension subjective et une intentionnalité distribuée. C'est juste qu'elle repose sur une approche minimaliste (ne suppose rien sans raisons nécessaires) et est donc sceptique, athée, agnostique et ignostique.
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Re: La Vie : La Vie.

Ecrit le 06 févr.26, 03:05

Message par Coemgen »

J'm'interroge a écrit :Tu clarifies ta position, mais le désaccord persiste : tu assumes une finalité ajoutée, pas déduite. Le problème n’est donc pas que tu « n’introduirais pas de finalité » — tu le fais explicitement — mais que cette finalité ne joue aucun rôle explicatif contraignant. C'est dans ce sens que je disais que tu ne l'introduis pas.
Il est plus difficile de défendre le sens de la vie que de défendre son existence , mais les deux sont liés .
Cette finalité n’est pas imposante , car j’ai parlé de liberté , elle appelle à un échange d’informations avec des éléments et des êtres capables d’autonomie .
Je dirais que le rôle est de maintenir la croissance de la vie, chose qui ne peut se faire sans les conditions nécessaires pour son existence constante .
J'm'interroge a écrit :Dire que tu adoptes une approche interdisciplinaire ne change rien au fond. Une interdisciplinarité n’autorise pas à mélanger les registres sans règles. Un géologue peut éclairer la biologie, oui, parce qu’il apporte des contraintes physiques et historiques. En revanche, introduire une finalité (« grandir en puissance », « apparition d’êtres puissants ») n’est pas un changement d’échelle disciplinaire, c’est un changement de statut explicatif : tu passes du descriptif au normatif, du causal au téléologique.
Vous déviez mes propos afin de minimiser l'importance d'avoir présenté une autre approche.
Vous me visez personnellement en qualifiant mon approche d'inutile, alors que l’objectif de mon précédent message était de rappeler l’importance de l’interdisciplinarité en générale, car vous aviez séparé deux définitions et deux disciplines.
Vous répétez ensuite l’utilité de l'historien ou du géologue que j'évoquais dans mon précédent texte et critiquez mon cas.

De nombreux philosophes tentent cette interdisciplinarité, le contraire de ce que vous faisiez.
Le simple fait d’avoir mentionné une approche interdisciplinaire montre son utilité par rapport à vos définitions, avant mon intervention (peu importe que vous trouviez mon explication fragile ou que je trouve la vôtre fragile).
J'm'interroge a écrit :Tu dis : « en donnant aussi un sens dans une mécanique, j’établis une finalité ». C’est exactement le point. Tu donnes un sens. Tu ne le montres pas comme nécessaire, tu l’assignes. Et rien, dans les mécanismes que tu décris ensuite (transmission, erreurs, sélection), n’exige cette finalité. Ils fonctionnent parfaitement sans elle.
C’est effectivement difficile à percevoir étant donné que ce n’est pas un code déterminé qui s'impose . Les sélections, les erreurs et le chaos ne sont donc pas des obstacles, cela fait simplement partie des mécanimes et d'une liberté. Disons que c'est un chemin large encadré par les conditions nécessaires à la vie .
J'm'interroge a écrit :Sur l’« information », tu continues sur le glissement dont j'ai parlé. Oui, la cellule transmet une information. Mais transmettre n’est pas signifier, et encore moins viser. La lumière du soleil n’« informe » pas la cellule au sens téléologique, elle agit comme une contrainte extérieure physique. Le vocabulaire informationnel, chez toi, reste chargé de sens implicite. Chez le biologiste, il est strictement opératoire.
Oui, chez le biologiste. L’approche disciplinaire me fait employer ce vocabulaire, car j’y vois une cause à l’émergence de la vie (dimensions, planète, etc) .
Je sais bien que d’un point de vue " biochimique ", l’oeil primitif, par exemple , réagit à la luminosité grâce à des protéines qui ne parlent pas.
J'm'interroge a écrit :Quand tu dis que la sélection n’est « pas incompatible avec la finalisation », tu confirmes le problème : la compatibilité n’est pas un argument. Tout est compatible avec une finalité invisible. Ce critère ne discrimine rien. Tu pourrais dire la même chose d’un monde radicalement différent, et la finalité survivrait intacte. Elle n’explique donc rien de spécifique.
Je n’ai rien à redire ici concernant le sens de la création, c’est un "laisser-aller" qui reste encadré (par les conditions nécessaires à son existence) pour laisser la vie se développer . Je préfère parler de compatibilité, d'échange, plutôt qu'une loi imposante.
J'm'interroge a écrit :Ton « entre chaos et organisation » est une image, pas un principe. Personne ne défend un chaos absolu. Les biologistes eux-mêmes parlent précisément de systèmes loin de l’équilibre, d’auto-organisation sous contraintes. Mais encore une fois, l’existence d’un ordre émergent n’implique aucunement un but. Tu prends une structure intermédiaire pour une direction.
Non, c’est la réalité d'une vision humaine. Je n’ai pas dit qu’une personne défendait un chaos absolu , je disais qu’une personne pouvait considérer l’évolution de la création comme une incohérente, parce qu’elle ne se fixe que sur le côté chaotique. Je n’ai pas non plus écrit qu’il n’existait pas d’organisation sous contraintes, je parlais déjà dans mes précédents messages d’un cadre.
J'm'interroge a écrit : Enfin, quand tu dis que tu ne te limites pas au matérialisme ni à la biologie, tu admets implicitement que ta thèse ne relève plus de l’explication scientifique, mais d’une interprétation du monde. C’est parfaitement légitime philosophiquement. Ce qui ne l’est pas, c’est de présenter cette interprétation comme si elle était requise par les faits biologiques.
Savoir que la vie dépend de variables , de paramètres, c'est ce cadre dont je vous parle depuis le commencement .
Il faut, par exemple, des contraintes particulières sur la planète, une température idéale pour un bon déroulement des réactions (comme un effet de serre qui maintient la température). D’ailleurs, en parlant de maintenance, c’est le rôle que j'évoque au début de ce message .

Ce n’est pas l’objet de ce fil, mais vous affirmez ne pas être matérialiste. Je me demande en quoi vous ne l’êtes pas dans votre approche minimalisme.
Quelle preuve ? Pensez-vous que l’esprit et la conscience ne résultent pas d’intéractions matérielles ? Avez vous des exemples ?

En conclusion, même si vous n'y adhérez pas, je reste aussi insatisfait. J'y vois un sens à l'apparition de la vie, qui a sa place dans l'évolution. Cdlt
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Re: La Vie : La Vie.

Ecrit le 06 févr.26, 05:27

Message par J'm'interroge »

.
Coemgen,


Tu fais bien de revenir aux définitions de la Vie que j’ai proposées, parce qu’elles permettent justement de clarifier le malentendu central.

Quand je dis que la Vie n’est réductible ni à la biologie ni à l’expérience subjective, je n’introduis pas une finalité cosmique. Je décris un champ de possibles : des structures, des processus et des conditions qui rendent l’existence consciente possible, sans présupposer qu’ils visent quelque chose. La Vie, telle que je la définis, est un cadre de manifestation, pas un projet orienté, même si par ailleurs il y a une orientation qui se met en place.

C’est là que nos positions divergent nettement. Tu lies le sens et l’existence, puis tu passes de ce lien à une finalité de croissance : « maintenir la croissance de la vie », « grandir en puissance ». Or ce passage n’est pas nécessaire. Que la Vie soit vécue, ouverte, relationnelle, n’implique pas qu’elle doive croître, se renforcer ou produire des êtres toujours plus puissants. Tu ajoutes une direction normative là où je décris une structure de possibles en soi.

Tu dis que ta finalité n’est « pas imposante » parce qu’elle laisse place à la liberté. Mais une finalité non imposante reste une finalité. La liberté ne la rend pas explicative, elle la rend simplement indétectable empiriquement. Là encore, tout ce qui arrive — ordre, chaos, échec, réussite — devient compatible. Le problème n’est pas moral, il est épistémique.

Concernant l’interdisciplinarité, il faut être précis. Je n’ai jamais rejeté l’interdisciplinarité, je conteste l’usage qui consiste à faire circuler des concepts chargés de sens (finalité, rôle, croissance, maintien) d’un registre à l’autre sans critère de validation. L’interdisciplinarité n’est pas une fusion indistincte des discours, c’est une articulation rigoureuse. Sinon, on obtient une vision globale séduisante, mais conceptuellement flottante.

Quand tu parles de cadre, de paramètres, de conditions nécessaires (température, planète, dimensions, effet de serre), nous sommes entièrement d’accord. Mais un cadre de conditions n’est pas une intention. Les contraintes permettent, elles ne prescrivent pas. Dire que la vie dépend de paramètres n’implique pas qu’elle soit « appelée » à croître ou à se maintenir. Tu transformes une condition de possibilité en rôle à accomplir.

Sur le chaos et l’organisation, là encore, il n’y a pas de désaccord factuel. La divergence porte sur l’interprétation. Tu dis : « il y a un entre-deux ». Très bien. Mais cet entre-deux est précisément ce que décrivent les théories de l’auto-organisation sans finalité. Tu y vois un chemin voulu prédéterminé, je vois dans la direction prise une conséquence.

Quant à la question du matérialisme : non, mon approche n’est pas matérialiste au sens réducteur. Dire que la conscience émerge d’interactions matérielles n’épuise pas ce qu’est la conscience. L’émergence n’est pas une réduction. Mais refuser le matérialisme strict ne m’oblige pas à introduire une finalité cosmique ou un sens inscrit dans l’évolution. Entre réduction et téléologie, il existe un espace conceptuel — précisément celui que j’essaie de tenir.

En résumé, le désaccord n’est ni personnel ni disciplinaire. Il est structurel :

– tu lis dans la Vie une orientation normative (croissance, puissance, maintien) qui y serait injecté de l'extérieur ;
– je décris la Vie comme un espace de possibles intégrant les vécus, sans but intrinsèque primordial ;
– tu transformes des conditions et des compatibilités en rôle à remplir ;
– je m’arrête à ce que ces conditions rendent possible, pas à ce qu’elles devraient produire selon mon idée.

Tu vois un sens à l’apparition de la vie. Je vois une émergence qui permet ensuite au sens d’exister — chez les vivants conscients, pas dans le processus lui-même.

C’est une différence philosophique réelle. Elle ne se résout ni par l’interdisciplinarité invoquée, ni par l’élargissement du vocabulaire, mais par un choix clair : le sens est-il produit par la Vie, ou inscrit en elle dès l’origine ?

C’est là que nos chemins se séparent.
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- La réalité est toujours beaucoup plus riche et complexe que ce que l'on peut percevoir, se représenter, concevoir, croire ou comprendre.
- Nous ne savons pas ce que nous ne savons pas.
Humilité !
- Toute expérience vécue résulte de choix. Et tout choix produit son lot d'expériences vécues.
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Re: La Vie : La Vie.

Ecrit le 07 févr.26, 05:34

Message par Coemgen »

J'minterroge a écrit :Tu fais bien de revenir aux définitions de la Vie que j’ai proposées, parce qu’elles permettent justement de clarifier le malentendu central.
Quand je dis que la Vie n’est réductible ni à la biologie ni à l’expérience subjective, je n’introduis pas une finalité cosmique. Je décris un champ de possibles : des structures, des processus et des conditions qui rendent l’existence consciente possible, sans présupposer qu’ils visent quelque chose. La Vie, telle que je la définis, est un cadre de manifestation, pas un projet orienté, même si par ailleurs il y a une orientation qui se met en place.
Bonjour. Dans une approche métaphysique interdisciplinaire, la théologie et la biologie ne sont pas nécessairement en opposition, il suffit de clarifier le sujet .
Il n’y a aucun problème à définir la vie selon les définitions suivantes :
https://dictionnaire.lerobert.com/definition/vie

Les questions sur l'origine et le sens de la vie sont légitimes et nous pouvons proposer des caractéristiques à cette vie pendant notre dialogue . L’écart que vous faites entre les définitions théologique et biologique est invalide si nous considérons le nombre de philosophes et théologues qui discutent sur une définition identique de la vie. On pourrait chercher une séparation en parlant d'une autre définition en théologie, d'une vie spirituelle, d’une cause à la création, d’un but , mais c'est justement ce que je rejette dans l'interdisciplinaire. Il est ici question d'une complémentarité (que l'on accepte ou pas), pas d'une confusion avec une discipline .
Jm'interroge a écrit : C’est là que nos positions divergent nettement. Tu lies le sens et l’existence, puis tu passes de ce lien à une finalité de croissance : « maintenir la croissance de la vie », « grandir en puissance ». Or ce passage n’est pas nécessaire. Que la Vie soit vécue, ouverte, relationnelle, n’implique pas qu’elle doive croître, se renforcer ou produire des êtres toujours plus puissants. Tu ajoutes une direction normative là où je décris une structure de possibles en soi.
Effectivement, je propose une cause et un sens à son existence, c'est une proposition de réponse au "pourquoi ?".
Cela n’implique pas que les mécanismes internes s’approprient directement ce sens et qu’il y a un code qui les détermine .
L'existence vient des conditins nécessaires à la vie et le cadre maintient cette existence, permettant l'assemblage (la croissance) et la complexité .
Il n’y a aucune confusion, c’est simplement que vous n’acceptez pas la complémentarité possible au niveau multidisciplinaire .
J'minterroge a écrit :Tu dis que ta finalité n’est « pas imposante » parce qu’elle laisse place à la liberté. Mais une finalité non imposante reste une finalité. La liberté ne la rend pas explicative, elle la rend simplement indétectable empiriquement. Là encore, tout ce qui arrive — ordre, chaos, échec, réussite — devient compatible. Le problème n’est pas moral, il est épistémique.
Oui, la finalité reste une finalité. Toutefois, le fait qu'elle ne soit pas imposante ne signifie pas qu’elle est indétectable empiriquement.
J’ai lié le sens de l'existence à la cause de l'existence en mentionnant le cadre et les contraintes appropriés à la vie . On peut donc se poser des questions métaphysique . Comment une sorte de serre est-elle apparue et a-t-elle maintenu une température stable pendant suffisamment longtemps pour permettre l'apparition la vie et son développement ( pour ne pas dire grandir ) ? Et encore :
Peut-on parler d’un pourquoi de cette serre ? Comment résiste - t-elle aux phénomènes extérieurs ?
C'est assez fort et je ne vous demande pas d’y répondre, ce sont juste des questions légitimes qui font parties de l'approche . Sans confusion .

Et vous avez aussi le droit de ne pas donner des hypothèses en restant dans un "minimum" . Ce qui n'est suffisant pour tout le monde .

J'm'interroge a écrit :Concernant l’interdisciplinarité, il faut être précis. Je n’ai jamais rejeté l’interdisciplinarité, je conteste l’usage qui consiste à faire circuler des concepts chargés de sens (finalité, rôle, croissance, maintien) d’un registre à l’autre sans critère de validation. L’interdisciplinarité n’est pas une fusion indistincte des discours, c’est une articulation rigoureuse. Sinon, on obtient une vision globale séduisante, mais conceptuellement flottante.
Inversement, sur ce forum, on vous a déjà fait remarqué que vos définitions étaient trop restrictives ou ne correspondaient pas à la réalité.
Il faut faire des efforts de chaque côté. Ce n’est pas pour rien que j’avais reformulé les réactions entre l’œil primitif et la lumière du soleil.
a écrit :Quand tu parles de cadre, de paramètres, de conditions nécessaires (température, planète, dimensions, effet de serre), nous sommes entièrement d’accord. Mais un cadre de conditions n’est pas une intention. Les contraintes permettent, elles ne prescrivent pas. Dire que la vie dépend de paramètres n’implique pas qu’elle soit « appelée » à croître ou à se maintenir. Tu transformes une condition de possibilité en rôle à accomplir.
Oui, j’avais bien compris, mais c’est votre opinion.
En face de chez moi, il y avait un grand cadre métallique en construction . Je me suis demandé naturellement pourquoi cette chose était là.
Plus tard, j’ai compris que l’intention était d'encadrer des activités pour les enfants. Je n’ai absolument pas fait de confusion entre le cadre en métal en construction et la raison de ce cadre. Mon ami m’a dit : "je vois des amas de cellules courir partout" je lui ai répondu : "pourquoi ils courent" ?

Je rappelle encore une fois que les éléments du cadre ne sont pas conscients au départ ; il n'y a pas de sens philosophique interne, pas de code déterminé.
Par contre, on peut y voir un sens, le cadre maintient la vie et laisse une liberté à des développements de structures .
Vous cherchez clairement une confusion/transformation pour revenir dans votre approche philosophique habituelle et vos définitions, cette intention est de plus en plus frappante pour moi. Et c’est pour cela que vous profitiez des mots que j’utilisais, en exagérant : "Le frère soleil envoie des informations par la poste à l'oeil" .
J'minterroge a écrit :Sur le chaos et l’organisation, là encore, il n’y a pas de désaccord factuel. La divergence porte sur l’interprétation. Tu dis : « il y a un entre-deux ». Très bien. Mais cet entre-deux est précisément ce que décrivent les théories de l’auto-organisation sans finalité. Tu y vois un chemin voulu prédéterminé, je vois dans la direction prise une conséquence.
Je disais que celui qui regarde le chaos peut argumenter en faveur de l’impossibilité de la création.
L’auto-organisation est le juste milieu : il y a bien une liberté de s’organiser dans ce cadre .
C'est un chemin large de possibilités, ce langage est tout aussi correcte .
Vous cherchez des différences là où il n'y en pas . En plus de cela, je vous expliquais un possible raisonnement de l'athéisme .
Finalement , ici, vous n'avez répondu à rien à part reformuler ...
J'minterroge a écrit :Quant à la question du matérialisme : non, mon approche n’est pas matérialiste au sens réducteur. Dire que la conscience émerge d’interactions matérielles n’épuise pas ce qu’est la conscience. L’émergence n’est pas une réduction. Mais refuser le matérialisme strict ne m’oblige pas à introduire une finalité cosmique ou un sens inscrit dans l’évolution. Entre réduction et téléologie, il existe un espace conceptuel — précisément celui que j’essaie de tenir.
Oui, c'est bien ce que je pensais.
Tout d'abord , vous ne m’avez pas donné un exemple concret qui prouve que vous n’êtes pas matérialiste .
Ensuite, dire : « n’épuise pas ce qu’est la conscience » n’est pas une preuve . Une personne matérialiste ouverte pourrait se remettre en question.
On peut supposer que vous dissimuler un matérialisme derrière une approche minimaliste .
Respectueusement,

réponse au résumé :
J'minterroge + Coemgen a écrit : – tu lis dans la Vie une orientation normative (croissance, puissance, maintien) qui y serait injecté de l'extérieur ;
*Oui, le cadre maintient l’existence de la vie, mais il n’y a pas de force et loi imposante injecté sur les éléments.
– je décris la Vie comme un espace de possibles intégrant les vécus, sans but intrinsèque primordial ;
*Oui, je donne EN PLUS un but.
– tu transformes des conditions et des compatibilités en rôle à remplir ;
*Non. C'est le "Pourquoi" il existe les conditions nécessaires à la vie est autorisé.
- Tu vois un sens à l’apparition de la vie. Je vois une émergence qui permet ensuite au sens d’exister — chez les vivants conscients, pas dans le processus lui-même.
Oui. Je donne donc une raison à ce cadre et une émergence futur de la conscience.
- C’est une différence philosophique réelle. Elle ne se résout ni par l’interdisciplinarité invoquée, ni par l’élargissement du vocabulaire, mais par un choix clair : le sens est-il produit par la Vie, ou inscrit en elle dès l’origine ? C’est là que nos chemins se séparent.
* L’interdisciplinarité à toute son importance dans la discussion, car cette philosophie ouvre à la pluridisciplinarité et à un réel possible cohérent. C’est votre choix de vous arrêtez là, votre philosophie ne me satisfait pas, mais je respecte .
Esaie 41:18  Je ferai couler des rivières sur les hauteurs, et des fontaines au milieu des vallées; je changerai le désert en un étang d'eau, et la terre aride en des sources jaillissantes.  https://www.desertpath.net/IndexFr.html

J'm'interroge

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Re: La Vie : La Vie.

Ecrit le 07 févr.26, 23:54

Message par J'm'interroge »

.
@ Coemgen,


Le désaccord ne porte ni sur la légitimité de l’interdisciplinarité, ni sur l’existence de cadres, de contraintes ou d’une certaine orientation dans le vivant.

Il porte sur cette orientation et dans ce que l'on y injecte ou non, rationnellement, de manière justifiée ou non, et sur la manière correcte d’articuler les disciplines.

– Ma position (J'm'interroge) :
on peut reconnaître une orientation émergente du vivant sans cause créatrice, sans but préétabli, sans finalité inscrite à l’origine. Cette orientation n’est a priori ni intentionnelle ni normative, elle résulte des structures de possibles et des contraintes. Le sens n’apparaît qu’avec des sujets conscients dotés d'intentionnalité, au sein de ce que j'entends par la Vie, jamais comme une destination et encore moins comme une prédestination.

Cette position implique une interdisciplinarité rigoureuse :les domaines (biologie, philosophie, phénoménologie, métaphysique) ne se superposent pas. Ils n’expliquent pas la même chose et ne parlent pas au même niveau. Ils peuvent dialoguer, se contraindre mutuellement, s’éclairer, mais pas se confondre. Passer d’un registre à l’autre sans expliciter ni justifier rationnellement le changement de statut conceptuel produit des glissements illégitimes.

– Ta position (Coemgen) :
le vivant peut et doit être compris comme porteur d’une orientation signifiante globale (croissance, puissance, maintien), inscrite à l'origine et dans le processus lui-même du vivant, lisible à travers les mécanismes eux-mêmes, dans une approche interdisciplinaire incluant biologie et métaphysique téléogogique.

Le désaccord porte donc aussi sur les définitions :
- les définitions biologiques décrivent des processus et des organisations (par exemple l’autopoïèse) ;
- les définitions philosophiques de la Vie décrivent un cadre de possibilité de l’existence vécue ;
- les définitions lexicales (dictionnaire) décrivent des usages du mot, non des statuts ontologiques.
Les confondre revient à croire qu’un accord sur les mots suffit à fonder un accord sur les explications.

La divergence est donc philosophique et nette : le sens est-il produit localement par les vivants et par ce que j'entends plus généralement par la Vie, dans un cadre de possibilités, ou bien est-il inscrit globalement dans le processus même de la Vie ou a son origine ?

___


Tu assumes désormais explicitement ta position : tu proposes bien une cause et un sens à l’existence de la vie, comme réponse au « pourquoi ». C’est clair, et c’est légitime sur le plan philosophique. Le désaccord n’est donc plus implicite, mais explicite.

Là où je maintiens la divergence, c’est que cette réponse au « pourquoi » n’est pas requise par ce que tu décris ensuite. Dire que l’existence vient de conditions nécessaires, qu’un cadre maintient cette existence, qu’il permet l’assemblage, la croissance et la complexité — tout cela relève du comment et du sous quelles conditions. Rien, dans ces descriptions, n’impose qu’il y ait une cause finale ou un sens global à l’existence elle-même.

Autrement dit : tu ajoutes une réponse au « pourquoi », mais cette réponse ne découle pas des mécanismes, ni des conditions, ni du cadre que tu évoques. Elle les surplombe interprétativement. C’est précisément pour cela que je parle de direction normative ajoutée : non pas parce qu’elle serait codée dans les mécanismes, mais parce qu’elle est projetée comme caractérisant globalement le processus.

Quand tu dis qu’il n’y a « aucun code qui détermine » les mécanismes, nous sommes d’accord. Mais cela ne résout pas le problème : une finalité peut être non codée et rester une finalité. Le fait qu’elle ne s’impose pas causalement ne la rend pas neutre conceptuellement. Elle oriente la lecture du réel, même si elle n’oriente pas les processus eux-mêmes.

Concernant la complémentarité multidisciplinaire : je ne la refuse pas. Je refuse qu’elle serve à neutraliser la distinction entre registres. Une complémentarité n’est pas une superposition. Si une proposition relève du sens, elle doit être reconnue comme telle. Si elle relève des conditions d’existence, elle ne peut pas, sans justification supplémentaire, être transformée en réponse à un « pourquoi ultime ».

En résumé, le point de rupture est simple et inchangeable :

– Tu estimes légitime de proposer un sens global à l’existence de la vie.
– Je soutiens que ce sens n’est ni nécessaire, ni déductible des conditions, cadres et mécanismes que tu décris.
– La complémentarité interdisciplinaire ne supprime pas cette différence, elle la rend au contraire plus visible.

Nous ne décrivons pas la même chose :
– tu réponds à la question du pourquoi ultime ;
– je m’arrête volontairement au champ des possibles et des conditions, là où le sens n’apparaît qu’avec des sujets dotés d'intentionnalité capables de le vivre et de le produire.

C’est une divergence philosophique de fond, pas un simple désaccord de vocabulaire.

___


Nous touchons ici le point exact de désaccord, et il mérite d’être formulé sans détour.

Oui, une finalité non imposante reste une finalité. Et le problème n’est pas qu’elle soit illégitime philosophiquement, mais qu’elle ne soit pas détectable empiriquement en tant que finalité. Ce que tu qualifies de « détection » repose en réalité sur une interprétation a posteriori des conditions favorables à la vie, pas sur un critère discriminant entre finalité et non-finalité.

Les exemples que tu donnes — la « serre », la stabilité thermique, la résistance aux phénomènes extérieurs — décrivent des conditions de possibilité remarquables, pas un sens. Elles sont effectivement frappantes, et elles appellent des questions. Mais ces questions portent sur le comment et sur l’origine des conditions, pas sur l’existence démontrable d’un pourquoi finalisé. Le passage du « comment est-ce possible ? » au « pourquoi cela devait-il être ainsi ? » n’est pas imposé par les faits eux-mêmes.

Tu dis : peut-on parler d’un pourquoi de cette serre ?
On peut, bien sûr — mais précisément au sens métaphysique interprétatif, pas au sens explicatif. Rien, dans l’existence de cette stabilité, ne permet de trancher entre :
– un cadre contingent extraordinairement favorable,
– ou un cadre porteur d’une intention ou d’un sens global.

Les deux lectures sont compatibles avec les mêmes observations. C’est exactement ce que je veux dire par « indétectable empiriquement » : non pas qu’on ne puisse pas en parler, mais qu’aucun fait n’oblige à adopter cette lecture plutôt qu’une autre.

Tu as raison de dire que rester dans un « minimum » explicatif peut laisser insatisfait. Mais cette insatisfaction n’est pas un critère de vérité. Refuser d’ajouter une hypothèse de sens là où elle n’est pas requise n’est pas une faiblesse théorique ; c’est un choix de rigueur : ne pas transformer l’étonnement devant les conditions du réel en preuve d’une finalité.

En résumé :
– tu proposes des questions métaphysiques légitimes ;
– je dis simplement que leurs réponses relèvent d’une interprétation du monde, non d’une finalité empiriquement identifiable.

C’est encore une fois une divergence épistémique, pas une incompréhension ni un refus du questionnement.

___


Le fait que d’autres, sur ce forum, aient jugé mes définitions « trop restrictives » ne constitue pas un argument contre ce que je dis ici. Une définition n’a pas pour fonction de plaire ou d’englober toutes les intuitions possibles, mais de délimiter clairement un cadre conceptuel. Être précis n’est pas être réducteur, c’est refuser l’ambiguïté.

Quand je parle de critères de validation entre disciplines, je ne demande pas une pureté abstraite ni un cloisonnement rigide. Je demande simplement qu’on sache à quel moment on change de registre. Reformuler la réaction entre l’œil primitif et la lumière du soleil peut être utile pédagogiquement, mais cela ne justifie pas l’importation de notions comme « rôle », « sens » ou « finalité » dans la description biologique elle-même.

Faire « des efforts de chaque côté » ne signifie pas affaiblir les distinctions. Une interdisciplinarité sérieuse fonctionne précisément parce que chaque discipline résiste à l’autre : la biologie résiste à la métaphysique quand elle exige des causes opératoires ; la métaphysique résiste à la biologie quand elle interroge le sens vécu. Si l’on gomme cette résistance, on n’obtient pas un dialogue plus riche, mais une synthèse vague et non articulée.

Autrement dit, si mes définitions paraissent restrictives, c’est parce qu’elles servent de garde-fous. Elles empêchent que l’on glisse imperceptiblement d’une description de mécanismes à une interprétation signifiante sans l’assumer comme telle. Ce n’est pas un refus d’élargir le regard, c’est une exigence de clarté.

L’interdisciplinarité ne consiste pas à rendre les concepts plus souples, mais à les rendre compatibles sans les confondre. C’est exactement ce point que je défends ici.

___


Ce que montre ton exemple du grand cadre métallique en construction, précisément, c’est la différence que je souligne, pas son invalidation.

Dans ton histoire, le cadre métallique est un artefact humain. Il existe parce qu’une intention préalable l’a produit. Le « pourquoi » est légitime parce que nous savons, indépendamment de l’objet, qu’il y a des agents intentionnels, des projets, des usages sociaux. L’intention est externe, identifiable, et antérieure au cadre.

Or c’est exactement ce qui manque dans le cas que nous discutons. Pour le vivant et ses conditions d’existence, tu utilises la même grammaire explicative que pour un artefact, sans disposer des mêmes prémisses. Tu passes du fait qu’un cadre permet quelque chose au fait qu’il aurait été mis là pour quelque chose. C’est ce passage que je conteste.

La question n’est pas de savoir si se demander « pourquoi » est naturel — ça l’est, évidemment. La question est de savoir si ce « pourquoi » renvoie à une cause intentionnelle ou simplement à une raison interprétative que nous projetons rétrospectivement. Dans ton exemple du cadre métallique, la réponse existe indépendamment de toi. Dans le cas des conditions cosmophysiques de la vie, elle n’est pas donnée : elle est postulée.

Quand ton ami dit « je vois des amas de cellules courir partout » et que tu demandes « pourquoi ils courent », la réponse dépend du niveau d’analyse.
– biologiquement : parce que des mécanismes neuromusculaires et des signaux environnementaux déclenchent ce comportement ;
– subjectivement : parce qu’ils jouent, fuient, poursuivent, etc.

Mais aucune de ces réponses n’autorise à conclure qu’ils courent pour accomplir un rôle cosmique ou répondre à une intention globale. Le « pourquoi » change de sens selon le registre.

C’est exactement ce que je dis quand j’affirme que les contraintes permettent mais ne prescrivent pas. Un cadre peut rendre certaines trajectoires possibles sans en faire des objectifs. La température, la planète, l’effet de serre rendent la vie possible, ils ne lui assignent pas une mission de croissance ou de maintien.

En résumé :
– Ton analogie fonctionne pour les objets intentionnels.
– Elle cesse de fonctionner dès qu’on l’applique au réel naturel dans son ensemble.

Le désaccord n’est donc pas une « opinion contre une autre », mais une distinction conceptuelle précise :
>>>>> un cadre intentionnel explique un rôle ; un cadre de conditions explique des possibles, pas des fins.

___


Je comprends que tu insistes sur le fait que les éléments du cadre ne sont pas conscients, qu’ils n’ont pas de sens interne et qu’aucun code déterminé n’impose une finalité. Sur ce point, nous sommes d’accord : c’est exactement la distinction que je défends.

Le cœur du désaccord n’est donc pas là, mais dans l’interprétation que nous faisons de ce cadre. Tu peux voir un sens dans le fait que le cadre maintient la vie et laisse émerger des structures complexes. Quant à moi, je dis simplement que voir un sens n’implique pas qu’il existe dans le cadre lui-même. Le sens est toujours imposé par le regard d’un sujet conscient, il n'est pas inscrit dans son processus.

Exagérer mes critiques avec des images comme « le frère soleil envoie des informations par la poste à l’œil » ne change rien : je ne cherche pas à ridiculiser ton exemple, je souligne simplement que l’on peut projeter des intentions là où il n’y en a pas. C’est un mécanisme cognitif normal, mais il ne transforme pas les conditions naturelles en finalité.

– Ta position est donc cohérente : tu parles d’un sens interprétatif et non d’un code imposé par les mécanismes.
– Mon point est seulement de rappeler que ce sens n’explique rien de plus que ce que le cadre rend possible. La Vie peut se développer, mais fondamentalement, elle ne présuppose pas un cadre intentionnel extérieur à la Vie comme je la définis, elle se développe ainsi que le sens parce que les conditions le permettent.

C’est sur cette distinction entre projection interprétative et finalité intrinsèque à la Vie, inscrite à son origine ou extérieur à elle, que réside toute la divergence.

___


Je comprends que tu qualifies le « chemin large de possibilités » comme langage correct, et je ne conteste pas la description des trajectoires possibles. Là n’est pas le désaccord factuel.

La divergence est interprétative :
– toi, tu lis dans ce chemin une possibilité d’intention ou de direction implicite ;
– moi, je lis une conséquence émergente de contraintes et de variations, sans présupposer de finalité intrinsèque à la Vie, inscrite à son origine ou extérieur à elle.

Quand je mentionne l’athéisme ou la perspective sur le chaos, ce n’est pas pour contredire ton langage, c’est pour montrer que la même observation peut donner lieu à des lectures très différentes selon le cadre philosophique choisi.

Reformuler n’est pas inutile : cela clarifie quand un discours décrit un phénomène et quand il lui attribue un sens. C’est exactement ce point qui reste au centre de notre désaccord.

___


Sur le fait que ma position n'est pas matérialiste :

Mon point n’était pas de prouver l’existence d’un non-matérialisme, mais de situer conceptuellement mon approche.

Lorsque je dis que ma position n’est pas matérialiste, c’est dans un sens beaucoup plus général que le matérialisme scientifique ou réducteur. Elle ne présuppose aucune substance ontologique : elle ne part pas de l’idée que le réel se réduit à la matière ou qu’il existe un substrat unique derrière les phénomènes.

Dire que la conscience émerge d’interactions matérielles est compatible avec mon cadre, mais ce n’est pas une réduction : l’approche considère les phénomènes tels qu’ils se manifestent, sans les réduire à une essence préalable. Ainsi, mon positionnement n’est pas un matérialisme caché derrière un minimalisme, mais un cadre conceptuel qui n’impose ni substance ni finalité.

Ce positionnement n’a donc rien à cacher : il ne dissimule pas un matérialisme derrière un minimalisme. Il souligne simplement qu’on peut penser la conscience et la Vie sans recourir ni à la réduction intégrale ni à la téléologie universelle. C’est un choix de cadre, pas un défaut d’argument empirique.

Ce choix est minimaliste au sens philosophique : il consiste à ne retenir que ce qui est strictement nécessaire pour décrire et expliquer les phénomènes observables, sans ajouter de postulats sur l’existence d’entités fondamentales, de substances ultimes, ou de finalités préétablies. Le minimalisme ici n’est pas un appauvrissement du réel, mais une discipline conceptuelle qui permet de rester fidèle à ce que les faits et les structures de possibles permettent réellement d’énoncer, en restant ouverte à des complétions ultérieures construites sur base de preuves.

___


Sur ton résumé final :

Il reflète assez correctement nos positions respectives, et il met bien en évidence où nos chemins divergent.

– Je lis la Vie comme un espace de possibles, où le sens n’existe que lorsqu’il est produit par des sujets conscients. Il n’y a pas de finalité intrinsèque inscrite dans le processus lui-même à son origine.
– Tu ajoutes une raison ou un but au cadre et à l’apparition de la conscience, ce qui est une position philosophique légitime, bien qu'injustifiée pour l'instant, et distincte de la lecture que je propose.
– Les conditions et contraintes permettent des trajectoires possibles, elles ne prescrivent pas de rôle à accomplir. Ton « pourquoi » introduit un niveau interprétatif qui n’est pas requis par les faits, mais que tu choisis d’assumer.
– La différence ne se résout pas par l’interdisciplinarité ni par un élargissement du vocabulaire. L’interdisciplinarité est utile pour articuler les perspectives, mais elle ne transforme pas une interprétation en fait.

En résumé :
– Je privilégie la description des possibles et de l’émergence, avec le sens comme produit postérieur des vivants conscients doté d'intentionnalité.
– Tu proposes un sens originel et un but comme partie intégrante du cadre.

C’est une divergence philosophique claire : le sens est-il produit ou pré-inscrit ? L’interdisciplinarité éclaire les échanges mais ne résout pas cette question fondamentale.

Pour moi, si l'on veut être rigoureux, la Vie ne doit pas être présupposée comme ayant une finalité intrinsèque, ni inscrite à son origine, ni injectée de l’extérieur. Toute orientation, tout sens, n’émerge qu’à travers les vivants conscients et leur interprétation des possibles, après coup, et non comme une donnée initiale du processus.
.
- La réalité est toujours beaucoup plus riche et complexe que ce que l'on peut percevoir, se représenter, concevoir, croire ou comprendre.
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Re: La Vie : La Vie.

Ecrit le 08 févr.26, 01:38

Message par Coemgen »

Bonjour. Rien que le début de votre texte...
Vous aviez écrit que nos chemins se séparaient.
On pourrait redire et développer, mais l'essentiel a été dit.
Merci tout de même pour l’effort de cette dernière réponse.
Pour moi, c'est plié.
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Re: La Vie : La Vie.

Ecrit le 08 févr.26, 02:13

Message par J'm'interroge »

.
@ Coemgen,

Merci pour ton retour. Je prends acte que tu considères la discussion close.

De mon côté, je considère que j’ai exposé ma position de la façon la plus complète et rigoureuse que j'ai pu. Je respecte ta lecture philosophique et ta posture croyante et te laisse avec tes conclusions, en gardant l’appréciation de notre échange et de ce dialogue stimulant.

À bientôt,

J’m’interroge
.
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