J'm'interroge a écrit :Le point que tu évites depuis le début est simple :
- une logique = des règles d’inférence définies,
- sans règles explicites = pas de logique, seulement des intuitions vagues.
vic a écrit : 21 mars26, 11:44
Tu confonds logique et formalisation de la logique. Les règles explicites décrivent un système, mais elles ne créent pas la rationalité elle-même.
Je comprends ta distinction entre niveau interne et méta-logique, et je suis d’accord sur le fait qu’on ne “démontre” pas des règles comme des théorèmes.
Mais tu réduis la logique à sa forme formelle. Or la logique formelle est une modélisation du raisonnement, pas le raisonnement lui-même. Il existe une rationalité et une cohérence des raisonnements avant toute formalisation explicite.La logique existe avant sa formalisation :On raisonne avant d’écrire des règles
Les règles viennent décrire des pratiques de raisonnement
Dire que sans règles formelles il n’y a “pas de logique” revient à confondre la formalisation d’un raisonnement avec le raisonnement lui-même.
vic,
Oui, on raisonne avant toute formalisation. Personne ne le nie. Mais ça, ce n’est pas une « logique » au sens strict : c’est une capacité cognitive d’inférence. Et elle est justement faillible, biaisée, incohérente par moments.
Quand on parle de “logique”, on ne parle pas de cette capacité brute. On parle de critères explicites permettant de distinguer un raisonnement valide d’un raisonnement invalide. Et ces critères, par définition, doivent être formulés.
Dire « il existe une rationalité avant formalisation » est vrai au sens psychologique et cognitif, mais trivial et hors sujet ici. La question n’est pas : « est-ce qu’on raisonne ? » mais « comment savoir si ce raisonnement est valide ? ».
Et là, tu n’as que deux options :
- Soit tu explicites des règles → tu es dans un cadre formel (au sens large),
- soit tu ne les explicites pas → tu restes dans l’intuition, donc sans critère clair de validité.
Donc non, je ne confonds pas logique et formalisation. Je distingue :
- le fait de raisonner (capacité naturelle),
et
- la logique comme discipline normative qui explicite les règles de validité.
C’est précisément parce que la première existe que la seconde est nécessaire. Sinon, on reste au niveau du « ça me paraît logique », ce qui ne veut strictement rien dire.
___
Donc, d'un côté, il y a des raisonnements naturels, spontanés, parfois valides, parfois biaisés. De l'autre, il y a la logique formelle, qui explicite des règles, permet de vérifier ces raisonnements, de les corriger, de les étendre.
Dire que la logique formelle n'est qu'une modélisation du raisonnement, c'est un peu vrai. Mais ce n'est pas une objection. C'est exactement ce que je dis depuis le début : la logique formelle est un outil qui sert notamment pour examiner la validité des raisonnements. Elle n'a pas "créé la rationalité". Elle sert à la contrôler, à la clarifier, à la rendre explicite.
___
Entre autres choses, là où nous divergeons, c'est sur ce que tu appelles "logique simulée". Il me semble que ce soit révélateur des idées fausses que tu entretiens sur la logique. Pour toi, un raisonnement sur Smaug ne relève pas de la logique parce qu'il ne porte pas sur le réel. Mais c'est oublier que la logique formelle — l'outil — s'applique à des énoncés quelle que soit leur vérité factuelle. Si tu refuses d'appeler cela "logique", je fais l'hypothèse que c'est parce que cela heurte une croyance ancrée chez toi en lien avec ta représentation du monde.
Mais sur le fond, je pense que nous sommes d'accord : on peut raisonner de façon valide sur des fictions. Appelle cela "logique", "logique simulée" ou "cohérence narrative", cela ne change rien à la structure du raisonnement. Ce qui compte, c'est que la validité ne dépend pas de l'existence des objets. C'est tout ce que j'ai toujours voulu montrer.
___
1. La distinction entre capacité naturelle et discipline normative est essentielle si tu veux comprendre ce que j'explique ici.
2. Tu joues sur l'ambiguïté du mot "logique" pour passer de l'une à l'autre sans prévenir.
3. "Ça me paraît logique" n'est pas un critère de cohérence ni de validité, mais renvoie bien à ta position.
4. Les deux options (expliciter des règles ou rester dans le flou de l'intuition) te mettent devant une alternative claire : soit tu acceptes qu'on a besoin de règles explicites pour parler de validité, soit tu avoues que tu n'a aucun critère à proposer.
C'est précisément parce que la première existe que la seconde est nécessaire. Sinon, on reste au niveau du « ça me paraît logique », ce qui ne veut strictement rien dire — et c'est pourquoi Smaug te pose problème : tu ne peux pas juger de la validité du raisonnement sans règles explicites, mais tu refuses d'en donner.
.
- La réalité est toujours beaucoup plus riche et complexe que ce que l'on peut percevoir, se représenter, concevoir, croire ou comprendre.
- Nous ne savons pas ce que nous ne savons pas.
Humilité !
- Toute expérience vécue résulte de choix. Et tout choix produit son lot d'expériences vécues.
Sagesse !