Discipline de l'esprit.

Sujet d'actualité Au Québec l'accommodement raisonnable, un sujet d'actualité.
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Discipline de l'esprit.

Ecrit le 30 janv.26, 16:55

Message par J'm'interroge »

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Mieux vaut supposer que croire, et ne jamais supposer sans bonnes raisons. De cette maxime, si elle est appliquée, découle une discipline de l’esprit.

Croire, c’est adhérer sans contrainte réelle. La croyance se satisfait de cohérence interne ou de confort psychologique. Elle clôt la recherche. Supposer, au contraire, est provisoire et révisable : une hypothèse assumée comme fragile, utilisée pour explorer, prédire, tester. La supposition ouvre l’enquête là où la croyance l’arrête.

Mais supposer sans raison n’est pas une vertu. Une hypothèse gratuite n’est qu’une croyance maquillée en prudence. Sans pression du réel — observations, nécessité logique, efficacité explicative, résistance à la réfutation — elle n’apporte que du bruit. Elle parasite le raisonnement au lieu de le guider.

Les “bonnes raisons” ne sont pas des certitudes, mais des contraintes : régularités observées, simplicité relative, pouvoir de prédiction, capacité à éliminer des possibilités envisagées. Une supposition est légitime lorsqu’elle s’impose de cette manière, non simplement lorsqu’elle rassure ou au contraire angoisse, ou encore lorsqu'elle est simplement induite par le discours.

Cette attitude fonde une éthique intellectuelle : refuser la facilité de la croyance, tolérer l’incertitude, n’admettre les hypothèses qu’avec parcimonie et sous condition. Elle évite deux impasses symétriques : la crédulité naïve et le scepticisme stérile.

La lucidité ouverte qui en résulte ne promet ni vérité révélée ni nihilisme. Elle reconnaît un monde structuré mais partiellement intelligible, où la connaissance progresse par élimination d’erreurs. Le réel n’a pas de sens intrinsèque, il impose des contraintes. Le sens se construit localement, dans l’expérience, en en rapport avec ce qui se présente.

On n’y gagne pas des certitudes ultimes, mais des invariants pratiques, des principes. Certaines actions ont des effets prévisibles, l’auto-illusion coûte cher, la mesure et la responsabilité clarifient, l’excès détruit. Ce n’est pas moins exigeant que croire. C’est simplement plus sobre, et plus honnête.
.
- La réalité est toujours beaucoup plus riche et complexe que ce que l'on peut percevoir, se représenter, concevoir, croire ou comprendre.
- Nous ne savons pas ce que nous ne savons pas.
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Re: Discipline de l'esprit.

Ecrit le 19 févr.26, 12:31

Message par J'm'interroge »

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Mieux vaut supposer que croire, et ne jamais rien supposer sans bonnes raison.


La formule pose une hiérarchie entre trois attitudes de l’esprit : croire, supposer, et justifier.

1. Supposer vaut mieux que croire :
Croire, c’est adhérer sans exigence forte de preuve. La croyance se contente souvent de la cohérence interne ou du confort psychologique. Elle ferme la discussion.
Supposer, au contraire, est provisoire. Une supposition se sait fragile, révisable, jetable. Elle n’engage pas l’esprit de manière définitive, elle ouvre l’enquête au lieu de la clore. Supposer, c’est dire : « agissons comme si c’était vrai, voyons ce que cela produit ». Croire, c’est dire : « c’est vrai, point ».

2. Mais supposer sans raison est déjà une faute :
Une supposition gratuite n’est qu’une croyance déguisée. Elle porte le masque de la prudence tout en conservant l’arbitraire de la foi.
Sans raisons solides — observations, contraintes logiques, nécessité pratique — la supposition devient une fiction qui parasite le raisonnement. Elle introduit du bruit, pas de la connaissance.

3. Les “bonnes raisons” comme garde-fou :
Une bonne raison n’est pas une certitude, mais une pression du réel sur l’esprit :
– régularités observées
– explications plus simples que leurs concurrentes
– capacité à prédire ou à éliminer des possibilités
– résistance à la réfutation
La supposition est légitime quand elle est logiquement contrainte, non choisie par confort ou habitude.

4. Éthique intellectuelle implicite :
La maxime défend une discipline de l’esprit :
– refuser la facilité de la croyance
– tolérer l’incertitude
– n’admettre une hypothèse qu’en dernier recours, et toujours sous condition
C’est une posture naturaliste ouverte : le monde n’a pas à être conforme à nos intuitions, et l’esprit doit s'adapter aux réel, non décréter ce qui serait factuel.

En résumé :
– Croire est une capitulation.
– Supposer est un outil.
– Supposer sans raison est une superstition polie.

___


C'est une attitude conforme à la lucidité ouverte.

La lucidité ouverte refuse deux symétries trompeuses :
– La crédulité, qui accepte trop vite.
– Le scepticisme fermé, qui refuse par principe.

Elle regarde le réel sans idées préconçues. Elle admet ce qui s’impose, suspend tout jugement sur le reste, et rejette ce qui ne résiste pas. La supposition y est tolérée comme instrument de navigation, jamais comme port d’attache.

Être lucide, c’est voir clair sans conclure trop tôt. Être ouvert, c’est accepter sa part d'ignorance et ce n'est pas renoncer à l’exigence.

La croyance rassure. La négation radicale stérilise. La lucidité ouverte avance entre les deux : inconfortable, lente, mais féconde.

___


On se dirige vers une meilleur compréhension de ce qui relève de l'expérience.

Pas de vérité révélée, ni de système clos, mais une vision où le monde apparaît comme structuré et partiellement intelligible.

Cette discipline conduit à comprendre que :
- Le réel ne se caractérise pas par un sens intrinsèque, mais par des contraintes.
- La connaissance progresse par élimination d’erreurs, non par accumulation de fausses certitudes.
- L’esprit humain est un outil local, faillible, l'émergence d'une réalité qu’il tente de comprendre.

On découvre aussi quelque chose de plus inconfortable : la plupart de nos convictions profondes ne sont pas nécessaires pour vivre, elle ne servent que de rassurance.

Au bout du chemin, il n’y a ni nihilisme ni vérité absolue. Il y a une sobriété métaphysique. Une compréhension moins flatteuse, mais plus honnête.

___


Cette approche n'interdit pas de donner du sens à sa vie. Et l'on finit bien par apprendre certaines choses, tirer des leçons de son expérience et connaître quelques principes.

La lucidité ouverte n’abolit pas le sens. Elle montre qu'il se construit dans l’expérience, sous contrainte du réel. Ce n’est pas une illusion, c’est une œuvre locale. Fragile, mais légitime.

On apprend effectivement quelque chose — pas des vérités ultimes, mais des invariants pratiques :
- Certaines actions ont des conséquences prévisibles.
- Certains comportements détruisent systématiquement ce qu’ils prétendent servir.
- Certaines attitudes augmentent la clarté et participation harmonieuse, d'autres la confusion et le chaos.
- L’auto-illusion est coûteuse, tôt ou tard.

De là émergent des principes, non sacrés, mais éprouvés : prudence épistémique, responsabilité, mesure en toute chose, équilibre, acceptation de l’irréversibilité, attention aux effets à long terme.

Le sens qui en résulte n’est ni donné ni arbitraire. Il est négocié avec le réel. On ne vit pas “pour” une vérité transcendante, mais selon ce que l’on a appris et apprend de la vie, de soi, et des autres.

Ce n’est pas moins exigeant que la croyance. C’est simplement plus mature.

___


Synthèse :


Mieux vaut supposer que croire, et ne jamais rien supposer sans bonnes raison.


Mieux vaut supposer que croire, à condition de ne jamais supposer sans raison valable. Cette maxime exprime une discipline intellectuelle exigeante : refuser l’adhésion aveugle tout en acceptant l’incertitude. La croyance clôt la recherche en offrant des réponses prématurées, alors que la supposition, elle, reste provisoire, révisable et soumise à l’épreuve du réel. Mais une supposition sans justification n’est qu’une croyance maquillée. Elle n’éclaire rien, elle rassure.

Cette attitude relève de ce que l’on peut appeler une lucidité ouverte. Elle évite la crédulité comme le scepticisme stérile. Elle observe sans promettre, suspend son jugement sans renoncer à l’exigence, et accepte d’avoir tort sans abdiquer la rigueur. Le réel n’y est ni sacralisé ni nié : il impose ses contraintes, et l’esprit s’y plie.

Pratiquée jusqu’au bout, cette discipline conduit à une compréhension désenchantée mais plus dense du monde. Le sens n’y est pas donné, les intentions n’y remplacent pas les causes, et la vérité n’y est jamais possédée, seulement approchée. La connaissance progresse moins par accumulation de certitudes que par élimination d’erreurs. L’esprit humain y apparaît comme un outil local, faillible, issu du monde qu’il tente de comprendre.

Pour autant, cette approche n’abolit pas un sens à la vie. Elle en change la source. Le sens n’est plus découvert dans un ordre supérieur, mais construit dans l’expérience, sous contrainte du réel. On apprend, on corrige, on tire des leçons. Certains principes émergent — prudence, responsabilité, proportion entre croyance et preuve, attention aux conséquences — non parce qu’ils seraient sacrés, mais parce qu’ils résistent à l’épreuve du vécu.

Il en résulte une sobriété métaphysique : vivre sans illusions nécessaires, sans consolation imposée, mais avec une compréhension plus honnête de ce qui est. Un sens ni arbitraire ni transcendant, mais patiemment négocié avec le monde. Une position moins confortable, peut-être, mais plus adulte.
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Re: Discipline de l'esprit.

Ecrit le 07 mars26, 10:27

Message par aerobase »

C'est une bonne discipline et d'ailleurs on fait des mathématiques de cette façon.

La pratique sérieuse des mathématiques est la seule pratique qui soit à la mesure de l'esprit.
Rien ne peut se comparer à elle quand à son rapport particulier qu'elle a avec l'esprit.

Le corps ne permet qu'une seule chose : celui de donner des moyens qui permettent à l'esprit d'établir des faits d'évidence.
Mais la valeur d'un fait d'évidence n'est pas unique:
-Une évidence peut valoir par le rapport qu'elle donne à la réalité (Ce rapport s'obtient naturellement par le moyen des sens corporels).
-Une évidence peut valoir par le rapport qu'elle donne vis à vis de ce qui ne varie pas (Ce rapport s'obtient par l'identification des invariants).
-Une évidence peut valoir par le rapport avec le sens qu'on lui donne mais il y a de sens possible à donner que si on identifie des invariants.

La pratique des maths ne permet rien en ce qui concerne le rapport d'une évidence avec la réalité ou du sens qu'on lui donne mais elle est centrale dans l'identification des invariants et on a vu que sans identification d'invariant on ne peut donner de sens à une quelconque évidence.

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Re: Discipline de l'esprit.

Ecrit le 07 mars26, 10:41

Message par J'm'interroge »

aerobase a écrit : 07 mars26, 10:27 C'est une bonne discipline et d'ailleurs on fait des mathématiques de cette façon.
Tout à fait.

aerobase a écrit : 07 mars26, 10:27 La pratique sérieuse des mathématiques est la seule pratique qui soit à la mesure de l'esprit.
Rien ne peut se comparer à elle quand à son rapport particulier qu'elle a avec l'esprit.
J'ajoute la dialectique et la philosophie. La logique étant essentielle aux trois. C'est la vraie Trinité avec la logique au centre.
:)
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Re: Discipline de l'esprit.

Ecrit le 06 avr.26, 19:23

Message par J'm'interroge »

.
La maxime établit une discipline intellectuelle claire : mieux vaut supposer que croire, à condition de ne jamais supposer sans raison valable. La croyance fige la pensée en affirmant sans preuve, tandis que la supposition reste provisoire, révisable, et ouverte à la vérification. Mais une supposition gratuite n’est qu’une croyance déguisée : sans appui sur des raisons solides — observation, cohérence, pouvoir explicatif — elle n’apporte aucune connaissance.

Cette exigence s’inscrit dans une posture de « lucidité ouverte », qui évite à la fois la crédulité et le scepticisme stérile. Elle consiste à accueillir ce que le réel impose, suspendre le jugement lorsque les preuves manquent, et rejeter ce qui ne tient pas. La connaissance progresse alors moins par accumulation de certitudes que par des problématiques bien posées et élimination d’erreurs, dans une reconnaissance de la faillibilité de l’esprit.

Enfin, cette approche ne supprime pas le sens, mais le redéfinit. Le sens n’est plus donné d’avance : il se construit dans l’expérience, sous contrainte du réel. Des principes pratiques émergent — prudence, responsabilité, attention aux conséquences — non comme vérités absolues, mais comme repères éprouvés. Il en résulte une vision sobre et exigeante : moins rassurante, mais plus honnête.
.

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Re: Discipline de l'esprit.

Ecrit le 07 avr.26, 00:11

Message par vic »

Mieux vaut supposer que croire oui, entièrement d'accord .
C'est la voie de l'agnostisme , et de l'esprit sans appui .

Ensuite vient l'éthique pour une société harmonieuse .
Et des conventions posées dans cette optique .
Autrement dit , bien distinguer la convention de la croyance .
Et bien évaluer les implications de certaines conventions éthiques .
Parce que ne rien supposer oui, mais il faut aussi bâtir des conventions nécessaires .
Et ces conventions doivent être inspirées non par par des dieux , mais par les hommes et la sagesse et la compassion .
Raison pour laquelle je me désolidarise d'une logique formelle style mathématiques, qui serait tout sauf l'intelligence pour guider une société humaine .Nous ne sommes pas des intelligences artificielles ou des machines .

Ensuite le titre est "discipline de l'esprit" .
En effet , je pense que le spirituel est nécessaire, une discipline de l'esprit visant à équilibrer l'esprit .
Je la vois dans la psychologie cognitive comportementale, seule à valider les critères pour amener l'homme à la sagesse .
Les scientifiques devront évaluer les meilleures méthodes permettant l'harmonie et le changement profond en terme de sagesse chez l'homme .
Cela peut aussi comprendre une meilleure compréhension de l'alimentation ( microbiote ) , discipline méditative, sportive etc ...
Si l'IA peut permettre de ne plus travailler dans le futur , l'homme aura d'avantage de temps à consacrer à son amélioration et mettre plus d'espace à la spiritualité .
Mieux savoir équilibrer son champs émotionnel permet d'éviter : l'avidité , la jalousie ,la frustration,les manques qui engendrent la colère mal orientée etc ....

Les religions chrétienne, musulmanes , judaïstes ne sont d'aucun secours pour faire évoluer la sagesse chez l'homme .
Ces religions pratiquées durant des siècles n'ont permis aucunement de démontrer une amélioration même minimum de l'équilibre intérieur , de la maturité émotionnelle et de la sagesse chez l'être humain . Des siècles de recul en sont le témoignage .
Expérience empirique , évaluation , etc ....
Lorsqu'une pratique ne fonctionne pas , il n'est d'aucun secours de tenter de s'acharner à faire perdurer cette pratique .
a écrit :J'minterroge a dit : La maxime établit une discipline intellectuelle claire : mieux vaut supposer que croire, à condition de ne jamais supposer sans raison valable. La croyance fige la pensée en affirmant sans preuve, tandis que la supposition reste provisoire, révisable, et ouverte à la vérification.
Oui tout à fait .
Encore que l'avancée du conspirationnisme fait que ces gens n'écouteraient même pas les scientifiques et leur vérification .
Je classe les conspirationnistes dans le même champs que les croyants pour ma part .

Ensuite mieux vaut se fier à la science , aux avancées en terme de compréhension , la psychologie cognitive et faire évoluer les pratiques en fonction de nouvelles connaissances . Et surtout se fier à son expérience empirique de la pratique et voir quels sont ses résultats .
Plutôt que le comportement infantile de " est ce que cela plairait à mon dieu " .
Seul le présent est “réel”, précisément parce qu’il ne peut être saisi, ni retenu.

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Re: Discipline de l'esprit.

Ecrit le 07 avr.26, 04:23

Message par J'm'interroge »

.
@ vic,

Introduire des « conventions nécessaires » est inévitable, mais cela ne doit pas devenir un substitut discret à la croyance. Une convention n’est légitime que si elle reste explicitement reconnue comme telle : un outil pratique, révisable, évalué à ses effets. Dès qu’elle se fige ou se moralise sans examen, elle reproduit exactement ce que l’on cherchait à éviter.

L’opposition entre logique formelle et intelligence humaine est trop rapide. Il n'est pas question que la logique guide à elle seule une société, ce n'est pas sa fonction. Elle sert à contraindre le raisonnement, pas à dicter des fins. La rejeter revient à se priver d’un garde-fou contre les contradictions et les raccourcis de pensée. La question n’est pas de choisir entre rigueur et humanité, mais d’articuler les deux afin de permettre la discussion des orientations et la mise en œuvre de moyens cohérents.

Sur le plan des pratiques : psychologie, méditation, hygiène de vie, l’approche expérimentale est cohérente avec l’exigence qui est la mienne : tester, observer, ajuster. Mais affirmer qu’une seule voie « valide » la sagesse est déjà excessif. Cela revient à transformer une méthode efficace en norme exclusive, ce qui contredit la prudence épistémique défendue au départ. Les effets doivent être comparés, pas décrétés.

Concernant les religions, le rejet global repose sur une généralisation fragile. L’histoire montre autant d’effets délétères que de fonctions structurantes ou stabilisatrices selon les contextes. Dire qu’elles n’ont produit « aucun » progrès en matière de maturité ou d’équilibre est une simplification qui ne résiste pas à l’examen. Là encore, la cohérence impose de juger au cas par cas, selon les effets observables, et non par bloc ni de manière trop généralisante.

Enfin, assimiler croyance religieuse et conspirationnisme est commode, mais conceptuellement imprécis. Les deux peuvent partager des mécanismes cognitifs identiques, mais leurs pertinence, leurs structures et leurs degrés de réfutabilité diffèrent. Les confondre empêche justement l’analyse fine que réclame une posture lucide.

Le point qui tient le plus simple et applicable, reste de s’appuyer sur l’expérience, confronter les hypothèses aux faits, et réviser sans préjugés ni attachement. Mais cela vaut pour tout, y compris pour les critiques, les préférences méthodologiques et les jugements sur les systèmes existants. La discipline de l’esprit que j'esquisse ne sélectionne pas ses cibles, elle s’applique partout, sans exception.
.
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Re: Discipline de l'esprit.

Ecrit le 07 avr.26, 06:18

Message par ronronladouceur »

vic a écrit : 07 avr.26, 00:11 - Mieux vaut supposer que croire oui, entièrement d'accord .
C'est la voie de l'agnostisme , et de l'esprit sans appui .
- Le point de vue est dichotomique et manque de nuance...

Mon agnosticisme relève plus de la suspension du jugement que de la supposition ou de la croyance... Ce qui ne m'empêche pas de parler compréhension, d'opinion, etc.

Dans mes recherches récentes, une considération m'a frappé : la cécité partielle inhérente à toute cognition...
J'minterroge a dit : La maxime établit une discipline intellectuelle claire : mieux vaut supposer que croire, à condition de ne jamais supposer sans raison valable. La croyance fige la pensée en affirmant sans preuve, tandis que la supposition reste provisoire, révisable, et ouverte à la vérification.
C'est caricatural...

La raison dite 'valable' peut subrepticement renvoyer à la circularité puisque c'est une subjectivité qui décide du sens...

J'm'interroge

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Re: Discipline de l'esprit.

Ecrit le 07 avr.26, 06:57

Message par J'm'interroge »

.
@ ronronladouceur,

Tu pointes quelque chose de juste — la cécité partielle de toute cognition — mais tu en tires une conclusion qui affaiblit inutilement l’exigence.

La suspension du jugement que tu décris n’est pas en opposition avec la supposition, elle en est une limite. On suspend quand on n’a rien de suffisamment contraint. On suppose quand certaines hypothèses deviennent plus économiques, plus cohérentes ou plus fécondes que d’autres. Ce n’est pas une dichotomie, c’est une gradation dans l’engagement de l’esprit.

Dire que la « raison valable » serait forcément circulaire parce qu’elle passe par une subjectivité, c’est confondre origine et contrainte. Oui, toute évaluation est faite par un sujet. Mais elle n’est pas libre pour autant. Le réel impose des résistances : certaines hypothèses échouent, d’autres tiennent mieux, prédisent, simplifient, éliminent des possibilités. La subjectivité ne choisit pas arbitrairement ce qui fonctionne.

Si tout est renvoyé à une circularité indépassable, alors plus rien ne distingue une hypothèse d’une autre. Tu te retrouves avec une suspension généralisée qui ne discrimine plus rien, autrement dit : dans une forme de paralysie propre, mais stérile.

La position initiale n’est pas de dire que nos raisons sont absolues, mais qu’elles peuvent être meilleures ou pires, plus ou moins contraintes. C’est suffisant pour avancer sans prétendre sortir de notre condition.

Quant à la caricature, elle apparaît surtout si tu lis « croire » au sens faible. Ici, il s’agit d’une adhésion qui se ferme à la révision. Dès que ça reste révisable, on est déjà du côté de la supposition, même si on n’emploie pas le mot.

En bref : tu as raison sur la limite — on ne voit jamais tout — mais ça ne justifie pas de dissoudre les différences de qualité entre nos manières de penser. C’est précisément parce qu’on est partiellement aveugles qu’il faut être plus exigeants, pas moins.
.
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Re: Discipline de l'esprit.

Ecrit le 07 avr.26, 09:50

Message par ronronladouceur »

J'm'interroge a écrit : 07 avr.26, 06:57 .
@ ronronladouceur,

Tu pointes quelque chose de juste — la cécité partielle de toute cognition — mais tu en tires une conclusion qui affaiblit inutilement l’exigence.
Caricature

C'est plutôt une invitation à relativiser le propos. Le discours doit donc l'annoncer, tenir compte de la nuance, de la possibilité de perspectives autres, etc.
La suspension du jugement que tu décris n’est pas en opposition avec la supposition, elle en est une limite. On suspend quand on n’a rien de suffisamment contraint. On suppose quand certaines hypothèses deviennent plus économiques, plus cohérentes ou plus fécondes que d’autres. Ce n’est pas une dichotomie, c’est une gradation dans l’engagement de l’esprit.
Théorique

Sans oublier que c'est encore et toujours une subjectivité qui est aux commandes, avec ses possibles biais, angles morts, connaissances partielles, son histoire... Ce qui n'empêche évidemment pas une approche plus féconde... Votre propos mériterait d'être nuancé plus souvent.
Dire que la « raison valable » serait forcément circulaire parce qu’elle passe par une subjectivité, c’est confondre origine et contrainte.
Je ne dis pas qu'elle l'est nécessairement, mais qu'elle l'est ici dans sa façon de présenter les choses... Toujours le non-encore-vu ou la cécité partielle, etc.
Oui, toute évaluation est faite par un sujet. Mais elle n’est pas libre pour autant. Le réel impose des résistances : certaines hypothèses échouent, d’autres tiennent mieux, prédisent, simplifient, éliminent des possibilités. La subjectivité ne choisit pas arbitrairement ce qui fonctionne.
Le réel inclut également la subjectivité : vu que celle-ci est en mouvement, qu'elle aussi peut en imposer, qu'on en soit conscient ou non (cf. ce qu'on ne sait pas)...
Si tout est renvoyé à une circularité indépassable, alors plus rien ne distingue une hypothèse d’une autre. Tu te retrouves avec une suspension généralisée qui ne discrimine plus rien, autrement dit : dans une forme de paralysie propre, mais stérile.
Caricature
Quant à la caricature, elle apparaît surtout si tu lis « croire » au sens faible. Ici, il s’agit d’une adhésion qui se ferme à la révision. Dès que ça reste révisable, on est déjà du côté de la supposition, même si on n’emploie pas le mot.
Caricature : Je lisais croire au sens de croire... Non nuancé...

C'est une nuance qu'il aurait fallu préciser dès le départ pour éviter le côté quasi absolu du propos... Même là, une lecture de type photo de l'adhésion oblitère le côté dynamique et possiblement provisoire de ladite adhésion... Non nuancé encore une fois...
En bref : tu as raison sur la limite — on ne voit jamais tout — mais ça ne justifie pas de dissoudre les différences de qualité entre nos manières de penser. C’est précisément parce qu’on est partiellement aveugles qu’il faut être plus exigeants, pas moins.
Caricature

Je dis de nuancer dès le point de départ... C'est ce manque qui m'a principalement fait réagir. Mais j'en comprends que la lucidité tient à la lumière qu'on a à un moment donné...

Et là où ça peut coincer, c'est quand la pratique ne suit pas la théorie et qu'on simplifie à outrance la réalité (cf. dichotomie) alors qu'elle est tout en nuance, complexe et dynamique...

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Re: Discipline de l'esprit.

Ecrit le 07 avr.26, 10:02

Message par J'm'interroge »

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Image
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