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La confusion récurrente :
Je pointe souvent un problème récurrent dans les discussions : la confusion entre ce qu’on vit et ce qu’on en dit, qui fait que beaucoup prennent leur théorie pour l’expérience elle-même.
Une question peut se poser en réaction :
Si toute compréhension est théorique, et que le vécu pur est indicible (car le dire est déjà théorique), comment distinguer un énoncé qui facilite l’attention à l’expérience d’un énoncé qui la recouvre par une croyance ? Autrement dit : y a-t-il un usage non baratineur du langage pour parler du vécu ?
Voici la réponse que j'en donne :
Je dis que tout énoncé sur le vécu est déjà théorique. Donc, strictement parlant, il n’existe pas d’énoncé qui ne soit pas théorique. La distinction ne se situe donc pas entre « énoncé théorique » et « énoncé non théorique », mais entre les énoncés qui reconnaissent leur propre caractère théorique et ceux qui présentent leur théorie pour le vécu lui-même ou la réalité elle-même.
- Dans le premier cas, on peut parler du vécu sans le confondre avec le discours.
- Dans le second cas, on croit que « vivre Dieu » ou « vivre l’arbre » est un pur vécu, alors que c’est déjà une interprétation théorique chargée de croyances.
Ce qui distingue un énoncé « non baratineur » d’un énoncé « baratineur » (selon ce que j'en dis) :
- Énoncé baratineur : il y est affirmé que ce qui y est dit est le vécu, ou que ce qu'il expose est l’expérience elle-même ou la réalité elle-même. Exemple : « Je vis Dieu » pris comme description littérale et non comme interprétation théorique.
- Énoncé non baratineur : il peut dire quelque chose sur le vécu, l'expérience, mais sans prétendre que le discours tenu est le vécu lui-même ou l'expérience elle-même. Il garde la conscience que ce qu’il dit est une construction théorique, et que l’expérience reste non engagée en tant que telle. Exemple : « Quand j’emploie le mot “arbre” en parlant de ce que je vois, c’est une théorie. Mon vécu visuel n’est pas l’“arbre”, c’est une pure sensation que je ne peux pas communiquer directement. »
Un usage non baratineur du langage pour parler du vécu est donc possible, à condition :
- De ne pas confondre le mot et la chose.
- De ne pas confondre la compréhension ou l'interprétation (qui peut-être une simple croyance) et l’expérience.
- De ne pas attribuer à l’expérience ce qui relève de la théorie (Dieu, essence, absolu, etc.).
- De ne pas attribuer à la théorie (Dieu, essence, absolu, etc.) ce qui relève de l’expérience.
- D’admettre que tout ce qu’on en dit est une reformulation, jamais la chose même.
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Ce qu'on vit n'est pas ce qu'on en dit.
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Ce qu'on vit n'est pas ce qu'on en dit.
Ecrit le 17 avr.26, 03:49- La réalité est toujours beaucoup plus riche et complexe que ce que l'on peut percevoir, se représenter, concevoir, croire ou comprendre.
- Nous ne savons pas ce que nous ne savons pas.
Humilité !
- Toute expérience vécue résulte de choix. Et tout choix produit son lot d'expériences vécues.
Sagesse !
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Humilité !
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- vic
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Re: Ce qu'on vit n'est pas ce qu'on en dit.
Ecrit le 17 avr.26, 05:48Oui, c'est ce que j'ai toujours dit .a écrit :J'minterroge a dit : tout ce qu’on en dit est une reformulation, jamais la chose même.
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Le langage appauvri , même pour communiquer nos sensations .
C'est la raison pour laquelle la logique qui utilise le langage n'est pas performante pour nous mener à rendre compte de la réalité empirique .
C'est pour ça que je parle d'avantage de méditation , d'observation "de ce qui est en laissant être" que de logique pour rendre compte de la réalité empirique par le langage ou la logique .
Bouddha lui même disait "ne prenez pas une idée pour vraie juste parce qu’elle est logique, traditionnelle ou écrite ,vérifiez par l’expérience directe".
Ceci dit :
La logique est utile pour structurer ce qu’on observe,éviter les contradictions,tirer des conséquences fiables
Sans elle, tu n’as pas de science, mais surtout, tu n’as même pas de discussion cohérente.
En fait, il y a trois niveaux qu’il vaut mieux distinguer clairement :
1) L’expérience brute: ce que tu vis directement (sensations, perception, présence)
L’observation consciente (méditative)
2) affiner l’attention, voir sans trop projeter
La mise en mots / conceptualisation
3) partager, analyser, comparer
La méditation est très forte au niveau 1 et 2.
La logique est indispensable au niveau 3.
Si tu supprimes le niveau 3, tu ne peux plus transmettre ni critiquer.
Si tu absolutises le niveau 3, tu perds le contact avec le vécu.
Seul le présent est “réel”, précisément parce qu’il ne peut être saisi, ni retenu.
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