L'Iran dans un contexte de fermeture du Detroit d'Ormuz

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aerobase

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L'Iran dans un contexte de fermeture du Detroit d'Ormuz

Ecrit le 18 avr.26, 09:09

Message par aerobase »

L'Iran dans un contexte de fermeture du Detroit d'Ormuz

La fermeture par les USA du détroit d'Ormuz (blocus au large) n'ont pas grandes conséquences pour l'Iran voici pourquoi:

La dark fleet (ou shadow fleet) désigne une flotte de vieux pétroliers, souvent non assurés, opérant sans transpondeur, sous pavillons de complaisance, et utilisés pour transporter du pétrole sanctionné (Iran, Russie, Venezuela).

Ce sont des navires qui disparaissent volontairement des radars
AIS éteint
Les navires coupent leur transpondeur AIS (Automatic Identification System), ce qui les rend invisibles aux systèmes de suivi classiques.

Pour l'Iran les menaces américaines de fermeture du détroit d'Ormuz n'est pas catastrophique

L’échange “pétrole contre céréales” est‑il plausible ?
Oui, car les flux céréaliers Russie → Iran sont massifs
Les données montrent :
5,1 millions de tonnes de grains russes importées par l’Iran entre juillet 2025 et février 2026 .
Source https://ukragroconsult.com/en/news/iran ... nt-season/

Un mécanisme d’“évasion coordonnée” existe déjà entre Iran, Russie et Chine.
Selon l’Atlantic Council, l’Iran et la Russie ont mis en place un marché parallèle de pétrole sanctionné, destiné à la Chine, utilisant :
-des tankers de la dark fleet,
-des paiements en renminbi,
-des circuits bancaires chinois secondaires,
-des rebranding de cargaisons (ex : “Malaysian blend”)
Source https://www.atlanticcouncil.org/blogs/n ... nd-russia/

La Chine est le client final naturel
La Chine importe déjà massivement :
-du pétrole iranien (via dark fleet),
-du pétrole russe (via ESPO, tankers, et rebranding).

Elle paie en renminbi, ce qui permet à l’Iran et à la Russie de contourner les sanctions.

Entre 1,3 et 2,2 millions de barils par jour
Les sources disponibles montrent que la Chine absorbe l’immense majorité du pétrole iranien, et que ce flux continue malgré la guerre et le quasi‑blocage d’Ormuz.

Les chiffres précis :
1,35 million de barils/jour absorbés par la Chine en janvier 2026 (89 % des exportations iraniennes)
2,17 millions de barils/jour exportés par l’Iran en février 2026 via la shadow fleet (illicite), avec un rôle central de la Chine comme destination finale
Source https://www.ainvest.com/news/iran-dark- ... loat-2604/
11,7 à 12 millions de barils envoyés vers la Chine depuis le début de la guerre (fin février → mi‑mars), soit environ 400 000 à 500 000 barils/jour en plus des flux déjà en route ou stockés flottants
Source https://www.19fortyfive.com/2026/03/dar ... epic-fury/

La shadow fleet iranienne continue de transiter par Ormuz malgré les attaques (environ 12 millions de barils depuis le début du conflit)
Les tankers vont “dark” (AIS éteint) pour éviter la détection
Source https://www.cnbc.com/2026/03/11/iran-sh ... sure-.html
L’Iran utilise massivement le terminal de Jask, en mer d’Oman, pour charger hors du couloir le plus dangereux d’Ormuz (jusqu’à 2 millions de barils chargés récemment)

La Chine reste le client principal, ce qui maintient la viabilité économique du système

Conséquence sur
Non, la fermeture d’Ormuz n’est pas “catastrophique” pour l’Iran au sens d’un effondrement immédiat.
Oui, l’Iran continue d’exporter du pétrole, notamment vers la Chine, même en période de guerre.
Oui, l’Iran peut importer du blé russe via la mer Caspienne, mais cela ne remplace pas entièrement les flux alimentaires passant normalement par Ormuz.
Oui, l’Iran conserve un accès quasi exclusif au détroit, même quand le trafic général est effondré.

Pour une fermeture de trois mois il n'y a pas de menace pour le système

Le facteur institutionnel : résilience du système
Les analyses disponibles montrent que :
L’État iranien a déjà absorbé des chocs économiques sévères (2012–2015, 2018–2020)
Les réseaux de soutien internes restent solides
Les mécanismes de contrôle social sont robustes
Les alliances avec la Chine et la Russie offrent un filet de sécurité économique

Conséquence politique :
Le système reste stable, même sous forte pression économique.

vic

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vic
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Re: L'Iran dans un contexte de fermeture du Detroit d'Ormuz

Ecrit le 18 avr.26, 19:59

Message par vic »

a écrit :Aerobase a dit : Les navires coupent leur transpondeur AIS (Automatic Identification System), ce qui les rend invisibles aux systèmes de suivi classiques.
Oui, mais tu oublies que les USA possèdent des systèmes de détection par satellite qui n'ont pas besoin de transpondeurs .
Si les USA détectent qu'un navire navigue sans transpondeur dans le détroit , il devient immédiatement suspect et arraisonné .
a écrit :Aerobase a dit : Conséquence sur
Non, la fermeture d’Ormuz n’est pas “catastrophique” pour l’Iran au sens d’un effondrement immédiat.
Oui, l’Iran continue d’exporter du pétrole, notamment vers la Chine, même en période de guerre.
Bien sûr que si ça l'est .
Au début , ormuz n'était fermé que par les iraniens , ce qui explique que les flux pétroliers iraniens aient pu continuer , mais plus maintenant .Si ils ne peuvent plus passer dans le détroit , ils seront obligé de fermer des puits de pétrole .
Hors une fois un puit fermé ,techniquement il est très difficile de le rouvrir .
La plupart du temps , puit fermé égal condamné .
Les iraniens sont pris à la gorge , et c'est une question de deux semaines à trois maxi .

Danger de fermeture définitive des puits iraniens :

Arrêter un puit de pétrole implique obligatoirement :

1. Le bouchage définitif utilise des barrières de ciment
Les procédures officielles imposent de remplir le puits avec plusieurs barrières solides (ciment, bouchons mécaniques) pour isoler les différentes couches géologiques et empêcher toute fuite.
Ces barrières sont conçues pour être définitives.

2. Le tubage est coupé et retiré
Lors d’un abandon définitif, les équipes :
coupent le tubage (le “tube” qui maintient le puits ouvert),retirent les équipements,scellent la tête de puits.
Sans tubage, il n’y a plus de conduit utilisable : le puits n’existe plus en tant qu’infrastructure.

Pendant un certain temps , les iraniens pourront stocker le pétrole excédentaire qui n'est pas livré dans des cuves .
Mais comme les cuves déborderont , ils n'auront pas d'autre choix que de les fermer .

Pendant ce temps l'arabie saoudite n'est pas amenée pour l'instant à fermer des puits

A contrario, pour l'instant l'arabie saoudite ne ferme pas ses puits parce qu'elle peut sortir via pipeline son pétrole sans passer par Ormuz en grande partie .

L’Arabie saoudite peut contourner le détroit d’Ormuz grâce à son oléoduc Est‑Ouest (Petroline), qui transporte le pétrole jusqu’au port de Yanbu, sur la mer Rouge.
De là, les pétroliers doivent franchir le détroit de Bab el‑Mandeb pour rejoindre l’océan Indien.

En conclusion l'Iran est bien plus pénalisé que l'iran par le double blocus .

Le seul obstacle pour ce détroit ce sont les houtis .
L'arabie saoudite continue d’exporter, mais avec des détours,des escortes militaires,des coûts plus élevés,et parfois des suspensions temporaires.
Seul le présent est “réel”, précisément parce qu’il ne peut être saisi, ni retenu.

aerobase

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Re: L'Iran dans un contexte de fermeture du Detroit d'Ormuz

Ecrit le 19 avr.26, 01:35

Message par aerobase »

vic a écrit : 18 avr.26, 19:59 Oui, mais tu oublies que les USA possèdent des systèmes de détection par satellite qui n'ont pas besoin de transpondeurs .
Si les USA détectent qu'un navire navigue sans transpondeur dans le détroit , il devient immédiatement suspect et arraisonné .
Salut Vic
Il est vrai que la dark fleet ne peut pas “se cacher” des USA grâce à ses satellites militaires mais regarde l'argument placé à la fin et qui concerne les satellites militaires et concerne un verrou juridique

Mais avant d'en parler il convient de préciser quelques points qui sont importants

Le blocus n'est pas situé sur le détroit même mais loin au large loin de la zone littorale iranienne.
Et ce n’est pas un détail : c’est une contrainte stratégique incontournable. (et c'est trop risqué pour la marine américaine de trop s'approcher du détroit)
Le détroit d’Ormuz est trop dangereux pour que l’US Navy s’en approche
C’est un fait militaire établi depuis 40 ans.
Le détroit est :
étroit (39 km au plus étroit, dont 3 km par voie de navigation)
bordé par les côtes iraniennes
saturé de batteries anti‑navires (Noor, Qader, Khalij Fars)
minable facilement

couvert par des drones, vedettes rapides, sous‑marins nains

Aucun amiral américain ne positionnerait un groupe naval dans cette zone.
C’est trop risqué, trop exposé, trop proche des côtes iraniennes.

Donc un blocus américain ne peut exister qu’en mer d’Oman ou en haute mer
Un blocus “réaliste” serait :
au large de Jask en mer d’Oman
ou encore plus loin dans l’océan Indien
ou sur les routes de transit vers l’Asie

Parce que :
la mer d’Oman est hors de portée de la plupart des missiles côtiers iraniens
la profondeur est meilleure pour les sous‑marins US
l’US Navy peut manœuvrer librement
les avions basés sur porte‑avions peuvent couvrir la zone

Un blocus américain “proche” d’Ormuz serait suicidaire.

Mais un blocus “au large” n’empêche pas l’Iran d’exporter
C’est le point clé.
Même si les USA se placent :
à 200 km des côtes iraniennes
en mer d’Oman
avec satellites + drones + destroyers,
… ils ne peuvent pas :
entrer dans les eaux territoriales iraniennes
empêcher un tanker de sortir de Jask
arraisonner un navire étranger sans preuve
bloquer un navire sous pavillon panaméen ou tanzanien

Le blocus au large est “proclamé”, mais pas hermétique.

C’est pour cela que la dark fleet continue de fonctionner.

Dans ce contexte cela ne suffit pas à neutraliser la dark fleet iranienne, et encore moins à arraisonner systématiquement les navires.
Les satellites militaires ou civils (voir détail pour les satellites militaires à la fin) détectent les navires… mais pas leur identité
Les USA utilisent :
-imagerie optique haute résolution (KH‑11, etc.)
-radar SAR (qui voit à travers les nuages et la nuit)
-détection infrarouge
-analyse des sillages et des ombres

Ces systèmes permettent de voir qu’un navire est là, même AIS éteint mais ils ne permettent pas de prouver que le navire transporte du pétrole iranien, ni qu’il appartient à l’Iran. C’est le point juridique clé.
Un navire “dark” n’est pas automatiquement arraisonnable : les tankers de la dark fleet opèrent sous pavillons de complaisance (Panama, Liberia, Tanzanie, etc.)
Les USA ne peuvent pas arraisonner un navire :
-sous pavillon étranger
-dans les eaux internationales (c'est le cas de notre contexte)
-sans preuve qu’il transporte du pétrole sanctionné.

Un AIS éteint = comportement suspect, pas une preuve légale
L’Iran joue sur un point que les USA ne peuvent contourner : la zone territoriale iranienne
La shadow fleet iranienne continue de transiter par Ormuz malgré les attaques Parce que les tankers :
-restent dans les eaux territoriales iraniennes jusqu’à la sortie d’Ormuz,
-chargent à Jask, en mer d’Oman, hors du couloir le plus surveillé
-éteignent l’AIS
-changent de pavillon
-effectuent des transferts ship‑to‑ship en mer d’Oman ou près de la Malaisie.

Les USA ne peuvent pas entrer dans les eaux iraniennes pour arraisonner un navire.

Les satellites voient les tankers… mais pas les transferts clandestins
Les transferts ship‑to‑ship (STS) sont faits :
-de nuit
-dans des zones à forte densité maritime
-parfois sous couverture météo
-avec des tankers qui se ressemblent tous

Même avec SAR, identifier un transfert STS comme “iranien” est très difficile.
C’est pour cela que la Chine reçoit :
1,3 à 2,2 Mb/j de pétrole iranien via la dark fleet même en période de blocus ou de guerre

Arraisonner un navire = acte de guerre
Si les USA interceptent un tanker :
-sous pavillon panaméen
-dans les eaux internationales
-sans preuve formelle

…ils violent le droit maritime.

Washington ne peut pas se permettre d’arraisonner tout navire suspect, sinon :
-crise diplomatique avec Panama, Liberia, Tanzanie
-escalade militaire avec l’Iran
-perturbation du commerce mondial

Résultat : la dark fleet reste viable même sous blocus
2,17 Mb/j exportés via la shadow fleet en février 2026
12 Mb envoyés vers la Chine depuis le début de la guerre
Jask utilisé pour contourner Ormuz
Chine = client final naturel

Les satellites ne suffisent pas à stopper ce système.

En ce qui concerne les satellites militaires des USA

les satellites militaires US voient absolument tout ce qui bouge en mer
Les États‑Unis disposent de la panoplie la plus avancée au monde :
Optique (KH‑11 / CRYSTAL)
Résolution sub‑décimétrique.
Capable de lire un numéro de coque, voir un tuyau de chargement, distinguer un tanker d’un autre.
Radar SAR (Lacrosse / Topaz)
Voit à travers les nuages, la nuit, la fumée.
Détecte un navire même sans AIS, même camouflé, même sans éclairage.
Infrarouge / thermique
Détecte la chaleur des moteurs, des pompes de chargement, des transferts ship‑to‑ship.
Constellations commerciales + militaires
Les USA combinent :
Maxar
Planet
Capella
Iceye

leurs propres satellites classifiés

Ils voient les tankers iraniens, leurs routes, leurs arrêts, leurs STS, leurs pavillons, leurs comportements.

oui donc même la dark fleet ne peut pas “se cacher” des USA grâce à ses satellites militaires mais : voir ≠ prouver l’origine du pétrole
C’est le verrou juridique.
Même si un satellite voit :
un tanker sortir de Jask
AIS éteint
pavillon de complaisance
route vers la Malaisie ou la Chine
un transfert STS suspect

… cela ne constitue pas une preuve légale que :
le pétrole est iranien
le navire appartient à l’Iran
le navire viole une sanction

Les USA ne peuvent pas arraisonner un navire étranger en eaux internationales sur la base d’une “probabilité”.
Et surtout : arraisonner un navire étranger = acte de guerre
Même avec une image satellite parfaite, les USA ne peuvent pas :
monter à bord d’un tanker panaméen
en eaux internationales
sans preuve formelle
pour vérifier sa cargaison

Ce serait :
une violation du droit maritime
un casus belli pour l’Iran
un scandale diplomatique avec le pays du pavillon
un précédent dangereux pour le commerce mondial

Les USA ne peuvent pas “bloquer” la dark fleet sans déclencher une crise majeure.
Résultat : les satellites voient tout… mais ne changent rien
Les USA savent :
quels tankers chargent à Jask
quels navires coupent l’AIS
quels STS ont lieu près de la Malaisie
quels tankers finissent en Chine

Mais ils ne peuvent pas :
empêcher le chargement
empêcher la sortie d’Ormuz
empêcher les STS
empêcher l’arrivée en Chine.

La dark fleet fonctionne non pas parce qu’elle est invisible, mais parce qu’elle est juridiquement intouchable.

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Re: L'Iran dans un contexte de fermeture du Detroit d'Ormuz

Ecrit le 21 avr.26, 19:49

Message par vic »

Justement hier un navire darkfleet iranien sous faux pavillon a été chopé par les usa . C'est tout à fait légal . Tu sembles ignorer que ces darfleet sont dans l'illégalité au regard du droit international maritime et du traité de Montego Bay . j'ai entendu des experts le dire sur france info .
Oui les USA ont tout à fait le droit d'arraisonner de tels navires sur le plan légal ,le droit maritime les y autorise .
La loi autorise n'importe quelle nation n'importe où à arraisonner ces bateaux et les usa le font , la preuve hier . En fait ce navire était un tanker iranien sous faux pavillon .Ensuite , couper son transpondeur est parfaitement illégal sur le plan du droit maritime international .
Donc la réponse est non , ce blocus américain ne sera pas tenable très longtemps pour l'iran .
Du reste , le pakistan et la chine essaient de persuader l'iran de négocier , parce qu'ils commencent à comprendre que ça sent très mauvais pour leur économie .La pression sur l'iran va devenir de plus en plus forte . Pour les USA c'est pareil . C'est pareil pour les deux cotés . D'où à mon sens une négociation qui ne pourra pas vraiment tarder .
Seul le présent est “réel”, précisément parce qu’il ne peut être saisi, ni retenu.

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