.
Il faut d’abord distinguer deux grandes catégories : les vécus (ce que l’on éprouve) et ce qui n’est pas vécu. Parmi les vécus, on trouve les représentations mentales (toujours imaginaires, concrètes, singulières : se représenter un arbre), les perceptions (la douleur, un son) et les émotions (réactions non imaginaires). Les vécus sont toujours propres à soi.
Les concepts et théories (significations comprises, abstraites, générales) ne sont pas des vécus. On ne peut pas se représenter un concept ou une théorie – on les comprend ou non. Une notion est un système de représentations mentales, mais même si elle l'est d'un concept, elle n’est pas le concept qui, lui, est de l'ordre de la définition générale. Les actes opératoires (calculs, manipulations de signes) ne sont pas non plus des vécus, même si on peut en avoir conscience.
Ainsi, quand quelqu’un croit avoir « l’idée générale d’un triangle », il a en réalité une notion imaginaire du concept. Confondre notion, concept et acte opératoire est la source de nombreux malentendus en philosophie et dans les discussions ordinaires.
Commentaire :
La distinction proposée tient surtout si on comprend les niveaux en termes de fonctions plutôt que de séparation stricte. Les vécus relèvent de l’expérience subjective immédiate, tandis que les concepts relèvent d’une structure de validité et d’organisation du sens. Les notions, quant à elles, jouent un rôle intermédiaire : elles constituent des supports mentaux concrets (images, exemples, schèmes) sans épuiser ce que signifie comprendre un concept.
L’erreur fréquente consiste à croire qu’une accumulation d’images ou d’exemples produit la compréhension conceptuelle. Or, même une infinité de représentations particulières ne suffit pas à engendrer une compréhension du concept. La compréhension suppose un changement de registre : passage du cas singulier à la structure, de l’illustration à la définition.
Dans ce cadre, la notion n’est ni identique au concept ni suffisante pour le constituer : elle en est une modalité d’accès partielle et variable. Le concept, lui, organise et sélectionne les conditions de pertinence des notions sans se réduire à aucune d’entre elles. La distinction devient alors moins une séparation de domaines qu’une hiérarchie de fonctions cognitives dans un même processus de pensée.
.
Concept, notion et vécu : distinctions et médiations de la compréhension
- J'm'interroge
- [ Incroyant ]
- [ Incroyant ]
- Messages : 13277
- Enregistré le : 02 sept.13, 23:33
Concept, notion et vécu : distinctions et médiations de la compréhension
Ecrit le 20 avr.26, 09:48- La réalité est toujours beaucoup plus riche et complexe que ce que l'on peut percevoir, se représenter, concevoir, croire ou comprendre.
- Nous ne savons pas ce que nous ne savons pas.
Humilité !
- Toute expérience vécue résulte de choix. Et tout choix produit son lot d'expériences vécues.
Sagesse !
- Nous ne savons pas ce que nous ne savons pas.
Humilité !
- Toute expérience vécue résulte de choix. Et tout choix produit son lot d'expériences vécues.
Sagesse !
-
- Sujets similaires
- Réponses
- Vues
- Dernier message
-
- 10 Réponses
- 643 Vues
-
Dernier message par megaaabolt
-
- 1 Réponses
- 313 Vues
-
Dernier message par Inti
Qui est en ligne
Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur enregistré et 5 invités