Gaetan a écrit : 14 mai26, 07:15
Croire fait parti de la vie. Exemple: Si une personne te dis qu'il y a un ruisseau deux km plus loin tu as le choix de croire ce qu'il te dis ou pas. Si je dis je crois en ce politicien, je fais confiance, même chose pour Dieu le Père que est au Cieux, je crois en Jésus parce que je lui fais confiance pas parce que de croire en lui me rassure d'une angoisse. La foi n’est pas un refuge émotionnel : c’est un acte de confiance envers quelqu’un que l’on juge digne de confiance.
Non , ça n'a rien à voir , ça n'es pas du tout le même style de croyance .
Tu confonds faire confiance à quelqu'un provisoirement et accepter ce qu'il dit .
Dans l'exemple que tu prends,la personne peut vérifier qu'elle lui a menti,parce que c'est vérifiable .
Dans la croyance que tu as religieuse , tu t'aventures dans quelque chose qui n'est absolument pas vérifiable ( dieu transcendant ayant parlé aux hommes )donc bien plus problématique en soi .
Il est impossible de faire agir la raison et le pragmatisme .
Dire à une personne "la rivière est par ici à 2 km "alors que c'est faux, c'est l'expérience empirique ensuite qui va lui permettre de trancher et d'évaluer en profondeur. Parce que empiriquement , cette vérification lui est tout à fait accessible .
La raison a donc toute sa place ici .
Ca n'est pas le cas d'une croyance dans un dieu transcendant qui demeure hors de portée de toute connaissance humaine .
Conclusion de mon observation :
Je vois que tu n'as pas compris la différence entre ce qui est hors de portée de connaissance et ce qui est à portée de connaissance et les problèmes qu'impliquent cette différence pour la raison .
Si tu fais appel à une croyance hors de portée de connaissance humaine,tu ne peux absolument pas te représenter de quoi tu parles et tu ne sais déjà même plus de quoi tu parles . C'est donc de tes propres projection mentales sur la question dont tu parles et jamais de sa réalité descriptive , puisque cette réalité t'est inaccessible.En gros , ça n'est que de l'imaginaire dans tous les cas pris abusivement pour une réalité qui t'est extérieure .Voilà pourquoi ce genre de croyance ne sert à rien . C'est juste le miroir de tes fantasmes .
C'est ce que certains philosophes appelleront plus tard l'aliénation : l'homme crée un concept, oublie qu'il l'a créé, et finit par s'incliner devant lui.
a écrit :Gaetan a dit : Bouddha croyait en Dieu sur le même concept que Jésus, nous en avons parlé. Ils croient en la Source et ce qu'on appelle Dieu eux les appellent Rois. Que tu le veuilles ou non tu crois en un Dieu et tu veux te faire rassurer.
Non , le bouddhisme n'est pas une religion théïste . Tout l'enseignement de Bouddha réside du reste dans le fait de "devenir son propre refuge" . Il n'existe pas de prière à un dieu ou même d'invocations . Par ailleurs dans certains soutras , Bouddha se moque des brahmanes qui croient en Brahma . Il les traite même d'aveugles .
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"..la parole des brāhmanes versés dans les trois Veda est semblable à une rangée d'aveugles attachés ensemble - le premier ne peut pas voir, celui qui est au milieu ne peut pas voir et celui qui est à la fin ne peut pas voir. Le premier ne peut pas voir, celui qui est au milieu ne peut pas voir et celui qui est à la fin ne peut pas voir. Alors, la parole de ces brāhmanes versés dans les trois Veda s’avère une parole qui mérite d’exciter le rire, une prétendue parole, une parole insensée, une parole vide. »( bouddha )
C'est un passage puissant et emblématique que l'on retrouve notamment dans le Canki Sutta (Majjhima Nikaya 95). Le Bouddha y utilise une image frappante pour remettre en question l'autorité basée uniquement sur la tradition et le texte sacré.
Voici quelques points de réflexion pour analyser la portée de cette critique :
1. La critique de la "Foi Aveugle"
Pour Bouddha,les brāhmanes de son époque suivaient une lignée de transmission purement orale et intellectuelle, sans vérification expérimentale.
Si le premier maître n'a pas "vu" la vérité par lui-même, celui qu'il guide est dans l'obscurité, et ainsi de suite.
C'est une mise en garde contre le dogmatisme : croire une chose simplement parce qu'elle est écrite dans un livre ancien ou enseignée par une lignée prestigieuse.
2. La supériorité de l'expérience directe
Dans le bouddhisme, la connaissance véritable (panna) doit être réalisée personnellement. Le Bouddha oppose souvent deux concepts :
Anussava : La tradition orale, le "ouï-dire".
Paccakkha : La perception directe, l'expérience vécue.
L'image de la rangée d'aveugles illustre l'absurdité de se fier à une carte (le texte) si personne dans le groupe n'a jamais vu le paysage (la réalité).
3. Un parfum de provocation philosophique
L'usage de termes comme "parole qui mérite d’exciter le rire" ou "parole vide" montre que le Bouddha n'hésitait pas à utiliser l'ironie pour secouer ses interlocuteurs. À l'époque, les brāhmanes jouissaient d'un statut social et spirituel immense basé sur leur maîtrise des trois Veda. En les comparant à des aveugles se tenant par la main, il déconstruit radicalement leur "prétention à la supériorité".
Pourquoi ce texte est-il encore pertinent ?
Aujourd'hui, ce soutra peut être lu comme un manifeste pour l'esprit critique. Il nous invite à nous demander :
1. Quelles sont les "rangées d'aveugles" auxquelles nous appartenons ? (Idéologies, biais algorithmiques, opinions de groupe sans fondement).
2. Sommes-nous capables de vérifier par nous-mêmes les vérités que nous professons ?
C’est, en somme, un appel à ouvrir les yeux plutôt qu’à simplement tenir la corde de celui qui nous précède.
Le problème de la transcendance est que, par définition, elle dépasse les limites de l’expérience sensorielle et intellectuelle humaine. Si la vérité est située dans un "au-delà" absolu (comme le Brahman), alors toute parole humaine à son sujet devient effectivement une "parole vide" car elle ne repose sur rien de tangible.Bouddha classait donc ce genre de croyance dans les croyances inutiles .
Le langage du "rien"
Si l'on parle de quelque chose que l'on ne peut ni percevoir, ni concevoir, les mots perdent leur sens. C'est là que la "parole insensée" dont parle le Bouddha prend tout son relief.
Si je dis "Dieu est bon", mais que la "bonté" de Dieu est d'une nature transcendante n'ayant rien à voir avec la bonté humaine, alors le mot "bon" ne signifie plus rien.
On se retrouve à manipuler des concepts vides, une sorte de grammaire sans objet.