J'm'interroge a écrit :Le “ni oui ni non” est encore une manière de dire quelque chose, pas un dehors du langage.
vic a écrit : 20 mai26, 00:05
En fait tu t'arrêtes au sens des mots , hors les mots peuvent pointer vers quelque chose d’indicible .
Même le mot dire peut être au sens propre comme au figuré .
Vic, je ne réduis pas l’apparaître au langage. Le verbal n’est qu’une modalité parmi d’autres.
Ce que je maintiens concerne tout autant le non-verbal : perceptions, affects, tensions corporelles, variations d’attention.
Dans tous ces cas, il ne s’agit pas d’objets “découpés” ni de catégories, mais de manières de se manifester : intensités, contrastes, transitions, continuités, ruptures.
Quand tu parles d’“indicible”, je ne le nie pas. Mais ce “hors formulation” n’est pas un dehors sans forme : il apparaît encore comme vécu d’une certaine manière, même sans mots.
Le désaccord n’est donc pas langage vs non-langage, mais ceci :
- toi : possibilité d’un vécu sans aucune différenciation
- moi : toute apparition, même non verbale, se donne déjà selon des modalités de contraste ou de variation, même minimes ou floues
Ce point ne dépend pas du langage, mais de ce qui est effectivement vécu.
vic a écrit : 20 mai26, 00:17
C'est un non vécu vécu .
pareil .
Ni vécu ni non vécu .
Quand on écoute un morceau de musique on n'écoute pas les silences , ça nous perdrait si l'esprit s'arrêtait dessus , on les transforme en note artificiellement pour compter la durée, les temps .
Le silence n'est pas vraiment entendu , ni même vécu au sens absolu ou pas .
Dire que le silence est vécu est une opinion, pas un fait , c'est même une contradiction en soi .
Tu parles à un batteur , dans un groupe de jazz c'est le maitre du temps , j'ai fait l'école agostini et tout .
Un silence c'est comme un vide , un vide n'est ni être ni non être .
Il est très difficile de dire que dans l'absolu il y aurait silence ou note dans un morceau de musique , puisque silence et note sont deux principes qui se revoient l'un à l'autre et co émergent l'un de l'autre .
C'est comme le yin et le yang .
Dans la vie , dire que les choses nous semblent apparaitre n'est pas démontrer qu'elles apparaissent vraiment ou pas .
Pour toi , qu'une chose te semble apparaitre prouve qu'elle apparait .
Vic, tu confonds plusieurs niveaux dans ton analyse du silence et du vécu musical.
Le silence n’est pas un objet sonore comparable à une note, et je ne prétends pas le transformer en entité audible. En revanche, dans l’écoute musicale réelle, il joue un rôle structurant : il organise le rythme, les attentes, les suspensions et les reprises. Sans lui, il n’y a pas de temporalité musicale intelligible. Il n’est donc pas “rien”, même s’il n’est pas une entité positive comme un son.
Dire qu’il est “ni vécu ni non vécu” revient à déplacer la discussion vers une thèse ontologique générale. Or, ce dont il est question ici n’est pas une métaphysique du réel, mais la structure de l’expérience musicale.
Dans l’écoute musicale, le silence n’est pas un objet sonore au même titre qu’une note, mais il n’est pas non plus “hors expérience”. Il est identifiable précisément comme interruption, suspension, attente ou transition dans le déroulement sonore.
Autrement dit, il est un apparaître au même titre que les sons, mais sous une modalité différente : non pas comme contenu positif isolé, mais comme articulation du champ sonore lui-même.
La distinction ne porte donc pas sur “identifiable vs non identifiable”, mais sur le type d’identification : certains apparaître se donnent comme qualité, d’autres comme relations, coupures ou continuités au sein d’un même flux d’expérience.
Tu opposes ensuite “ce qui semble apparaître” à “ce qui apparaît vraiment”. Cette distinction introduit un arrière-plan de réalité indépendante de l’expérience elle-même. Dans une approche strictement phénoménale, cette opposition ne s’impose pas : il n’y a pas deux niveaux séparés, mais seulement des modalités d’apparaîtres plus ou moins stables, contrastées ou partageables.
Le désaccord fondamental tient donc à deux cadres différents. Le tien tend vers une lecture où le réel serait au-delà de toute structuration descriptive, et où les distinctions seraient parfois purement conventionnelles, parfois non. La position défendue ici est plus basique : il n’y a pas d’objets absolus, mais il y a toujours des différenciations dans le vécu, y compris dans ce que tu appelles silence ou absence, sans qu’il soit nécessaire de postuler un arrière-monde ou un “réel pur” distinct de l’expérience.
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- La réalité est toujours beaucoup plus riche et complexe que ce que l'on peut percevoir, se représenter, concevoir, croire ou comprendre.
- Nous ne savons pas ce que nous ne savons pas.
Humilité !
- Toute expérience vécue résulte de choix. Et tout choix produit son lot d'expériences vécues.
Sagesse !