Coemgen a écrit : 13 juin26, 16:07
Bonjour à tous, bonjour JM'Interroge.
Vous semblez mettre sur la table un débat classique en phénoménologie, faisons-nous l'expérience directement d'une réalité, ou seulement d'une apparence qu'il faudrait ensuite identifier? Est-ce directement Lui ou une apparence de Lui.
L'expérience peut déjà nous donner accès à des réalités, même si cette connaissance peut rester partielle.
Bonjour Coemgen,
Dans la démarche que je défends, laquelle est strictement empirique, la question de savoir si l’on fait l’expérience d’une réalité ou seulement d’une apparence n’est pas première. L'on s’en tient à ce qui est effectivement donné dans l’expérience, sans introduire d’hypothèse supplémentaire sur un arrière-plan ou une distinction entre apparence et réalité. Il ne s’agit donc pas de construire une théorie de l’expérience ni de valider un modèle, mais de décrire ce qui se présente, tel qu’il se présente.
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J'm'interroge a écrit :Lorsque je parle de ce qui se présente, je ne parle pas seulement de mots, d'énoncés ou de discours. Je parle plus largement de ce qui est effectivement donné dans l'expérience : sensations, affects, représentations.
vic a écrit : 13 juin26, 18:16
Ok, là on est dans un cas typique d'une personne qui n'a pas compris la méditation vipassana et qui confond la technique d'amorçage avec la donnée brute ( ne penser à à rien de particulier) . ( je te taquine

)
Les théories sur une pratique quelle qu'elle soit y compris celle de vipassanā, ne m'intéressent que très peu. Et si je m'y intéresse, c'est en ce que ce sont des constructions langagières et des représentations associées. Autrement dit : je m'en tiens au concret de ce qui se présente comme il se présente. Je n'accorde aucune valeur aux entités postulées qui ne correspondent à rien d'identifiable de particulier dans ce qui se présente ni aux théories qui ne se vérifient pas dans l'expérience.
vic a écrit : 13 juin26, 18:16
Si tu restes au niveau des sensations/affects/représentations, tu restes dans la technique d’amorçage.
Tu n’as pas encore vu ce qui se passe quand l’analyse se suspend.
Quand l'analyse se suspend, ce qui se présente n'est ni « rien de particulier », ni rien du tout, ni un état indifférencié, ni un « fond de la conscience », ni un « état indifférencié », ni rien de ce que tu as dit à ce sujet.
Quand tu dis « ce qui se passe », tu introduis déjà une description théorique de type explicatif. Moi je ne parle pas de “ce qui se passe” en théorie, mais de ce qui se présente effectivement.
Ce que j'observe quand il n'y a plus d'analyse, c'est qu'il continu de se présenter des sensations, des affects et des représentations, de même qu'il s'en présente hors analyse et représentations associées quand il y a analyse.
Il me semble que tu parles plus d'une théorie que d'une expérience.
Par ailleurs, tu affirmes que « l’analyse se suspend ». Très bien. Mais qu'est-ce qui, dans ce qui se présente, correspond précisément à cette « suspension de l'analyse » ? Comment l'identifies-tu ? Qu'est-ce qui permet de distinguer expérimentalement une analyse suspendue d'une analyse non suspendue ? Car pour l'instant tu introduis une explication de ce qui se passerait, mais tu ne décris toujours pas ce qui est effectivement donné dans l'expérience et reconnaissable comme tel.
Tu introduis des entités pseudo-phénoménologiques sans les exhiber dans ce que tu appelles toi même « expérience ».
vic a écrit : 13 juin26, 18:16
Conclusion: Ce que j'appelle la donnée brute , c'est " rien de particulier " , l'état d'immersion, pas la technique d'amorçage .
Lorsque tu dis que la donnée brute est « rien de particulier », je te pose la même question que depuis le début. Qu'est-ce qui, dans ce qui se présente, correspond exactement à ce « rien de particulier » ? Est-ce une sensation ? Un affect ? Une représentation ? Une configuration particulière de ceux-ci ? Ou autre chose ?
Et si c'est autre chose, comment cette chose est-elle identifiable dans ce qui se présente ? Car tant que ce point n'est pas précisé, « rien de particulier », « immersion » ou « donnée brute » restent des formulations théoriques dont le contenu expérientiel demeure indéterminé. Or c'est précisément ce contenu que je te demande de décrire.
Je ne conteste pas directement ton expérience supposée. Je te demande simplement ce que désignent concrètement ces termes dans l'expérience elle-même, ce qui est exactement la question que je pose depuis le début. Car tes propos sont très théoriques vic.
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Coemgen a écrit : 14 juin26, 00:22
Pour ma part, aujourd'hui, je crois que la connaissance de soi est importante, mais qu'elle trouve son sens dans la relation avec l'Être des êtres.
Pour ma part, il n'y a de connaissance qu'empirique. Quant aux savoirs : il n'y a de savoirs que logico-formels ou scientifiques.
Qu'est-ce que ce « soi » ? Qu'est-ce que cet « Être » ? Concrètement, comment cela se présente-t-il dans l'expérience ?
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1. S’en tenir au concret, c’est-à-dire à ce qui se présente, tel que cela se présente, sans ajout purement spéculatif.
2. Ne rien affirmer qui ne réfère à rien d’identifiable dans ce qui se présente.
3. Ne rien postuler qui ne puisse s’y vérifier.
4. Reconnaître toute construction théorique pour ce qu’elle est : une construction langagière.