Croyance vs Empirisme ou Science.

Sujet d'actualité Au Québec l'accommodement raisonnable, un sujet d'actualité.
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J'm'interroge

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Re: Croyance vs Empirisme ou Science.

Ecrit le 19 juin26, 07:36

Message par J'm'interroge »

.
Empirie ←|→ Théorie

Connaissance empirique ←|→ Savoir théorique ou croyance

Observation ←|→ Interprétation

Description ←|→ Explication

Présenter du concret ←|→ Présenter un raisonnements ou une justification

Présenter du concret ←|→ Présenter une explication

Présenter du concret ←|→ Présenter une théorie

Comment cela se présente-t-il ? ←|→ Comment cela se fait-il que ?

Comment cela se présente-t-il ? ←|→ Qu'est-ce qui fait que ?

Comment ? ←|→ Pourquoi ?

Désignation ←|→ Conceptualisation

Nommer ←|→ Définir

Concret ←|→ Abstrait

Fait ←|→ Vérité

Constat ←|→ Postulat

Montrer ce qui se présente ←|→ Justifier une conclusion ou conceptualiser

Montrer ←|→ Démontrer ou baratiner

S'en tenir à se qui se présente ←|→ ajouter des entités postulées



Note :

J'avais précédemment écrit : Connaissances ←|→ Savoirs ou croyances

Car oui, je donne à « connaissance » et « savoir » des sens distincts.
Dans l'usage courant, connaissance et savoir sont presque synonymes. Mais dans mon approche, je les distingue.

- Connaissances = ce qui est directement fondé sur l'observation et la vérification empirique.
- Savoirs ou croyances = ce qui est tenu pour vrai sur la base d'une théorie, d'une interprétation, d'un raisonnement, d'une tradition ou d'un postulat.

Par exemple :
« Le thermomètre indique 20°C. » → connaissance empirique.
« Les noyaux d'atomes sont réellement constituées de protons. » → savoir théorique ou croyance scientifique.
« Dieu a créé l'univers. » → croyance métaphysique.

Connaissances empiriques ←|→ Savoirs théoriques ou croyances


.
1. S’en tenir au concret, c’est-à-dire à ce qui se présente, tel que cela se présente, sans ajout purement spéculatif.
2. Ne rien affirmer qui ne réfère à rien d’identifiable dans ce qui se présente.
3. Ne rien postuler qui ne puisse s’y vérifier.
4. Reconnaître toute construction théorique pour ce qu’elle est : une construction langagière.

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Re: Croyance vs Empirisme ou Science.

Ecrit le 22 juin26, 02:30

Message par J'm'interroge »

.
À une critique empiriste il faut répondre par des arguments de même valeur, autrement dit : par des observations concrètes, pas par des baratins théoriques, des explications creuses.

____


Une critique formulée dans une perspective empiriste appelle naturellement une réponse du même ordre. Si l'objection repose sur l'observation, l'expérience ou les faits, il paraît insuffisant d'y répondre par des spéculations abstraites, des constructions métaphysiques ou des explications qui ne s'appuient sur aucune donnée observable. L'exigence empiriste consiste précisément à demander : qu'observe-t-on réellement ? Quels faits permettent d'étayer ce qui est affirmé ?

Il ne s’agit pas d’une « thèse » concurrente sur le monde, mais d’une règle de pertinence : n’est recevable, dans le débat sur les faits, que ce qui peut être rapporté à des faits. L’empirisme, dans cette acception stricte, ne propose pas une vision globale du réel qu’il faudrait croire, il impose une contrainte sur ce qui peut valoir comme justification. C’est une limitation du type d’arguments admissibles, non une construction doctrinale venant s’ajouter aux autres.

Face à cette exigence, on objecte parfois que certains faits affirmés sont des vécus non partagés incommunicables. En dehors du fait que ce soit paradoxal, le point décisif n'est pas ici de rejeter une expérience prétendue, il est ailleurs : très souvent, ce qui est présenté comme un fait singulier est déjà une interprétation. En effet, la confusion est fréquente entre un donné, c'est-à-dire : ce qui est éprouvé comme tel, et ce qui est présenté dans le discours comme une expérience incommunicable. En effet, ce n'est forcément pas l'expérience elle-même, mais une théorie élaborée à partir de cette expérience. Une confusion s'installe cependant entre le vécu et son interprétation.

L'expérience proprement dite est ce qui est effectivement éprouvé. Elle ne constitue pas encore une doctrine. En revanche, dès que l'on cherche à en tirer une conclusion générale, à lui attribuer une signification universelle ou à en déduire une vérité sur la réalité, on quitte le domaine de la simple description pour entrer dans celui de l'interprétation et de l'explication. Le passage de l'un à l'autre est souvent discret, mais il est décisif.

Ainsi, lorsqu'une personne affirme avoir vécu une expérience singulière, l'empiriste n'est pas nécessairement conduit à nier la réalité de ce vécu. Ce qu'il contestera, c'est la légitimité des conclusions que l'on prétend en tirer. Il pourra admettre qu'un phénomène a été éprouvé tout en refusant d'accorder une valeur démonstrative à l'interprétation qui l'accompagne.

C'est pourquoi l'argument de l'expérience incommunicable possède une portée limitée. Il peut protéger la réalité subjective d'un vécu contre la négation pure et simple. En revanche, il protège beaucoup moins les affirmations théoriques construites à partir de ce vécu. Une expérience peut demeurer privée, mais dès lors qu'une thèse est formulée publiquement à son sujet, elle devient un objet de discussion et de critique.

Or, le donné, par lui-même, ne prouve rien. Dès que l'on tire d'une constatation une conclusion universelle, on sort de la description pour entrer dans l'interprétation. C'est ce passage que la démarche empiriste s'attache à repérer.

Ainsi, il ne s'agit pas nier les faits invoqués. La démarche empiriste peut admettre qu'un fait singulier a eu lieu, est de l'ordre du vécu. Ce qu'elle refuse, c'est d'accorder à l'interprétation qui l'accompagne une valeur démonstrative, tant que celle-ci ne peut être montrée dans l'expérience, c'est-à-dire tant qu'on ne peut pas indiquer, dans ce qui se présente, à quoi correspondent les entités ou les principes qu'elle suppose. Le point n'est pas de savoir si le fait est accessible à tous, il est d'établir concrètement dans l'expérience si l'affirmation peut être rattachée à quelque chose d'effectivement donné.

Le cœur du débat réside donc dans la distinction entre l'expérience et le discours sur l'expérience. Une critique empiriste exige des observations plutôt que des spéculations. Mais lorsqu'on invoque une expérience inaccessible au critique, il faut encore distinguer ce qui relève du vécu lui-même et ce qui relève de l'interprétation qui en est donnée. Faute de cette distinction, on risque de prendre pour un fait expérimental ce qui n'est en réalité qu'une théorie portant sur ce fait.

L'exigence empiriste conserve alors toute sa force : elle ne consiste pas nécessairement à nier les expériences invoquées, mais à demander si les conclusions que l'on prétend en tirer sont véritablement contenues dans l'expérience elle-même ou si elles lui ont été ajoutées par l'interprétation.

L'argument du fait inaccessible a donc une portée très limitée : il peut protéger le fait brut, mais il ne protège pas les théories qu'on y greffe. Dès qu'une affirmation devient publique, elle entre dans le champ de la discussion – et la démarche empiriste n'y trouve alors qu'un critère : ce qui se donne vaut, ce qui s'y ajoute doit pouvoir y être montré.

Elle ne présuppose aucun sujet, aucune conscience, aucun observateur. Elle n'a pas besoin d'un « quelqu'un » à qui les choses se présenteraient. Elle se borne à ce qui se montre, et à l'écart entre ce qui se donne et ce qu'on en dit.

____


Ajouté 19 heures 3 minutes 12 secondes après :

Une théorie explicative ou même prédictive n'a de concret que ce qui se presente, se vérifie et/ou se montre dans l'expérience.


1. Le discours théorique lui-même est concret puisqu'il se présente effectivement sous forme de mots, de phrases, de raisonnements.

2. Les représentations associées sont également concrètes puisqu'elles se présentent elles aussi dans l'expérience comme représentations.

3. Par contre, ce qui est postulé par la théorie ne l'est pas nécessairement. C'est là que se situe la question.


Par exemple, lorsque quelqu'un parle de « l'Un » de Plotin, de « la substance », de « l'âme », d'un « sujet transcendantal » ou d'une « conscience cosmique », il y a bien :
 - un discours concret,
 - des représentations concrètes,
 - éventuellement des affects associés, également concrets.
Mais cela ne suffit pas à rendre concrète l'entité postulée elle-même.

Une théorie est toujours concrète en tant que discours, représentations et raisonnements se présentant dans l'expérience. En revanche, ce qu'elle postule n'est concret que dans la mesure où cela correspond à quelque chose d'identifiable en particulier ou de vérifiable dans l'expérience.
.
1. S’en tenir au concret, c’est-à-dire à ce qui se présente, tel que cela se présente, sans ajout purement spéculatif.
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3. Ne rien postuler qui ne puisse s’y vérifier.
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prisca

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Re: Croyance vs Empirisme ou Science.

Ecrit le 22 juin26, 21:46

Message par prisca »

La croyance est une prédisposition chez l'homme qui se questionne d'où il vient, pourquoi il existe, où va t il, et comment la complexité du vivant a pu émerger en sachant que le hasard ne peut pas produire tant de prouesses dans l'élaboration de la vie.

L'empirisme c'est l'individu dénué de cerveau analytique, juste il ne se sert que de ses yeux, et encore il évite de dire qu'il se sert de ce sens, il veut juste être un "objet sans âme".


Image

Le rationalisme ouvre la porte de la croyance, mais l'empiriste n'est qu'un oeil et une langue qui s'étire et un sourire béat.

Le rationalisme ouvre l'oeil de l'esprit, l'empiriste n'ouvre que son oeil humain et encore....
Jésus est D.IEU qui se rend visible venant parler aux humains pour les enseigner, et pour les sauver D.IEU met sur la Croix cette Image qu'il s'est créée. 2 Corinthiens 5:13
En effet, si je suis hors de sens, c'est pour Dieu; si je suis de bon sens, c'est pour vous.

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Re: Croyance vs Empirisme ou Science.

Ecrit le 22 juin26, 22:37

Message par J'm'interroge »

.
@ prisca,


Tu confonds précisément deux choses : observer et expliquer.

Que des êtres humains se posent des questions comme « d'où venons-nous ? », « pourquoi existons-nous ? » ou « comment la vie est-elle apparue ? », je n'en doute pas un instant. Mais lorsque tu écris que « le hasard ne peut pas produire tant de prouesses », tu n'énonces pas une observation. Tu proposes déjà une interprétation et une explication. C'est précisément ce genre de passage que je distingue de l'observation elle-même.

Il ne s'agit pas d'un rejet d'une pensée analytique. L'empirisme même strict, est tout à fait compatible avec une approche rationnelle. Distinguer rigoureusement ce qui est observé de ce qui est conclu, supposé ou imaginé, même si c'est purement observationnel, n'implique pas une absence de réflexion.

Pour le reste, tu n'exprimes que ton opinion sur ce dont il est question, sans visiblement avoir compris ni reconnu de quoi il s'agit.
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1. S’en tenir au concret, c’est-à-dire à ce qui se présente, tel que cela se présente, sans ajout purement spéculatif.
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Re: Croyance vs Empirisme ou Science.

Ecrit le 23 juin26, 00:13

Message par prisca »

J'm'interroge a écrit : 22 juin26, 22:37 .
@ prisca,


Tu confonds précisément deux choses : observer et expliquer.

Que des êtres humains se posent des questions comme « d'où venons-nous ? », « pourquoi existons-nous ? » ou « comment la vie est-elle apparue ? », je n'en doute pas un instant. Mais lorsque tu écris que « le hasard ne peut pas produire tant de prouesses », tu n'énonces pas une observation. Tu proposes déjà une interprétation et une explication.....
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Oui parce que mon cerveau agit presqu'à mon insu, il fonctionne et émet des théories.
Jésus est D.IEU qui se rend visible venant parler aux humains pour les enseigner, et pour les sauver D.IEU met sur la Croix cette Image qu'il s'est créée. 2 Corinthiens 5:13
En effet, si je suis hors de sens, c'est pour Dieu; si je suis de bon sens, c'est pour vous.

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Re: Croyance vs Empirisme ou Science.

Ecrit le 23 juin26, 04:54

Message par ronronladouceur »

prisca a écrit : 22 juin26, 21:46 La croyance est une prédisposition chez l'homme qui se questionne d'où il vient, pourquoi il existe, où va t il, et comment la complexité du vivant a pu émerger en sachant que le hasard ne peut pas produire tant de prouesses dans l'élaboration de la vie.
Vous n'êtes pas la première à le dire et sûrement pas la dernière non plus... Et heureusement...

À ce propos, Hubert Reeves lui-même disait ne pas croire au hasard, mais ne savait pas quoi mettre à sa place... À mon avis, c'est une posture qui va jusqu'au bout de l'intelligible possible, à la lisière de l'immensité...

Moi-même ai-je écrit : ''Au-delà du croire ou non-croire, l'Incroyable.'' Peut-être est-ce là une vision de l'œil océanique... J'ajouterais ici que cette possibilité-capacité ne rejoint pas nécessairement tout le monde dans l'immédiat et que cela est peut-être dû au fait que la cécité tiendrait au fait qu'on en a plein la vue... Question d'ouverture? Mais chacun est à son heure, comme parfois je l'exprime...

Ainsi la capacité à se saisir de l'Incroyable suffit à elle seule à s'imprégner du mystère de cette grande question du hasard...

Cela signifie aussi que ce point de vue manque au titre du topic... Ainsi serait-il inclusif d'avoir : Croyance, Science et Ouverture à toujours-plus...

Évidemment question d'ouverture du regard...
Pensée parfois élaborée au fil d’un dialogue réflexif...

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Re: Croyance vs Empirisme ou Science.

Ecrit le 23 juin26, 05:18

Message par J'm'interroge »

.
@ ronronladouceur,


Je n'ai aucun problème avec l'étonnement ou le fait de reconnaître les limites de notre compréhension.

Là où nos approches divergent, c'est que tu sembles passer du constat que certaines questions restent ouvertes ou que certaines réponses échouent à rendre compte de ce qui se présente à l'idée qu'il faudrait attribuer une pertinence à ce qu'elles postulent.

Que le hasard ne nous satisfasse pas, que l'univers soit étonnant, que le réel dépasse largement ce que nous comprenons, tout cela peut être admis sans difficulté, à condition de n'y injecter aucun postulat invérifiable.

Mais aucune de ces remarques ne nous dit ce qui est effectivement observé ni ce qu'il faudrait conclure au sujet de ce qui produirait les phénomènes par exemple.

L'Incroyable, le Mystère ou le Toujours-plus sont des expressions poétiques. Mais elle ne constituent pas des observations supplémentaires ni des preuves d'une quelconque entité, intelligence ou réalité sous-jacente particulière.

Autrement dit, reconnaître que nous ne savons pas n'autorise pas à présenter comme connu ce qui ne l'est pas.

Dans le cadre de ma démarche, l'ouverture consiste précisément dans l'humilité qu'il y a à ne rien conclure d'invérifiable.

(Même sous une forme poétique.)
.
1. S’en tenir au concret, c’est-à-dire à ce qui se présente, tel que cela se présente, sans ajout purement spéculatif.
2. Ne rien affirmer qui ne réfère à rien d’identifiable dans ce qui se présente.
3. Ne rien postuler qui ne puisse s’y vérifier.
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Re: Croyance vs Empirisme ou Science.

Ecrit le 23 juin26, 06:52

Message par ronronladouceur »

J'm'interroge a écrit : 23 juin26, 05:18 Autrement dit, reconnaître que nous ne savons pas n'autorise pas à présenter comme connu ce qui ne l'est pas.
Pourtant cela ne vous empêche pas de reconnaître comme connu ce que vous considérez tel, sans guère de preuves... D'ailleurs quel est donc le critère du connu sinon que l'expérience, le vécu... Comment pensez-vous que l'Incroyable s'est présenté à moi comme au-delà de la foi et de la non-foi?
Dans le cadre de ma démarche, l'ouverture consiste précisément dans l'humilité qu'il y a à ne rien conclure d'invérifiable.
Invérifiable pour qui?

E vous appelez ''ne rien conclure'' de l’humilité, mais vous en concluez déjà une conclusion générale...
(Même sous une forme poétique.)
À propos de Poésie...

La Poésie - avec le P majuscule - ne prouve rien, ne démontre rien, elle est simplement celle qui dévoile la profondeur, l’incommensurable profondeur du réel... Vision de l’œil de l’esprit, tel qu’il se présente en même temps qu’il se fait connaître...

Oserons-nous aller plus loin encore?
Pensée parfois élaborée au fil d’un dialogue réflexif...

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Re: Croyance vs Empirisme ou Science.

Ecrit le 23 juin26, 08:21

Message par J'm'interroge »

.
@ ronronladouceur,


Tu me demandes : « invérifiable pour qui ? » La question est mal posée, car elle présuppose un sujet, un « qui », à qui les choses seraient vérifiables ou non. Or la démarche que je défends ne postule aucun sujet, aucun observateur, aucune conscience. Elle ne dit pas : « ceci est vérifiable pour Untel, cela ne l'est pas pour Unautre. » Elle dit : une affirmation est recevable si elle peut être confrontée à ce qui se présente – c'est-à-dire si l'on peut indiquer, dans l'expérience, des observations qui la confirmeraient ou l'infirmeraient. Les entités ou principes qu'elle postule doivent, quant à eux, trouver dans ce qui se donne une contrepartie identifiable : une qualité, une relation, une régularité, une mesure. La vérifiabilité n'est donc pas une relation à un sujet, c'est une propriété de l'affirmation elle-même : elle est vérifiable si l'on peut, en principe, la rattacher à ce qui se présente effectivement, fût-ce par des voies médiates ou instrumentales. Point.

Tu évoques l'« Incroyable » qui s'est présenté à toi. Je ne doute pas que quelque chose se soit présenté. Mais ce qui s'est présenté, tu ne le décris pas. Ce fait, je ne le récuse pas. Ce que je récuse, c'est ce que tu en tires. Car tu ne te contentes pas de dire : « j'ai constaté ceci ». Tu dis : « cela était au-delà de la foi et de la non-foi », « cela dévoile l'incommensurable profondeur du réel ». Or, ces conclusions – la profondeur, l'au-delà, l'incommensurable – peuvent-elles être montrées dans ce qui se présente ? Peux-tu indiquer, dans le fait que tu as constaté, une qualité, une relation, une observation qui corresponde à ces notions ? Si non, alors tu as ajouté à l'expérience une interprétation qui n'y est pas contenue. L'expérience se présente comme elle se présente ; l'interprétation, quant à elle, c'est ce que tu lui rajoutes.

Tu parles de poésie, avec un grand P. Je ne conteste pas la poésie. La poésie peut être belle, profonde, émouvante. Mais elle ne prouve rien. Elle ne démontre ni ne montre rien. C'est un mode d'expression, non un mode de connaissance. Elle peut dévoiler, dis-tu. Mais que dévoile-t-elle ? Elle dévoile peut-être une émotion, une intuition, une manière de sentir. Mais elle ne dévoile ni ne décrit rien en dehors de cela. Le poème ne permet pas de dire : « le réel est ainsi ». Il dit : « je le sens ainsi ». C'est une différence essentielle.

Tu me reproches de conclure que je ne conclus rien. Il y a là un jeu de mots. Je ne conclus rien quant à la nature ultime du réel. Je ne postule même pas quoi que ce soit à ce sujet. Je ne dis pas ce que serait le monde ou le réel en lui-même. Je dis seulement : ce qui se présente se présente comme il se présente, et ce qui s'y ajoute dans les discours doit pouvoir y être montré. C'est une règle de méthode, non une thèse sur le monde. Et cette règle, je ne la tiens pas pour une vérité révélée, je la tiens pour une contrainte que je m'impose, parce que je ne vois pas d'autre manière de distinguer ce qui est effectif de ce qui ne l'est pas.

Tu me demandes si j'ose aller plus loin. Mais aller plus loin, ce serait précisément ajouter à ce qui se présente des choses qui ne s'y montrent pas. Je m'arrête donc là. Je m'arrête là par rigueur, non par lâcheté. Je m'arrête là parce que ce qui est conclu ou postulé sans être vérifiable dans ce qui se présente n'est pas empiriquement fondé. Je ne vois pas de raison de lui accorder la moindre créance ou intérêt, plus qu'à n'importe quelle autre affirmation vide et gratuite.


___


La démarche empiriste ne consiste pas à soutenir une thèse, mais à s'en tenir à ce qui se présente comme il se présente. Elle ne dit pas ce qu'est le monde ; elle dit ce à quoi l'on peut se référer quand on parle du monde.

Toute théorie, pour être recevable, doit pouvoir être confrontée à ce qui se donne. Et toute entité ou principe qu'elle postule doit trouver, dans ce qui se manifeste, une contrepartie identifiable : une qualité, une relation, une régularité, une mesure. Faute de quoi l'on n'a plus affaire qu'à une explication creuse, en ce qu'elle n'est autre qu'une construction verbale sans prise sur le réel. Cette exigence n'est pas une doctrine parmi d'autres, mais une démarche : rapporter tout énoncé à ce qui se montre, et identifier dans les discours ce qui n'y trouve pas d'attache.


Conclusion générale :

La démarche empiriste n'est pas une doctrine close, ni une vision du monde. C'est une discipline de l'attention : regarder ce qui se donne, décrire ce que l'on constate, et mesurer l'écart entre ce qui se présente et ce qu'on en dit. Elle ne promet pas d'accéder à une vérité ultime ; elle offre un moyen de distinguer ce qui est effectif de ce qui ne l'est pas. Et en cela, elle est peut-être modeste, mais elle est solide.
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1. S’en tenir au concret, c’est-à-dire à ce qui se présente, tel que cela se présente, sans ajout purement spéculatif.
2. Ne rien affirmer qui ne réfère à rien d’identifiable dans ce qui se présente.
3. Ne rien postuler qui ne puisse s’y vérifier.
4. Reconnaître toute construction théorique pour ce qu’elle est : une construction langagière.

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Re: Croyance vs Empirisme ou Science.

Ecrit le 23 juin26, 13:28

Message par ronronladouceur »

J'm'interroge a écrit : 23 juin26, 08:21 ...
Vous dites ne pas présupposer de sujet. Pourtant, dès qu’il est question d’observation, de vérification, de vécu ou d’interprétation, il y a nécessairement une instance à qui cela se présente...

Votre exigence de vérifiabilité appartient à votre cadre... Nous étions d’accord : dans l’impossibilité de trancher, la seule attitude cohérente est la suspension du jugement...

Quant à ''l’Incroyable'' il s’est présenté tel quel : donation et compréhension simultanées. Ce n’est pas un récit, c’est un mode d’apparaître...

Dire que la poésie ne dévoile rien est gratuit. La sensation fait partie du réel, et l’intuition peut révéler ce qui n’était pas encore explicite. À moins de prétendre connaître d’avance les limites du réel, il faut admettre que le dévoilement peut prendre des formes non littérales...

Votre règle méthodologique est votre règle. Elle est relative à votre cadre, à vos critères, à votre interprétation... Vous pourriez avoir raison comme tort : c’est précisément ce que la suspension du jugement laisse entrevoir...

''Ne pas aller plus loin'' est un choix, pas une nécessité... Examiner ce que vous tenez pour impossible ou non pertinent fait aussi partie du travail. Une interprétation peut viser juste, même si elle reste une interprétation. Se limiter au constat brut, c’est réduire le champ des possibles...

Enfin, ce que vous appelez ''empiriquement fondé'' dépend encore d’une définition, d’un filtre, d’un critère... Rien de tout cela n’est absolu...

L’erreur fait partie du jeu, et ce jeu inclut aussi vos propres présupposés...
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Re: Croyance vs Empirisme ou Science.

Ecrit le 23 juin26, 23:57

Message par J'm'interroge »

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@ ronronladouceur,


Le point faible de ta réponse est qu'elle mélange constamment plusieurs niveaux : phénoménologique, méthodologique, épistémologique et ontologique.


Je ne prétends pas que mes critères soient absolus. Je décris simplement la démarche que j'adopte et les distinctions qu'elle opère.

Par ailleurs, tu sembles passer d'une remarque méthodologique à une conclusion ontologique. Que l'observation, le vécu ou la vérification se présentent ne m'oblige pas à postuler une instance distincte à laquelle ils se présenteraient. Ce serait déjà ajouter quelque chose à ce qui est donné.

Tu affirmes ensuite que l'Incroyable se serait présenté comme donation et compréhension simultanées. Très bien. Mais qu'est-ce qui se présente exactement ? Quelle description peux-tu en donner ? Car nommer quelque chose « l'Incroyable » ne constitue pas encore une description de ce qui est donné.

Je n'ai jamais soutenu que la poésie ne dévoilait rien. J'observe simplement qu'un dévoilement ressenti, une intuition ou une impression de compréhension ne suffisent pas à établir ce qui est effectivement le cas. Une intuition peut être juste, mais elle peut aussi être erronée. Le simple fait qu'elle se produise ne permet pas de trancher.

Quant à la suspension du jugement, je l'applique précisément aux entités, causes ou principes qui ne sont ni identifiables ni vérifiables dans ce qui se présente. C'est pourquoi je ne conclus ni à leur existence ni à leur inexistence. Je constate seulement que rien ne permet de les identifier ou de les vérifier, donc je ne postule rien à ce sujet.

Enfin, je ne propose pas de « ne pas aller plus loin ». Je distingue simplement deux démarches. L'une décrit ce qui se présente et ce qui s'y vérifie. L'autre ajoute des interprétations, des suggestions vagues et des hypothèses ou des postulats. Ces interprétations peuvent parfois être intéressantes, voire fécondes ou inspirantes. Mais elles demeurent des interprétations, et les reconnaître comme telles n'a rien de réducteur.

Le cœur du désaccord tient probablement à ceci : tu considères qu'une intuition, une compréhension soudaine ou une expérience intérieure peut avoir une portée révélatrice sur le réel. Moi, je ne nie pas l'expérience elle-même, mais je refuse de déduire de son seul surgissement la validité de ce qu'elle semble révéler. C'est une différence de statut accordé à l'interprétation.
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Modifié en dernier par J'm'interroge le 24 juin26, 10:55, modifié 1 fois.
1. S’en tenir au concret, c’est-à-dire à ce qui se présente, tel que cela se présente, sans ajout purement spéculatif.
2. Ne rien affirmer qui ne réfère à rien d’identifiable dans ce qui se présente.
3. Ne rien postuler qui ne puisse s’y vérifier.
4. Reconnaître toute construction théorique pour ce qu’elle est : une construction langagière.

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Re: Croyance vs Empirisme ou Science.

Ecrit le 24 juin26, 08:43

Message par ronronladouceur »

J'm'interroge a écrit : 23 juin26, 23:57 Une intuition peut être juste, mais elle peut aussi être erronée. Le simple fait qu'elle se produise ne permet pas de trancher.

Quant à la suspension du jugement, je l'applique précisément aux entités, causes ou principes qui ne sont ni identifiables ni vérifiables dans ce qui se présente. C'est pourquoi je ne conclus ni à leur existence ni à leur inexistence. Je constate seulement que rien ne permet de les identifier ou de les vérifier, donc je ne postule rien à ce sujet.
Empruntant à votre point de vue, la suspension du jugement me convient...
Enfin, je ne propose pas de « ne pas aller plus loin ». Je distingue simplement deux démarches. L'une décrit ce qui se présente et ce qui s'y vérifie. L'autre ajoute des interprétations, des suggestions vagues et des hypothèses ou des postulats. Ces interprétations peuvent parfois être intéressantes, voire fécondes ou inspirantes. Mais elles demeurent des interprétations, et les reconnaître comme telles n'a rien de réducteur.
Distinction, vérification, interprétation sur interprétation, sans vérification probante, voilà la situation laissée en suspension de jugement...
Le cœur du désaccord tient probablement à ceci : tu considères qu'une intuition, une compréhension soudaine ou une expérience intérieure peut avoir une portée révélatrice sur le réel. Moi, je ne nie pas l'expérience elle-même, mais je refuses de déduire de son seul surgissement la validité de ce qu'elle semble révéler. C'est une différence de statut accordé à l'interprétation.
Je ne parle pas personnellement de déduction... J'ai présenté une expérience selon la manière dont elle s'est présentée...

Quoi qu'il en soit, votre dernier paragraphe n'a rien de compatible avec la suspension du jugement...

Vous vous contredisez...
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Re: Croyance vs Empirisme ou Science.

Ecrit le 24 juin26, 10:59

Message par J'm'interroge »

J'm'interroge a écrit : Le cœur du désaccord tient probablement à ceci : tu considères qu'une intuition, une compréhension soudaine ou une expérience intérieure peut avoir une portée révélatrice sur le réel. Moi, je ne nie pas l'expérience elle-même, mais je refuses de déduire de son seul surgissement la validité de ce qu'elle semble révéler. C'est une différence de statut accordé à l'interprétation.
ronronladouceur a écrit : 24 juin26, 08:43 Je ne parle pas personnellement de déduction... J'ai présenté une expérience selon la manière dont elle s'est présentée...
Non, ce n'est pas ce que tu as fait, pour les raisons dites.

ronronladouceur a écrit : 24 juin26, 08:43 Quoi qu'il en soit, votre dernier paragraphe n'a rien de compatible avec la suspension du jugement...

Vous vous contredisez...
En aucun point.

Quand je dis que ce que tu as présenté n'est pas une description, c'est un constat, pas une interprétation.
.
1. S’en tenir au concret, c’est-à-dire à ce qui se présente, tel que cela se présente, sans ajout purement spéculatif.
2. Ne rien affirmer qui ne réfère à rien d’identifiable dans ce qui se présente.
3. Ne rien postuler qui ne puisse s’y vérifier.
4. Reconnaître toute construction théorique pour ce qu’elle est : une construction langagière.

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Re: Croyance vs Empirisme ou Science.

Ecrit le 24 juin26, 11:41

Message par ronronladouceur »

J'm'interroge a écrit : 24 juin26, 10:59 Quand je dis que ce que tu as présenté n'est pas une description, c'est un constat, pas une interprétation.
Je ne vois pas comment répéter les mots qui se sont présentés dans leur donation serait une interprétation...

C'est vous qui interprétez ce qui s'est présenté, pas moi...
Pensée parfois élaborée au fil d’un dialogue réflexif...

J'm'interroge

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Re: Croyance vs Empirisme ou Science.

Ecrit le 24 juin26, 14:09

Message par J'm'interroge »

ronronladouceur a écrit : 24 juin26, 11:41 Je ne vois pas comment répéter les mots qui se sont présentés dans leur donation serait une interprétation...

C'est vous qui interprétez ce qui s'est présenté, pas moi...
Je t'invite à relire ce que je t'ai dit à ce sujet.


_____________


Pour distinguer ce qui relève de l'empirie de ce qui relève de la théorie :


Empirie ←|→ Théorie

Connaissance empirique ←|→ Savoir théorique ou croyance

Observation ←|→ Interprétation

Description ←|→ Explication

Présenter du concret ←|→ Présenter un raisonnements ou une justification

Présenter du concret ←|→ Présenter une explication

Présenter du concret ←|→ Présenter une théorie

Comment cela se présente-t-il ? ←|→ Comment cela se fait-il que ?

Comment cela se présente-t-il ? ←|→ Qu'est-ce qui fait que ?

Comment ? ←|→ Pourquoi ?

Désignation ←|→ Conceptualisation

Nommer ←|→ Définir

Concret ←|→ Abstrait

Fait ←|→ Vérité

Constat ←|→ Postulat

Montrer ce qui se présente ←|→ Justifier une conclusion ou conceptualiser

Montrer ←|→ Démontrer ou baratiner

S'en tenir à se qui se présente ←|→ ajouter des entités postulées


____


Constater ←|→ Expliquer

Constater ←|→ Interpréter

Décrire ce qui est là ←|→ Raconter ce qui pourrait être

S'en tenir à ce qui se présente ←|→ Ajouter des entités ou principes postulés

Ce qui est donné ←|→ Ce qui est supposé

Ce qui se montre ←|→ Ce qui se déduit

Présent ←|→ Passé reconstitué ou futur anticipé

Singulier ←|→ Général

Observable comme donné ←|→ Inféré par raisonnement

Se fier à ce que l'on voit ←|→ Se fier à ce que l'on pense

Montrer du doigt ←|→ Invoquer par des mots

Constable ←|→ Crédible

Observable ←|→ Crédible

Vérifiable ←|→ Crédible

Connaître ←|→ Croire

Connaître par expérience ←|→ Savoir par ouï-dire ou par théorie

Connaître par expérience ←|→ tenir pour vrai par intuition

Ce dont on peut rendre compte ←|→ Ce dont on peut rendre raison

Ceci se présente ←|→ Ceci est vrai, faux ou indécidable

Répondre : « voilà » ←|→ Répondre : « parce que »

Se taire devant ce qui ne se montre pas ←|→ Parler de ce qui ne se montre pas

Accepter l'ignorance ←|→ Combler par des hypothèses

S'arrêter là ←|→ Aller plus loin

Humilité empirique ←|→ Audace spéculative

Humilité empirique ←|→Prétention théorique

Description neutre ←|→ Récit orienté

Ce que l'on peut partager sans mots ←|→ Ce que l'on ne peut que dire sans pouvoir le communiquer

Expérience vécue ←|→ Expérience interprétée

Phrase descriptive : « il fait 20°C » ←|→ Phrase explicative : « la température est une mesure de l'agitation moléculaire »

Énoncé situationnel ←|→ Énoncé théorique

Référence directe ←|→ Référence indirecte

Ostension ←|→ Définition

Indexical ←|→ Symbolique

Connaître que ←|→ expliquer pourquoi

Constat ponctuel ←|→ Loi générale

Constat d'occurrences ←|→ Loi générale

Ce dont on fait l'épreuve ←|→ Ce dont on fait le récit

Ce qui résiste ←|→ Ce qui échoue à rendre compte

Le monde tel qu'il se donne ←|→ Le monde tel qu'on le conçoit

Réel constaté ←|→ Réel postulé

Ici-maintenant ←|→ Partout-toujours

Ce qui se présente ←|→ Ce qui est postulé exister en soi

Expérience effective ←|→ Expérience possible

Donné brut ←|→ Dépendance langagière

Pur constat ←|→ Pure interpretation

Prise en compte ←|→ Élaboration théorique

Lucidité ←|→ Conviction

S'abstenir de conclure ←|→ Conclure

Ne pas savoir ←|→ Croire savoir

En rester aux phénomènes ←|→ Quitter le champ de l'observable

En rester aux phénomènes ←|→ S'engager dans des spéculations

Phénomène ←|→ Noumène (supposé)

Ce qui s'impose ←|→ Ce qui est conclu ou interprété

Ce qui est trouvé ←|→ Ce qui est attendu

Pragmatisme ←|→ Questionnement creux

Donné empirique ←|→ Dépassement spéculatif

Observer ←|→ Théoriser

Observer ←|→ Spéculer

Observer ←|→ Postuler

Pragmatique ←|→ Dogmatique

Synthèse descriptive ←|→ Synthèse explicative

Observation ←|→ Découpage conceptuel

Observer ce qui est dit ←|→ Dire des choses qui ne s'observent pas.

Forme ou Structure ←|→ Essence, Matière ou Substance

Qualités ←|→ Substrat

Structure ←|→ Substance

Manifeste ←|→ Caché (supposé)

Visible ←|→ Invisible (inféré)

Tangible ←|→ Intangible

Régularité ←|→ Règle inférée

Répétition ←|→ Loi (postulée)

Succession + Régularités ←|→ Causalité (supposée)

Régularité ←|→ lien causal

Cooccurrence ←|→ Corrélation

Différence ←|→ Contradiction (logique)

Similitude ←|→ Identité (conceptuelle)

Ordre perçu ←|→ Ordre conçu

Cas ←|→ Règle

Exemple ←|→ Principe

Illustration ←|→ Concept

Désignation ←|→ Concept

Constat ←|→ Jugement

Comportement ←|→ Intentionnalité supposée

Comportement ←|→ Intention supposée

Démarche ←|→ Position théorique

Maintenant ←|→ Toujours

Ici ←|→ Au-delà

Observation de persistance ←|→ Permanence postulée

Ce montrer ←|→ Le raconter

Designer par le geste ←|→ Désigner par concept

Le particulier ←|→ L'universel

Le singulier ←|→ Le général

Le connaissable ←|→ L'inconnaissable

Ce qui advient ←|→ Ce qui adviendrait

Ce qui est spatial ←|→ Ce qui serait extra-spatial

Ce qui est distinct ←|→ Ce qui ne serait rien de particulier

Ce qui est évident ←|→ Ce qui est caché

Ce qui est explicite ←|→ Ce qui est implicite

Ce qui est désigné ←|→ Ce qui est suggéré


Cette liste est bien sûr extensible à l'infini. Chaque couple illustre la même opposition fondamentale : d'un côté, ce qui se présente, se montre, se constate ; de l'autre, ce qui est interprété ou postulé.


Note :

J'avais précédemment écrit : Connaissances ←|→ Savoirs ou croyances

Car oui, je donne à « connaissance » et « savoir » des sens distincts.
Dans l'usage courant, connaissance et savoir sont presque synonymes. Mais dans mon approche, ces termes désigne des choses bien distinctes.

- Connaissances = ce qui est directement fondé sur l'observation et la vérification empirique.
- Savoirs ou croyances = ce qui est tenu pour vrai sur la base d'une théorie, d'une interprétation, d'un raisonnement, d'une tradition, d'un simple postulat, voire d'une vérification experimentale.

Par exemple :
« Le thermomètre indique 20°C. » → connaissance empirique.
« Les noyaux d'atomes sont réellement constituées de protons. » → savoir théorique ou scientifique.
« Dieu a créé l'univers. » → croyance métaphysique.

Connaissances empiriques ←|→ Savoirs théoriques ou croyances



____


Ajouté 7 heures 39 minutes 48 secondes après :
.


EMPIRIE

Observer - Constater - Décrire ce qui est là - S'en tenir à ce qui se présente - Montrer ce qui se présente - Montrer du doigt - Désigner par le geste - Répondre : « voilà » - Se taire devant ce qui ne se montre pas - S'arrêter là - Accepter l'ignorance - S'abstenir de conclure - Ne pas savoir - En rester aux phénomènes - Se fier à ce que l'on voit - Prendre en compte - Faire l'épreuve de - Ce qui est donné - Ce qui se montre - Phénomène - Concret - Fait - Constat - Pur constat - Donné brut - Présent - Ici-maintenant - Maintenant - Ici - Singulier - Particulier - Cas - Exemple - Illustration - Occurrence - Événement - Ce qui advient - Ce qui s'impose - Ce qui résiste - Ce qui est trouvé - Qualités - Forme - Structure - Visible - Tangible - Audible - Distinct - Évident - Explicite - Régularité - Répétition - Succession - Cooccurrence - Similitude - Différence - Ordre perçu - Description neutre - Phrase descriptive - Énoncé situationnel - Référence directe - Ostension - Indexical - Désignation - Nommer - Désigner - Connaissance empirique - Connaître par expérience - Connaître que - Constat ponctuel - Ce que l'on peut partager sans mots - Ce dont on peut rendre compte - Pragmatique - Lucidité - Humilité empirique - Comment cela se présente-t-il ? - Comment ?


THÉORIE

Théoriser - Spéculer - Postuler - Interpréter - Expliquer - Conceptualiser - Définir - Justifier une conclusion - Démontrer - Raconter ce qui pourrait être - Invoquer par des mots - Parler de ce qui ne se montre pas - Combler par des hypothèses - Aller plus loin - Conclure - Croire savoir - Se fier à ce que l'on pense - Élaborer théoriquement - Découper conceptuellement - Quitter le champ de l'observable - S'engager dans des spéculations - Répondre : « parce que » - Entités postulées - Principes postulés - Ce qui est supposé - Ce qui est déduit - Ce qui est inféré - Réel postulé - Noumène - Essence - Matière (théorisée) - Substance - Substrat - Invisible - Intangible - Caché - Savoir théorique - Croyance - Interprétation - Explication - Récit orienté - Pure interprétation - Dépendance langagière - Énoncé théorique - Référence indirecte - Définition - Symbolique - Conceptualisation - Général - Universel - Loi générale - Règle inférée - Loi postulée - Causalité supposée - Lien causal - Corrélation - Règle - Principe - Concept - Jugement - Identité conceptuelle - Contradiction logique - Ordre conçu - Passé reconstitué - Futur anticipé - Partout-toujours - Toujours - Au-delà - Permanence postulée - Ce qui adviendrait - Ce qui serait extra-spatial - Expérience possible - Croire - Savoir par ouï-dire - Savoir par théorie - Tenir pour vrai par intuition - Croire savoir - Expliquer pourquoi - Ce dont on peut rendre raison - Ce que l'on ne peut que dire sans pouvoir le communiquer - Ce qui est vrai, faux ou indécidable - Dogmatique - Conviction - Prétention théorique - Audace spéculative - Position théorique - Questionnement creux - Dépassement spéculatif - Comment cela se fait-il que ? - Qu'est-ce qui fait que ? - Pourquoi ?

.
1. S’en tenir au concret, c’est-à-dire à ce qui se présente, tel que cela se présente, sans ajout purement spéculatif.
2. Ne rien affirmer qui ne réfère à rien d’identifiable dans ce qui se présente.
3. Ne rien postuler qui ne puisse s’y vérifier.
4. Reconnaître toute construction théorique pour ce qu’elle est : une construction langagière.

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