Je crée ce sujet en lien avec celui de Vic afin de ne pas relancer des thèmes philosophiques déjà abordés : "La définition de la connaissance ?", "Est-ce que ce qui se présente dans notre observation est la meilleure et seule méthode d'analyse ?", "Pourquoi autant de confusions dans les religions ?".
Je voudrais me pencher sur un point plus précis : celui de l'accessibilité de la connaissance de Dieu. En effet, l'objection selon laquelle un dieu transcendant serait nécessairement inaccessible repose peut-être sur une certaine conception de la transcendance.
Si Dieu est transcendant, ce n'est pas un être situé dans un autre univers physique avec des lois totalement inconnues et inaccessibles à notre compréhension. Il n'est pas une créature extérieure à notre cosmos, mais la source même de l'être dont nous dépendons.
Si Dieu est le créateur de notre univers et le fondement de notre réalité, il existe un rapport entre la source et ce qui en dépend, ce qui peut permettre une certaine intelligibilité. La transcendance n'implique donc pas forcément une rupture totale avec toute possibilité de connaissance.
Par exemple, les lois de notre univers ne permettent pas n'importe quoi, comme l'existence d'un animal géant volant avec des ailes de perroquet sur la planète Terre. Cette créature au-dessus de nos nuages serait une construction imaginaire qui combine des éléments connus, mais qui ne correspond pas à notre réalité physique. En revanche, parler d'un créateur ou d'un fondement des lois n'est pas du même ordre. Il ne s'agit pas d'ajouter une créature hypothétique à l'intérieur du système, mais de réfléchir à l'origine, et à la raison d'être de l'univers lui-même. En effet, Dieu n'est pas un objet de la création, dans le monde, mais la création peut être considérée comme porteuse d'indices ou de signes de son fondement, un peu comme une cathédrale peut révéler quelque chose de l'intelligence et de l'intention de son architecte, sans que celui-ci soit une partie de l'édifice.
La question serait : la transcendance de Dieu implique-t-elle obligatoirement une impossibilité de le connaître, ou peut-elle au contraire permettre une connaissance partielle à partir du réel créé ?
Cordialement