
C'est aux États-Unis que s'est effectuée la mutation du bon vieux saint Nicolas, importé par les Hollandais vers le Père Noël (Santa Claus) de notre enfance.
En 1809, l'écrivain Washington Irving parle, pour la première fois, d'un saint Nicolas qui se déplacerait dans le ciel, à cheval, pour distribuer plus rapidement ses cadeaux. En 1821, un pasteur, Clement Clark Moore, rédige un charmant conte de Noël pour sa fillette, A Visit From St. Nicholas. C'est dans cette version qu'apparaît une figure plus moderne du Père Noël : l'auteur dépeint le personnage comme un bonhomme grassouillet et rieur. La presse reprendra ce conte en 1823 et le rendra très populaire, même au-delà des frontières américaines. Elle lui ajoute même le traîneau et les rennes des vieilles légendes du Nord, pour remplacer le bon vieil âne ou le cheval.
Extrait : It was the night before Christmas, when all through the house, not a creature was stirring, not even a mouse. The stockings were hung by the chimney with care, in hopes that St. Nicholas soon would be there.
Deux siècles après avoir mis le pied sur le sol américain, saint Nicolas subit une autre transformation décisive aux mains d'un dessinateur et caricaturiste très connu (spécialisé dans la satire politique), Thomas Nast. Cet artiste, originaire de Bavière, dessina en 1860 une sorte de troll de petite taille revêtu d'une tunique de fourrure rouge, très différent en fait du grand saint austère des pays d'Europe du Nord. Grâce à la popularité de ses dessins, le caricaturiste continuera, à chaque période des fêtes, de représenter ce personnage, devenu sympathique et rubicond, en fait plus accessible.
C'est aussi Nast qui, le premier, situe la demeure du Père Noël au pôle Nord, dans un dessin célèbre.