Oummi est le mot qui est équivalent de "gentil" pour les juifs.
Croire que le "prophète" était illettré est absurde puisque Omar, Aboubakr, othman étaient tous lettrés
A son agonie, il a réclamé de quoi écrire ses dernières instructions
Une lecture juive du coran de Haï Bar-Zeev donne une explication ingénieuse pour ces lettres.
Voici un livre original, une approche bien documentée sur les influences du judaisme et du christianisme (meme si le titre ne le laisse pas prévoir, cet aspect est aussi abordé, le contraire eut été étonnant, vu les imbrications...) sur l'islam des débuts et sur le Coran.
De nombreux travaux récents (les plus utiles: Gallez, de Prémare, Sfar) ont mis en évidence tous les emprunts, souvent avec déformations variées (erreurs de transmission, incompréhensions, confusions, modifications volontaires,...) que le Coran a fait surtout à l'Ancien Testament, et aussi à l'Evangile (plus précisément au Matthieu araméen). L'exégèse du Coran, sans etre aussi avancée que celle de la Bible, est désormais en bonne voie, n'en déplaise aux fondamentalistes qui s'en tiennent à la légende d'un texte incréé et qui ne doit pas etre discuté. Cet ouvrage apporte un plus à ces travaux grace notamment à une recherche systématique des sources qui ont été utilisées pour l'élaboration du Coran et de nombreux Hadiths. C'est un travail très utile, meme si cette quete des sources s'avère parfois un peu fastidieuse, et si certaines des explications paraissent un peu partiales.
L'hypothèse de l'auteur est que Muhammad a eu successivement deux instructeurs, d'abord un juif à La Mecque, puis un chrétien à Médine, d'où changement de ton et de registre entre les sourates mecquoises et médinoises. En fait, on peut penser qu'il y a eu un seul principal précepteur, qui a inspiré la grande majorité des feuillets réunis bien après Muhammad sous la forme d'un livre, le Coran actuel. Cet instructeur, selon la plupart des spécialistes, était judéo-nazaréen (Waraqa?), c'est à dire appartenant à un de ces courants messianiques rejetés et par le judaisme rabbinique, et par le christianisme byzantin, qui étaient nombreux et actifs encore aux 7è et 8è siècles dans la zone Syrie-Iraq. On peut rappeler que ces judeo-nazaréens (voir notamment Gallez) respectaient la Torah, admettaient Jésus comme Messie, mais refusaient sa divinité.
L'hypothèse de deux instructeurs complique un peu les choses, et tend à mettre en opposition judaisme et christianisme, alors que dans l'islam des origines on trouve finalement une sorte de pot-pourri des deux, comme chez les judéo-chrétiens ou les judéo-nazaréens. C'est à mon avis un des défauts du livre de vouloir coute que coute mettre judaisme et christianisme en opposition alors que dans le contexte qui nous intéresse, l'islam a clairement pris aux deux.
Il faut rappeler qu'une analyse très détaillée et passionante des souces juives de l'islam a été menée par Gabriel Théry (pseudo: Hanna Zakarias) dans "de Moise à Mohammed", puis poursuivie par Joseph Bertuel dans "l'islam, ses véritables origines". Ce dernier ouvrage me parait le plus facile d'accès, et s'il est un peu moins détaillé, ses conclusion sont parfaitement étayées.