Bragon a écrit :
C'est l'occasion de nous dire ce qu'est la conscience pour toi.
Non, pas nous dire ce qu'est la conscience, parce que tu vas encore nous enliser dans des marécages dont nous aurons beaucoup de difficultés à nous sortir.
Mais non je suis là pour t'en sortir, de ces marécages d'idées superflues où nous nous trouvons!
Bragon a écrit :Non, juste répondre aux trois questions suivantes.
Je vais m'y essayer!
Bragon a écrit :- Première question: la conscience est-ce ce qui capte et traite des infos qui la bombardent de l'extérieur. Est-ce ce qui li
t et interprète à sa manière un spectacle qui s'offre à elle ?
Je ne vois pas d'intérieur ni d'extérieur à la conscience.
Je ne la vois pas comme quelque chose qui pourrait être bombardé.
Pour te répondre il me faudrait que tu définisses ce qu'est pour toi une information. Car pour moi une information est une unité de sens. Or, le sens est toujours évident. Quand il ne l'est pas, la
pensée (ah intéressant: une notion nouvelle!

) entre dans un processus d'investigation. Mais je ne pense pas que du point de vue de la conscience l'on puisse parler de traitement de l'information comme d'un mécanisme tel que ceux
observés dans un ordinateur ou dans le cerveau. Du point de vue de la conscience, lorsqu'il est circonscrit, le traitement d'une information est déjà une connaissance, soit un ensemble structuré d'informations.
Bragon a écrit :-Deuxième question: Si la réponse à la question précédente est
oui, cette interprétation des signaux par la conscience est-elle "bonne". Tu me diras que c'est son interprétation, point barre, et que c'est ça le fameux apparaitre. Mais devant cette incertitude sur la justesse de cette interprétation, à quel bon Dieu faut-il s'adresser pour connaitre la vérité vraie puisque CDL dit qu'il y en a une?
Quels sont ces signaux dont tu parles? Quels sont leur réalité? De quel point de vue te places-tu pour en rendre compte? Je ne pose aucune réalité vraie, une telle réalité ne pouvant être qu’irrémédiablement métaphysique autrement dit invérifiable et par conséquent gratuite.
Certains éléments ou '
aspects' de l' 'apparaître' sont particuliers dans le sens où ils présentent des régularités et une cohérence qui en font la base de toutes connaissances. D'autres en parlent comme des données des sens... Mais ces dernières - encore une fois! - ne sont pas 'extérieures' à l'apparaître.
------> Une question forte intéressante serait donc: comment rendre compte de cette régularité et de cette cohérence? Pour moi, évoquer un monde 'en soi' inaccessible à la perception, mais qui la conditionnerait néanmoins, est non seulement contradictoire dans les termes, mais c'est une thèse de nature purement métaphysique, donc invérifiable et donc gratuite comme je ne cesse de le répéter.
[N'oublions pas non plus que les variables cachées locales se sont révélées n'être qu'un fantasme sans aucun fondement, cela a été scientifiquement prouvé en 1982 (par la violation des inégalités de Bell).]
Bragon a écrit :- Troisième question: ou bien, n'y a-t-il que la conscience et rien d'autre,
étanche et hermétiquement scellée, qui s'auto-alimente elle-même en images, qui invente, qui
délire quoi? En pareil cas cela signifierait, évidemment, que cette chaise sur laquelle je suis assis et dont elle a conscience
n'existe sous aucune forme. Que c'est une pur invention de ma conscience.

Non, la conscience (l'apparaître) n'est certainement pas close et hermétiquement fermée, ce serait même tout le contraire!
Je ne sais pas si l'on peut dire que la conscience s'auto-alimente. Je ne pense pas que ça se passe comme ça - et il est clair qu'elle n'invente pas l'Univers! En tout cas pas de la manière que l'on pourrait imaginer aux premiers abords.
De la même manière que le théorème de Pythagore n'est pas inventé mais néanmoins construit par raisonnement, nous n'inventons pas notre réalité objective alors que nous la représentons.
Dans le cadre de ma pensée, il est tout-à-fait possible de parler de découverte, ce n'est nullement antinomique. En fait, elle me permet même de vivre tout à fait normalement et de me représenter l'Univers à peu près de la même manière que n'importe qui d'autre. La seule différence c'est que dans mon cas, il n'est point besoin de présupposer quoi que ce soit d'invérifiable, ce qui constitue un très grand atout Si l'on ne veut pas perdre de temps avec des idées creuses.
Amicalement.
1. S’en tenir au concret, c’est-à-dire à ce qui se présente, tel que cela se présente, sans ajout purement spéculatif.
2. Ne rien affirmer qui ne réfère à rien d’identifiable dans ce qui se présente.
3. Ne rien postuler qui ne puisse s’y vérifier.
4. Reconnaître toute construction théorique pour ce qu’elle est : une construction langagière.