Coucou vlc,
C'est rigolo que tu insistes sur le bouddhisme, ayant moi-même côtoyé la vie en monastère Zen pendant 4 ans, cela me rappelle de bons souvenirs ^^
Ce n'est pas, certes, la question de Dieu qui intéresse le Bouddhisme asiatique, qui en Inde, à ses origines, n'avait côtoyé que des dieux d'origine védique (les anciens dieux des Veda, des Brahmana comprennent toute une foule d'êtres semi-divins naga, gandharva, etc.). Dans le brahmanisme ancien, puis plus tard dans l'hindouisme la question d'un Dieu créateur ex nihilo et unique n'a jamais été à l'ordre du jour. Les dieux de l'Inde sont même sans équivalence théologique avec le Dieu d'Abraham, ou plus tard celui de Jésus. Les réfutations des logiciens et érudits bouddhistes n'ont concerné qu'Ishvara, le Dieu ordonnateur du chaos.
Dans le bouddhisme asiatique, on ne s'est jamais posé le problème du Dieu des Chrétiens, des Juifs ou des Musulmans, du coup elle est absente des textes canoniques ou des commentaires traditionnels asiatiques. Même le bouddha historique à soigneusement éviter de s'y prononcer, il est resté silencieux, laissant la question ouverte tout en la considérant sans intérêt. Ce n'est pas son rôle, il se contentera d'agir sur un autre terrain pratique, d’établir les quatre nobles vérités, le noble sentier octuple, qui libèrent de la souffrance, des illusions et des conditionnements que nous portons. Le bouddha, le Bouddhisme prône une voie médiane, à mi-chemin entre la vision d'un principe substantiel (et éternel régissant le monde) et celle qui nie tout sens (et tout fondement spirituel à l'existence). Ce bouddhisme ne désire pas entretenir de confusion entre l'apparence et la réalité, et en même temps il ne conçoit pas de rupture entre la réalité relative des apparences phénoménales et la réalité absolue qui est vacuité d'existence propre (terme plus propice que "vide de sens").
Mais au sein du dialogue interreligieux et interspirituel en cours, la personne de Jésus-Christ suscite un intérêt grandissant chez les maîtres bouddhistes comme par exemple le Dalai-lama ou Thich Nhat Hanh. Cet attrait n'est pas d'ordre théologique à vrai dire, il se recentre plutôt sur les convergences liée à l'oeuvre d'amour de Jésus qui rachète les péchés de l'humanité souffrante en se sacrifiant sur la croix, ce qui rapproche de l'abnégation du bodhisattva qui oeuvre avec compassion pour le bien de tous les êtres.
C'est l'éthique et la pratique dans le soin des êtres qui rapproche le christianisme et le bouddhisme et non pas la doctrine religieuse même si l'on y constate quelques similitudes (Trinité chrétienne et Doctrine des Trois corps du Bouddha, la Foi dans le bouddha Amitabhâ et la Foi en Jésus, Nature de Bouddha ou Joyau de la Bouddhéité et Royaume des Cieux, etc.).
C'est essentiel à comprendre, car même si le rapprochement de l'homme-créature et de son Dieu-créateur, l'homme déclaré à l'image et à la ressemblance de Dieu ainsi que la médiation du Fils de Dieu (sotériologie christique) n'a aucun sens pour les bouddhistes, c'est le désir d'entendre l'autre dans ses souffrances et le désir de dégager l'esprit de l'ignorance qui fondent le rapprochement de ces deux pratiques. L'autre n'étant pas ici une entité abstraite mais bel et bien la multitude des êtres qui souffrent visibles et invisibles (êtres humains, vie animale, êtres infernaux, esprits avides, etc.)
Concernant la vacuité des phénomènes, il ne s'agit pas d'un néant. Il n'est pas question d'un culte du néant, c'est plutôt même le contraire. Le mot qui le traduit, shûnyatâ, n'implique pas la négation de l'existence, elle ne vide pas les phénomènes de leur contenu, elle exprime leur "véritable nature", non vide et interdépendante : tout phénomène conditionné est produit en dépendance d'autres phénomènes conditionnés.
Bises
Ase
L'ENFER et le paradis
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Le dialogue interreligieux est une forme organisée de dialogue entre des religions ou spiritualités différentes. Ultérieurement, la religion a considéré l'autre comme n'étant pas la vérité révélée. C'est ainsi que les premiers contacts entre l'islam et le christianisme furent souvent difficiles, et donnèrent lieu à des guerres impitoyables comme les croisades.
Le dialogue interreligieux est une forme organisée de dialogue entre des religions ou spiritualités différentes. Ultérieurement, la religion a considéré l'autre comme n'étant pas la vérité révélée. C'est ainsi que les premiers contacts entre l'islam et le christianisme furent souvent difficiles, et donnèrent lieu à des guerres impitoyables comme les croisades.
Re: L'ENFER et le paradis
Ecrit le 06 janv.15, 10:22- vic
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Re: L'ENFER et le paradis
Ecrit le 06 janv.15, 10:36je n'ai jamais dit que tout était vide , je comprends pas ce que tu veux dire .
J'ai dit : " Dieu est vide de sens parce qu'il les contient tous " .
J'ai dit : " Dieu est vide de sens parce qu'il les contient tous " .
Où ai je parlé de néant ?Ase a dit :Concernant la vacuité des phénomènes, il ne s'agit pas d'un néant
Seul le présent est “réel”, précisément parce qu’il ne peut être saisi, ni retenu.
Re: L'ENFER et le paradis
Ecrit le 06 janv.15, 20:07Ne te sens pas particulièrement visé, il m'arrive souvent de m'exprimer dans un sens général surtout sur ce genre de terme mal compris et passe partout qu'est la vacuité.
Je fais court, parler de Dieu, croire en Dieu, se perdre dans des discours sur Dieu n’intéresse pas le bouddhiste (pour bcp du moins), car la plupart des pratiquants se veulent pragmatiques et non spéculatifs. Est-ce pour autant que nous devons évacuer toute recherche philosophique ? Et de disserter de temps en temps sur les grands mystères de l'univers ? Je ne le pense pas. Enfin, même pour un bon chrétien, parler de sa croyance en Dieu peu ne pas avoir de grand intérêt non plus en comparaison de celui de vivre Dieu dans son coeur.
Je fais court, parler de Dieu, croire en Dieu, se perdre dans des discours sur Dieu n’intéresse pas le bouddhiste (pour bcp du moins), car la plupart des pratiquants se veulent pragmatiques et non spéculatifs. Est-ce pour autant que nous devons évacuer toute recherche philosophique ? Et de disserter de temps en temps sur les grands mystères de l'univers ? Je ne le pense pas. Enfin, même pour un bon chrétien, parler de sa croyance en Dieu peu ne pas avoir de grand intérêt non plus en comparaison de celui de vivre Dieu dans son coeur.
- Madrassprod
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Re: L'ENFER et le paradis
Ecrit le 06 janv.15, 20:14C'est vrai, que l'on soit chrétien, musulman, ou autre d'ailleursAse a écrit : Enfin, même pour un bon chrétien, parler de sa croyance en Dieu peu ne pas avoir de grand intérêt non plus en comparaison de celui de vivre Dieu dans son coeur.
Enfin, tout dépend de nos interlocuteurs . Si je sors grandi de mes discussions / débats, ma foi pourquoi pas ... ça reste intéressant
C’est Dieu qui t’offre ton visage, mais le sourire doit venir de toi. (Proverbe Irlandais)
Re: L'ENFER et le paradis
Ecrit le 07 janv.15, 11:09Vivre Dieu dans son coeur peut prendre plusieurs formes. Je pourrais choquer des personnes en disant ce que je vais dire, mais pour moi, un bouddhiste pratiquant vit Dieu dans son coeur s'il fait preuve d'une réelle compassion pour les êtres. Qu'il parle ou croive en Dieu n'a que peu d'importance, il suit aussi la voie lancé par Jésus.
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