Combattre le salafisme ?!

Sujet d'actualité Au Québec l'accommodement raisonnable, un sujet d'actualité.
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assmatine

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Re: Combattre le salafisme ?!

Ecrit le 03 juil.15, 08:00

Message par assmatine »

indian a écrit : Proposons la charte des droits universelles et que...
Les femmes et les hommes sont égaux.
Tous les préjugés ‑ qu’ils soient raciaux, religieux, nationaux ou sociaux – sont source de destruction et doivent être abolis.
Chacun doit chercher à connaître la vérité par soi-même.
L’harmonie entre la science et la religion
Un accès universel à la connaissance et à l’éducation
L’élimination des extrêmes de richesse et de pauvreté
La famille et son unité sont essentielles à une société saine
C'est bien ce que je disais, c'est pas demain la veille.

Mais on est tous d'accord pour vouloir ce que tu proposes. Enfin, je pense.

vic

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Re: Combattre le salafisme ?!

Ecrit le 03 juil.15, 08:01

Message par vic »

Bonjour ,

Moi je suis pour le juste milieu , si une chose est extrême on intervient dans une extrême opposée et proportionnelle .
je ne sais pas si on peut vraiment discuter avec un salafiste ,et je pense qu'il y a avec les circonstances actuelles beaucoup plus de risque qu'avant à ne pas intervenir contre le radicalisme musulman .
La nuance est très mince entre un salafiste et un basculement vers des mouvements comme alcaïda et daesh , beaucoup trop mince , donc oui c'est très risqué de laisser ces gens faire leur enseignement et être très tolèrent envers leur prêche.
En fait c'est le risque pour la population qu'il faut évaluer , parler de démocratie et de liberté d'expression avec ces gens là c'est un peu risible je pense parce qu'eux surfent justement sur ça pour affirmer des idées qui vont contre la liberté d'expression et la démocratie .
Face à ces gens là il ne faut non plus jouer les naïfs .
Seul le présent est “réel”, précisément parce qu’il ne peut être saisi, ni retenu.

indian

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Re: Combattre le salafisme ?!

Ecrit le 03 juil.15, 08:05

Message par indian »

assmatine a écrit : Proposons la charte des droits universelles et que...
Les femmes et les hommes sont égaux.
Tous les préjugés ‑ qu’ils soient raciaux, religieux, nationaux ou sociaux – sont source de destruction et doivent être abolis.
Chacun doit chercher à connaître la vérité par soi-même.
L’harmonie entre la science et la religion
Un accès universel à la connaissance et à l’éducation
L’élimination des extrêmes de richesse et de pauvreté
La famille et son unité sont essentielles à une société saine


C'est bien ce que je disais, c'est pas demain la veille.
Mais on est tous d'accord pour vouloir ce que tu proposes. Enfin, je pense.

Tu trouves?...
ici par chez nous... on est vraiment pas si loin que ca...
Bon encore des préjugés vs les religions qu'on ignore... et les étrangers qu'on en connait pas...
Pour le partage de la richesse on a encore du chemin à faire...

Mais sinon... (y)

@ Vic... et que fais tu du prince d'Arabie qui vient de décider de partage sa fortune de 32 milliards en œuvre humanitaire???
Tous aussi pire que tu le dis?
http://www.journaldemontreal.com/2015/0 ... manitaires
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Re: Combattre le salafisme ?!

Ecrit le 03 juil.15, 08:09

Message par vic »

Indian ,

Ne fait pas ton angélique avec des loups féroces , les salafistes on sait quand même ce que c'est .
Ces gens là ne veulent pas de ta charte , ils s'en foutent justement .
L'islam radical est dangereux point barre et il faut agir en personne adulte , pas avec naïveté .
Ces gens là vivent en france , alors ils doivent arrêter de prôner la fin de la démocratie et leurs extrémisme qui n'a pas à avoir lieu chez nous .
Ou alors ils se cassent et vont prôner ça en arabie saoudite .
Ils sont contre pratiquement toutes nos valeurs , égalité homme femme etc ....
On sait très bien que des tas de ces salafistes qui se prétendent nickel devant les caméras se sont fait coincé pour avoir manipulé des types pour les envoyer dans des camps d'entrainement dans certains pays musulmans .Le salafisme c'est avant tout une couverture , on sait très bien que c'est très fictif la frontière entre daesh et les salafistes .
Bien sûr dans les publications ils voont dire qu'ils sont contre les attentats , on connait la réalité c'est une couverture de jouer un double jeu avec les médias , du reste ça l'est aussi pour daesh qui joue sur le net en manipulant les gens et en les abordant au départ sous une couverture de type gentil et bienveillant .
Seul le présent est “réel”, précisément parce qu’il ne peut être saisi, ni retenu.

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Re: Combattre le salafisme ?!

Ecrit le 03 juil.15, 08:20

Message par indian »

vic a écrit :Indian ,

Ne fait pas ton angélique avec des loups féroces , les salafistes on sait quand même ce que c'est .
Ces gens là ne veulent pas de ta charte , ils s'en foutent justement .
L'islam radical est dangereux point barre et il faut agir en personne adulte , pas avec naïveté .
Ces gens là vivent en france , alors ils doivent arrêter de prôner la fin de la démocratie et leurs extrémisme qui n'a pas à avoir lieu chez nous .
Ou alors ils se cassent et vont prôner ça en arabie saoudite .

Je sais très bien que des fondamentalistes, des vrais cons ou ordures, des terroristes il y en aura toujours partout... ne t'inquiète pas pour la naïveté que tu veux me donner...

Ils ne sont pas juste en Arabie... il y en a tout autant en France que chez nous... ils portent juste des noms différents...

Tout extrémiste est dangereux... c'est pour ca que la laïcité 2.0 et importante... :wink:
celle qui permet aussi de donner un bonne bottée au Q des imbéciles..et inégalitaire vs l'humain
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Re: Combattre le salafisme ?!

Ecrit le 03 juil.15, 08:45

Message par assmatine »

indian a écrit : Bon encore des préjugés vs les religions qu'on ignore... et les étrangers qu'on en connait pas...
Pour le partage de la richesse on a encore du chemin à faire...
Ahh, tu le dis toi-même que tu ne connais pas ces étrangers, ni ces religions. Ici, ça fait la queue pour vivre dans notre pays, on sait à quoi s'en tenir ... Et je vis même avec l'un d'entre eux. Le vivre ensemble n'est pas dans leur vocabulaire, c'est le vivre entre eux qu'ils prônent. On ne mélange pas les torchons et les serviettes. Sauf ... éventuellement pour gagner sa vie, là on accepte les exceptions.

Je ne vais pas généraliser, certains acceptent de se mélanger, mais certains seulement (les apostats, les mécréants). Les autres ne se mélangent surtout pas aux autochtones.

Désolée, mais le tout le monde il est beau et gentil, ça n'existe pas. C'est chacun son clan.

Le vivre ensemble avec cette population là n'existe pas, sauf si par vivre ensemble tu comprends vivre comme eux ... Là, ils t'accepteront les bras ouverts.

Et il n'y a aucun préjugé là dedans, juste la vérité.

indian

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Re: Combattre le salafisme ?!

Ecrit le 03 juil.15, 09:35

Message par indian »

assmatine a écrit : Bon encore des préjugés vs les religions qu'on ignore... et les étrangers qu'on en connait pas...
Pour le partage de la richesse on a encore du chemin à faire...

Ahh, tu le dis toi-même que tu ne connais pas ces étrangers, ni ces religions. Ici, ça fait la queue pour vivre dans notre pays, on sait à quoi s'en tenir ... Et je vis même avec l'un d'entre eux. Le vivre ensemble n'est pas dans leur vocabulaire, c'est le vivre entre eux qu'ils prônent. On ne mélange pas les torchons et les serviettes. Sauf ... éventuellement pour gagner sa vie, là on accepte les exceptions.

Je ne vais pas généraliser, certains acceptent de se mélanger, mais certains seulement (les apostats, les mécréants). Les autres ne se mélangent surtout pas aux autochtones.

Désolée, mais le tout le monde il est beau et gentil, ça n'existe pas. C'est chacun son clan.

Le vivre ensemble avec cette population là n'existe pas, sauf si par vivre ensemble tu comprends vivre comme eux ... Là, ils t'accepteront les bras ouverts.

Et il n'y a aucun préjugé là dedans, juste la vérité.

Moi je n'ai pas à priori de préjugés sur les gens que je connais pas... bon pas toujours, mais je m'efforce chaque jour.
Par contre une fois que je les conanis bien...la laisse moi te dire que je me permet de juger un peu :lol: Un peu...pas trop

J'ai tant d'amis étrangers... d'Iran, de France, des USA, du Brésil, d'itlaie, d'Allemagne, de Chine, de Bosnie, d'Algérie, du Japon... sans aucun problème..par contre tu as raison, des fondamentalistes religieux aucun...et tant mieux. :wink: :o ni des voleurs, nis des bandits, ni des extremistes de tout ou de rien.

S'ils viennent chez moi, comme quand je vais chez eux, respect des moeurs et coutumes...simple respect élementaire... mais bon...j'adore apprendre des autres cultures...tout à gagner de briser ce mur de l'ignorance...chaque fois j'ai été agrablement surpris ici comem ailleurs de redécouvrir un homme bine simple, comme moi derriere...

Mais le tout beau tout gentill c'est une utopie pour l'instant... je crois qu'on est trop veiux :lol:
Nos enfant sne sont pas du tout dans ce sheme de pesneé...par les mienx en tout cas...
Ils sont engagé contre le racisme, pour la diversité culturelles... ils ont des amis partout surl planete dja au travers des réseaux sociaux et des connaissances de rencontre faites au fil de ans...
Pour eux, la diversité est un plus.

A+
Unir l'humanité. Un seul Dieu. Les grandes religions de Dieu. Femmes, hommes sont égaux. Tous les préjugés sont destructeurs et doivent être abandonnés. Chercher la vérité par nous-mêmes. La science et la religion en harmonie. Nos problèmes économiques sont liés à des problèmes spirituels. La famille et son unité sont très importantes.

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Re: Combattre le salafisme ?!

Ecrit le 03 juil.15, 12:47

Message par assmatine »

indian a écrit : Nos enfant sne sont pas du tout dans ce sheme de pesneé...par les mienx en tout cas...
Ils sont engagé contre le racisme, pour la diversité culturelles... ils ont des amis partout surl planete dja au travers des réseaux sociaux et des connaissances de rencontre faites au fil de ans...
Pour eux, la diversité est un plus.

A+
Je ne sais pas, les miennes sont encore un peu jeunes pour que je puisse en dire quoi que ce soit. Mais elles ont tendance à réagir comme les tiennes. Elles acceptent mieux les mélanges.

Quoi que la grande commence à choisir ses copains et copines et ... c'est pas des musulmans qu'elle choisit ... La couleur, elle s'en fiche, elle a plein de copains-copines de couleurs, mais elle fait attention aux idées véhiculées par chacun et voilà le résultat.

D'ailleurs, mon oncle marocain, marié à la soeur de ma mère, ses 4 enfants, il n'y en a pas un qui s'est mis avec un(e) musulman(e) non plus. Même mieux (ou pire, ça dépend de quel point de vue on se place), ils se sont tous mis avec des blanc(he)s en couples et chrétiens de surcroît ...

Ce n'est pas une question de racisme, de couleurs, je pense qu'on a dépassé tout ça. Mais le côté religieux, surtout le côté islam, ça, y'a pas de mélange. Je ne vois aucun mélange autour de moi. C'est les musulmans ensemble et les non musulmans à côté. Les non musulmans se mélangent entre eux, mais les musulmans, y'a pas de mélange possible. Faut s'incliner vers un côté ou lâcher prise. Ma tante, à sa manière, s'est inclinée. Moi, à la mienne, j'ai lâché prise. Mais finalement, chez nos enfants, le résultat est le même : l'islam est mis de côté au profit de la chrétienté et/ou du vrai vivre ensemble. Alors tant mieux pour tout ça. Mais du coup, je suis inquiète vis à vis de l'islam. L'islam en présence d'autres courants, ça ne fonctionne pas. C'est soit l'islam soit autre chose, mais ça ne peut pas être tout en même temps. Leur conception de la laïcité ne fonctionne pas.

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Re: Combattre le salafisme ?!

Ecrit le 03 juil.15, 13:07

Message par indian »

assmatine a écrit : mais elle fait attention aux idées véhiculées par chacun et voilà le résultat.

D'ailleurs, mon oncle marocain, marié à la soeur de ma mère, ses 4 enfants, il n'y en a pas un qui s'est mis avec un(e) musulman(e) non plus. Même mieux (ou pire, ça dépend de quel point de vue on se place), ils se sont tous mis avec des blanc(he)s en couples et chrétiens de surcroît ...

Ce n'est pas une question de racisme, de couleurs, je pense qu'on a dépassé tout ça. Mais le côté religieux, surtout le côté islam, ça, y'a pas de mélange. Je ne vois aucun mélange autour de moi. C'est les musulmans ensemble et les non musulmans à côté. Les non musulmans se mélangent entre eux, mais les musulmans, y'a pas de mélange possible. Faut s'incliner vers un côté ou lâcher prise. Ma tante, à sa manière, s'est inclinée. Moi, à la mienne, j'ai lâché prise. Mais finalement, chez nos enfants, le résultat est le même : l'islam est mis de côté au profit de la chrétienté et/ou du vrai vivre ensemble. Alors tant mieux pour tout ça. Mais du coup, je suis inquiète vis à vis de l'islam. L'islam en présence d'autres courants, ça ne fonctionne pas. C'est soit l'islam soit autre chose, mais ça ne peut pas être tout en même temps. Leur conception de la laïcité ne fonctionne pas.

je leur souhaite bien à tes filles et aux miens... de continuer à être critique et réfléchir sur tout, tout tout...et tout remettre en question, douter, de tout... de ce qu'elles savent et pense...et crois... surtout des leaders... politique, économique, religieux...
humble avis

Comme je dis à ma grande le plus sérieusement du monde: ''J'ai bien plus confiance en toi qu'en moi''
Et je ne saurais être plus sérieux.

Les musulamns n'ont jamais voulu lâcher prise, ils sont accroché aux mots, sans libre arbitre, sans volonté de risquer de faire un choix, sans possibilité de sens critque...c'est culturel,éducationnel, formation..... désolé pour eux...
Ma compassion pour eux... bien que je suis sur le Q, je ne peux juste que comprendre d'ou ils viennent culturelleemtn, historiquemnent..... rappelle toi le monde chrétien d'il y a 100 ans...


vrai vivre ensemble :hi:

Je me disais en joggant la'utre jour '' BIEN SEUL ENSEMBLE'', sorte de paradoxe :wink: ... l'individu et le monde entier... bien... ensemble

Unir la diversité de l'humanité... tu vois comment le paradoxe est immense? :)
C'est ca la ''nouvelle bonne nouvelle'' :hi: ...
apres le ''aimez vous les uns et les autres, votre prochain''...
Apres le '' ego'', soi, surmoi de Bouddha...
Apres le bien et mal de Adam...
les bons et mauvais de Noé
Les 10 de Moise...
Le Dieu Unique de Abraham et le Dieu audessus de tout et Omni tout de Muhemed...
Les actes et lla responsabilité de nos actes du Coran...
Là c'est Tout pour le bien de tous.


Tout un défi...divin :wink:
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Re: Combattre le salafisme ?!

Ecrit le 02 déc.16, 06:50

Message par yacoub »

Salafisme, wahhabisme c'est kif-kif, c'est de l'islam

Pourquoi le djihadisme voue à la langue française une haine particulière

Robin Verner

France

Culture
28.11.2016 - 9 h 42, mis à jour le 28.11.2016 à 9 h 42

Associée à la colonisation, la révolution et la laïcité, la langue de Molière occupe une place de choix dans le panthéon de la haine djihadiste.

Dans certaines de leurs vidéos de propagande, les djihadistes se mettent en scène en train de brûler leurs passeports. L'idée est double: il s'agit de couper tous les ponts avec sa vie d'avant, sa «jahiliya» personnelle, et d'affirmer que seule compte l'appartenance à l'«oumma» (ou «communauté des musulmans», communauté singulièrement restreinte dans l'esprit du djihadisme). Adieu les nations, donc. Mais les soldats de l'Etat islamique pourraient tout aussi bien mêler des Larousse, des Littré et quelques romans de littérature française à leurs autodafés. Car la haine que vouent les djihadistes à la langue des infidèles vaut celle qu'ils destinent au drapeau de ces derniers.

De prime abord, rien de très étonnant. Les fanatiques salafistes ne se distinguent pas par leur amour de l'altérité et, dans une certaine mesure, le message islamique invite à donner à l'arabe une forme de prévalence. En s'adressant une dernière fois aux hommes à travers le Coran, Dieu a choisi de parler la langue de l'arabophone Mahomet. Cependant, la langue française occupe, par elle-même, une place particulière dans le panthéon de la haine djihadiste.

A LIRE AUSSI
Les candidats au djihad, des êtres «profondément égoïstes»?

Lire l'article
Le français porteur d'une «perversité anti-islamique particulière»

La culture politique de la France est considérée comme intrinsèque à sa langue



Dans un article paru en mars dernier, peu après les attentats de Bruxelles, William McCants et Christopher Meserole, spécialistes du monde musulman au sein du Brookings Institute, ont établi une prédisposition des pays francophones à fournir, bien malgré eux, des recrues à l'Etat islamique. La France figure ainsi, en valeur absolue, en tête des pays européens ayant vu le plus de leurs ressortissants s'exiler vers les terres de l'EI. Selon les chercheurs du Brookings Institute, la culture politique de la France est considérée comme intrinsèque à sa langue. En quelque sorte, le langage de Molière, de Flaubert et d'autres, porterait en son sein la laïcité d'Emile Combes et d'Aristide Briand, ou même celle de la loi de 2004 limitant le port de signes religieux dans l'école secondaire.

Dans une interview accordée au site Atlantico, l'islamologue Gilles Kepel donne son avis sur les conclusions de l'étude de William McCants et Christopher Meserole. S'il approuve la thèse défendue, il explique que cette haine de la francophonie découle avant tout d'une particularité liée à l'Afrique du nord. Selon lui, sur ces rives sud de la Méditerranée, les islamistes, indifférents à l'anglais, attribuent au français «une perversité anti-islamique particulière» du fait des «Lumières, de Voltaire, de la laïcité» auxquels cette langue a prêté sa voix. Le tout, bien sûr, s'inscrit alors sur fond de ressentiment envers le souvenir de la colonisation.
Une rancœur unique en son genre

Gilles Kepel cite d'ailleurs les mots d'Ali Benhadj, fondateur du Front islamique du salut (le FIS, un mouvement algérien du tournant des années 1980-1990). Ce dernier encourageait ses partisans à se débarrasser de ceux qui avaient «tété le lait vénéneux de la France». Il n'était pas question de lactose ici mais de cibler la persistance, voire la progression, de la culture et de la langue françaises en Algérie bien après le traité d'Evian faisant de celle-ci un pays indépendant. En 2010, un tiers des Algériens parlaient en effet français.

«Le français a pénétré très profondément les pays musulmans que la France a conquis et occupés, bien davantage que l'anglais n'a pénétré les colonies britanniques, comme au Pakistan par exemple où il est resté la langue d'une toute petite classe de dirigeants. L'influence de la langue et de l'histoire françaises est profonde au Maghreb et en Afrique noire. Le français est un très dur adversaire pour les djihadistes car il est extrêmement présent et amène un vrai prestige du fait de sa richesse», explique Gabriel Martinez-Gros, auteur du récent Fascination du djihad-Fureurs islamistes et défaite de la paix.

Le français est un très dur adversaire pour les djihadistes car il est extrêmement présent et amène un vrai prestige du fait de sa richesse

Gabriel Martinez-Gros


Tout au long de cet essai, ce médiéviste arabisant, spécialiste de l'Andalousie arabo-musulmane du Moyen-âge, analyse le djihadisme contemporain en s'inspirant de la lecture d'un de ses historiens de chevet, Ibn Khaldoun (1332-1406). Cette connaissance, inscrite dans le temps long, des rapports des pensées musulmanes à l'occident a appris à Gabriel Martinez-Gros que cette aversion moderne des djihadistes à l'égard du français se comprenait dans une généalogie intellectuelle spécifique. Il commence par nous mettre en garde: «Le combat linguistique des djihadistes est mené contre toutes les langues occidentales. Au Nigéria, le groupe Boko Haram, après tout, manifeste son hostilité à l'anglais. Mais, c'est vrai, pour le français, le problème se pose au carré.»
Le français, cette langue révolutionnaire

Pourquoi notre langue est-elle un cas particulier? «Parce qu'elle présente la Modernité sous son visage le plus agressif. La Modernité est arrivée dans le monde islamique sous deux formes: libérale ou révolutionnaire. Cette dernière option apparaît comme la plus brutale. Or, le français est perçu comme la langue révolutionnaire par excellence», répond l'essayiste.

S'il est vu comme révolutionnaire, c'est en raison, bien sûr, de l'épopée des Français de 1789 et de l'An II, qui a imposé un renouvellement du politique détaché des structures traditionnelles, mais aussi, par extension, de la laïcité quelque cent ans plus tard. Cette connexion a sans doute été rendue plus douloureuse encore par la colonisation, mais selon Gabriel Martinez-Gros, elle la précède. La première véritable rencontre du français et du monde arabe remonte à 1798, soit trente-deux avant la prise d'Alger. Cette année-là, le général Bonaparte débarque en Egypte, alors dominée par les Ottomans, assistés par les mamelouks, afin de perturber les intérêts anglais liés à la route des Indes: «En Egypte, le message moderne est apporté par un ennemi victorieux qui, en plus, est très distancié de la religion. Durant son séjour, Bonaparte dit en substance: "Je serai mahométan s'il le faut". Cette domination de l'occident va être associée à la mécréance et à la langue française.»
Le communautarisme anglais mieux vu que la laïcité à la française

Cette prise de distance française par rapport aux appartenances et traditions communautaires nourrit encore le grief djihadiste à l'endroit de notre lexique. L'anglais, pourtant plus présent à l'international, ne rencontre pas ce problème: «On a l'impression que le discours de sécession, ou en tout cas de particularismes ethniques est porté plus haut dans la société britannique qu'en France, y compris dans la représentation politique», ajoute Gabriel Martinez-Gros.

Si la rage djihadiste contre le français est réelle, et supérieure au mépris des troupes intégristes pour d'autres idiomes occidentaux, il ne faut cependant pas en exagérer la portée. Dans tous les cas, le sens de la nuance des djihadistes est connu pour atteindre assez vite ses limites: «Il ne faut pas exagérer l'importance de ces différences aux yeux des djihadistes. Au bout du compte, pour eux, c'est la quasi intégralité de l'humanité qu'il convient d'envoyer en enfer», rappelle l'historien.

Et ce discours est aussi clair qu'abject dans toutes les langues.

Robin Verner
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Le premier forum tunisien qui a inspiré les forums de religion Recherche "les religions font peu de bien et beaucoup de mal" Voltaire

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Re: Combattre le salafisme ?!

Ecrit le 02 janv.17, 05:18

Message par yacoub »

La Troisième République Tunisienne

Table des matières :
http://latroisiemerepubliquetunisienne. ... -blog.html

Ce nouveau blog est ma contribution à la réussite de la révolution tunisienne même si je regrette que Ghannouchi et son parti, aient polarisé les tunisiens sur des questions de religion alors qu’il y aurait tant à faire pour faire progresser ce pays dans le sens de la démocratie, des libertés et des conditions économiques et sociales.
dimanche 1 janvier 2017
D'avoir toléré le wahhabisme, l'islamisme s'est implanté en France aussi !
Depuis la prise du pouvoir par Al Sissi, les Frères musulmans se sont réfugiés chez leur frère Erdogan. A partir de la Turquie ils ont élaboré la stratégie de conquête de l'Europe, soutenue par le Qatar. Ainsi, après le monde "arabe", le cancer wahhabi finira par gangrener l'Occident aussi !
R.B

Gilles Kepel * : "Les islamo-gauchistes, ces charlatans !"

Dans l'entretien qu'il nous a accordé à l'occasion de la sortie de son livre "la Fracture", Gilles Kepel accuse une partie des intellectuels de gauche, idéologues utiles des islamistes, de minimiser le phénomène djihadiste. Une cécité criminelle, dénonce le spécialiste de l’Islam.

Dans votre livre, vous dénoncez violemment "les autruches de la pensée dénégationniste", qui situent la cause du mal absolu dans l'islamophobie, notion que les islamistes et leurs compagnons de route ont fini par imposer pour interdire, dites-vous, tout débat sur la deuxième religion de France. A l'heure où le débat politique sur l'islam n'en finit pas de se crisper, y avait-il urgence à dénoncer le fonctionnement de ceux que vous qualifiez d'"islamo-gauchistes" ?

Oui, car ces intellectuels tétanisés par la culpabilité post-coloniale battent la campagne médiatique. Ils font de l'islamophobie le ressort exclusif des grandes manifestations antiterroristes du 11 janvier… Proclamer "Je suis Charlie", c'est pour eux faire acte d'islamophobie ! Cette cécité les conduit à minimiser le péril jihadiste de peur de désespérer Molenbeek comme les compagnons de route du Parti communiste s'interdisaient de dénoncer les exactions du stalinisme de peur de "désespérer Billancourt".

Par-delà l'organisation terroriste Daech, qui a fracturé la cohésion rêvée de la patrie, je crois que deux forces de désintégration sont à l’œuvre dans la société française. D'une part, les mouvements communautaristes, qui font prévaloir l'appartenance religieuse et ses marqueurs dans l'espace public. De l'autre, une conception identitaire et étroite de la France, dont le fond est ethno-racial et xénophobe.

Mon livre est destiné à nourrir le grand débat de société qui doit absolument précéder les élections présidentielle et législatives de 2017. En tant qu'universitaire travaillant sur ces enjeux depuis trois décennies, je me livre à une analyse sans dramatisation mais sans complaisance du défi mortel que pose le jihadisme à notre pays et que cherchent à occulter une partie de nos intellectuels de gauche.

Selon vous, la fracture culturelle et civilisationnelle de la société française apparaît à la faveur des attentats du 7 janvier?

Précisément, ce qui fait que, du point de vue jihadiste, c'est l'attentat le plus réussi. Pourquoi ? Parce que les dessinateurs de "Charlie Hebdo" sont perçus, dans une partie de la jeunesse musulmane européenne et française, comme des gens qui l'ont bien cherché. De même qu'il y avait eu des milliers de like sur Facebook pour Merah, il y en a eu pour les frères Kouachi, pour Coulibaly, etc. Cela aboutit à ce clivage, qui est exacerbé par toute cette mouvance islamogauchiste dont Emmanuel Todd se fait le porte-parole, sans doute inconscient à l'époque, avec son livre "Qui est Charlie ?".

Dans votre livre, vous revisitez l'incroyable enchaînement des faits de l'été 2016 : de l'attentat de Nice à l'irruption de la question du burkini dans le débat public.

L'attentat à Nice le 14 juillet tue 86 personnes sur la promenade des Anglais, parmi lesquels du reste plus du tiers sont des musulmans (30 personnes). La cible est double. D'un côté, c'est le symbole de la "fête païenne" du 14-Juillet. La Révolution française se produit au même moment que l'émergence du wahhabisme en Arabie saoudite, c'est-à-dire à la fin du XVIIIe siècle, et en est l'exact contraire. Une victoire de la laïcité détestée. En même temps, l'attentat survient sur le lieu emblématique de l'hédonisme mondialisé. La promenade des Anglais, comme son nom l'indique, c'est international, c'est connu dans le monde entier. La French Riviera, la Côte d'Azur… Un attentat contre la civilisation hédoniste européenne.

Ce qui est fascinant, c'est que, du 14 juillet jusqu'au 26 juillet (l'assassinat du père Hamel), la France est dépeinte dans la presse internationale et notamment anglo-saxonne comme victime de la terreur. Elle est plainte, il y a de la commisération. Et soudain, à partir du mois d'août, lorsque arrivent les arrêtés anti-burkini des municipalités du littoral méditerranéen, la victime va se transformer d'un jour à l'autre en bourreau.

Cette inversion paradoxale, qui est une imposture exceptionnelle, est menée en particulier par un groupe qui s'appelle le Collectif contre l'Islamophobie en France (CCIF), organisation proche des Frères musulmans, qui va tirer profit de la frustration de jeunes musulmans qui en ont assez de devoir rappeler qu'ils ne sont pas des terroristes.

Vous dites que se produit alors un refoulement psychanalytique, qui est l'occultation des attentats?

Oui, ce qui me ramène à une expérience personnelle. Au mois de mai dernier, j'ai été invité par le Bondy Blog à participer à un débat. J'ai beaucoup travaillé sur la Seine-Saint-Denis, à Clichy, Montfermeil, et j'avais des contacts avec leurs journalistes. Des jeunes issus de l'immigration qui étaient dans une logique d'insertion sociale, qui voulaient créer un journalisme alternatif et ouvert. A ma stupéfaction, les trois journalistes chargés de m'interviewer m'ont accusé pendant tout l'entretien d'être islamophobe ! C'était juste avant que je sois condamné à mort par Larossi Abballa dans sa vidéo du 13 juin au soir. Mais ils ne parlaient jamais des attentats et uniquement de l'islamophobie : les femmes voilées traînées par terre, la société française islamophobe, etc. J'ai compris depuis lors que le Bondy Blog avait été totalement repris en main par cette frange frériste qui a fait de l'"islamophobie" son principal slogan.

Pour les Frères musulmans, dans la mouvance de Tariq Ramadan, comme pour Marwan Muhammad (le directeur exécutif du CCIF), il y a une volonté manifeste de mobiliser cette jeunesse musulmane en occultant le phénomène des attentats, en se refusant à le penser. C'est la "forclusion", comme on dirait en psychanalyse lacanienne, des attentats, pour se focaliser sur une victimisation communautaire de la population concernée. Ce que les jihadistes ne parviennent pas à faire, c'est-à-dire à mobiliser, parce qu'ils font horreur, les Frères musulmans le réussissent en offrant un regroupement de défense identitaire. Les Frères musulmans ont été durablement affaiblis en Egypte par le régime du maréchal Sissi, et beaucoup sont aujourd'hui exilés en Turquie. Et c'est à partir de la Turquie que leur stratégie de conquête de l'Europe s'est construite, soutenue par le Qatar.

Le CCIF est le produit de cette stratégie. Le CCIF s'adresse à cette jeunesse qui a fait des études (Marwan Muhammad a été trader, formé à l'université Léonard-de-Vinci de Charles Pasqua) et qui se perçoit en dissidence culturelle avec la société française ; mais contrairement aux salafistes – qui visent la hijra, c'est-à-dire la rupture culturelle, éventuellement le départ – et contrairement aux jihadistes qui veulent tuer tout le monde –, eux sont dans la logique de construction d'un lobby communautaire.

Qui est Marwan Muhammad ?

C'est le directeur exécutif du Comité contre l'Islamophobie, le CCIF. Il a fait la une du "New York Times" comme porte-parole de l'islam de France, avant que ce quotidien ne dépeigne la France comme une sorte de goulag pour les musulmans, et dont la laïcité tiendrait lieu de stalinisme. Souvenez-vous de l'affaire de Tremblay-en-France, au cours de laquelle deux jeunes femmes voilées, dans des circonstances qui restent encore obscures, n’ont pas été servies par un restaurateur. Le lendemain, le 28 août, Marwan Muhammad s'est rendu à la mosquée de Tremblay. Là, il prononce un discours fondamental pour comprendre la stratégie des Frères musulmans… Il dit la nécessité de rassembler les musulmans de France autour de questions éthiques, et cela dans la perspective de l'élection de 2017, où le CCIF décernera aux différents candidats le label "islamophobe" ou "moins islamophobe" : il s'agit donc clairement de construire un lobby communautaire qui va monnayer politiquement ses voix.

Certains positionnements par rapport à l'affaire du burkini ont ainsi été conditionnés par la perspective des élections législatives de 2017.

Selon vous, l'affaire du burkini a donc été instrumentalisée à la fois par les islamistes au service d'une stratégie de construction identitaire et par les politiques par calcul électoral?

Oui, et aussi, pour certains politiciens, par idéologie. Ainsi, les gauchistes, qui sont en perte de vitesse idéologique dans la société, se sont mis à considérer les enfants d'immigrés musulmans comme leur nouveau prolétariat messianique. Faire un bout de chemin avec les musulmans exploités contre la bourgeoisie devenait plus important que de s'en tenir à la ligne qui faisait de la religion l'opium du peuple du marxisme fondamental.

Ce qui est cocasse, c'est qu'on a, d'un côté, un islam du gauchisme et, de l'autre côté, un communautarisme électoral porté par la droite – qui va aussi jusqu'à l'extrême droite.

D'ailleurs, dans un de vos livres précédents, "Passion française", vous décriviez la présence de candidats soraliens musulmans en banlieue aux élections de 2012...

Oui, ils s'inventent une vision du monde commune et paradoxale sur la base d'une "alliance anticapitaliste et antisioniste". Lorsque Daech égorge des gens dans des vidéos, Soral et Dieudonné se gaussent de l'horreur que ressent la société en disant : mais, après tout, ça nous rappelle quelque chose, la "Terreur" n'était-elle pas le fondement de la Révolution ? Et la démocratie, la laïcité dont on se gargarise, sont bâties sur la décapitation de Louis XVI. Rachid Kassim, qui tient les têtes des chiites qu'il a exécutés, avant de faire un slam qu'il adresse à François Hollande, s'inscrirait dans cette continuité.

Comment expliquer l'omniprésence de l'islam dans les débats de la campagne électorale?

Aujourd'hui, le clivage entre la droite et la gauche sur lequel était fondée la vie politique française n'a plus de signification. La société comporte actuellement un néo-prolétariat dans les banlieues populaires, dans lequel il y a beaucoup d'enfants d'immigrés qui n'ont plus accès au marché du travail, non seulement à cause des discriminations, mais parce que notre système éducatif est découplé des besoins de l'économie numérique postindustrielle. Et c'est parmi ceux qui vont à l'université que la mouvance des Frères musulmans recrute – alors que le salafisme touche des milieux moins éduqués. En même temps, il y a une marginalisation croissante de classes populaires, si j'ose dire, "de souche", qui sont confrontées à des situations de précarité.

A la logique de clôture communautaire des uns s'oppose la logique de clôture identitaire des autres. C'est cet affrontement qui est en train de devenir un des éléments structurants du débat politique français. La petite bourgeoisie périurbaine, qui votait à gauche, est en train de basculer vers Marine Le Pen. Ainsi, une partie des enseignants votent pour le Front national parce qu'ils sont confrontés dans les collèges des ZEP et ailleurs à des élèves qui sont dans une telle logique d'affirmation communautariste qu'ils mettent en cause les enseignants qui, pour 2.000 euros par mois en fin de carrière, font un boulot extrêmement dur, et ne sont pas suivis par leur hiérarchie qui ne veut pas faire de vagues.

En 2012, les électeurs se déclarant musulmans ont voté majoritairement à gauche. Et, en 2017, comment vont-ils voter?

En 2012, Hollande a gagné avec une marge très faible. S'il n'y avait pas eu ce vote "musulman" massif en sa faveur, il ne serait pas passé. Or il le perd à partir du projet de mariage pour tous. Dès les élections partielles de décembre 2012, dans les circonscriptions où le Conseil constitutionnel a invalidé les résultats de juin, on voit que certains quartiers populaires basculent vers des candidats de droite, dont plusieurs m'ont dit leur stupéfaction. Ils avaient vu des bureaux de vote "musulmans" qui leur avaient donné moins de 10% des voix en juin 2012 leur conférer une large majorité en décembre. Pourquoi ? Parce que l'imam en chaire le vendredi précédent avait appelé à sanctionner dans les urnes les "socialistes corrupteurs sur la terre", qui avaient permis le mariage homosexuel. Et c'est un enjeu très important, qui va se traduire par la participation d'un certain nombre d'associations islamiques à la Manif pour tous. Ainsi Kamel Bechikh de Fils de France, par ailleurs proche du Front national, est l'un des porte-parole du mouvement.

La sanction électorale la plus frappante a lieu en Seine-Saint-Denis (municipales de 2014), où sur 40 communes 21 seront remportées par la droite et 19 par la gauche. C'est une tendance qu'a bien su exploiter Jean-Christophe Lagarde (le patron de l'UDI en Seine-Saint-Denis). Ainsi, Bobigny, qui était communiste depuis que le communisme existe, va basculer à droite. Les groupes islamistes s'y allient aux politiciens conservateurs au nom de revendications si j'ose dire "éthiques", disons plutôt de morale sociale contre l'hédonisme.

C'est la grande question qui déchire les spécialistes de l'islam : le salafisme conduit-il au jihadisme ? Peut-on dire qu'il est en expansion en France ?

Le mouvement salafiste émerge en France dans les années 1990, après que beaucoup de jeunes musulmans de l'époque ont soutenu Saddam Hussein contre l'Arabie saoudite, qui pourtant avait abondamment financé les mosquées. Pour regagner les cœurs, les Saoudiens vont envoyer de nombreux prédicateurs avec beaucoup d'argent pour développer des allégeances au salafisme en France. Ils ciblent les populations fragiles et en particulier les enfants de harkis, que ceux du FLN stigmatisent comme des agents de la France. Certains jeunes descendants de harkis, à ce moment-là, vont voir dans l'exacerbation de l'identité islamique une occasion de se défendre contre les gosses du FLN en se drapant dans le manteau du salafisme. Ce salafisme va se répandre dans la jeunesse en même temps que la situation sociale se dégrade dans les quartiers populaires. Lorsque j'ai publié en 1987 "les Banlieues de l'islam", les marqueurs de la salafisation (barbes, djellabas et niqabs) étaient inexistants. Un quart de siècle plus tard, ils sont monnaie courante.

Les salafistes ne préconisent pas la violence, puisqu'ils sont liés au système saoudien et que l'Arabie saoudite n'a aucune envie de faire la guerre avec ceux qui lui achètent son pétrole. Mais il fournit le socle de la fracture culturelle sur laquelle se construira assez aisément le passage à l'acte violent lorsque les jihadistes le prêcheront.

Olivier Roy réfute la thèse selon laquelle le jihadisme découle d'une radicalisation religieuse, et vous accuse de tout islamiser…

Olivier Roy, qui n'a plus fait de travail de terrain depuis des années et qui ignore la langue arabe, s'efforce de me "zemmouriser". Je les renvoie l'un à l'autre : tel Ulysse, je m'efforce de mener ma barque universitaire entre les sirènes de ce Charybde et de ce Scylla sur lesquelles la pensée ne peut que se fracasser… Lorsqu'il dit que j'islamise tout, c'est de bonne guerre rhétorique, mais c'est faux. J'essaie simplement de montrer quelles sont les stratégies par lesquelles jihadistes d'un côté, salafistes d'un autre, Frères musulmans d'un troisième s'efforcent de capter la population musulmane de France, sans du reste y arriver pour l'instant. Je ne suis pas pessimiste. Je suis convaincu que la laïcité de la République, à condition d'être pensée comme une laïcité d'inclusion et non pas une laïcité de séparation, est porteuse de l'avenir de notre pays.

Maintenant, prétendre que la tentation du jihad découle d'un nihilisme mortifère, d'une volonté de suicide qui aurait revêtu par hasard les oripeaux de l'islamisme, c'est très insuffisant. Les individus qui sont prêts à sacrifier leur vie le font parce qu'ils sont sûrs que leur mort va amener la rédemption de l'humanité. Ce qui n'a rien à voir avec le suicide nihiliste. Je reste persuadé qu'il faut revenir aux textes : lire les écrits de Daech. Si on n'analyse pas la spécificité du jihadisme actuel, si on ne l'inscrit pas dans la relation avec le Moyen-Orient, avec l'Afrique du Nord, si on ne comprend pas ce que ça signifie que, dans l'idéologie du jihadisme de troisième génération, l'Europe soit identifiée spécifiquement comme le ventre mou de l'Occident … on passe à côté du phénomène.

Donc vous rejetez complètement la thèse qui explique la tentation jihadiste par l'islamisation de la radicalité d'une partie de la jeunesse, et dont le meilleur argument, semble-t-il, réside dans le constat de l'analphabétisme doctrinal des terroristes ?

Mais au nom de quoi les jihadistes devraient-ils tous être des docteurs d'université !? Ça n'a jamais été le cas. Que certains jeunes passent par la délinquance, et ensuite voient dans le jihadisme une rédemption, c'est un fait. Mais pour cela, ils passent par la case mentale du salafisme : la rupture culturelle. A partir du moment où quelqu'un comme vous ou moi est considéré comme un infidèle, un blasphémateur, la rupture est consommée. La condamnation à mort par les jihadistes s'ensuit aisément.

Je pense qu'il ne faut pas sous-estimer le pouvoir de l'idéologie religieuse, telle qu'elle est manipulée aujourd'hui dans un monde où internet fournit les imams numériques, de mobiliser les individus. Faire l'impasse là-dessus, c'est considérer que les acteurs sociaux sont totalement étrangers à leur destin. Or ce n'est pas le cas. Si on analyse les écoutes du téléphone d'Adel Kermiche, on comprend que celui-ci, pendant un an, en prison, a été exposé dans sa cellule à des prédicateurs qui lui ont appris l'arabe. J'ai vu la cassette de serment d'allégeance qu'il a faite. Son arabe n'est pas parfait, il bute sur les mots, mais il est très correct : la prison française, c'est l'ENA du jihad. D'autre part, pourquoi est-il allé tuer un prêtre ? Parce que les chrétiens représentent le mal, les kouffar (les mécréants) qui ne se sont pas dissociés du bombardement de la coalition des croisés sur l'Etat islamique. C'est bien au nom d'une vision salafiste de fracture du monde.

Comment combattre cette tentation jihadiste ?


En posant d'abord un diagnostic juste sur ce qui se passe en France. Quand en 2012 Mohamed Merah met en œuvre les injonctions d'un prédicateur, Abou Moussab al-Souri (que lui-même les ait lues ou pas, ça n'a pas d'importance, le monde du tweet les traduit et les dilue à l'infini), au fond notre haute fonction publique et nos politiciens n'y comprennent rien. Ils font de Merah un loup solitaire… Cinq ans après, le procès n'a toujours pas eu lieu. Il y a recours contre recours. Au fond, l'affaire Merah, c'est l'échec complet de la hiérarchie du renseignement à ce moment-là. Mais on est dans un monde pyramidal, où la haute fonction publique est incapable de se remettre en question; de ce point de vue, le quinquennat de François Hollande a été désastreux puisque l'université y a été méprisée, que les études arabes y ont été détruites.

Aujourd'hui, on est démuni face à ce phénomène, ce qui explique la floraison d'"experts" bidon, dont les constructions idéologiques se fondent sur l'ignorance du terrain comme des textes. Le postulat de l'islamo-gauchisme est : ce n'est pas la peine de connaître l'idéologie dont se réclament les jihadistes qui sont avant tout des nihilistes. On songe aux beaux esprits de la république de Weimar, qui tenaient "Mein Kampf" à sa parution en 1925, pour les élucubrations exaltées d'un peintre dénué de talent…

L'enjeu, aujourd'hui, c'est de poser le diagnostic le plus juste possible sur le phénomène : bien évidemment cela est fait de controverses, c'est tout à fait légitime, à condition que cela repose sur une vraie connaissance de ce dont on parle. Et comme ce sera largement à l'élu(e) de 2017 de mettre en œuvre la thérapie de la fracture, nos concitoyens ont le droit d'être informés pour se prononcer en connaissance de cause, et non de se faire balader par des charlatans…

Propos recueillis par Sara Daniel

* Directeur de la chaire Moyen-Orient-Méditerranée à l’École normale supérieure et professeur à Sciences-Po.
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yacoub

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Re: Combattre le salafisme ?!

Ecrit le 24 mars17, 01:29

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