abdel19 a écrit :L’annulation ou l’abrogation, en arabe ‘‘Naskh’’, est le fait d’annuler ou de mettre fin à une loi, à une règle prescrite ou à une pratique tolérée en fonction de circonstances particulières. Sa validité prend donc fin avec la cessation des circonstances qui ont occasionné sa permission ou sa prohibition. Il peut s’agir aussi de l’assouplissement d’un dogme, d’une pratique ou de son durcissement, soit à titre de punition divine ou d’une mise à l’épreuve, soit par mesure de clémence de la part d’Allah à l’égard de Ses serviteurs. C’est en vertu de la clémence divine que Jésus est venu lever certains interdits imposés aux Juifs telles que la graisse et la viande de certains animaux. :
« Me voici, confirmant ce qui existait avant moi de la Torah et déclarant licite une partie de ce qui vous était interdit. » (s3, v50)
« Donnez plutôt en aumône ce que vous avez, et voici, toutes choses seront pures pour vous. » (Lc 11.41)
Si le Coran parle d’abrogation de quelques révélations antérieures, c’est parce que les besoins de la société avaient changé.
L’abrogation se limite à l’obligation de faire ou de ne pas faire, c’est-à-dire la permission, la prohibition ou la tolérance, à l’exclusion de l’information concernant des faits réels, celle-ci ne pouvant être l’objet d’abrogation ; cela suppose que l’une des deux informations est fausse, chose qu’on ne peut attribuer à Dieu. L’abrogation n’atteint pas les principes et les dogmes fondamentaux tels que le tawhid (l’unicité de Dieu), les fondements de la foi et du culte, les vertus, telles que la chasteté, la sincérité, la générosité, la piété, l’obligation d’ordonner le bien et de repousser le mal, etc. Il ne faut pas entendre par abrogation que Dieu ait prescrit ou prohibé quelque chose sans en prévenir les conséquences, et qu’Il se soit ensuite ravisé de sorte qu’on puisse l’accuser d’ignorance ou qu’Il ait fait des prescriptions ou des prohibitions et les ait ensuite retirées, de manière si fortuite et inopinée qu’on puisse l’accuser d’inconstance. L’abrogation signifie que Dieu tolère provisoirement certaines pratiques comme l’orientation de la prière vers la Mosquée Al-Aqsa ou certaines boissons comme le vin, en attendant que les conditions du changement ou de l’interdiction soient réunies, elle peut aussi intervenir à la suite d’une mise à l’épreuve comme ce fut le cas de l’ordre donné à Abraham d’offrir en holocauste son fils, puis révoqué (Gn 22).
Sur ce dernier point, on ne peut pas dire que Dieu a changé d’avis à la dernière minute ; bien au contraire, il savait à l’avance que l’immolation n’allait pas être exécutée.
L’évolution humaine peut nécessiter l’actualisation ou la mise à jour de certaines lois afin de les adapter à des situations nouvelles. Le temps évolue et la réalité sociale peut changer d’une génération à l’autre. Compte tenu du fait que les comportements humains sont étroitement liés à ces changements, des modifications législatives s’imposent. Là aussi, on peut parler d’abrogation. En effet, ce qui est utile pour une génération ne l'est pas forcement pour une autre. C'est cette pratique qui a prévalu avant la clôture des messages divins. Etant au dernier stade de la vie terrestre, le processus d'envoi de messagers fut clôturé par le Coran qui contient des dispositions et des préceptes capables de s'adapter à l’évolution et aux besoins des sociétés humaines jusqu'à la fin des temps.
Si la mission de Jésus s'inscrit dans une perspective d’actualisation de la Torah, la mission de Muhammad s’inscrit pareillement dans un but d’actualisation des messages antérieurs.
Dans le cas de Jésus, on lit dans l'Epître aux Heureux 7.18: «Il y a ainsi abolition d'une Ordonnance antérieure à cause de son impuissance et de son inutilité. »
«En effet, si la première alliance avait été sans défaut, il n'aurait pas été question de la remplacer par une seconde» Hébreux 8.7.
L’interdiction progressive des boissons enivrantes est l’illustration parfaite de la nécessité de l’abrogation. Dieu n’a pas voulu bouleverser les habitudes des gens de la Mecque qui furent de grands consommateurs de vin en leur interdisant brusquement quelque chose qu’ils aimaient au point de l’adorer. Dans le but de préparer les esprits à une décision d’interdiction aussi sévère, Dieu entreprit une démarche graduelle, allant de la tolérance (s16, v67 ; s2, v219) à l’injonction de ne pas faire la prière en état d’ivresse (s4, v43), puis à la prohibition pure et simple (s5, v90).
Dès lors, furent abrogés les versets ambigus susceptibles d’être interprétés dans le sens de la permission des boissons alcoolisées. Qu’on ne vienne pas nous dire que Dieu se contredise ou que ses Paroles sont changeantes.
Mahomet remplace de temps en temps un verset par un autre. C'est finalement une manière assez pratique pour Mahomet de dire ce qu'il veut, selon ce qui l'arrange...le Coran n'a pas été révélé en une seule fois parce que Mahomet changeait des versets, en supprimait,
révélait ce qu'il voulait, selon ses intérêts du moment.