Et si l’on réformait la Charia ?
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La religion musulmane l'Islam, se veut une révélation en langue arabe de la religion originelle d'Adam, de Noé, et de tous les prophètes parmi lesquels elle place aussi Jésus. Ainsi, elle se présente comme un retour à la religion d'Abraham (appelé, en arabe, Ibrahim par les musulmans) du point de vue de la croyance, le Coran le définissant comme étant la voie d'Ibrahim (millata Ibrahim) c'est-à-dire une soumission exclusive à Allah.
La religion musulmane l'Islam, se veut une révélation en langue arabe de la religion originelle d'Adam, de Noé, et de tous les prophètes parmi lesquels elle place aussi Jésus. Ainsi, elle se présente comme un retour à la religion d'Abraham (appelé, en arabe, Ibrahim par les musulmans) du point de vue de la croyance, le Coran le définissant comme étant la voie d'Ibrahim (millata Ibrahim) c'est-à-dire une soumission exclusive à Allah.
Et si l’on réformait la Charia ?
Ecrit le 03 nov.07, 02:52Un musulman peut-il vivre en adéquation avec sa religion en reniant ou en se démarquant de la charia (loi islamique) ? Question ne pourrait être plus paradoxale ! Mais, comme on le dit souvent, seul le paradoxe est fécond ! De quoi est alors féconde cette question ? Elle est féconde d’une idée (grosse de plusieurs) qui voudrait qu’en fait, on pourrait demeurer musulman sans suivre la charia telle qu’elle a été conçue il y a plusieurs siècles. Par les temps qui courent, émettre une telle hypothèse, peut relever de la diversion ou du bavardage inutile, tellement on semble s’orienter et s’attacher à ce passé circonscrit autour des quatre califats et des fondateurs des quatre écoles qui constituent le corpus de ces textes juridiques et l’essentiel de la jurisprudence (peut être par prudence ?) et de la jurisconsulte jusqu’ici.
Faudrait-il le rappeler, ce corpus de textes juridiques est élaboré par des hommes dans des circonstances particulières, le monde arabe d’il y a plus de dix siècles ? Ce que des hommes ont fait, d’autres pourraient et devraient le faire, le refaire ou le défaire. Le temps s’est arrêté cependant depuis lors et il est surprenant de voir que face à des contextes fondamentalement différents, l’on pense toujours qu’il faudrait respecter scrupuleusement cette charia, et qu’y contrevenir serait synonyme d’errance, de gêne, de désobéissance, d’insoumission et donc de péché.
Mais, on est vraiment devant un dilemme cornélien ou dans une aporie totale dans la mesure où tout le monde s’accorde à dire que cela ne va pas. D’aucuns disant que c’est à cause de cette non-observance scrupuleuse de cette charia ; alors que d’autres appellent en vain à sa révision, à sa réforme. Une analyse objective semble difficile parce qu’il est vrai qu’il n’y a pas respect scrupuleux de la charia (et pourquoi ?) pour pouvoir constater si cela donnerait ou non les résultats escomptés. Toujours est-il, il ne serait pas difficile de noter que le contexte actuel s’accommoderait difficilement de la charia telle que conçue alors.
Ainsi, montrer en quoi la charia (ou à tout le moins une grande partie de cette charia) est en déphasage avec les réalités actuelles, est sans doute la démarche qu’il faut employer pour amener les uns et les autres à comprendre que si cela ne va pas, ce ne serait sans doute pas le fait d’une non-observance des règles édictées par cette charia due à une absence de volonté, et que donc ce serait peine perdue de vouloir la reconduire telle qu’elle avait été fixée depuis plusieurs siècles.
Pour ce faire, on axera notre raisonnement sur quelques grandes lignes de cette charia, à savoir la scrutation du croissant lunaire, l’esclavage et l’éternel problème du statut de la femme. Le premier point, pour montrer les quiproquos possibles ; le second point, pour mettre l’accent sur le caractère dépassable de la charia et enfin le dernier, pour souligner que non seulement elle est en grande partie misogyne, mais aussi très malléable face aux nouveaux contextes.
Le croissant lunaire. S’il est un fait patent qui peut bien illustrer les apories au sein du monde musulman (sénégalais en particulier), c’est certainement le croissant lunaire et dans une moindre mesure la langue dans laquelle devrait se faire le sermon hebdomadaire du vendredi. Pourquoi nos ulémas continuent mordicus de le faire en arabe ? C’est peut-être se demander, pourquoi nos politiciens parlent souvent français devant un parterre d’individus qui n’y comprennent que dal ? On peut supposer par là que ce ne serait pas une question religieuse, mais plutôt une question socioculturelle ! Cela dit, scruter le croissant lunaire pour rythmer la vie des musulmans et donc en constituer son calendrier est devenu source de discordes. Mais, ce qui est curieux, c’est que chaque partie soutient sans ambages détenir la vérité sunnite et qu’en conséquence elle est exclusivement dans son bon droit. Et chaque partie de se gausser de l’autre. Ces divergences illustrent objectivement que le problème, loin d’être une question de croyance, constitue plutôt un problème d’adaptation des textes par rapport aux nouveaux contextes. Nouveaux contextes qui tranchent nettement avec les traditions qui avaient des horizons très limités (village, parenté, etc.). Compte tenu de cette situation où chacun se dit digne héritier de la tradition prophétique, on n’a pas à trancher, sauf reconnaître que visiblement on a du mal à mettre en adéquation cette charia avec la nouvelle donne qui appelle soit à une révision de cette tradition, soit à une reconnaissance qu’on est tous à côté de la plaque, qu’on n’a pas compris le bien fondé de cette règle de la charia.
Si le problème du croissant lunaire montre une pluralité possible de lecture de la charia, d’autres faits comme l’esclavage et le statut de la femme montrent bien que la charia n’est pas un horizon indépassable, comme on pourrait en avoir l’impression ou même l’expression à travers les partis pris des uns et des autres.
L’esclavage, plusieurs versets en parlent comme d’un phénomène social normal. Faudrait-il le maintenir pour rester fidèle au Coran et à la Charia ? Assurément, il n’est pas besoin de disserter longtemps pour faire montre que le phénomène de l’esclavage est le meilleur exemple qu’il y a des choses dépassables dans le Coran et dans la Charia. Cependant, personne ne s’avise plus à vouloir le maintenir pour se conformer à la lettre du Coran et de la Charia. Ainsi, pourrait-on dire qu’il y a des versets qui se sont abrogés d’eux-mêmes par la force des choses. Même s’il faut reconnaître que tel que défendu dans la Charia et dans le Coran, tout portait à l’encouragement de son abolition. Ainsi, ici aussi voit-on par l’exemple qu’il y a des choses qui ne sont pas immuables dans le Coran, et à plus forte raison dans la Charia. Et l’exemple du statut de la femme vient aussi le corroborer.
Le statut de la femme (la polygamie, la femme au foyer, châtier corporellement la femme en cas de désobéissance, le témoignage de deux femmes valant celui d’un seul homme, etc.) était sans conteste inférieur par rapport à celui de l’homme rien qu’à travers ces quelques exemples. Faudrait-il alors le maintenir en l’état pour être fidèle à ce corpus juridique traditionnel ? Avec les vents actuels d’égalitarisme, faudrait-il reconduire la femme au foyer, la châtier corporellement (l’épouse, la mère, la sœur, la fille), prendre avec beaucoup de pincettes son témoignage (parce qu’elle oublierait vite et se laisserait plus distraire que l’homme), pour coller aux prescriptions de la charia ?
Si actuellement, tout le monde soutient et défend un statut de la femme égal en tout à celui de l’homme, est-ce à dire que tout le monde a tort et seule la charia a raison ? Ce n’est pas impossible, parce que tout le monde pourrait être dans l’erreur ! Mais, les faits étant têtus, faudrait-il contraindre les femmes contre leur propre volonté ?
D’une manière plus générale, la sunna aurait-elle encore et toujours force de loi quand on défend que ‘quiconque change de religion, tuez-le !’ ? Le Coran, serait-ce une loi toute faite et immuable ou une ‘guidance’ comme le semble dire son auteur à plusieurs reprises ? Si en 23 ans son auteur a abrogé plusieurs versets, qu’en serait-il en quatorze siècles ?
Cependant, la question essentielle demeure de savoir qui a autorité d’abroger ou de dire qu’il faudrait abroger ceci ou cela ? Car, manifestement alors ne serait souverain que celui-là qui décide de ce qu’il faut ou ne faut pas abroger ! Dans tous les cas de figure, on ne peut disconvenir qu’il faudrait voir comment résoudre cet épineux problème d’ajustement auquel le monde musulman est confronté, dans la mesure où, comme on le dit souvent ‘autres temps, autres mœurs’. La seule autorité souveraine qui, manifestement, a une emprise sur la charia, c’est sans doute le temps. Cependant, le problème demeure entier ; on ne sait toujours pas qui a autorité pour dire que ceci ou cela est dépassé. C’est ce qui explique sans doute la croyance en l’avènement d’un être (messie ou mahdi) qui va rétablir la vérité. Viendrait-il ou ne viendrait-il pas ? Dans tous les cas, la charia telle que conçue au début de l’ère musulmane et telle que reproduite par les différentes sociétés musulmanes, a du mal objectivement à s’accommoder avec les réalités du moment. Pour une analyse objective, les sociétés musulmanes actuelles peinent à reproduire la charia parce que primo, elle n’était pas faite pour être reproduite et secundo sa reproduction serait niée que les sociétés humaines par essence changent sans cesse. Et la plupart de ces changements ne dépendent pas seulement de la volonté humaine ou de ses croyances.
Si l’on se permet de donner une image assez générale du monde musulman, on verrait avant tout qu’il est un monde où l’autonomie individuelle est encore coiffée par l’appartenance à un groupe parental, ethnique ou religieux (confrérique). En Afrique musulmane, dans le monde arabo-berbère musulman, l’autonomie individuelle est moindre comparée à celle de son alter ego occidental. Ainsi, y note-t-on l’emprise du groupe sur l’individu. Cette emprise exerce une certaine pesanteur sur la conscience individuelle si bien que si cette dernière voudrait s’affranchir de quelque manière que ce soit, elle est aussitôt taxée d’apostat, d’acculturation, de déracinement ou d’individualisme.
Mais, dans ces moments où de plus en plus les sociétés deviennent plus permissives, où les devenirs individuels ne sont plus enserrés par des institutions fortes et transcendantes, on assistera inévitablement à des prises de position, des points de vue, des conduites aux convenances plutôt individualistes que collectivistes.
Mamadou Moustapha WONE Sociologue BP : 15812 Dakar-Fann moustaphawone@voila.fr Sénégal
http://www.walf.sn/contributions/suite. ... _art=41936
Faudrait-il le rappeler, ce corpus de textes juridiques est élaboré par des hommes dans des circonstances particulières, le monde arabe d’il y a plus de dix siècles ? Ce que des hommes ont fait, d’autres pourraient et devraient le faire, le refaire ou le défaire. Le temps s’est arrêté cependant depuis lors et il est surprenant de voir que face à des contextes fondamentalement différents, l’on pense toujours qu’il faudrait respecter scrupuleusement cette charia, et qu’y contrevenir serait synonyme d’errance, de gêne, de désobéissance, d’insoumission et donc de péché.
Mais, on est vraiment devant un dilemme cornélien ou dans une aporie totale dans la mesure où tout le monde s’accorde à dire que cela ne va pas. D’aucuns disant que c’est à cause de cette non-observance scrupuleuse de cette charia ; alors que d’autres appellent en vain à sa révision, à sa réforme. Une analyse objective semble difficile parce qu’il est vrai qu’il n’y a pas respect scrupuleux de la charia (et pourquoi ?) pour pouvoir constater si cela donnerait ou non les résultats escomptés. Toujours est-il, il ne serait pas difficile de noter que le contexte actuel s’accommoderait difficilement de la charia telle que conçue alors.
Ainsi, montrer en quoi la charia (ou à tout le moins une grande partie de cette charia) est en déphasage avec les réalités actuelles, est sans doute la démarche qu’il faut employer pour amener les uns et les autres à comprendre que si cela ne va pas, ce ne serait sans doute pas le fait d’une non-observance des règles édictées par cette charia due à une absence de volonté, et que donc ce serait peine perdue de vouloir la reconduire telle qu’elle avait été fixée depuis plusieurs siècles.
Pour ce faire, on axera notre raisonnement sur quelques grandes lignes de cette charia, à savoir la scrutation du croissant lunaire, l’esclavage et l’éternel problème du statut de la femme. Le premier point, pour montrer les quiproquos possibles ; le second point, pour mettre l’accent sur le caractère dépassable de la charia et enfin le dernier, pour souligner que non seulement elle est en grande partie misogyne, mais aussi très malléable face aux nouveaux contextes.
Le croissant lunaire. S’il est un fait patent qui peut bien illustrer les apories au sein du monde musulman (sénégalais en particulier), c’est certainement le croissant lunaire et dans une moindre mesure la langue dans laquelle devrait se faire le sermon hebdomadaire du vendredi. Pourquoi nos ulémas continuent mordicus de le faire en arabe ? C’est peut-être se demander, pourquoi nos politiciens parlent souvent français devant un parterre d’individus qui n’y comprennent que dal ? On peut supposer par là que ce ne serait pas une question religieuse, mais plutôt une question socioculturelle ! Cela dit, scruter le croissant lunaire pour rythmer la vie des musulmans et donc en constituer son calendrier est devenu source de discordes. Mais, ce qui est curieux, c’est que chaque partie soutient sans ambages détenir la vérité sunnite et qu’en conséquence elle est exclusivement dans son bon droit. Et chaque partie de se gausser de l’autre. Ces divergences illustrent objectivement que le problème, loin d’être une question de croyance, constitue plutôt un problème d’adaptation des textes par rapport aux nouveaux contextes. Nouveaux contextes qui tranchent nettement avec les traditions qui avaient des horizons très limités (village, parenté, etc.). Compte tenu de cette situation où chacun se dit digne héritier de la tradition prophétique, on n’a pas à trancher, sauf reconnaître que visiblement on a du mal à mettre en adéquation cette charia avec la nouvelle donne qui appelle soit à une révision de cette tradition, soit à une reconnaissance qu’on est tous à côté de la plaque, qu’on n’a pas compris le bien fondé de cette règle de la charia.
Si le problème du croissant lunaire montre une pluralité possible de lecture de la charia, d’autres faits comme l’esclavage et le statut de la femme montrent bien que la charia n’est pas un horizon indépassable, comme on pourrait en avoir l’impression ou même l’expression à travers les partis pris des uns et des autres.
L’esclavage, plusieurs versets en parlent comme d’un phénomène social normal. Faudrait-il le maintenir pour rester fidèle au Coran et à la Charia ? Assurément, il n’est pas besoin de disserter longtemps pour faire montre que le phénomène de l’esclavage est le meilleur exemple qu’il y a des choses dépassables dans le Coran et dans la Charia. Cependant, personne ne s’avise plus à vouloir le maintenir pour se conformer à la lettre du Coran et de la Charia. Ainsi, pourrait-on dire qu’il y a des versets qui se sont abrogés d’eux-mêmes par la force des choses. Même s’il faut reconnaître que tel que défendu dans la Charia et dans le Coran, tout portait à l’encouragement de son abolition. Ainsi, ici aussi voit-on par l’exemple qu’il y a des choses qui ne sont pas immuables dans le Coran, et à plus forte raison dans la Charia. Et l’exemple du statut de la femme vient aussi le corroborer.
Le statut de la femme (la polygamie, la femme au foyer, châtier corporellement la femme en cas de désobéissance, le témoignage de deux femmes valant celui d’un seul homme, etc.) était sans conteste inférieur par rapport à celui de l’homme rien qu’à travers ces quelques exemples. Faudrait-il alors le maintenir en l’état pour être fidèle à ce corpus juridique traditionnel ? Avec les vents actuels d’égalitarisme, faudrait-il reconduire la femme au foyer, la châtier corporellement (l’épouse, la mère, la sœur, la fille), prendre avec beaucoup de pincettes son témoignage (parce qu’elle oublierait vite et se laisserait plus distraire que l’homme), pour coller aux prescriptions de la charia ?
Si actuellement, tout le monde soutient et défend un statut de la femme égal en tout à celui de l’homme, est-ce à dire que tout le monde a tort et seule la charia a raison ? Ce n’est pas impossible, parce que tout le monde pourrait être dans l’erreur ! Mais, les faits étant têtus, faudrait-il contraindre les femmes contre leur propre volonté ?
D’une manière plus générale, la sunna aurait-elle encore et toujours force de loi quand on défend que ‘quiconque change de religion, tuez-le !’ ? Le Coran, serait-ce une loi toute faite et immuable ou une ‘guidance’ comme le semble dire son auteur à plusieurs reprises ? Si en 23 ans son auteur a abrogé plusieurs versets, qu’en serait-il en quatorze siècles ?
Cependant, la question essentielle demeure de savoir qui a autorité d’abroger ou de dire qu’il faudrait abroger ceci ou cela ? Car, manifestement alors ne serait souverain que celui-là qui décide de ce qu’il faut ou ne faut pas abroger ! Dans tous les cas de figure, on ne peut disconvenir qu’il faudrait voir comment résoudre cet épineux problème d’ajustement auquel le monde musulman est confronté, dans la mesure où, comme on le dit souvent ‘autres temps, autres mœurs’. La seule autorité souveraine qui, manifestement, a une emprise sur la charia, c’est sans doute le temps. Cependant, le problème demeure entier ; on ne sait toujours pas qui a autorité pour dire que ceci ou cela est dépassé. C’est ce qui explique sans doute la croyance en l’avènement d’un être (messie ou mahdi) qui va rétablir la vérité. Viendrait-il ou ne viendrait-il pas ? Dans tous les cas, la charia telle que conçue au début de l’ère musulmane et telle que reproduite par les différentes sociétés musulmanes, a du mal objectivement à s’accommoder avec les réalités du moment. Pour une analyse objective, les sociétés musulmanes actuelles peinent à reproduire la charia parce que primo, elle n’était pas faite pour être reproduite et secundo sa reproduction serait niée que les sociétés humaines par essence changent sans cesse. Et la plupart de ces changements ne dépendent pas seulement de la volonté humaine ou de ses croyances.
Si l’on se permet de donner une image assez générale du monde musulman, on verrait avant tout qu’il est un monde où l’autonomie individuelle est encore coiffée par l’appartenance à un groupe parental, ethnique ou religieux (confrérique). En Afrique musulmane, dans le monde arabo-berbère musulman, l’autonomie individuelle est moindre comparée à celle de son alter ego occidental. Ainsi, y note-t-on l’emprise du groupe sur l’individu. Cette emprise exerce une certaine pesanteur sur la conscience individuelle si bien que si cette dernière voudrait s’affranchir de quelque manière que ce soit, elle est aussitôt taxée d’apostat, d’acculturation, de déracinement ou d’individualisme.
Mais, dans ces moments où de plus en plus les sociétés deviennent plus permissives, où les devenirs individuels ne sont plus enserrés par des institutions fortes et transcendantes, on assistera inévitablement à des prises de position, des points de vue, des conduites aux convenances plutôt individualistes que collectivistes.
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Re: Et si l’on réformait la Charia ?
Ecrit le 04 nov.07, 11:29Je me suis toujours demandé pourquoi suivre une religion devrait être une contrainte , alors que c'est plutôt une prise de conscience graduelle , une connaissance du divin , une expérience personnelle et surtout pas une obligation.sofia a écrit :Un musulman peut-il vivre en adéquation avec sa religion en reniant ou en se démarquant de la charia (loi islamique) ?
Sans renier la charia on peut tout simplement supposer que personne n'oblige les autres à la suivre .Il est dit "pas de contrainte en religion " , celà signifie que chacun est libre dans son coeur de pratiquer ou pas et aussi que personne ne peut obliger un autre à le faire .
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Ecrit le 11 nov.07, 22:19
calice :
Autrement dit, tu appelles au "laxisme religieux" :
Appliquer, de la religion, ce qui nous enchante et nous convient, et ignorer - sans renier biensûr - ce qui ne va pas avec nos passions et nos principes.
Et au jour du jugement dernier, gagner le paradis comme si ne rien n’était, et au même titre que ceux qui ont obéi à Allah en appliquant les précepts de la religion comme il se doit …
Belle logique en tout cas.
Autrement dit, tu appelles au "laxisme religieux" :
Appliquer, de la religion, ce qui nous enchante et nous convient, et ignorer - sans renier biensûr - ce qui ne va pas avec nos passions et nos principes.
Et au jour du jugement dernier, gagner le paradis comme si ne rien n’était, et au même titre que ceux qui ont obéi à Allah en appliquant les précepts de la religion comme il se doit …
Belle logique en tout cas.
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Ecrit le 12 nov.07, 10:42
Intelligent' a écrit :calice :
Autrement dit, tu appelles au "laxisme religieux" :
Appliquer, de la religion, ce qui nous enchante et nous convient, et ignorer - sans renier biensûr - ce qui ne va pas avec nos passions et nos principes.
Et au jour du jugement dernier, gagner le paradis comme si ne rien n’était, et au même titre que ceux qui ont obéi à Allah en appliquant les précepts de la religion comme il se doit …
Belle logique en tout cas.
La religion qui est une contrainte n’est pas comprise et acceptée intimement :l’homme n’est qu’un robot obéissant , il n’a aucun mérite, et obéir sans comprendre ne lui apporte rien (car ce n’est pas son âme qui choisi mais son mental ) , et dès qu’il peut se libérer du carcan il le fait .
Appliquer les préceptes de la religion (j’allais dire bêtement ) n’est pas un signe d’intelligence mais de soumission à la loi des hommes .Car les lois religieuses ont été édictés par les hommes et varient comme telles .Les normes juridiques varient selon les écoles religieuses .L’homme qui agit ainsi est donc prisonnier.
À la mort du prophète, des différences religieuses importantes et la conquête arabe fulgurante provoquent des rivalités politiques. Beaucoup de questions sur la liberté de l'homme, le péché, la foi, etc. conduisent à la constitution de théologies musulmanes qui essayent de donner des réponses aux questions et aux problèmes non détaillés par les textes divins, et de faire face aux défis de la vie humaine .Mais tout cela n’est qu’interprétation.
Obéir à Dieu est supérieur au fait de suivre les préceptes d’ une religion crée par des hommes .La charia a été écrite par des hommes et non par Dieu.
Tel homme qui parait suivre scrupuleusement les préceptes religieux peut en fait être un plus grand pêcheur qu’un autre dont l’âme est pure et qui agit alors naturellement bien ( guidé seulement par Dieu).
Car un cœur pur agit toujours pour le Bien , en harmonie avec la Loi Divine , et ses actions plaisent mieux à Dieu que celles de celui qui agit selon la loi des hommes (même religieuse)
Les préceptes religieux sont utiles comme béquilles et aident à dompter ses passions , .mais sont desséchants .
“ Ceci est interdit ! Ceci est permis ! ”, disent les juristes. Mais jamais : Tu es responsable de toi-même. Réfléchis par toi-même ! Alors que le Coran nous y appelle à chaque page. À les entendre, il n’y aurait, entre Dieu et l’homme, que des rapports de maître à esclave.
Non le paradis n’est pas pour celui qui a obéit à Allah toute sa vie par crainte .Car celui-là n’a pas eu une relation d’amour avec Lui .
Le Prophète a dit “Quand Dieu t’aime, Il est l’oreille par laquelle tu entends, l’œil par lequel tu vois, le pas par lequel tu avances, la main par laquelle tu travailles”.
Le paradis est pour celui qui a l’âme assez pure pour avoir une relation intime avec Dieu et que Dieu agisse en lui .
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Ecrit le 12 nov.07, 13:32
les lois religieuses ont été édictés par les hommes et varient comme telles .
La charia a été écrite par des hommes et non par Dieu.
Les préceptes religieux sont utiles comme béquilles et aident à dompter ses passions , .mais sont desséchants.
Non le paradis n’est pas pour celui qui a obéit à Allah toute sa vie par crainte .Car celui-là n’a pas eu une relation d’amour avec Lui .
Tout cela ne fait que prouver malheureusement ton ignorance quasi-totale de ce que c’est l’islam.Le paradis est pour celui qui a l’âme assez pure pour avoir une relation intime avec Dieu et que Dieu agisse en lui .
Je t’informe seulement que les actes de l’homme dans l’islam, donc le fait qu'il suive ou pas les précepts de l'islam, sont classés dans 5 catégories : fard (actes formellement obligatoires), mustahab (actes recommandés), mubaah (actes indifférents), makruuh (actes détestables) et haram (actes formellement interdits). Et chaque genre d’acte est récompensé ou puni par Allah selon qu’il soir exécuté ou pas (plus d'info ici).
Donc, tes propos du genre : l'essentiel c'est que je purifie mon coeur et j'obei à ce qu'il me dicte de faire, les précepts de la religion c'est plutot desséchant n'ont aucun fondement dans l'islam.
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Ecrit le 12 nov.07, 22:10
Intelligent' a écrit : Tout cela ne fait que prouver malheureusement ton ignorance quasi-totale de ce que c’est l’islam.
Je t’informe seulement que les actes de l’homme dans l’islam, donc le fait qu'il suive ou pas les précepts de l'islam, sont classés dans 5 catégories : fard (actes formellement obligatoires), mustahab (actes recommandés), mubaah (actes indifférents), makruuh (actes détestables) et haram (actes formellement interdits). Et chaque genre d’acte est récompensé ou puni par Allah selon qu’il soir exécuté ou pas (plus d'info ici).
Donc, tes propos du genre : l'essentiel c'est que je purifie mon coeur et j'obei à ce qu'il me dicte de faire, les précepts de la religion c'est plutot desséchant n'ont aucun fondement dans l'islam.
L’Islam dont tu parles est celui crée par les hommes et non révélé par Dieu .
Le mot charia qui peut être interprété comme « la voie qui mène à la source de la vie », « la voie vers Dieu », n’est pas explicite ni factuelle dans le Coran et la compréhension humaine a été reconnue comme une source secondaire de connaissance de la charia .
La charia n’est donc pas une loi divine mais a été codifiée par des juristes (et non par Dieu ) et varie en temps et en lieu .
Je veux bien me soumettre à le Loi Divine sans discuter mais pas bêtement , comme un robot , à la loi imposée par des hommes , je veux d’abord comprendre et juger par moi-même .Obéir sans comprendre est aliénant et empêche l'âme de grandir .Je ne dis pas que des règles ne sont pas utiles , elles sont nécessaire au départ (comme un enfant a besoin d’éducation ) , seulement elles sont faites pour être intégrées et dépassée pour que l’esprit puisse croître , sinon nous restons d’éternels prisonniers incapables de penser par nous-même .
Le but n’est pas d’obéir mais de purifier son cœur , nous perfectionner afin de connaître Dieu et cela est tout à fait un fondement de l’Islam .
« le jour où ni les biens, ni les enfants ne seront d'aucune utilité, sauf celui qui vient à Allah avec un coeur pur ». Sourate 26 - Versets 88 /89
« Ni Ma Terre, ni Mon ciel ne sont assez grands pour me contenir, dit un hadith qudsî , mais le « cœur » de Mon serviteur croyant, pieux et pur, est assez grand pour me contenir ».
C'est avec un coeur pur qu'on obéit aux Lois Divines spontanément , car Dieu lui-même nous guide .
Pourquoi l'homme prendrait il un intermédiraire entre Dieu et lui (la charia dictée par les homme ) alors qu'il y a une voie directe :la purification du coeur ?
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Ecrit le 13 nov.07, 01:29
Tes propos me prouvent encore une fois ta connaissance bien déformée de l’islam. Et même pour ceux qui ne connaissent rien de l’islam, la dérive de ta réflexion est bien flagrante.
Et si tes sources de lecture sur l’islam sont toujours celles écrites par cette minorité d’innovateurs que le coran et les hadiths du prophète (pbsl) nous ont tant mis en garde contre eux, saches que tu es dans le tort absolu meme si tu ne veux pas ouvrire tes yeux sur cette vérité.
Et si tes sources de lecture sur l’islam sont toujours celles écrites par cette minorité d’innovateurs que le coran et les hadiths du prophète (pbsl) nous ont tant mis en garde contre eux, saches que tu es dans le tort absolu meme si tu ne veux pas ouvrire tes yeux sur cette vérité.
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Ecrit le 14 nov.07, 04:21
Ce que tu appelles islam sont des règles codifiées par les hommes , un système , c’est la religion exotérique des hommes , comme les catholiques ont un clergé hiérarchisé , une liturgie , des sacrements (Actuellement on peut pratiquer ou pas on ne sera pas excommunier pour autant et on reste catholique .On n’oblige pas un catholique à aller à la messe , rencontrer les autres , aller se confesser , à communier , etc , il n’y a pas de contrainte .Les écoles catholiques accueillent les élèves d’autres confessions et ne leur dispensent pas d’enseignement catholique mais une pastorale (études de toutes les religions) . Un musulman qui vient prier dans une église ne se verra pas rejeter.
Il y a donc ouverture aux autres et les libertés individuelles sont respectées .)
La charia , comme il est dit dans le post de Sofia , privent des libertés individuelles et nuit donc à l’épanouissement des consciences (puisque tout est codifié et pratiquement décidé pour vous par les parents , les savants , l’esprit , la réflexion a tendance à s’endormir , l’homme est un éternel mineur) , alors que ce n’est qu’ un code élaboré par des hommes (donc forcément imparfait ).Et ces hommes ne sont pas toujours d’accord , la charia diffère donc selon les cultures et les pays .Les personnes qui s’y soumettent degré ou de force , ne sont donc pas soumis à Dieu mais aux hommes .Ils croient suivre Dieu alors qu’ils ne suivent que des hommes , ce qui n’est donc pas une garantie d’aller au paradis .
La charia n’est pas l’Islam , bien des règles de vie sont des interprétation de l’Islam ,que certains ont imposés aux autres .Elle a son intérêt , comme toute religion exotériques , mais suivre la lettre ne garantie pas l’ouverture de l’esprit , surtout quand cette lettre est imposée et non librement choisie.
Il y a donc ouverture aux autres et les libertés individuelles sont respectées .)
La charia , comme il est dit dans le post de Sofia , privent des libertés individuelles et nuit donc à l’épanouissement des consciences (puisque tout est codifié et pratiquement décidé pour vous par les parents , les savants , l’esprit , la réflexion a tendance à s’endormir , l’homme est un éternel mineur) , alors que ce n’est qu’ un code élaboré par des hommes (donc forcément imparfait ).Et ces hommes ne sont pas toujours d’accord , la charia diffère donc selon les cultures et les pays .Les personnes qui s’y soumettent degré ou de force , ne sont donc pas soumis à Dieu mais aux hommes .Ils croient suivre Dieu alors qu’ils ne suivent que des hommes , ce qui n’est donc pas une garantie d’aller au paradis .
La charia n’est pas l’Islam , bien des règles de vie sont des interprétation de l’Islam ,que certains ont imposés aux autres .Elle a son intérêt , comme toute religion exotériques , mais suivre la lettre ne garantie pas l’ouverture de l’esprit , surtout quand cette lettre est imposée et non librement choisie.
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Ecrit le 14 nov.07, 05:13
La charia n’est pas différente d’un pays à un autre, elle est la même pour tous les musulmans comme il est le coran et la sunna.
C’est les petits détails de jurisprudence qui font la différence entre les 4 écoles juridiques du sunnisme. C'est aussi le degré d'application de la charia par les gens et leurs pays qui fait la différence entre un pays msulman et un autre.
Tes propos ne cessent de démontrer ton ignorance de l’islam, et au mieux ta connaissance déformée de cette religion.
C’est les petits détails de jurisprudence qui font la différence entre les 4 écoles juridiques du sunnisme. C'est aussi le degré d'application de la charia par les gens et leurs pays qui fait la différence entre un pays msulman et un autre.
Tes propos ne cessent de démontrer ton ignorance de l’islam, et au mieux ta connaissance déformée de cette religion.
Re: Et si l’on réformait la Charia ?
Ecrit le 16 nov.07, 04:15Ta question pourrait tout autant être formulée ainsi : et si on réécrivait Le Coran ?sofia a écrit :Un musulman peut-il vivre en adéquation avec sa religion en reniant ou en se démarquant de la charia (loi islamique) ? Question ne pourrait être plus paradoxale ! Mais, comme on le dit souvent, seul le paradoxe est fécond ! De quoi est alors féconde cette question ? Elle est féconde d’une idée (grosse de plusieurs) qui voudrait qu’en fait, on pourrait demeurer musulman sans suivre la charia telle qu’elle a été conçue il y a plusieurs siècles. Par les temps qui courent, émettre une telle hypothèse, peut relever de la diversion ou du bavardage inutile, tellement on semble s’orienter et s’attacher à ce passé circonscrit autour des quatre califats et des fondateurs des quatre écoles qui constituent le corpus de ces textes juridiques et l’essentiel de la jurisprudence (peut être par prudence ?) et de la jurisconsulte jusqu’ici.
Faudrait-il le rappeler, ce corpus de textes juridiques est élaboré par des hommes dans des circonstances particulières, le monde arabe d’il y a plus de dix siècles ? Ce que des hommes ont fait, d’autres pourraient et devraient le faire, le refaire ou le défaire. Le temps s’est arrêté cependant depuis lors et il est surprenant de voir que face à des contextes fondamentalement différents, l’on pense toujours qu’il faudrait respecter scrupuleusement cette charia, et qu’y contrevenir serait synonyme d’errance, de gêne, de désobéissance, d’insoumission et donc de péché.
Mais, on est vraiment devant un dilemme cornélien ou dans une aporie totale dans la mesure où tout le monde s’accorde à dire que cela ne va pas. D’aucuns disant que c’est à cause de cette non-observance scrupuleuse de cette charia ; alors que d’autres appellent en vain à sa révision, à sa réforme. Une analyse objective semble difficile parce qu’il est vrai qu’il n’y a pas respect scrupuleux de la charia (et pourquoi ?) pour pouvoir constater si cela donnerait ou non les résultats escomptés. Toujours est-il, il ne serait pas difficile de noter que le contexte actuel s’accommoderait difficilement de la charia telle que conçue alors.
Ainsi, montrer en quoi la charia (ou à tout le moins une grande partie de cette charia) est en déphasage avec les réalités actuelles, est sans doute la démarche qu’il faut employer pour amener les uns et les autres à comprendre que si cela ne va pas, ce ne serait sans doute pas le fait d’une non-observance des règles édictées par cette charia due à une absence de volonté, et que donc ce serait peine perdue de vouloir la reconduire telle qu’elle avait été fixée depuis plusieurs siècles.
Pour ce faire, on axera notre raisonnement sur quelques grandes lignes de cette charia, à savoir la scrutation du croissant lunaire, l’esclavage et l’éternel problème du statut de la femme. Le premier point, pour montrer les quiproquos possibles ; le second point, pour mettre l’accent sur le caractère dépassable de la charia et enfin le dernier, pour souligner que non seulement elle est en grande partie misogyne, mais aussi très malléable face aux nouveaux contextes.
Le croissant lunaire. S’il est un fait patent qui peut bien illustrer les apories au sein du monde musulman (sénégalais en particulier), c’est certainement le croissant lunaire et dans une moindre mesure la langue dans laquelle devrait se faire le sermon hebdomadaire du vendredi. Pourquoi nos ulémas continuent mordicus de le faire en arabe ? C’est peut-être se demander, pourquoi nos politiciens parlent souvent français devant un parterre d’individus qui n’y comprennent que dal ? On peut supposer par là que ce ne serait pas une question religieuse, mais plutôt une question socioculturelle ! Cela dit, scruter le croissant lunaire pour rythmer la vie des musulmans et donc en constituer son calendrier est devenu source de discordes. Mais, ce qui est curieux, c’est que chaque partie soutient sans ambages détenir la vérité sunnite et qu’en conséquence elle est exclusivement dans son bon droit. Et chaque partie de se gausser de l’autre. Ces divergences illustrent objectivement que le problème, loin d’être une question de croyance, constitue plutôt un problème d’adaptation des textes par rapport aux nouveaux contextes. Nouveaux contextes qui tranchent nettement avec les traditions qui avaient des horizons très limités (village, parenté, etc.). Compte tenu de cette situation où chacun se dit digne héritier de la tradition prophétique, on n’a pas à trancher, sauf reconnaître que visiblement on a du mal à mettre en adéquation cette charia avec la nouvelle donne qui appelle soit à une révision de cette tradition, soit à une reconnaissance qu’on est tous à côté de la plaque, qu’on n’a pas compris le bien fondé de cette règle de la charia.
Si le problème du croissant lunaire montre une pluralité possible de lecture de la charia, d’autres faits comme l’esclavage et le statut de la femme montrent bien que la charia n’est pas un horizon indépassable, comme on pourrait en avoir l’impression ou même l’expression à travers les partis pris des uns et des autres.
L’esclavage, plusieurs versets en parlent comme d’un phénomène social normal. Faudrait-il le maintenir pour rester fidèle au Coran et à la Charia ? Assurément, il n’est pas besoin de disserter longtemps pour faire montre que le phénomène de l’esclavage est le meilleur exemple qu’il y a des choses dépassables dans le Coran et dans la Charia. Cependant, personne ne s’avise plus à vouloir le maintenir pour se conformer à la lettre du Coran et de la Charia. Ainsi, pourrait-on dire qu’il y a des versets qui se sont abrogés d’eux-mêmes par la force des choses. Même s’il faut reconnaître que tel que défendu dans la Charia et dans le Coran, tout portait à l’encouragement de son abolition. Ainsi, ici aussi voit-on par l’exemple qu’il y a des choses qui ne sont pas immuables dans le Coran, et à plus forte raison dans la Charia. Et l’exemple du statut de la femme vient aussi le corroborer.
Le statut de la femme (la polygamie, la femme au foyer, châtier corporellement la femme en cas de désobéissance, le témoignage de deux femmes valant celui d’un seul homme, etc.) était sans conteste inférieur par rapport à celui de l’homme rien qu’à travers ces quelques exemples. Faudrait-il alors le maintenir en l’état pour être fidèle à ce corpus juridique traditionnel ? Avec les vents actuels d’égalitarisme, faudrait-il reconduire la femme au foyer, la châtier corporellement (l’épouse, la mère, la sœur, la fille), prendre avec beaucoup de pincettes son témoignage (parce qu’elle oublierait vite et se laisserait plus distraire que l’homme), pour coller aux prescriptions de la charia ?
Si actuellement, tout le monde soutient et défend un statut de la femme égal en tout à celui de l’homme, est-ce à dire que tout le monde a tort et seule la charia a raison ? Ce n’est pas impossible, parce que tout le monde pourrait être dans l’erreur ! Mais, les faits étant têtus, faudrait-il contraindre les femmes contre leur propre volonté ?
D’une manière plus générale, la sunna aurait-elle encore et toujours force de loi quand on défend que ‘quiconque change de religion, tuez-le !’ ? Le Coran, serait-ce une loi toute faite et immuable ou une ‘guidance’ comme le semble dire son auteur à plusieurs reprises ? Si en 23 ans son auteur a abrogé plusieurs versets, qu’en serait-il en quatorze siècles ?
Cependant, la question essentielle demeure de savoir qui a autorité d’abroger ou de dire qu’il faudrait abroger ceci ou cela ? Car, manifestement alors ne serait souverain que celui-là qui décide de ce qu’il faut ou ne faut pas abroger ! Dans tous les cas de figure, on ne peut disconvenir qu’il faudrait voir comment résoudre cet épineux problème d’ajustement auquel le monde musulman est confronté, dans la mesure où, comme on le dit souvent ‘autres temps, autres mœurs’. La seule autorité souveraine qui, manifestement, a une emprise sur la charia, c’est sans doute le temps. Cependant, le problème demeure entier ; on ne sait toujours pas qui a autorité pour dire que ceci ou cela est dépassé. C’est ce qui explique sans doute la croyance en l’avènement d’un être (messie ou mahdi) qui va rétablir la vérité. Viendrait-il ou ne viendrait-il pas ? Dans tous les cas, la charia telle que conçue au début de l’ère musulmane et telle que reproduite par les différentes sociétés musulmanes, a du mal objectivement à s’accommoder avec les réalités du moment. Pour une analyse objective, les sociétés musulmanes actuelles peinent à reproduire la charia parce que primo, elle n’était pas faite pour être reproduite et secundo sa reproduction serait niée que les sociétés humaines par essence changent sans cesse. Et la plupart de ces changements ne dépendent pas seulement de la volonté humaine ou de ses croyances.
Si l’on se permet de donner une image assez générale du monde musulman, on verrait avant tout qu’il est un monde où l’autonomie individuelle est encore coiffée par l’appartenance à un groupe parental, ethnique ou religieux (confrérique). En Afrique musulmane, dans le monde arabo-berbère musulman, l’autonomie individuelle est moindre comparée à celle de son alter ego occidental. Ainsi, y note-t-on l’emprise du groupe sur l’individu. Cette emprise exerce une certaine pesanteur sur la conscience individuelle si bien que si cette dernière voudrait s’affranchir de quelque manière que ce soit, elle est aussitôt taxée d’apostat, d’acculturation, de déracinement ou d’individualisme.
Mais, dans ces moments où de plus en plus les sociétés deviennent plus permissives, où les devenirs individuels ne sont plus enserrés par des institutions fortes et transcendantes, on assistera inévitablement à des prises de position, des points de vue, des conduites aux convenances plutôt individualistes que collectivistes.
Mamadou Moustapha WONE Sociologue BP : 15812 Dakar-Fann moustaphawone@voila.fr Sénégal
http://www.walf.sn/contributions/suite. ... _art=41936
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Re: Et si l’on réformait la Charia ?
Ecrit le 17 nov.07, 07:05Pas du tout ! le Coran est parole de Dieu lors que la charia n'est qu'interprétation par des hommes .Donc la question posée par le post est tout à fait pertinente.JusteAli a écrit :
Ta question pourrait tout autant être formulée ainsi : et si on réécrivait Le Coran ?
Il ne t'es jamais venu à l'esprit que les écoles juridiques sont de fait un édifice d'hommes même si ils se prévalent abusivement de Dieu ?
Tout celà s'écroulera lors de l'avènement du Madhi , l'Islam retournera à sa source originelle et c'est pour celà qu'il deviendra universel.
Ecrit le 18 nov.07, 03:16
Visiblement tu ne connais pas la définition du terme arabe "chari'a", je vais donc me permettre de te l'expliquer : "chari'a" signifie "loi", elle est clairement formulée dans Le Coran et Le Hadith, une formulation qui n'admet aucune confusion, par exemple Dieu ayant décrété qu'il fallait couper la main du voleur et flageler l'homme ou la femme adultère, est on ne peut plus clair dans des versets connus par tous. S'écarter de la chari'a c'est purement et simplement nier Le Coran !
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Ecrit le 18 nov.07, 08:22
Manifestement JustAli croit tout ce qu’on lui dit sans réfléchir ni remettre en question le bourrage de crâne qu’on lui a fait subir ( depuis tout petit sans doute , il a baigné dedans) ) , comme tant d’autres de ses coreligionaires .
C’est pour cela qu’il y a des apostats de l’Islam : on leur montre un Dieu violent et sanguinaire auquel il leur est difficile de croire .
Réfléchis à cela : penses- tu vraiment que Dieu, qui est Amour, Bon et Compatissant , soit assez méchant pour vouloir la mort , la souffrance de ses créatures plutôt que leur repentance ?
Je sais ce qu'est la charia mon ami , le Coran est le Verbe de Dieu , seulement l’interprétation qu’on n’en fait (la majorité sunnite ) est littérale et fausse .La Loi a été crée par les savants des écoles juridiques qui ont pris au pied de la lettre le Coran , ils n’ont pas vu avec leur cœur :
« Ce ne sont pas les regards qui sont aveugles, mais les coeurs qui sont dans les poitrines »(Cor.sourate 22, verset 46)
Pour les soufis, et de nombreux musulmans, le grand Jihad est l’effort que le musulman doit entreprendre contre ses mauvais penchants, ses désirs, ses tentations. C’est cela qu’il convient de couper et lapider :nos passions et nos mauvaises tendances .
Ce sont là les "infidèles" qu’ils faut détruire , et pas nos frères humains .
C’est donc le coeur qui va être le siège de cette perception de la religion, et c’est sur le coeur qu’il faut agir
pour y arriver.
D'ailleurs Mohammed répondra lorsqu’on lui demandera s’il a vu Dieu : « Oui, avec mon coeur »
C’est pour cela qu’il y a des apostats de l’Islam : on leur montre un Dieu violent et sanguinaire auquel il leur est difficile de croire .
Réfléchis à cela : penses- tu vraiment que Dieu, qui est Amour, Bon et Compatissant , soit assez méchant pour vouloir la mort , la souffrance de ses créatures plutôt que leur repentance ?
Je sais ce qu'est la charia mon ami , le Coran est le Verbe de Dieu , seulement l’interprétation qu’on n’en fait (la majorité sunnite ) est littérale et fausse .La Loi a été crée par les savants des écoles juridiques qui ont pris au pied de la lettre le Coran , ils n’ont pas vu avec leur cœur :
« Ce ne sont pas les regards qui sont aveugles, mais les coeurs qui sont dans les poitrines »(Cor.sourate 22, verset 46)
Pour les soufis, et de nombreux musulmans, le grand Jihad est l’effort que le musulman doit entreprendre contre ses mauvais penchants, ses désirs, ses tentations. C’est cela qu’il convient de couper et lapider :nos passions et nos mauvaises tendances .
Ce sont là les "infidèles" qu’ils faut détruire , et pas nos frères humains .
C’est donc le coeur qui va être le siège de cette perception de la religion, et c’est sur le coeur qu’il faut agir
pour y arriver.
D'ailleurs Mohammed répondra lorsqu’on lui demandera s’il a vu Dieu : « Oui, avec mon coeur »
Ecrit le 19 nov.07, 04:13
[quote="calice"]Manifestement JustAli croit tout ce qu’on lui dit sans réfléchir ni remettre en question le bourrage de crâne qu’on lui a fait subir ( depuis tout petit sans doute , il a baigné dedans) ) , comme tant d’autres de ses coreligionaires .
C’est pour cela qu’il y a des apostats de l’Islam : on leur montre un Dieu violent et sanguinaire auquel il leur est difficile de croire .
Réfléchis à cela : penses- tu vraiment que Dieu, qui est Amour, Bon et Compatissant , soit assez méchant pour vouloir la mort , la souffrance de ses créatures plutôt que leur repentance ?
Je sais ce qu'est la charia mon ami , le Coran est le Verbe de Dieu , seulement l’interprétation qu’on n’en fait (la majorité sunnite ) est littérale et fausse .La Loi a été crée par les savants des écoles juridiques qui ont pris au pied de la lettre le Coran , ils n’ont pas vu avec leur cœur :
« Ce ne sont pas les regards qui sont aveugles, mais les coeurs qui sont dans les poitrines »(Cor.sourate 22, verset 46)
Pour les soufis, et de nombreux musulmans, le grand Jihad est l’effort que le musulman doit entreprendre contre ses mauvais penchants, ses désirs, ses tentations. C’est cela qu’il convient de couper et lapider :nos passions et nos mauvaises tendances .
Ce sont là les "infidèles" qu’ils faut détruire , et pas nos frères humains .
C’est donc le coeur qui va être le siège de cette perception de la religion, et c’est sur le coeur qu’il faut agir
pour y arriver.
D'ailleurs Mohammed répondra lorsqu’on lui demandera s’il a vu Dieu : « Oui, avec mon coeur »[/qu
Mais qui parle de jihad ici !!? La chari'a est notre loi à nous musulmans, nous nous la sommes appliquée depuis que Le Prophète nous la transmise, grâce à elle nous avons conquis le savoir et la géographie et la paix civile dans un empire qui sétendait de l'atlantique au pacifique et qui rassemblait des milliers de tribus et des centaines de cultures différentes. La Chari'a du Dieu Créateur, Bon et Miséricordieux est on ne peut plus limpide, elle engendre ordre et prospérité parmi les hommes toutes races et cultures confondues.
Quant à qui connait La Parole de Dieu, eh bien c'est indubitablement celui qui sait lire les lettres, les mots et les phrases écrites dans un arabe parfait !
C’est pour cela qu’il y a des apostats de l’Islam : on leur montre un Dieu violent et sanguinaire auquel il leur est difficile de croire .
Réfléchis à cela : penses- tu vraiment que Dieu, qui est Amour, Bon et Compatissant , soit assez méchant pour vouloir la mort , la souffrance de ses créatures plutôt que leur repentance ?
Je sais ce qu'est la charia mon ami , le Coran est le Verbe de Dieu , seulement l’interprétation qu’on n’en fait (la majorité sunnite ) est littérale et fausse .La Loi a été crée par les savants des écoles juridiques qui ont pris au pied de la lettre le Coran , ils n’ont pas vu avec leur cœur :
« Ce ne sont pas les regards qui sont aveugles, mais les coeurs qui sont dans les poitrines »(Cor.sourate 22, verset 46)
Pour les soufis, et de nombreux musulmans, le grand Jihad est l’effort que le musulman doit entreprendre contre ses mauvais penchants, ses désirs, ses tentations. C’est cela qu’il convient de couper et lapider :nos passions et nos mauvaises tendances .
Ce sont là les "infidèles" qu’ils faut détruire , et pas nos frères humains .
C’est donc le coeur qui va être le siège de cette perception de la religion, et c’est sur le coeur qu’il faut agir
pour y arriver.
D'ailleurs Mohammed répondra lorsqu’on lui demandera s’il a vu Dieu : « Oui, avec mon coeur »[/qu
Mais qui parle de jihad ici !!? La chari'a est notre loi à nous musulmans, nous nous la sommes appliquée depuis que Le Prophète nous la transmise, grâce à elle nous avons conquis le savoir et la géographie et la paix civile dans un empire qui sétendait de l'atlantique au pacifique et qui rassemblait des milliers de tribus et des centaines de cultures différentes. La Chari'a du Dieu Créateur, Bon et Miséricordieux est on ne peut plus limpide, elle engendre ordre et prospérité parmi les hommes toutes races et cultures confondues.
Quant à qui connait La Parole de Dieu, eh bien c'est indubitablement celui qui sait lire les lettres, les mots et les phrases écrites dans un arabe parfait !
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