Pourquoi 4 évangiles ?
Irénée, évêque de Lyon (130-202) était une figure importante dans la défense des quatre principaux évangiles de Matthieu, de Marc, de Luc, de Jean dans le Nouveau Testament en 170. Beaucoup ont reposé leurs fondements sur les propos d’Irénée,
et voici ce qu’il en est dans l'Adversus Haereses (= Contre les hérésies), où il décrit très sobrement la formation des quatre évangiles :
« Par ailleurs, il ne peut y avoir ni un plus grand ni un plus petit nombre d'Évangiles (que quatre).
En effet, puisqu'il existe quatre régions du monde dans lequel nous sommes et quatre vents principaux, et puisque, d'autre part, l'Église est répandue sur toute la terre et qu'elle a pour colonne et pour soutien l'Évangile et l'Esprit de vie, il est naturel qu'elle aitquatre colonnes qui soufflent de toutes parts l'incorruptibilité et rendent la vie aux hommes. D'où il appert que le Verbe, Artisan de l'univers, qui siège sur les Chérubins et maintient toutes choses, lorsqu'il s'est manifesté aux hommes, nous a donné un Évangile à quadruple forme, encore que maintenu par un unique Esprit. » (— Contre les hérésies 3.11.8)
Ainsi Irénée est le premier écrivain chrétien connu à avoir listé les quatre évangiles canoniques comme inspirés divinement. Il le fit probablement en réaction à la version de l'évangile de Luc éditée par Marcion, car celui-ci affirmait que l'évangile de Luc était le seul et véritable évangile. Irénée était aussi le premier à affirmer que l'évangile de Jean était écrit par Jean l'apôtre, et que l'évangile de Luc était écrit par Luc, le compagnon de Paul.
Pourquoi est-il si important pour l’Eglise ?
Irénée était disciple de Polycarpe lui-même disciple de Jean et compagnon de Papias qui est le plus littéraire Chrétien à nos jours. Irénée prend souvent Papias pour témoignage à chaque fois grâce aux livres qu’il avait écrit :
« …On montre de Papias cinq livres qui ont pour titre : Explication des sentences du Seigneur. Irénée en fait mention comme des seuls qu'il ait écrits :
« Papias, dit-il, disciple de Jean, familier de Polycarpe, homme antique, l'atteste par écrit dans son quatrième livre ; car il en a composé cinq. » Telles sont les paroles d'Irénée. »
EUSÈBE DE CÉSARÉE, HISTOIRE ECCLESIASTIQUE, LIVRE III.
CHAPITRE XXXIX [LES ÉCRITS DE PAPIAS]
(lien : http://remacle.org/bloodwolf/historiens ... toire3.htm)
Selon les dires de l’Eglise par la tradition parfois un divergeant, Papias est le témoignage direct de l’auteur du 4ème Evangile qu’on nomme selon Jean, l’apôtre de Jésus (p). En voici les fragments rapportés par les Chrétiens en générale concernant Papias et le 4ème Evangile
VI frammento (Fragment 6)
Frammento in Anastasio sinaita, Contemplatio anagogica in Hexameron
Interpretazione allegorica dell’opera dei sei giorni
Fr : Prenant occasion de Papias, homme illustre de Hiérapolis, disciple de celui qui reposa sur la poitrine [de Jésus], et de Clément, et de Pantène, sacerdote d’Alexandrie, et du grand savant Ammonio, antique interprète antérieurs aux synodes, qui ont rapportés toute l’œuvre des 6 jours au Christ et à l’Eglise.
VII framento (Fragment 7)
Frammento in Anastasio sinaita, Contemplatio anagogica in Hexameron
Interpretazione allegorica del paradise
Fr : Les interprètes des plus antiques Eglises, je veux dire Philon le philosophe, contemporain des apôtres, et le célébrissime Papias, disciple de Jean l’évangéliste, de Hiérapolis… et ceux qui les suivirent, ont sous-entendu dans le sens spirituel ce qu’il est écrit concernant le paradis, le référant à l’Eglise du Christ.
IX frammento (Fragment 9)
Frammento in Massimo il Confessore, Scholia in Dyonionysium Aeropagitam: De coelesti hierarchia,
Natura dei piaceri che i beati godranno dopo la risurrezione
FR : Ceci dit-il, parlant par énigme, comme je crois, Papias, qui fut alors évêque de Hiérapolis en Asie et fleurit au temps du divin Jean l’Evangéliste. Ce Papias en effet, dans son quatrième livre de l’explication [des dits] du Seigneur, dit qu’à la résurrection, vous seront les plaisirs qui se reçoivent par la nourriture... Même Irénée, évêque de Lyon, dans son 5ème Livre contre les Hérésies, dit la même chose, et porte comme témoin des ses assertions (affirmations) ce Papias dont nous avons parlé.
XI frammento (Fragment 11)
Frammento in Filippo di Side, Storia ecclesiastica
La seconda e terza lettera di Giovanni e l’Apocalisse. Miracoli narrati da Papia
Fr : 1. Papias, évêque d’ Hiérapolis, qui fut auditeur de Jean le théologien et ami de Polycarpe, a écrit 5 livres de discours du Seigneur, dans lesquelles, faisant l’énumération des apôtres, après Pierre et Jean, Philippe et Thomas e Matthieu, se souvint parmi les disciples du Seigneur Aristion et un autre Jean, qu’il appela aussi presbytre ; c’est ainsi que certains croient que ce sont de ce Jean les deux lettres brèves et catholiques, que nous avons reçu sous le nom de Jean, étant donné que les anciens ne reconnaissent que la première. Certains ensuite, errant, ont retenu que fusse aussi de celui-ci l’Apocalypse. Papias se trompe à propos du règne millénaire et ainsi même Irénée en le suivant.
2. Papias, dans le second livre, dit que Jean le théologien et Jacques, son frère, ont été tué par les Juifs. Le rappelé Papias raconta, comme notice eut par les filles de Philippe, que Barsabas, appelé aussi Juste, mis à l’épreuve par les infidèles, but du venin d’une vipère et par le nom du Seigneur resta indemne. Il raconte aussi d’autres miracles, et spécialement celui de la mère de Manaimo, qui fut ressuscité des morts. De ceux qui furent par le Christ ressuscités des morts il dit qu’ils vécurent jusqu’au temps d’Adrien.
XIV frammento (Fragment 14)
Frammento nel Codice Vaticano Alessandrino
Il Vangelo di Giovanni. L’eretico Marcione scacciato da Giovanni
Fr : 1. L’Evangile de Jean fut rendu manifeste et donné à l’Eglise par Jean pendant qu’il était encore en vie, comme le réfère Papias d’Hiérapolis, le disciple cher à Jean, dans les livres ésotériques, c'est-à-dire les 5 derniers. 2. Il écrivit en effet sans erreur l’Evangile dicté par Jean. L’Hérétique Marcion, étant blâmé par lui et pour ses sentiments contraire (au regard de la foi), fût chassé par Jean. Lui, en effet avait apporté des écrits ou lettres de la part des frères qui étaient au Ponto.
XV frammento (Fragment 15)
Frammento in una Catena dei padri Greci
San Giovanni detta a Papia il suo Vangelo
FR : Dernier de ceux-ci est Jean, surnommé fils du Tonnerre, lequel, étant déjà très vieux, comme nous l’ont transmis Irénée, Eusèbe et d’autres historiens postérieur dignes de foi, étant sorti en ce temps de grave hérésies, il dicta l’Evangile à son vertueux disciple Papias d’Hiérapolis, pour qu’il fusse de complément à ceux qui avant lui avaient prêchés aux personnes dans le monde
Nous avons donc, d’après ces traditions, Papias, disciple de Jean celui-là même dont le 4ème évangile porte son nom, témoin et auditeur direct de Jean et ayant mis par écrit (par dictée) le 4ème évangile.
D’après ces traditions, on sait aussi qu’il a écrit 5 livres où il en témoignerait.
Malheureusement ces livres n’existent plus pour qu’on les lisent.
Par contre, heureusement que Eusèbe de Césarée nous en a préservé un énorme fragment dans son histoire ecclésiastique. Et voici le texte :
EUSÈBE DE CÉSARÉE, HISTOIRE ECCLESIASTIQUE, LIVRE III
CHAPITRE XXXIX [LES ÉCRITS DE PAPIAS]
(lien : http://remacle.org/bloodwolf/historiens ... toire3.htm)
"[1] On montre de Papias cinq livres qui ont pour titre : Explication des sentences du Seigneur. Irénée en fait mention comme des seuls qu'il ait écrits :
« Papias, dit-il, disciple de Jean, familier de Polycarpe, homme antique, l'atteste par écrit dans son quatrième livre ; car il en a composé cinq. » Telles sont les paroles d'Irénée.
«
[5] II est bon de remarquer que Papias mentionna deux personnages appelés Jean. Il place le premier avec Pierre, Jacques, Matthieu et le reste des Apôtres ; c'est clairement l'évangéliste qu'il indique. Il introduit ensuite une distinction dans son énumération et range le second Jean parmi d'autres qui sont en dehors du nombre des Apôtres ; il le place après Aristion et le désigne positivement sous le nom de presbytre. [6] Ainsi se trouverait confirmée l'assertion de ceux qui affirment qu'il y aurait eu deux hommes de ce nom en Asie et qu'il existe aussi à Éphèse deux tombeaux portant encore maintenant le nom de Jean. Il est indispensable de faire attention à ceci ; car, si l'on refuse de l'admettre du premier, il serait vraisemblable que ce soit le second qui ait contemplé la révélation attribuée à Jean.
[7] Papias, dont il est question actuellement, reconnaît donc avoir reçu la doctrine des apôtres par ceux qui les ont fréquentés. D'autre part, il dit avoir été l'auditeur direct d'Aristion et de Jean le presbytre : il cite en effet souvent leurs noms dans ses écrits et il y rapporte ce qu'ils ont transmis. [8] II n'était pas hors de propos de rapporter ceci, non plus qu'à ses dires exposés plus haut, d'en ajouter d'autres encore dans lesquels l'auteur nous apprend certaines choses miraculeuses qui lui seraient venues de la tradition
[9] Il a déjà été établi antérieurement que l'apôtre Philippe et ses filles avaient séjourné à Hiérapolis. Il faut maintenant indiquer comment Papias, qui vivait en ces mêmes temps, nous dit avoir entendu d'elles une histoire merveilleuse. Il raconte la résurrection d'un mort, arrivée à cette époque-là ; puis, un autre miracle concernant Juste surnommé Barsabas, qui but un poison mortel et par la grâce du Seigneur n'en éprouva aucun mal. [10]Ce Juste est celui qu'après l'ascension du sauveur, les saints Apôtres avaient présenté avec Matthias, après avoir prié, pour que le sort désignât lequel des deux devait, à la place de Judas, compléter leur nombre. Le livre des Actes relate ainsi le fait : « Ils présentèrent deux hommes, Joseph appelé Barsabas, surnommé Juste, et Matthias, et ils prièrent en ces termes... »
[11] Le même Papias ajoute d'autres éléments qui lui seraient venus, dit-il, par une tradition orale, telles que certaines paraboles étranges et certains enseignements du sauveur ainsi que d'autres récits tout à fait fabuleux. [12] II dit, notamment, qu'il y aura mille ans après la résurrection des morts, que le règne du Christ sera matériel et aura lieu sur la terre. Je pense que cette conception vient de ce qu'il a mal compris les récits des apôtres et n'a pas vu qu'ils se servaient de figures et s'exprimaient dans un langage symbolique. [13] II paraît avoir été du reste d'un esprit fort médiocre, comme on peut le conjecturer d'après ses écrits. Cependant il fut cause qu'un très grand nombre d'auteurs ecclésiastiques après lui adoptèrent le même avis que lui ; son antiquité leur était une garantie. C'est ainsi qu'Irénée et quelques autres ont embrassé son sentiment. [14] Dans son ouvrage, il nous donne encore d'autres récits d'Aristion dont nous avons parlé plus haut, sur les discours du Seigneur, ainsi que des traditions de Jean le presbytre auxquelles nous renvoyons les lecteurs désireux de s'instruire.
Pour le moment, il est utile que nous ajoutions à tout ce que nous avons rapporté de lui la tradition qu'il nous transmet au sujet de Marc qui a écrit l'évangile, voici en quels termes.
« [15] Et le presbytre disait ceci : « Marc, étant l'interprète de Pierre, écrivit exactement, mais sans ordre, tout ce qu'il se rappelait des paroles ou des actions du Christ; car il n'a ni entendu ni accompagné le Sauveur. Plus tard, ainsi que je l'ai rappelé, il a suivi Pierre. Or celui-ci donnait son enseignement selon les besoins et sans nul souci d'établir une liaison entre les sentences du Seigneur. Marc ne se trompe donc pas en écrivant selon qu'il se souvient ; il n'a eu qu'un souci, ne rien laisser de ce qu'il avait entendu et ne rien dire de mensonger. »
Voilà ce que Papias raconte de Marc. [16] II dit d'autre part ceci de Matthieu :
« Matthieu réunit les sentences (de Jésus) en langue hébraïque et chacun les traduisit comme il put. »
[17] Papias se sert de témoignages tirés de la première épître de Jean et de la première de Pierre. Il raconte encore une autre histoire, au sujet de la femme accusée de beaucoup de péchés devant le Sauveur que renferme l'Evangile aux Hébreux. Cela, ajouté à ce que nous avons exposé, n'a pas été marqué sans utilité."
Résumé :
-Il y a deux Jean, le premier l’apôtre de Jésus, que Papias n’a jamais vu et un second dont il a été auditeur direct qu’il surnomme Jean le Presbytre
-Il mentionne comment se sont formés les deux Evangiles Matthieu et Marc, Matthieu en langue hébraïque et ne contenant que des hadiths/logia/sentence (non comme notre Evangile où on a une histoire qui s’enchaine) et Marc un évangile sans ordre (comparer avec le notre ordonné)
-Eusèbe mentionne l’histoire de la femme avec beaucoup de péché (et non avec l’adultère) que l’on retrouve aujourd’hui dans l’Evangile selon Jean (que l’on sait que c’était un rajout). Sauf que lui dit qu’elle est dans l’Evangile aux Hébreux. Les chercheurs ont en conclus qu’il y a eut une interpolation de cette histoire dans l’Evangile selon Jean et qu’elle n’était pas de cet Evangile à la base.
La question est : Qui a écrit l’évangile ?
Jean l’apôtre de Jésus (p) que Papias n’a jamais vu
ou bien
Jean le presbytre que Papias a vu de son vivant et dont il a été auditeur direct?
Toutes les traditions d'avant rapportent qu'il fut élève de Jean l'apôtre, or le fragment de son livre cité par Eusèbe le contredit sans distinction n'ayant jamais vu d'apôtres mais les disciples des apôtres et ayant été auditeur d'un Aristion et d'un Jean presbytre (= prêtre)
Ce qu’en disent les chercheurs :
« Au dire de ces savants, la tradition relative au séjour de Jean est née du besoin de fournir une base à l'opinion qui attribue à l'apôtre la composition des écrits considérés comme johanniques et elle est dépourvue de tout fondement historique. Ni le nombre, ni la précision des témoignages provenant de la fin du siècle ne sauraient contrebalancer le fait que ni la lettre d'Ignace aux Éphésiens, écrite aux environs de l'an 117, ni l'épître de Polycarpe aux Philippiens, de peu d'années postérieure aux lettres d'Ignace, ne font la plus lointaine allusion à un séjour de quelque durée de Jean à Éphèse. Ce silence, absolument inexplicable si Jean a réellement travaillé à Éphèse pendant trente ans, suffit à condamner la tradition. Mais alors cette tradition, d'où vient-elle? Comment est-elle née et surtout comment se sont formées les indications si précises dont elle s'entoure chez des hommes comme Irénée et Polycrate? On répond à cette objection en rappelant que, selon Papias, évêque de Hiérapolis, auteur d'un ouvrage intitulé Exégèses des sentences du Seigneur et dont il subsiste quelques fragments, il s'est bel et bien trouvé en Asie un personnage du nom de Jean, que Papias appelle «le presbytre Jean, disciple du Seigneur», qui peut fort bien avoir été d'origine palestinienne et s'être trouvé en mesure de donner sur les origines de l'Église d'autres renseignements que ceux qu'on lit dans les évangiles. Ne se peut-il pas que, trompée par la similitude des noms, la génération suivante ait, comme dit M. Goguel, élevé Jean le presbytre à la dignité d'apôtre que ce personnage ait été l'informateur de Polycarpe, et qu'Irénée qui, de son propre aveu, était très jeune lorsqu'il recevait les instructions de ce dernier, se soit figuré dès cette époque ou plus tard que son vénéré maître avait connu l'apôtre Jean, celui-là même qui avait reposé sur le sein du Seigneur? Ainsi serait née la tradition selon laquelle Jean aurait achevé ses jours à Éphèse et y aurait composé les ouvrages auxquels son nom est demeuré associé. »
(Introd. N.T., t. II, p. 178)
Partie 2
Le 4ème Evangile, un anti-Evangile / apocalypse de jean écrit par un prêtre
Jérôme de Stridon dans son œuvre, le LIVRE DES HOMMES ILLUSTRES chapitre IX dit :
« JEAN, l'apôtre que Jésus-Christ aimait le plus, était fils de Zébédée et frère de Jacques, apôtre, à qui Hérode fit trancher la tête après la Passion du Seigneur.A la demande des évêques d'Asie, il écrivit le dernier son évangile, pour combattre Cérinthe et la secte naissante des ébionites, qui soutenait que le Christ n'existait pas avant Marie. Ce fut le motif qui le détermina à proclamer hautement la naissance divine du Sauveur. »
Toujours dans son œuvre Jérôme dit :
« Cet apôtre a aussi écrit une épître qui commence ainsi: « La parole de vie qui fut dès le commencement, que nous avons ouïe, que nous avons contemplée, que nous avons vue de nos yeux et touchée de nos mains. » Cet ouvrage est reconnu par toutes les Eglises et par tous les gens instruits. Quant aux deux autres épîtres qui commencent, la première par ces mots: « L'ancien à la femme élue et à ses fils, » et la seconde par ceux-ci: « L'ancien à son cher et bien-aimé Caïus, » on les attribue au prêtre Jean, dont on voit encore le tombeau à Ephèse. Plusieurs savants ont prétendu que ce tombeau était un double monument élevé à la mémoire de ce dernier et à celle de Jean l'évangéliste : nous examinerons ce point quand nous en serons arrivés à Papias, son disciple. »
Une citation de l’encyclopédie de Diderot ne nous fera aucun mal :
« XI. L’évangile de Cérinthe est, selon S. Epiphane,hæres. 51. un de ceux qui avoient été écrits par les premiers chrétiens avant que Saint Luc écrivît le sien. Le même père semble dire ailleurs, que Cérinthe se servait de l’évangile de S. Matthieu, altéré sans doute relativement à ses erreurs. Et dans un autre endroit, il rapporte que les Alogiens attribuaient à ce novateur l’évangile de S. Jean. Mais l’erreur étroit grossière, puisque S. Jean n’écrivit son évangile que pour combattre l’hérésie de Cérinthe. Il ne nous reste plus rien de l’évangile de ce dernier. Voyez ALOGIENS. »
http://fr.wikisource.org/wiki/Page:Dide ... 6.djvu/126
"Irénée évêque de Lyon lui-même rapporte qu'un jour, saint Jean se rendant aux bains à Éphèse, y trouve Cérinthe. Aussitôt saint Jean bondit hors des thermes en s'écriant : « Sauvons-nous, de peur que les thermes ne s'écroulent, car à l'intérieur se trouve Cérinthe, l'ennemi de la vérité! » "
Épiphane de Salamine, témoin tardif mais généralement bien informé des traditions palestiniennes, l'ancre profondément dans le judéo-christianisme. « Les Cérinthiens sont circoncis, respectent le sabbat et les prescriptions du Lévitique, ne reconnaissent que l'Évangile de Mathieu… Le légalisme juif reste pour eux un impératif. »
« Denys rapporte aussi que, parmi ceux qui rejetaient l'Apocalypse, certains pensaient que ce livre ne pouvait être de saint Jean, mais qu'il était l'œuvre de Cérinthe. Hippolyte affirmait déjà que telle était l'opinion de Caïus. Épiphane forge le terme d' « Alogi » pour désigner un courant hérétique qui, par aversion pour la théologie du Logos, rejette au moins le prologue de saint Jean en l'attribuant à Cérinthe. »
Selon Epiphane (Panarion XXVIII 5 et XXX 14), Cérinthe aurait écrit un évangile presque identique au récit araméen de Matthieu et à l'évangile des Hébreux. Il existe néanmoins un courant exégétique qui, se fondant principalement sur un passage douteux d'un certain Gaius de Rome, rapporté par Eusèbe de Césarée attribue à Cérinthe une première version de l'actuel IVe Évangile. Pourtant, sa doctrine est fort différente de celle qui se dégage de cet Évangile, lequel ne saurait être un simple remaniement de celui de Cérinthe.
Maintenant :
On sait que cet Evangile a servi en réponse pour combattre les Ebionites (Ebionites pur, Nazaréens) ainsi que Cérinthe. Soit, il suffit de prendre les idées à l’envers vu qu'on sait que c'est un évangile anti-évangile :
« Pourquoi le 4ème Evangile nous déclare-il des choses qui, parfois, ne sont même pas mentionnés dans les 3 autres Evangiles comme si ceux-ci voulaient à tout prix éviter le sujet ? »
On mentionne à peine l’apôtre Thomas, on ne parle pas de la résurrection de Lazare ce qui est un énorme miracle, on ne parle pas de Jésus (P) comme étant préexistant, on parle très rapidement de ce qu’on appelle la « sainte cène » ainsi que la mort sur la croix de Jésus et surtout on ne fait pas de mention du tout d’un Paraclet qui doit venir après Jésus (P) traduit actuellement dans nos bibles par le Consolateur.
Or il se trouve que le 4ème Evangile, celui qu’on appelle selon Jean, en réponse à Cérinthe et aux Ebionites naissant (Nazaréens qui ont émigrés à Pella suite à la destruction du temple qu’on appelle les Pauvres (Ebionites) se mélangeant aux Esséniens) comme le dit le père des Eglises Jérôme de Stridon, mentionne avec énormément de détails sur ces points comme une sorte de réponse.
On sait que les Nazaréens ne croyaient pas à la préexistence de Jésus (P) et le considérait comme messie, prophète et serviteur de DIEU. Etant pour contredire leur Evangile, on suppose qu’il devait être présenté ainsi (attention ceci n'est qu'une hypothèse émise personnellement; rien de concret n'est réalisé à ce sujet) :
Evangile selon Cérinthe Evangile selon Jean
Jésus Messie, Prophète et serviteur non préexistant Préexistant
les 3 personnages attendus les 3 personnages attendus
Ev. Cérinthe : Le prophète attendu est « Ahmad » et il sera l’intercesseur (Paracletos) au jour de la résurrection + description
/
Ev.Jean : Un autre Paracletos (traduit par consolateur mais veut dire intercesseur/avocat à la base) doit venir (l’Eglise l’a fait corresponde au Saint-Esprit) + description
La prophétie des 3 jours et 3 nuits (comme Jonas) correspond non pas une mort de Jésus mais au miracle de Lazare qui a été ressuscité au 4ème jour (soit après 3 jours et 3 nuits dans la tombe comme Jonas dans la baleine selon la similitude)
/
Ev.Jean : Malgré qu’on montre Lazare ressuscité au 4ème jour on raconte quand même Jésus mort-ressuscité en détail (mais reste toujours 40heures car 2 jours et 1 nuit et non 3 jours et 3 nuits donc prophétie dite par Jésus (p) non réalisé sous ces conditions or Jésus (p) ne mentirais pas)
Ev. Cérinthe : Celui qui a pris la place de Jésus sur la croix c’est Thomas ? (en Araméen = le Double, le Jumeau = dydime en grec) : à noter que ce prénom que beaucoup de personnes portent n’existait pas avant la fin du 1er siècle + Dans les apocryphes il s’appellerait Judas Thomas Didyme
/
Ev.Jean : Thomas qu’on appelle Didyme nous est présenté comme étant prêt à mourir pour Jésus juste avant d'aller voir Lazare. On justifie qu’il n’est pas là lors de la résurrection (avec les autres apôtres) de Jésus en disant que 8 jours plus tard Jésus se remontre spécialement pour lui, et celui-ci va même le diviniser en l’appelant dieu
En conclusion :
Jean le presbytre est le vrai auteur de l’Evangile selon Jean dont on a voulu attribué au vrai apôtre de Jean choisi par Jésus (P) pour lui estimer une grande valeur. Même des Biblistes à Montréal, au Canada, ont reconnu de nos jours qu’il n’est pas du vrai apôtre. Voir :
http://www.interbible.org/interBible/de ... 00205.html
Ce qu je conseil vivement : ne pas se fier du tout à une apocalypse écrit par la main d'un homme comme vous et moi
Lire le 4ème évangile dite de style Johannique avec grande modération (vu son contenu on ne s'étonne pas qu'il soit différend des 3 autres)
Ce qui m'étonne aurait été qu'un simple pauvre pêcheur, disciple de Jésus (p) appelé Jean écrire un évangile en langue grec (alors qu'il parle hébreu et de son temps très peu d'hébreu parlait le Grec parfaitement) avec des tournures appartenant vraiment au style Grec, et surtout écrire un contre-évangile comme s'il débattait avec Cérinthe, les ébionites... de la même manière que nous débattons de nos jours (par exemple sur ce forum) n'est du tout dans le 'style' d'un vrai apôtre de Jésus (p) qui suivrait son enseignement.
ps : je sens que beaucoup vont me blâmer mais observer d'abord que les biblistes de Montréal l'avaient déjà approuvé avant même que je n'en fasse ma propre recherche. Cependant ce que j'apporte est ma propre recherche de mon côté et en découvrant le site que j'ai cité plus haut qui concordait avec mes résultats (pour la première partie je parle surtout) j'ai tenté de pousser le bouchon plus loin en scrupulant les moindres détails dont aujourd'hui j'ai partagé avec vous.
Je comprend l'expression d'épiphane de salamine citant les nazaréens en disant : "ils se servaient seulement de l'évangile selon les hébreux et tenaient peu compte des autres" !!!
Cordialement
paix à vous