medico a écrit : 31 déc.25, 23:10
Son Esprit sonde tout (1 Corinthiens 2 :10), et rien n'est au-dessus de la capacité de discernement de Dieu. Autrement dit, Il est omniscient. Rien ne peut échapper à Son regard et à Sa connaissance. Si nous le savons, Il le sait aussi !
Des citations de la Bible comme celles que tu nous présentes n'ont pas valeur d'argument dans notre débat ici.
Mais admettons que ce verset cité soit vrai, cela ne suffit pas à établir ce que tu veux lui faire dire.
Le verset dit : « Dieu nous les a révélées par l’Esprit. Car l’Esprit sonde tout, même les profondeurs de Dieu. »
Il ne dit pas : « Dieu connaît exhaustivement tout le connaissable », ni « Dieu se connaît lui-même comme totalité close et achevée ». Il affirme quelque chose de beaucoup plus restreint : que rien, dans ce qui est concerné par la révélation, n’échappe à l’Esprit de Dieu, y compris ce qui est dit « profond » en Dieu.
Autrement dit, on est encore dans un registre relationnel et dynamique :
– sonder n’est pas posséder exhaustivement ;
– les profondeurs ne sont pas une totalité close explicitement définie ;
– et le propos vise la médiation de la révélation, pas une thèse métaphysique générale sur la structure de toute connaissance possible.
Dire ensuite : « donc Dieu est omniscient au sens fort » est un glissement.
On passe : d’un énoncé théologique contextualisé, à une thèse philosophique maximale, sans justification intermédiaire.
Et surtout — point décisif — même si l’on concédait que Dieu « sonde tout », cela ne règle en rien la difficulté conceptuelle déjà soulevée :
>>>>> une totalité connaissante qui se prend elle-même comme objet total présuppose ce qu’elle prétend connaître. Le problème n’est pas biblique, il est structurel. Aucun verset ne dissout une circularité logique.
Pour que Dieu sache qu’il sait tout, il doit déjà savoir ce que “tout” contient, ce que sa propre connaissance inclut, et qu’il n’y manque rien.
Mais cela suppose déjà acquise la connaissance totale qu’on cherche à établir.
C’est cela la présupposition : on utilise comme point de départ ce qui est censé être le point d’arrivée.
L’argument, étape par étape :
1. Omniscience forte = connaître exhaustivement tout le connaissable, y compris sa propre connaissance comme totalité achevée.
2. Pour savoir que cette connaissance est exhaustive, il faut :
- connaître la liste complète de ce qui est connaissable,
- connaître sa propre connaissance comme correspondant exactement à cette liste,
- savoir qu’aucun élément ne manque.
3. Mais établir cela suppose déjà :
- une méta-connaissance totale de sa propre connaissance,
- donc la totalité que l’on prétend justement fonder.
4. Donc :
- la justification de l’omniscience présuppose l’omniscience,
- ce qui est une circularité logique (pétition de principe).
Ce n’est pas une limite psychologique, temporelle ou empirique.
C’est une impossibilité structurelle liée à l’idée de totalité close auto-connue.[/spoiler]
Donc, même en admettant la vérité du verset, il n’établit pas :
- une omniscience forte,
- une connaissance exhaustive de tout le connaissable,
- ni la cohérence logique d’une telle prétention.
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- La réalité est toujours beaucoup plus riche et complexe que ce que l'on peut percevoir, se représenter, concevoir, croire ou comprendre.
- Nous ne savons pas ce que nous ne savons pas.
Humilité !
- Toute expérience vécue résulte de choix. Et tout choix produit son lot d'expériences vécues.
Sagesse !