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Combien de fois ai-je déjà entendu cette introduction assertive : « Quand on est croyant, on sait que… » ?
Probablement des dizaines, voire des centaines de fois. Suffisamment, en tout cas, pour comprendre que cette formule agit à la fois comme une auto-persuasion rhétorique et comme une fin de non-recevoir à toute critique ou remise en question.
« Quand on est croyant, on sait que… » n’énonce pas un savoir : elle le présuppose et clôt la discussion avant même qu’elle ne commence. Ce n’est pas une conclusion, mais une dispense de démonstration. Une manière implicite de dire : si tu ne valides pas, c’est que tu n’es pas du bon côté.
Ironie discrète : en affirmant une certitude, la formule révèle surtout le besoin de la réaffirmer. Le savoir qui exige d’être proclamé ainsi est rarement aussi assuré qu’il le prétend.
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Cette formule n’est pas qu’un tic de langage : c’est un dispositif rhétorique de protection de la croyance et d'auto affirmation identitaire de celle-ci.
« Quand on est croyant, on sait que… » repose sur une confusion volontaire entre appartenance et connaissance. Le verbe savoir y est détourné de son sens épistémique pour devenir un marqueur identitaire. Il ne désigne plus un rapport au vrai, mais un signe de reconnaissance : ceux qui sont dedans savent, ceux qui sont dehors ne peuvent pas. Le critère n’est donc ni la preuve, ni la cohérence, ni même l’expérience, mais l’adhésion préalable.
La phrase renforce ainsi un cercle fermé : on est croyant donc on sait, et on sait parce qu’on est croyant. Tout ce qui viendrait de l’extérieur — doute, objection, contradiction — est disqualifié non pas sur le fond, mais sur la source. Ce n’est pas faux, c’est extérieur. Ce n’est pas discutable, c’est illégitime. La critique n’est pas réfutée : elle est rendue artificiellement inopérante et hors-sujet.
Il y a là une inversion subtile mais décisive : ce n’est plus la croyance qui découle d’un savoir, c’est le savoir qui est produit par la croyance. Le savoir devient performatif : il existe parce qu’il est affirmé depuis la bonne position. D’où la tonalité quasi incantatoire de la formule. Elle ne cherche pas à convaincre l’autre, elle sert surtout à se maintenir soi-même dans la certitude.
C’est ici que l’ironie devient intéressante. Plus une conviction est solide, moins elle a besoin de se formuler comme axiome identitaire. On n’a pas besoin de dire « quand on est mathématicien, on sait que le carré de l'hypoténuse est égal à la somme des carrés des deux autres côtés d'un triangle rectangle ». On le démontre, ou on passe à autre chose. Le rappel constant du statut de croyant trahit au contraire une fragilité latente : la certitude doit être martelée comme vraie pour se maintenir.
Enfin, cette formule a une fonction morale implicite. Elle ne dit pas seulement ce qui est vrai, elle suggère qui est légitime. Elle trace une frontière symbolique entre ceux qui savent et ceux qui, par définition, ne peuvent pas savoir. Le désaccord devient alors une faute de position, presque une défaillance morale. On ne se trompe pas : on est du mauvais côté.
En résumé, « quand on est croyant, on sait que… » n’est pas une affirmation de connaissance, mais une stratégie de clôture. Elle protège la croyance de l’examen en déclarant la question déjà réglée — et validée — par le simple fait d’y adhérer.
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"Quand on est croyant, on sait que..."
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"Quand on est croyant, on sait que..."
Ecrit le 25 févr.26, 19:00- La réalité est toujours beaucoup plus riche et complexe que ce que l'on peut percevoir, se représenter, concevoir, croire ou comprendre.
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Re: "Quand on est croyant, on sait que..."
Ecrit le 26 févr.26, 02:49«Je suis certain que quelque chose nous dépasse, est intelligent et veille sur nous en quelque sorte...» [J'm'interroge]J'm'interroge a écrit : 25 févr.26, 19:00 Ironie discrète : en affirmant une certitude, la formule révèle surtout le besoin de la réaffirmer. Le savoir qui exige d’être proclamé ainsi est rarement aussi assuré qu’il le prétend.
... J'm'interroge, croyant malgré lui...
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Re: "Quand on est croyant, on sait que..."
Ecrit le 26 févr.26, 03:27J'm'interroge a écrit : 25 févr.26, 19:00 Ironie discrète : en affirmant une certitude, la formule révèle surtout le besoin de la réaffirmer. Le savoir qui exige d’être proclamé ainsi est rarement aussi assuré qu’il le prétend.
Non, tu ne peux pas conclure cela logiquement, pour deux raisons très simples :ronronladouceur a écrit : 26 févr.26, 02:49 «Je suis certain que quelque chose nous dépasse, est intelligent et veille sur nous en quelque sorte...» [J'm'interroge]
... J'm'interroge, croyant malgré lui...
Si la phrase que tu cites n’est ni une affirmation logique, ni une thèse défendue, ni une croyance posée comme prémisse, alors elle relève d’un registre phénoménologique ou exploratoire, explicitement non démontré et jamais engagé comme valide rationnellement. Dans ce cas, dire « je suis certain » dans un registre existentiel ou intuitif n’a aucun statut logique.
Si, au contraire, tu prétends que cette phrase a été présentée comme une affirmation factuelle soumise à la critique, alors tu n’as produit aucun argument ou raisonnement montrant qu’elle ne repose pas sur un raisonnement logique cohérent et correctement mené, ni qu’elle constitue ou mène à une contradiction.
Dans les deux cas, tu n’es pas logiquement fondé à parler d’une croyance qui serait mienne.
Tu as simplement extrait une phrase de son contexte d’énonciation pour lui attribuer un statut qu’elle n’a pas.
Ce n’est pas une réfutation : c’est un contresens de plus.
- Le statut d’un énoncé dépend de son mode d’engagement, pas de sa formulation isolée.
- Parler de « croyance » exige une justification logique, pas une impression ou une citation hors contexte.
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Re: "Quand on est croyant, on sait que..."
Ecrit le 26 févr.26, 04:10Aucun statut logique, donc non justifiable, etc., tout comme toute assertion de même type... Ou alors vous vous êtes dans le double standard...J'm'interroge a écrit : 26 févr.26, 03:27 Non, tu ne peux pas conclure cela logiquement, pour deux raisons très simples :
Si la phrase que tu cites n’est ni une affirmation logique, ni une thèse défendue, ni une croyance posée comme prémisse, alors elle relève d’un registre phénoménologique ou exploratoire, explicitement non démontré et jamais engagé comme valide rationnellement. Dans ce cas, dire « je suis certain » dans un registre existentiel ou intuitif n’a aucun statut logique.
Non. Ce n'est pas ce que dirait Wittgenstein... Et votre exigence est imaginaire puisqu'elle se situe dans un autre registre...- Parler de « croyance » exige une justification logique, pas une impression ou une citation hors contexte.
Votre affirmation a été publiée sur le chat, je crois, dans une discussion à caractère religieux. Elle était, et demeure sans équivoque...
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Re: "Quand on est croyant, on sait que..."
Ecrit le 26 févr.26, 04:39.
@ ronronladouceur,
Je vais te répondre dans l'autre topic. Car ici ce n'est pas le sujet.
Ici : viewtopic.php?p=1589235#p1589235
.
@ ronronladouceur,
Je vais te répondre dans l'autre topic. Car ici ce n'est pas le sujet.
Ici : viewtopic.php?p=1589235#p1589235
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Re: "Quand on est croyant, on sait que..."
Ecrit le 26 févr.26, 06:15Alors quel est le mode d'engagement de votre affirmation : «Je suis certain que quelque chose nous dépasse, est intelligent et veille sur nous en quelque sorte...» ?J'm'interroge a écrit : 26 févr.26, 03:27 - Le statut d’un énoncé dépend de son mode d’engagement, pas de sa formulation isolée.
Pas du tout... Wittgenstein vous donne tort...- Parler de « croyance » exige une justification logique, pas une impression ou une citation hors contexte.
J'ai demandé à une IA de commenter l'affirmation suivante à travers le regard de Wittgenstein : « J'ai la connaissance de Dieu n’est pas un savoir démontrable (épistémique), mais une évidence vécue...»
Pour Wittgenstein : (IA) : ... philosopher sur la religion en termes purement épistémiques (preuves pour/contre Dieu, justification, etc.) est presque toujours une erreur : on change de domaine sans s'en rendre compte.
En outre (le religieux ou la religion) : Il s'agit aussi — et surtout — d'un domaine (ou d'une sphère d'activité humaine) distinct, avec sa propre logique interne, ses propres critères de sens et de sérieux, qui ne se réduit pas à l'épistémique (au savoir propositionnel, testable, fondé sur des raisons ou des preuves).
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Re: "Quand on est croyant, on sait que..."
Ecrit le 26 févr.26, 06:45.
@ ronronladouceur,
Tu n'es toujours pas au bon endroit.
À l'avenir, place ton message dans le bon topic si tu veux que j'y réponde.
Réponse ici : viewtopic.php?p=1589246#p1589246
.
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Tu n'es toujours pas au bon endroit.
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