Gérard C. Endrifel a écrit : 07 juin26, 19:37
C'est pourtant ce que vous faites. En parlant d'expérience, perception, pensée, reconnaissance par association, etc., vous ajoutez des choses à ce qui se présente tel qu'il se présente. Vous lui attribuez des fonctionnalités, vous construisez une réalité à ce qui se présente à vous tel qu'il se présente pour lui donner une forme. Votre forme. Vous dites que ce qui ne doit être pris pour vrai ce ne sont que les choses qui se présentent telles qu'elles se présentent sans jamais rien y ajouter. Nous observons ici que tantôt vous exposer une position qui revient à rejeter l'existence de la conscience, tantôt vous l'acceptez mais jamais telle qu'elle se présente, toujours selon vos propres constructions.
La conscience est une entité non identifiable en particulier dans ce qui se présente ou qui ne s'y vérifie pas. Donc selon votre propre définition, elle n'existe pas. Si elle existe, alors décrivez la moi. Tel qu'elle se présente et sans jamais rien y ajouter. Vous ne le pourrez pas et finirez par voir que votre posture philosophique est bancale.
Non.
Quand je parle de perception, de pensée, de souvenir ou d'affects, je ne rajoute rien à ce qui se présente.
Je décris des occurences qui se présentent déjà comme telles.
Je n'ai pas besoin d'inventer une théorie pour remarquer qu'un souvenir ne se présente pas comme une perception visuelle immédiate, ou qu'une douleur ne se présente pas comme une representation.
En revanche, lorsque tu parles d'une "conscience" qui serait une entité non identifiable, non vérifiable, non descriptible et qui ne se présente nulle part comme telle, tu introduis effectivement quelque chose qui dépasse ce qui est observé.
Par ailleurs, tu me demandes de décrire la conscience.
Mais c'est toi qui affirmes l'existence d'une telle entité.
Ce n'est donc pas à moi de décrire ce que je ne trouve pas dans l'observation.
C'est à toi d'expliquer ce que désigne concrètement exactement ce mot dans l'expérience.
Et c'est là que ta position devient problématique :
- tu affirmes que la conscience existe,
- tu affirmes qu'elle n'est pas identifiable,
- tu affirmes qu'elle ne se vérifie pas dans ce qui se présente,
- puis tu considère que son existence est malgré tout acquise.
Autrement dit, plus elle échappe à toute description et à toute observation, plus tu sembles certain qu'elle existe.
C'est précisément ce que je refuse.
Je préfère m'en tenir à ce qui se présente plutôt qu'à une entité dont on affirme l'existence tout en expliquant qu'elle ne peut être ni montrée, ni décrite, ni distinguée.
Ton point faible Gérard, c'est que tu crois que nommer une différence observée ("souvenir", "douleur", "perception") est équivalent à postuler une entité inobservable ("conscience").
Ce n'est pas du tout le même geste.
Dans mon approche, les termes renvoient à des différences descriptives observables, chez toi, "conscience" renvoie à quelque chose que tu déclares toi-même non identifiable et non vérifiable.
C'est précisément la différence.
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Ajouté 10 minutes 39 secondes après :
J'm'interroge a écrit : dans une démarche empirique, ce qui n'est ni identifiable ni vérifiable n'a précisément aucun privilège descriptif particulier.
vic a écrit : 07 juin26, 20:03
Au contraire , il peut avoir tous les descriptifs qu'on veut , puisqu'il n'est rien en particulier .
Déclarer cela comme vrai ou faux relève de l'arbitraire .
Hors toi tu postules qu'une description qu'on en ferait serait obligatoirement fausse .
Non.
Je ne dis pas qu'une description serait "obligatoirement fausse".
Je dis que plus rien ne permet de trancher entre les descriptions si ce dont on parle n'est ni identifiable, ni vérifiable, ni observable.
C'est très différent.
Et lorsque tu dis : « il peut avoir tous les descriptifs qu'on veut puisqu'il n'est rien en particulier », tu abandonnes justement tout critère descriptif.
Car si des descriptions contradictoires deviennent également recevables, alors elles ne décrivent plus rien.
On peut alors dire de cette conscience qu'elle est :
- vide ou pleine,
- personnelle ou impersonnelle,
- unique ou multiple,
- fondamentale ou non fondamentale.
Plus rien ne permet de départager ces affirmations.
C'est précisément pour cette raison que je ne les retiens pas.
Je ne décrète pas qu'elles sont fausses.
Je constate simplement qu'elles ne sont plus reliées à quelque chose dont on puisse montrer la présence dans l'observation.
Et c'est là notre différence :
- Toi, tu considères qu'on peut continuer à parler d'une chose même lorsqu'aucun critère ne permet de l'identifier.
- Moi, à partir de ce moment-là, je considère que le discours cesse d'être descriptif et devient spéculatif.
Le problème de ta réponse est qu'elle se retourne contre toi :
Si tu acceptes "tous les descriptifs qu'on veut", alors tu renonces à toute possibilité de dire pourquoi ta propre description ("conscience fondamentale", "contenant", etc.) serait meilleure qu'une autre.
C'est précisément ce qui fait basculer le discours hors du registre descriptif.
.
1. S’en tenir au concret, c’est-à-dire à ce qui se présente, tel que cela se présente, sans ajout purement spéculatif.
2. Ne rien affirmer qui ne réfère à rien d’identifiable dans ce qui se présente.
3. Ne rien postuler qui ne puisse s’y vérifier.
4. Reconnaître toute construction théorique pour ce qu’elle est : une construction langagière.