J'm'interroge a écrit :Je décris simplement ce qui se présente comme cela se présente.
vic a écrit :
Ah revoilà ta théorie de base .
Non.
Tu continues à appeler "théorie" ce qui est précisément une suspension de la théorisation.
Dire que je décris ce qui se présente comme cela se présente n'est pas une théorie explicative sur le monde, la conscience, l'être ou le réel.
Je ne propose aucun mécanisme, aucun fondement, aucune structure cachée, aucune cause générale.
Je décris une démarche méthodologique consistant à s'en tenir à l'observation sans ajout.
Une théorie explique.
Ici je n'explique rien.
vic a écrit :
Le fait même que tu proclames que les choses apparaissent plutôt que pas est déjà une théorie .
Non.
Ce n'est pas une théorie.
C'est un constat descriptif.
Lorsque j'ai une douleur, un souvenir, une image visuelle ou une pensée, quelque chose est donné.
Tu peux refuser le mot "apparaître" si tu préfères.
Mais il reste qu'il y a quelque chose dont il est question lorsque nous parlons d'une douleur, d'un souvenir ou d'une image.
Sinon il n'y aurait même rien à discuter.
Dire qu'il y a apparition n'est pas une théorie dans ma démarche.
C'est simplement décrire ce qui est constaté.
- Une douleur apparaît.
- Une image mentale apparaît.
- Un souvenir apparaît.
- Une pensée apparaît.
Je ne propose aucune explication de cet apparaître.
- Je ne dis pas pourquoi il y a apparition.
- Je ne dis pas ce qui produit l'apparition.
- Je ne dis pas ce qui la fonde.
Je constate seulement qu'il y a quelque chose plutôt que rien dans l'expérience.
C'est toi qui transformes ensuite ce constat descriptif en thèse théorique.
vic a écrit :
Dans le bouddhisme , où l'expérience méditative est immersive , il n'existe ni allée ni venue , ni apparition ni disparition .
Peut-être.
Tu invoques ici une doctrine ou une interprétation particulière de l'expérience.
Mais cela constitue déjà une thèse ou une interprétation de l'expérience.
- Je n'ai aucune raison méthodologique de la prendre comme point de départ.
- Je ne pars ni du bouddhisme, ni du zen, ni de l'advaita.
- Je ne pars d'aucune doctrine contemplative particulière.
- Je pars de ce qui est observé.
Or dans ce qui est observé, il y a bien des pensées qui surviennent, des souvenirs qui surgissent, des sensations qui cessent, des images qui se modifient.
Libre à toi ensuite d'interpréter cela à travers une grille non-dualiste ou celle que tu voudras.
Mais cette interprétation n'est pas l'observation elle-même.
vic a écrit :
Non , dans la réalité brute on ne sait pas particulièrement quoi que ce soit .
On ne se dit pas " ceci est identique " ou " ceci est différent"
- Je ne parle pas de ce qu'on se dit.
- Je parle de ce qui se présente.
Et dans l'expérience, certaines occurrences ne se présentent pas de la même manière que d'autres.
____ Une douleur ne se présente pas comme une image visuelle.
____ Un son ne se présente pas comme une odeur.
____ Un souvenir ne se présente pas comme une perception actuelle.
Constater cela n'est pas une théorie.
Je n'ai pas besoin d'ajouter un jugement théorique pour constater cela.
Ces différences sont déjà présentes dans ce qui est observé.
Là encore tu introduis quelque chose que je n'introduis pas : une théorie de la "réalité brute".
- Je ne parle pas de réalité brute.
vic a écrit :
C'est comme si tu expliquais que le recto et le verso de la pièce de monnaies sont différents , alors qu'il s'agit de la même pièce de monnaie .
Ton exemple ne répond pas à ce que je dis.
Que le recto et le verso appartiennent à la même pièce n'abolit pas leur différence.
Si aucune différence n'était donnée, tu serais incapable de parler de recto et de verso.
Tu ne peux invoquer leur unité qu'après avoir reconnu leur distinction.
L'unité ne supprime pas la différence.
Je n'ai jamais soutenu que des différences impliquaient des substances séparées.
Je n'ai jamais soutenu qu'une douleur existerait indépendamment de tout le reste.
Je dis seulement qu'il y a des différences descriptibles.
Que deux aspects appartiennent à un même ensemble n'annule pas leur différence.
Le recto n'est pas le verso.
Même s'ils appartiennent à la même pièce.
vic a écrit :
Le piège de ton approche : tu décrètes qu'une seule perspective (la distinction ) est la vérité absolue et inhérente de l'objet.
- Je ne parle nulle part de vérité absolue.
C'est encore un déplacement de la discussion. C'est précisément toi qui réintroduis constamment l'absolu dans la discussion.
- Je ne dis pas que les distinctions sont absolues.
- Je ne dis pas qu'elles existent en elles-mêmes.
- Je ne dis pas qu'elles révèlent la nature ultime de quoi que ce soit.
- Je dis simplement qu'elles sont observables et se présente comme telles dans l'expérience.
C'est tout.
vic a écrit :
Pour qu'il y ait « distinction ou non distinction », il faut un critère de tri.
Non.
Je ne commence pas par choisir un critère. Je constate d'abord qu'il y a des différences.
Le critère descriptif vient après coup lorsque l'on tente de formuler ce qui est observé.
La différence n'est pas créée par le langage qui la décrit.
vic a écrit :
Quand tu tranches sur une question , tu poses un point de vue possible, le tiens .
Non.
Constater qu'une douleur ne se présente pas comme un souvenir n'est pas un point de vue personnel.
C'est précisément ce qui est donné à l'observation.
Tu sembles considérer que toute description est déjà une interprétation.
Mais si toute description est interprétation, alors tes propres descriptions le sont aussi.
Ton objection se retourne immédiatement contre toi.
vic a écrit :
là on sent que tu ne médites pas ,
Je ne vois pas en quoi cela répond au problème discuté.
Même si je n'avais jamais médité une seule seconde de ma vie, cela ne montrerait pas que tes affirmations sont vraies.
Inversement, le fait d'avoir médité ne transforme pas automatiquement une interprétation en constat.
Par ailleurs, tu parles de méditation, mais pour quelqu'un qui médite, je te trouve bien théorique dans tes propos...
vic a écrit :
La réalité , c'est que quand on observe de façon prolongée par exemple la flamme d'une bougie au départ sans interpréter " c'est une bougie ",juste après , on ne pense à plus rien de spécial .
Même si je t'accordais cela, cela ne répondrait pas à mon propos.
Je n'ai jamais contesté l'existence d'expériences méditatives particulières de ce type.
Je dis simplement qu'un état méditatif ne constitue pas un critère permettant d'invalider les distinctions observables lorsqu'elles sont présentes.
Le fait qu'il puisse exister des moments où certaines distinctions ne sont plus thématisées ne démontre pas qu'elles n'existent jamais dans l'expérience.
Et ne plus penser à rien de spécial, même dans un état profond de méditation ne signifie pas qu'il n'y a rien qui se présente.
vic a écrit :
Si la table est une donnée brute, trouve-la moi dans ton expérience sans utiliser particulièrement une interprétation .
Je n'ai jamais dit que "table" était une donnée brute.
Je ne parle pas de "donnée table".
Le mot "table" est déjà une catégorisation.
Ce que je décris, ce sont les occurrences observables elles-mêmes.
Je n'ai jamais dit qu'une table se présentait comme table indépendamment de toute reconnaissance.
Encore une fois, tu réponds à une position qui n'est pas la mienne, mais qui est celle que tu me prêtes.
Je ne pars pas d'objets substantiels.
Je pars de ce qui se présente.
Et dans ce qui se présente, il y a des différences descriptibles.
Que tu choisisses ensuite d'interpréter ces différences comme secondaires, illusoires, non-duelles ou interdépendantes relève d'un travail théorique supplémentaire.
C'est précisément ce pas supplémentaire que je refuse de franchir.
Je distingue précisément ce qui est donné et les interprétations qui s'y ajoutent.
La reconnaissance d'un objet comme "table" fait partie des phénomènes observables.
Elle n'est pas confondue avec l'objet supposé en soi.
vic a écrit :
...] c'est chat gpt qui parle à ta place , [...
C'est un faux argument.
Ce qui compte est la validité des arguments, pas leur mode de rédaction.
Si une citation est inexacte, il suffit de montrer où.
Si un raisonnement est erroné, il suffit de montrer l'erreur.
L'origine du texte ne démontre rien concernant sa validité.
Quant à tes accusations répétées d'homme de paille, elles ne tiennent pas lorsque je te cite textuellement.
Lorsque je reprends des expressions comme "conscience fondamentale", "matrice", "totalité", "espace contenant tous les points de vue" ou "condition de possibilité", je ne te fais pas dire autre chose que ce que tu as effectivement écrit.
Le désaccord porte sur l'interprétation et la portée de ces affirmations, pas sur leur existence dans tes messages.
.
1. S’en tenir au concret, c’est-à-dire à ce qui se présente, tel que cela se présente, sans ajout purement spéculatif.
2. Ne rien affirmer qui ne réfère à rien d’identifiable dans ce qui se présente.
3. Ne rien postuler qui ne puisse s’y vérifier.
4. Reconnaître toute construction théorique pour ce qu’elle est : une construction langagière.