Et toi, as-tu un jour réellement lu la Bible ? As-tu ne serait-ce qu'une seule fois essayé de comprendre comment s'expriment les prophètes dans la culture judéo-chrétienne ? Comment la parole prophétique s'y incarne (ouh, le vilain mot !) dans la création ?Hajer a écrit :Mais est ce que tu as lis les verset
As-tu lu, par exemple, ceci : Voici ce que me dit le SEIGNEUR : "Va t'acheter une ceinture de lin et mets-la sur tes hanches, mais ne la passe pas à l'eau" J'achetai une ceinture, selon la parole du SEIGNEUR, et je la mis sur mes hanches. De nouveau, la parole du SEIGNEUR s'adressa à moi : "Avec la ceinture que tu as achetée et que tu portes sur les hanches, mets-toi en marche vers le Perath, et là, cache cette ceinture dans la fente d'un rocher" Je m'en allai la cacher au Perath comme le SEIGNEUR me l'avait demandé. Après bien des jours, le SEIGNEUR me dit : "Mets-toi en marche vers le Perath et reprends la ceinture que je t'avais demandé de cacher là-bas" Je m'en allai alors au Perath pour fouiller et reprendre la ceinture de l'endroit où je l'avais cachée. La ceinture ! Elle était tout abîmée, plus bonne à rien. Alors la parole du SEIGNEUR s'adressa à moi : "Ainsi parle le SEIGNEUR : C'est ainsi que je vais abîmer la fierté de Juda, la belle fierté de Jérusalem : ce peuple mauvais qui refuse d'écouter mes paroles et persiste dans son entêtement, qui court après d'autres dieux pour leur rendre un culte en se prosternant devant eux, qu'il devienne comme cette ceinture plus bonne à rien ! De même qu'on attache une ceinture à ses hanches, ainsi je m'étais attaché tous les gens d'Israël et tous les gens de Juda -oracle du SEIGNEUR- afin qu'ils deviennent pour moi un peuple, un renom, un titre de gloire et une parure ; mais ils n'ont rien voulu entendre" (Jr XIII, 11)
Le geste de Jésus paraît absurde : cet arbre n'a rien fait, "ce n'est pas la saison"... Mais l'absurdité même -comme de cacher une ceinture neuve dans le creux d'un rocher- révèle la parabole. Sauf que ses disciples connaissent tous la parole révélée à Osée : "C'est comme des raisins au désert que J'ai trouvé Israël, comme un fruit précoce sur un figuier, dans sa primeur, que J'ai vu vos pères". Jésus, de plus, confirme par ailleurs cette métaphore d'Israël et du figuier. "Voici un véritable Israélite" dit-il à Nathanaël (Jn I, 47) ; "Alors que tu étais sous le figuier, je t'ai vu"
Son geste est donc l'annonce de son reniement par Israël, et des conséquences qui en découleront.