vic a écrit :Du reste on n'apprend pas à aimer les autres moralement et se fabriquer un amour à travers la morale , c'est fou de penser un truc pareil et pourtant c'est ce que nous proposent ces religions soit disant révélées .
Tendre le bâton et dire " si vous n'aimez pas les autres vous irez en enfer , il faut aimer parce que c'est moral " n'a aucun sens .
Le bouddhisme ne fonctionne pas comme ça du tout .
De même on ne peut pas apprendre à aimer un dieu moralement et en apprenant à le craindre , c'est bidon l'amour moral, quand à aimer par la crainte c'est le sydrôme de stockolm , un dieu qui terrorise n'obtiendra que ce genre d'amour faux , ça ressemble à de l'amour mais ça n'en est pas .
J'm'interroge a écrit :Je suis entièrement d'accord avec toi sur ce que tu dis là!
vic a écrit :Maintenant dans le bouddhisme on parle de compassion et pas d'amour , on essait de se mettre à la place de l'autre en essayant d'éviter de nuire en faisant souffrir simplement par plaisir méchant une personne . Tout dépend donc de l'intention à la base de nos actes .
Je ne sais pas si dans la compassion il y a de l'amour au sens chrétien du terme , c'est plutôt une sensibilité à la souffrance de l'autre , sans pour autant tomber dans l'empathie .Un infirmier dans le cadre de son métier qui tomberait dans l'empathie finirait dans la dépression nerveuse et ne serait plus utile pour aider personne .
La compassion dans le sens bouddhiste c'est encore assez différent de l'empathie .Cette d'ailleurs pour cette raison qu'il faut un certain entrainement au détachement pour être capable d'exercer la compassion de façon saine .
J'm'interroge a écrit :Là encore je pense là même chose.
L'empathie est nécessaire pour permettre à se mettre à la place de l'autre. Tant que cette dernière n'es pas démesurée, il y a peu de chance de tomber dans le désastre de cet infirmier. En vérité, rien n'est mauvais, pas même l'empathie, l'amour, la croyance en une croyance, la tolérance, la sympathie, le "mensonge", etc, tout est question d'équilibre, seul l'utilisation excessive de ces choses est nuisible. Non seulement pour soi et son équilibre mais aussi pour les autres de par les dommages collatéraux qu'inexorablement l'excès engendre.
J'm'interroge a écrit :Mais pour te répondre sur l'amour chrétien: en effet, il n'est pas tout-à-fait la même chose que la compassion bouddhiste, car il est volonté et contemplation du Bien, il perdure et reste central même et surtout en l'absence de toute souffrance, dans la communion des âmes en lui. La souffrance n'est pas une entrave pour lui, il lui apporte un éclairage et une solution transcendants.
En fait, l'amour chrétien est exactement la même chose. Il intègre la compassion non de façon contemplative du Bien mais comme découlant du Bien.
La problématique du chrétien - et l'une des raisons pour lesquelles j'ai choisi de retirer "Christianisme" de sous mon pseudo - c'est qu'il comprend l'amour décrit par la Bible comme tu le décris et même pire encore. Or, cette dernière ne cesse de dire que tout découle de celui-là et chaque chose telle que celle décrite dans Galates 5:22, 23 provient de cet amour équilibré, juste et véritable.
Que dit la fin de ce verset ?
Contre de telles choses il n’y a pas de loi
Ainsi, nul chantage, nul manigance, nul règle ne peut venir influencer et obliger un être humain de cultiver cet amour et les fruits qui en découle. Rien ici n'est contemplation du Bien, rien à voir avec l'extase, combiné avec 1 Corinthiens 13:4-7, l'amour est assujetti à l'équilibre, synonyme d'ordre et non d'excès et se vit bien plus qu'il ne se contemple.
La Règle d'or du Christ est similaire à ce que tu dis:
Donc, tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, de même vous aussi, vous devez le faire pour eux ; c’est là, en effet, ce que signifient la Loi et les Prophètes. - Matthieu 7:12
Qu'est-ce donc que cela si ce n'est de l'amour ? Existe-t-il une suite à ce verset disant que si tu ne le fais pas tu pourriras en enfer ? Il s'agit d'une exhortation, une exhortation est un encouragement, ce n'est jamais un ordre. La Bible - et Dieu à travers elle - n'ordonne rien, n'oblige à rien mais propose un choix:
Oui, je prends aujourd’hui à témoin contre vous les cieux et la terre, que j’ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction ; et tu dois choisir la vie, afin que tu restes en vie, toi et ta descendance - Deutéronome 30:19
Rien ne t'oblige à choisir la vie, tu as parfaitement le droit. Le "tu dois choisir la vie" et traduit dans d'autre version comme "choisis la vie" qui ne renvoie pas à une notion d'obligation mais à une demande de la part d'un divin qui serait attristé par ton choix et le respecterait malgré tout parce qu'il nous a offert le libre arbitre, rien de plus. Il n'y a que l'homme pour parler de bâton et de carotte là où Dieu parle de causes et de conséquences.
Un divin qui aime ses créations au point de les supplier de choisir la vie et de donner son propre fils pour les sauver... peu de religions "chrétiennes" le présentent ainsi, elles préfèrent le traduire comme étant un être à des années lumières de nous. Insensible, froid, psycho-rigide. Un homme en fait, ni plus ni moins.
Je comprend ton aversion, vic, pour la religion et ça me désole aussi car ce qui est à blâmer, ce n'est pas l'Ecriture, ce n'est pas la Parole de Dieu mais la parole des hommes qui se targuent de la comprendre et qui ont présupposés pouvoir t'apporter des réponses sans tenir compte de ce que tu es intérieurement mais ont préféré, faute d'arguments, te dire que si tu ne faisais pas ces choses tu irais en enfer de façon à ce que tu te sentes obligé par la culpabilité.
Une sorte de chantage affectif qui a conduit à une certaine fermeture du cœur
La Bible, à sa façon, est aussi un guide "bouddhiste" menant à l'équilibre intérieur nécessaire pour la pleine communion avec le divin et à l'instar de ces fruits de l'esprit que je cite, elle tâche de le faire avec douceur et amour, non avec fermeté et intolérance.