vic a écrit : 12 févr.26, 22:58
La logique minimale peut tout aussi bien être un fantasme plutôt qu'une réalité .
Ce n'est ni un fantasme ni une réalité phénoménale.
vic a écrit : 12 févr.26, 22:58
La logique ne peut pas se démontrer elle même sans pratiquer le raisonnement circulaire .
La logique ne peut pas se démontrer elle-même puisqu'elle est le pré requis indispensable à toute démonstration.
Ses règles sont des conventions formelles explicitées, construites pour garantir la cohérence des inférences à l’intérieur d’un cadre donné. Elles ne sont pas issues d’une expérience empirique et ne dépendent pas de l’observation du monde : elles servent plutôt à organiser la pensée et à déterminer quand un raisonnement est valide ou contradictoire.
Ces règles sont minimales dans la logique minimale : elles n’imposent que ce qui est strictement nécessaire pour construire une preuve ou décharger une hypothèse. Tout ce qui n’est pas construit ou annoncé reste indéterminé.
En lui ajoutant des axiomes ou des principes supplémentaires, on obtient d’autres systèmes logiques : par exemple, le tiers exclu transforme la logique minimale en logique classique
Chaque extension de la logique minimale reste cohérente dans son propre cadre : ce qui change, ce sont les hypothèses et les principes supplémentaires que l’on accepte. Ainsi, la logique est un outil normatif et structurant, non une entité qui se prouve ou se justifie par elle-même. Elle existe comme prérequis à toute construction rationnelle, permettant de distinguer ce qui est formellement cohérent de ce qui ne l’est pas, indépendamment de la vérité factuelle ou de l’expérience sensorielle.
Il n'y a rien de circulaire en cela.
vic a écrit : 12 févr.26, 22:58
On est peut être entrain de parler d'un fantasme ou d'une croyance .
Moi je vois plutôt la logique comme une convention pratique .
Si on pose une convention pratique , on pourrait très bien en poser une autre .
Oui, la logique peut être vue comme une convention pratique : un ensemble de règles explicites pour structurer le raisonnement. Mais ce n’est pas une croyance ou un fantasme, car ces conventions sont contraintes par la cohérence interne. Poser une autre convention est possible, mais il faut alors vérifier que cette nouvelle convention ne conduit pas à des contradictions internes.
En logique minimale, par exemple, l’« ouverture » consiste justement à ne rien imposer hors construction : tu peux ajouter des hypothèses, des relations ou des règles, mais chaque ajout doit être explicite et construit. Ce n’est pas arbitraire : ce qui n’est pas construit reste indéterminé.
Autrement dit : tu peux changer de convention, mais la validité reste un critère formel. La logique n’est pas subjective : elle ne dépend pas de ce que chacun croit ou veut, elle dépend de ce qui est construit et annoncé dans le cadre choisi.
vic a écrit : 12 févr.26, 22:58
Logiques paraconsistantes : permettent d’avoir des contradictions sans exploser tout le système.
Logiques intuitionnistes : refusent le principe du tiers exclu, modifiant le traitement du vrai/faux.
Logiques floues : remplacent le vrai/faux par des degrés de vérité.
Et on pourrait probablement en inventer d'autres .
Toutes ces logiques sont cohérentes à l’intérieur de leurs règles, mais différentes de la “logique classique
La logique minimale constitue le noyau commun à l’ensemble des systèmes logiques. Elle ne repose ni sur des valeurs de vérité prédéfinies, ni sur une ontologie implicite, ni sur des principes classiques comme le tiers exclu ou l’ex falso quodlibet. Elle se limite à ce qui est strictement nécessaire : des règles d’inférence, des constructions de preuves, la possibilité d’introduire des hypothèses, de les décharger, et d’aboutir éventuellement à une contradiction notée ⊥.
À partir de ce socle, les différents systèmes logiques se construisent par adjonction explicite de principes supplémentaires. Chaque logique plus riche n’est pas une négation de la logique minimale, mais une extension contrôlée, où l’on décide d’ajouter certaines règles ou axiomes et d’en assumer les conséquences.
Si l’on ajoute à la logique minimale le principe du tiers exclu (P ∨ ¬P), ainsi que l’explosion (⊥ → P), on obtient la logique classique. Dans ce cadre, toute proposition est soit vraie soit fausse, et toute contradiction rend le système trivial. La logique classique est donc puissante, mais fragile face aux incohérences : une seule contradiction suffit à faire tout s’effondrer.
Si, au contraire, on ajoute à la logique minimale certaines règles constructives tout en refusant le tiers exclu, on obtient la logique intuitionniste. Ici, affirmer « P ou non-P » exige une construction effective de l’un des deux. La négation devient une opération constructive (P → ⊥), et la vérité n’est plus donnée abstraitement, mais liée à la possibilité de produire une preuve.
En ajoutant à la logique minimale des opérateurs de modalité (nécessité, possibilité) avec des règles précises d’introduction et d’élimination, on obtient les logiques modales. Ces systèmes ne modifient pas le cœur inférentiel minimal, mais enrichissent le langage pour raisonner sur ce qui est nécessaire, possible, contingent, obligatoire, connu, etc. Chaque système modal correspond alors à des axiomes supplémentaires spécifiques.
Si l’on conserve la logique minimale tout en refusant l’explosion, c’est-à-dire en autorisant la coexistence locale de contradictions sans que tout devienne démontrable, on obtient les logiques paraconsistantes. Elles permettent de raisonner dans des contextes incohérents sans rendre le raisonnement trivial. La contradiction n’y est plus synonyme de catastrophe logique, mais d’un état contrôlé du système.
En ajoutant à la logique minimale des opérateurs portant sur la connaissance, la croyance ou l’information, on construit des logiques épistémiques. Ces logiques introduisent des règles spécifiques pour raisonner sur ce qu’un agent sait, croit ou ignore, sans pour autant réduire ces notions à des valeurs de vérité classiques.
On peut encore enrichir la logique minimale avec des principes temporels (logiques temporelles), des règles de pertinence (logiques pertinentes), ou des structures probabilistes, chacune de ces logiques correspondant toujours au même schéma général :
un noyau minimal + des ajouts explicitement déclarés.
Ainsi, la logique minimale n’est pas une logique « pauvre » ou « incomplète ». Elle est le point de départ neutre à partir duquel toutes les autres logiques se construisent. Elle ne dit pas ce qui est vrai du monde, elle ne tranche pas entre les ontologies, elle n’impose aucun régime de vérité. Elle permet seulement de distinguer, avec une rigueur maximale, ce qui est construit de ce qui ne l’est pas, ce qui conduit à une contradiction de ce qui n’y conduit pas.
Toutes les autres logiques sont donc des choix — puissants, utiles, parfois nécessaires — mais toujours des choix ajoutés. La logique minimale, elle, ne choisit pas : elle expose.
vic a écrit : 12 févr.26, 22:58
C'est quand on confond convention et réalité que le problème se pose .
C'est dans ce sens que j'ai l'impression que j'minterroge pose l'idée d'une logique minimale en tant que vérité ontologique dès le début du sujet et que je trouve cela contestable .
Tu te trompes radicalement sur ce point : je ne pose jamais la logique minimale comme une vérité ontologique. Je dis exactement l’inverse et cela depuis le début. Je t'invite donc à me lire plus attentivement.
La logique minimale c'est tout le contraire d'une métaphysique déguisée. Comme son nom l'indique, c’est un cadre formel minimal, explicitement conventionnel, qui ne dit rien du réel tant qu’on n’y ajoute rien.
Ta confusion vient de là : refuser d’ajouter des axiomes arbitraires, ce n’est pas sacraliser la logique, c’est suspendre les engagements ontologiques. Dire « rien n’est prouvé ni réfuté » n’est pas une vérité sur le monde, c’est un constat formel.
Donc non, je ne confonds pas convention et réalité. Je fais exactement l’inverse : je les sépare strictement. Et c’est justement ce que beaucoup refusent de faire.
vic a écrit : 12 févr.26, 22:58
Encore une fois , la logique n'est rien d'autre qu'une convention posée .
On peut très bien penser que l'hallucination est une erreur de logique ou pas , selon le cadre de convention qu'on pose à l'idée d'une sorte de logique minimale idéologique .Il existe autant de cadres de logique minimales qu'on pourrait en inventer .Ton idée de logique minimale est trop idéologique . Ta logique minimale est fondée sur quoi , sur sa propre circularité ? C'est du reste pour ça que la philosophie ne veut pas dire grand chose en soi .A partir du moment où on prend la logique comme socle pour tout éclaircir , c'est déjà pas clair . D'où les contradiction philosophiques permanentes sans arriver à quoi que ce soit .
Est ce que la logique philosophique construit ou déconstruit ?
On n'en sait rien .
Tu mélanges plusieurs choses, et c’est là que le flou s’installe.
Oui, la logique est une convention. Mais pas une convention arbitraire au sens “on invente ce qu’on veut”. Une logique minimale n’est pas idéologique : c’est précisément ce qu’il reste quand tu retires tout ce qui est optionnel dans le sens d'arbitraire ou de discutable (tiers exclu, explosion, axiomes ontologiques, etc.). Elle n’impose rien sur le monde, elle impose seulement : ne pas tirer de conclusion sans l’avoir construite.
Elle n’est pas circulaire : elle ne se fonde pas sur elle-même, elle se constate comme condition de toute justification et preuve. Tu peux changer de cadre, mais tant que tu énonces des inférences, tu présupposes déjà ce minimum.
Dire qu’une hallucination est une « erreur de logique » est faux : c’est une erreur épistémique, détectée par comparaison intersubjective, pas par invalidité formelle. (Je l'ai déjà expliqué.)
La philosophie “n’aboutit pas” quand elle est confuse. Elle clarifie ou déconstruit selon le cas.
L’indétermination que tu vois n’est pas un échec : c’est un résultat.
.
- La réalité est toujours beaucoup plus riche et complexe que ce que l'on peut percevoir, se représenter, concevoir, croire ou comprendre.
- Nous ne savons pas ce que nous ne savons pas.
Humilité !
- Toute expérience vécue résulte de choix. Et tout choix produit son lot d'expériences vécues.
Sagesse !