Une idée non testable empiriquement ne pourra jamais devenir une connaissance.
Cette phrase est toxique et fausse.
D'abord elle réduit la connaissance à ce qui est mesurable, observable et testable empiriquement. Or, de nombreux domaines de connaissance ne relèvent pas de cette catégorie, comme les mathématiques où les théorèmes par exemple ne sont pas "testables empiriquement", mais sont pourtant des connaissances. Autre exemple dans la valeur d’une œuvre d’art ou d’un roman qui ne se mesure pas empiriquement alors qu'elle contribue à la connaissance humaine.
Autre hallucination typiquement toxique de nier les émotions, les croyances personnelles et les récits individuels des autres parce qu'ils ne sont pas "testables" : et pourtant ils sont essentiels pour comprendre la condition humaine. Enfin quelle errance d'éliminer ainsi trop de l’histoire, de la sociologie et de l’anthropologie parce qu'elles s’appuient souvent sur des interprétations et des récits, et pas seulement sur des données empiriques.
Autrement dit cette phrase est toxique car elle sert à discréditer des formes de savoir non scientifiques comme les traditions, les spiritualités ou les savoirs autochtones, alors que celui ou celle qui porte ce verbe atteste des siennes. Voici comment un pervers narcissique agit, et comment démonter l'ignoble mécanisme. Ici point n'est question de signaler un(e) intervenant(e) en particulier, non : elle est le profil de ces prédateurs qui s'infiltrent dans les forums, sur les réseaux sociaux, à la recherche de disciples à soumettre. Le comportement est toujours le même : "moi je..." et la manipulation commence alors que ce départs est une première répartie toxique. Solution immédiate : à mettre en "ignoré", bloquer, sans ne surtout pas lui répondre. On ne nourrit jamais, ni un troll, ni un pervers ou un ignoble : on le bloque de suite.
Enfin, cette fausse affirmation toxique risque de légitimer une hiérarchie des connaissances. Mais alors, quelle serait-elle ? Eh bien, un système autoritaire d'exclusion de tout ce que le gourou ne supporte pas, et là où seule la science "dure" aurait de la valeur, ce qui est une forme d’impérialisme narcissique.
Il y a enfin plus grave, ce qui n'a pas été vu. Car enfin la méthode empirique a aussi ses limites. Même en science, certaines théories reposent sur des modèles mathématiques ou des inférences qui ne sont pas directement observables. Par exemple en physique quantique l'indétermination par le nuage de probabilité est du hasard qui a le dernier mot. Enfin, est-il besoin de rappeler que toute science elle-même évolue, et ce qui est "non testable" aujourd’hui peut le devenir demain. L'histoire des sciences exactes empiriques avec la détection des ondes gravitationnelles in fine.
Mais en quoi cette phrase est dangereuse ? Eh bien tout simplement parce qu'elle porte ce risque de déshumanisation que cherche précisément le pervers narcissique ! Car enfin en niant la valeur des savoirs non empiriques, on dévalorise des aspects essentiels de l’existence humaine comme l’intuition, la créativité, la spiritualité, la morale et encore mieux : l'instinct de conservation de son intégrité.
La connaissance est par nature multiforme, à savoir certes rationnelle, empirique, mais aussi interprétative sans quoi il n'y aurait plus de sciences humaines, et enfin subjective. Autrement dit, affirmer à coup de "moi je" qu’une idée non testable empiriquement ne peut jamais devenir une connaissance est tout bonnement ignorer la richesse et la diversité des façons dont les humains comprennent le monde.
Il vaut mieux savoir... que de se faire avoir.