J'm'interroge a écrit : 13 avr.26, 11:40
Tu dis qu’il n’y a pas nécessité de trancher, mais dès que tu affirmes quelque chose face à une objection, tu entres déjà dans une situation où il faut départager des positions.
Sinon, il ne reste qu’une juxtaposition de discours sans possibilité de dire en quoi l’un tient mieux que l’autre.
ronronladouceur a écrit : 13 avr.26, 15:51
Le langage naturel est effectivement plus riche et ouvert, mais cette richesse inclut aussi l’ambiguïté, l’imprécision et les incohérences possibles.
C’est précisément pour cela qu’il ne suffit pas dès qu’on veut examiner la validité d’un propos, plutôt que simplement échanger.
Mon exigence ne remplace pas le langage, elle intervient quand l’usage ne permet plus de résoudre un désaccord.
Ce n’est pas un cadre “binaire”, c’est une contrainte minimale : éviter de tenir ensemble des propositions incompatibles.
Tu peux rester dans l’ouverture du langage, mais dans ce cas : tu renonces aussi à trancher sur la cohérence autrement que selon l'usage et le "ce qu'il te paraît", d'une manière qui n'exclut pas l'arbitraire subjectif.
Pure caricature...
Vous continuez de réduire le langage naturel à une alternative que vous avez vous‑même construite : soit votre formalisme, soit l’arbitraire subjectif (ou autre chose, mais toujours dans le binaire).
Or le langage naturel fonctionne, se corrige, précise, se nuance, se répare, se suspend, se reprend, évolue, confirme, infirme, acquiesce, etc., peut même trancher, sans avoir besoin d’un système de règles explicites...
Votre exigence de formalisation n’est pas une nécessité de la cohérence, mais une exigence interne à votre modèle...
Notre échange le montre : nous avançons, nous comprenons, nous nous situons, corrigeons, précisons, répétons, tournons en rond, qualifions, etc. sans jamais recourir à votre cadre... Sauf pour en parler...[/quote]
Il n'y a rien de caricatural dans ce que je dis.
Tu décris bien ce que permet le langage naturel : comprendre, ajuster, nuancer, corriger. Personne ne le nie.
Mais encore une fois, tu décris un fonctionnement, pas un critère de validité : le fait que ça “avance” ne dit rien sur la solidité de ce qui est affirmé.
Notre échange le montre justement : on se comprend, on se répond, mais on ne s’accorde pas sur ce qui compte comme cohérent.
Donc le langage permet l’interaction, mais ne suffit pas à trancher le désaccord sur la validité.
Ce n’est pas un faux dilemme : soit tu explicites des critères, soit tu restes dans une régulation par l’usage, qui dépend du contexte et des interlocuteurs.
Ce n’est pas arbitraire au sens total, mais ce n’est pas non plus contraignant au point d’exclure clairement une incohérence contestée.
Et c’est précisément le problème ici : on est sur un forum où des affirmations fortes sont posées.
Dans ce cadre, se contenter du fonctionnement du langage ne suffit pas, il faut pouvoir examiner ce qui est affirmé, pas seulement l’échanger, parce que sinon il n’y a pas de véritable discussion critique possible.
On reste alors dans une simple juxtaposition de discours : chacun affine, nuance, reformule, mais sans jamais pouvoir établir en quoi une position est plus cohérente ou mieux fondée qu’une autre.
Autrement dit, ça circule, mais ça ne tranche rien, et aucune erreur ne peut être réellement identifiée ni corrigée de manière contraignante.
___________________
vic a écrit :
Une idée non testable empiriquement ne pourra jamais devenir une connaissance.
Marmhonie a écrit : 13 avr.26, 19:04
Cette phrase est toxique et fausse.
D'abord elle réduit la connaissance à ce qui est mesurable, observable et testable empiriquement. Or, de nombreux domaines de connaissance ne relèvent pas de cette catégorie, comme les mathématiques où les théorèmes par exemple ne sont pas "testables empiriquement", mais sont pourtant des connaissances. Autre exemple dans la valeur d’une œuvre d’art ou d’un roman qui ne se mesure pas empiriquement alors qu'elle contribue à la connaissance humaine.
Tout à fait c'est pourquoi il faut se méfier des formules lapidaires.
Voici ce qu'il aurait été plus correct de dire :
Une idée non testable empiriquement ne pourra jamais devenir une connaissance
empirique ou
scientifique.
Marmhonie a écrit : 13 avr.26, 19:04
Autre hallucination typiquement toxique de nier les émotions, les croyances personnelles et les récits individuels des autres parce qu'ils ne sont pas "testables" : et pourtant ils sont essentiels pour comprendre la condition humaine.
Certes, mais ce que tu dis là a une limite. La sensibilité, l'émotion et le ressenti en général, servent parfois de justification à certaines croyances sur le monde où la vie, et sont présentées comme des vérités objectives. C'est là où une stricte analyse logique de la cohérence des discours en question s'impose, sans tenir compte de ce type de justification.
Marmhonie a écrit : 13 avr.26, 19:04
Enfin quelle errance d'éliminer ainsi trop de l’histoire, de la sociologie et de l’anthropologie parce qu'elles s’appuient souvent sur des interprétations et des récits, et pas seulement sur des données empiriques.
C'est pareil, il s'agit de discours. Il y a une pertinence à se contenter d'analyser déjà leur cohérence logique, car c'est souvent suffisant pour y déceler contradictions, incohérences, manque de fondement objectif, caractère interprétatif et erreurs de raisonnement.
Dans ce cas, c'est rédhibitoire.
Marmhonie a écrit : 13 avr.26, 19:04
Enfin, cette fausse affirmation toxique risque de légitimer une hiérarchie des connaissances. Mais alors, quelle serait-elle ? Eh bien, un système autoritaire d'exclusion de tout ce que le gourou ne supporte pas, et là où seule la science "dure" aurait de la valeur, ce qui est une forme d’impérialisme narcissique.
Je ne suis pas d'accord avec ta conclusion. C'est une possibilité, mais il est possible de distinguer certains types de discours et de les hiérarchiser en fonction de leur pertinence et cohérence rationnelle, de ce sur quoi ils portent et de ce sur quoi ils reposent et son construits.
Marmhonie a écrit : 13 avr.26, 19:04
Il y a enfin plus grave, ce qui n'a pas été vu. Car enfin la méthode empirique a aussi ses limites. Même en science, certaines théories reposent sur des modèles mathématiques ou des inférences qui ne sont pas directement observables. Par exemple en physique quantique l'indétermination par le nuage de probabilité est du hasard qui a le dernier mot. Enfin, est-il besoin de rappeler que toute science elle-même évolue, et ce qui est "non testable" aujourd’hui peut le devenir demain. L'histoire des sciences exactes empiriques avec la détection des ondes gravitationnelles in fine.
Oui.
Marmhonie a écrit : 13 avr.26, 19:04
La connaissance est par nature multiforme, à savoir certes rationnelle, empirique, mais aussi interprétative sans quoi il n'y aurait plus de sciences humaines, et enfin subjective. Autrement dit, affirmer à coup de "moi je" qu’une idée non testable empiriquement ne peut jamais devenir une connaissance est tout bonnement ignorer la richesse et la diversité des façons dont les humains comprennent le monde.
Non, ce qui relève de l'interprétation ne peut pas être qualifié de connaissance. C'est de l'ordre de l'opinion infondée et discutable.
.
- La réalité est toujours beaucoup plus riche et complexe que ce que l'on peut percevoir, se représenter, concevoir, croire ou comprendre.
- Nous ne savons pas ce que nous ne savons pas.
Humilité !
- Toute expérience vécue résulte de choix. Et tout choix produit son lot d'expériences vécues.
Sagesse !