J'm'interroge a écrit :Ce n’est pas une complication ajoutée, ni une construction théorique : c’est la distinction minimale entre ce qui est dit dans la forme de son expression, et ce qui est dit dans le sens de ce que cela est censé exprimer ou désigner.
Refuser cette distinction ne la fait pas disparaître.
vic a écrit : 20 mai26, 02:02
Mais je ne sais pas .
je n'ai jamais dit tout ce que tu me fais dire .
Refuser une distinction ?
Parce que je dis que "je ne sais pas " .
Tu en déduis tout ça ?
Tu n’es pas accusé de “dire autre chose” que “je ne sais pas”.
Le point est plus précis et plus simple.
Quand tu dis “je ne sais pas”, je ne tire pas une théorie cachée de ça. Je remarque seulement ceci :
- il y a un énoncé formulé
- cet énoncé apparaît dans l’échange
- il est donc identifiable comme événement de langage
Ça ne contredit pas ton “je ne sais pas”. Ça ne le transforme pas. Ça ne le complique pas.
C’est juste une distinction entre ce que tu exprimes en le disant et ce que tu dis dans la forme où tu le dis :
- contenu : suspension de savoir
- forme : production d’un énoncé dans le langage
Tu peux refuser de regarder cette distinction, mais elle reste là, comme fait trivial de l’échange lui-même.
Tu défends une position où toute distinction est suspectée d’être une construction ajoutée (convention, langage, découpage), jusqu’à vouloir dissoudre même les distinctions basiques de ce qui se présente indépandamment du langage, comme si rien n'apparaissait distinctement hors langage ou convention.
Cela fait glisser ton discours vers une position ontologisante inverse :
- soit il n’y a pas de structure du tout (flux pur, indifférencié)
- soit toute structure est imposée par le langage ou la convention
Tu passe d'une critique des constructions à une négation générale de toute différenciation vécue hors langage ou convention.
Autrement dit : tu veux éviter toute métaphysique de l’objet et du sujet mais tu la remplaces parfois une métaphysique du “flux sans aucune structure”.
Tu ne sais encore pas de quel pied danser effectivement.
C’est une inversion qui reste un pied dans une posture ontologique.
La position que je défends ici (dans mes termes) reste plus sobre :
Elle consiste à dire : pas de sujet substantiel, pas d’objets fixes, mais des différenciations apparaissantes non réductibles à un pur “rien distingué” théorique et creux.
C’est là que le désaccord se situe réellement.
Il n'y a aucune crainte ici de ne pas savoir quelque chose. Ce n'est pas du tout le point.
.
- La réalité est toujours beaucoup plus riche et complexe que ce que l'on peut percevoir, se représenter, concevoir, croire ou comprendre.
- Nous ne savons pas ce que nous ne savons pas.
Humilité !
- Toute expérience vécue résulte de choix. Et tout choix produit son lot d'expériences vécues.
Sagesse !