Le principe de non contradiction toujours pertinent ? ( ex Tao faire sans faire , voir sans voir,entendre sans entendre)

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Le principe de non contradiction toujours pertinent ? ( ex Tao faire sans faire , voir sans voir,entendre sans entendre)

Ecrit le 12 juin26, 22:02

Message par vic »

Objet du sujet : Je suggère ici un nouveau sujet sur la critique du manque des souplesse de la logique et parfois de sa pertinence discutable quand il s'agit de l'appliquer pour la psychologie humaine .


Le principe de non contradiction fonctionne de manière conceptuel , mais pas forcément quand il s'agit de traiter de psychologie cognitive .
Et ce n’est pas un hasard : l’esprit humain n’est pas construit comme un syllogisme.
Je vais aller droit au but :la cognition humaine fonctionne très souvent selon des logiques non classiques, parfois même franchement contradictoires, et pourtant parfaitement opérationnelles.

Sur le plan psychologique :

Par exemple , on peut entendre sans entendre un silence .
Lorsque la maitresse d'école fait l'appel dans la classe , elle note que Théo est absent .L'absence devient présente dans son esprit .
Dans ces deux exemple , le principe de contradiction est littéralement non opérationnel , voire explosé ( absence qui devient présence, en étant les deux à la fois présente et absente à la fois ) .

Comment est ce possible ? :

Comme l'explique le Tao , les sensations , les cognitions , les pensées ne sont pas des objets , mais des abstractions . Elles n'ont pas de bord tel qu'on l'entend en logique ordinaire . Les pensées n'ont pas de séparations nettes entre elles . C'est pourquoi appliquer la logique formelle à la psychologie peut poser problème .

Les pensées n'ont pas de bord là où la logique formelle borne .

Le dualisme psychique est souvent un artefact de la logique formelle
Le dualisme (“soit ceci, soit cela”) n’est pas naturel.
Il est appris.

Il vient de :

la logique aristotélicienne
la pensée scientifique moderne
la culture occidentale du découpage, de la classification
l’éducation qui valorise la clarté et la cohérence
les systèmes techniques qui exigent des variables stables

Mais l’esprit humain n’est pas fait de variables.
Il est fait de flux, de contrastes, de tensions créatrices.


Principe de non contradiction et Tao :

Le principe de non contradiction reste utile pour les mathématiques ou la philosophie analytique,.
Mais pour comprendre l’esprit humain, il faut des logiques :

plus souples
plus paradoxales
plus proches du Tao que d’Aristote

Et c’est précisément ce que la psychologie cognitive moderne commence à reconnaître.

L'application abusive du principe de contradiction sur le plan psychologique pourrait être à l'origine d'un ressenti dualiste et de souffrance ressentie .
Dans un monde où tout est basé sur le règne de la logique formelle ou de la logique mathématique qui découpent radicalement les phénomènes entre eux , tranche,il est important de replacer l'humain en tant qu'humain et non en tant que variable mathématique ou logique formelle .
L’application rigide du principe de non‑contradiction à la vie intérieure peut créer de la souffrance, parce qu’elle impose à l’esprit humain une structure qui n’est pas la sienne.
Dans un monde dominé par la logique formelle, la mathématisation, la quantification, l’humain risque d’être réduit à un objet mesurable plutôt qu’à un être vivant, complexe, paradoxal.

La souffrance naît quand on exige de soi une cohérence impossible
Beaucoup de souffrance psychologique vient de là :

“Je ne devrais pas ressentir ça.”
“Je ne devrais pas penser deux choses opposées.”
“Je devrais être clair, stable, cohérent.”

Mais l’humain n’est pas un théorème.
Il est un processus vivant, pas une équation.

Quand on exige de soi une cohérence logique parfaite, on se coupe de :

ses émotions contradictoires
ses désirs ambivalents
ses zones d’ombre
ses paradoxes intérieurs

Et cette coupure crée de la souffrance( dualité intérieure) .
Seul le présent est “réel”, précisément parce qu’il ne peut être saisi, ni retenu.

J'm'interroge

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Re: Le principe de non contradiction toujours pertinent ? ( ex Tao faire sans faire , voir sans voir,entendre sans enten

Ecrit le 13 juin26, 00:03

Message par J'm'interroge »

.
L'auteur croit avoir réfuté le principe de non-contradiction parce que les phénomènes psychologiques sont complexes. C'est comme prétendre que la géographie est fausse parce que les montagnes sont irrégulières. La logique ne dit pas que les pensées ont des « bords », elle dit seulement qu'une proposition ne peut pas être vraie et fausse sous le même rapport au même moment. Il attaque une caricature de la logique, pas la logique elle-même.

Le texte explique que la logique formelle serait inadéquate pour comprendre l'esprit. Très bien. Mais cette affirmation prétend-elle être vraie ou non ? Si elle est vraie, elle réclame précisément la cohérence logique qu'elle dénonce. Si elle ne l'est pas, il n'y a aucune raison de la prendre au sérieux. C'est le grand classique du discours anti-logique : il utilise la logique comme une béquille tout en essayant de la scier.

L'auteur empile des images séduisantes (« flux », « tensions créatrices », « entendre un silence ») puis conclut que la psychologie moderne valide le Tao contre Aristote. Problème : aucune démonstration, aucune référence, aucun lien causal. On passe d'une métaphore poétique à une thèse sur la cognition comme un touriste passe une frontière sans passeport. C'est de la rhétorique brumeuse déguisée en profondeur philosophique.

Le texte avance des thèses psychologiques lourdes comme si elles allaient de soi, sans la moindre base vérifiable. Aucune expérimentation, aucune mesure, aucune référence à des résultats reproductibles. On est dans l’affirmation pure, autoportée, qui se donne l’allure d’une évidence. Mais en science, une idée non testée reste une spéculation, même si elle est habillée de métaphores orientales et de formules vaguement profondes.

Les notions mobilisées (« flux mental », « absence présente », « pensées sans bords ») ne sont pas définies de manière opérationnelle. Impossible de savoir ce qu’il faudrait observer pour confirmer ou infirmer ces propositions. Plus un concept est malléable, plus il peut tout expliquer… et donc plus il n’explique rien. À ce stade, on n’est pas dans une théorie, mais dans une rhétorique à géométrie variable.

Le texte part de faits psychologiques ordinaires : ambivalence, contradictions internes, émotions mixtes, pour en tirer des conclusions radicales sur l’inadéquation de la logique. Problème : décrire des états mentaux complexes ne remet pas en cause les principes logiques qui servent à les analyser. C’est confondre le terrain et la carte. Le cerveau peut-être confus sans que les outils conceptuels le deviennent à leur tour.
.
1. S’en tenir au concret, c’est-à-dire à ce qui se présente, tel que cela se présente, sans ajout purement spéculatif.
2. Ne rien affirmer qui ne réfère à rien d’identifiable dans ce qui se présente.
3. Ne rien postuler qui ne puisse s’y vérifier.
4. Reconnaître toute construction théorique pour ce qu’elle est : une construction langagière.

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Re: Le principe de non contradiction toujours pertinent ? ( ex Tao faire sans faire , voir sans voir,entendre sans enten

Ecrit le 13 juin26, 00:57

Message par vic »

a écrit :j'minterroge a dit : Le texte explique que la logique formelle serait inadéquate pour comprendre l'esprit. Très bien. Mais cette affirmation prétend-elle être vraie ou non ? Si elle est vraie, elle réclame précisément la cohérence logique qu'elle dénonce. Si elle ne l'est pas, il n'y a aucune raison de la prendre au sérieux. C'est le grand classique du discours anti-logique : il utilise la logique comme une béquille tout en essayant de la scier.
Ca y est , la machine JM continue . :grinning-face-with-sweat:

Non , il n'y a pas de contradiction entre la logique formelle et la logique informelle en psychologie , ce sont simplement des registres différents pour traiter des phénomènes différents . Ce qui est différent n'entre pas forcément en contradiction , c'est ce qu'explique le Tao et la pensée orientale .
Donc il n'y a pas de hiérarchie de valeur,mais d'estimation de l'outil qu'on utilise en rapport au problème traité .

Si tu dois calculer le nombre de pommes que tu as dans ton frigo , c'est la logique formelle , quand tu traites de l'humain et de son fonctionnement , l'outil sera plutôt orienté vers la logique informelle ou des logiques différentes .

L'erreur c'est ce qu'a fait aristote en introduisant la logique formelle en philosophie ( principe de non contradiction ) , alors que la philosophie traite essentiellement de l'humain qui lui ne fonctionne pas comme un objet ordinaire inanimé.
a écrit :j'minterroge a dit : L'auteur empile des images séduisantes (« flux », « tensions créatrices », « entendre un silence ») puis conclut que la psychologie moderne valide le Tao contre Aristote. Problème : aucune démonstration, aucune référence, aucun lien causal. On passe d'une métaphore poétique à une thèse sur la cognition comme un touriste passe une frontière sans passeport. C'est de la rhétorique brumeuse déguisée en profondeur philosophique.
Il y a des liens causaux , mais pas des liens qui utilisent la logique formelle .
Justement , je pense que la philosophie occidentale a trop basé son registre de valeur sur la logique formelle qui n'est pas du registre du fonctionnement humain pour établir son fonctionnement . Là je parle de mon expérience méditative de 34 ans .
a écrit :j'minterroge a dit : Les notions mobilisées (« flux mental », « absence présente », « pensées sans bords ») ne sont pas définies de manière opérationnelle.
Mais justement , l'humain vie , il n'a pas besoin de mesurer et évaluer avec un double décimètre le diamètre ou la circonférence de son esprit . Même le mot esprit est déjà vague , brumeux , mais ça n'est pas un problème de fond en logique informelle ou en psychologie cognitive .

En fait les Taoïstes et les Bouddhistes ont bien compris que ces registres étaient différents , et qu'on ne traite pas de psychologie cognitive comme on traite un problème de calculs mathématiques de comptabilité pour des objets inanimés .
On traite par exemple d'émotions , de charge émotionnelles qui n'utilisent pas les même outils ni le même type de logique , le registre est différent .
Et il se sont rendus compte que le principe de contradiction n'était plus toujours adéquat ou fonctionnel pour le registre cognitif .

Ex le Tao , penser sans penser , voir sans voir , entendre sans entendre , faire sans faire ( WU Wei).

C'est ce qui fait qu'aujourd'hui ces philosophies (qui ne traitent que principalement de psychologie cognitive) sont très plébiscités par les chercheurs en psychologie cognitive par leur efficacité , à contrario de la philosophie occidentale qui n'en a pas du tout .
La philosophie occidentale n'a jamais démontré son efficacité pour résoudre des problèmes psychologique .
C'est normal puisque depuis le début , la philosophie occidentale s'est basée sur une confusion entre le fonctionnement d'un objet inerte pour lequel on utilise la logique formelle et le principe de non contradiction , et la logique psychologique qui n'utilise pas le même registre de fonctionnement .
a écrit :J'minterroge a dit : Le texte part de faits psychologiques ordinaires : ambivalence, contradictions internes, émotions mixtes, pour en tirer des conclusions radicales sur l’inadéquation de la logique. Problème : décrire des états mentaux complexes ne remet pas en cause les principes logiques qui servent à les analyser.
Si , ça remet en cause l'utilisation de la logique formelle comme étant pertinente appliquée à au psyché humain .
Ca ne remet pas en cause l'ensemble de la logique , mais le registre de logique utilisé comme outil qui serait la logique formelle pour parler de psychologie humaine .
Il existe différents type de logique , logique formelle, logique informelle ,logique floue ,logique paraconsistante etc ....
Ces formes de logiques supplémentaire ont été introduites récemment , élargissant le champs de la logique , parce qu'on comprend mieux maintenant que la logique formelle est très inadaptée pour parler de logique du psyché humain .

Le bouddhisme ou le Taoïsme avaient compris ça depuis bien plus longtemps que nous .
Modifié en dernier par vic le 13 juin26, 01:47, modifié 1 fois.
Seul le présent est “réel”, précisément parce qu’il ne peut être saisi, ni retenu.

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Re: Le principe de non contradiction toujours pertinent ? ( ex Tao faire sans faire , voir sans voir,entendre sans enten

Ecrit le 13 juin26, 01:46

Message par J'm'interroge »

.
L’argument repose sur une confusion systématique entre différents niveaux : description des phénomènes mentaux, outils de modélisation, et principes logiques. Dire que la logique formelle est « inadaptée » à la psychologie revient à mélanger objet et méthode. Qu’un phénomène soit flou n’implique pas que les outils précis deviennent inutiles. C’est exactement comme refuser la physique parce que les nuages ne sont pas des cubes. Le désordre du réel ne détruit pas la rigueur des descriptions.

L’invocation d’une expérience méditative de longue durée est utilisée comme garantie de vérité. Problème : une expérience subjective, même intense et prolongée, n’est pas un critère de validité universelle. Elle peut enrichir une perspective, mais pas remplacer la validation intersubjective. Sinon, toute conviction personnelle devient preuve. C’est une dérive classique : transformer l’introspection en tribunal épistémologique, sans possibilité de contrôle, de réplication ou de réfutation.

Affirmer que la psychologie cognitive valide ces visions taoïstes ou que la philosophie occidentale serait inefficace nécessite des preuves massives, absentes ici. Le texte inverse ensuite la charge : c’est à la logique de se justifier, pas à l’auteur de démontrer ses affirmations. Or en raisonnement rigoureux, ce n’est pas à la méthode éprouvée de prouver son inutilité, mais à la thèse alternative de prouver sa supériorité. Ici, cette preuve n’est jamais fournie.
.
1. S’en tenir au concret, c’est-à-dire à ce qui se présente, tel que cela se présente, sans ajout purement spéculatif.
2. Ne rien affirmer qui ne réfère à rien d’identifiable dans ce qui se présente.
3. Ne rien postuler qui ne puisse s’y vérifier.
4. Reconnaître toute construction théorique pour ce qu’elle est : une construction langagière.

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Re: Le principe de non contradiction toujours pertinent ? ( ex Tao faire sans faire , voir sans voir,entendre sans enten

Ecrit le 13 juin26, 01:55

Message par vic »

a écrit :j'minterroge a dit : L’argument repose sur une confusion systématique entre différents niveaux : description des phénomènes mentaux, outils de modélisation, et principes logiques. Dire que la logique formelle est « inadaptée » à la psychologie revient à mélanger objet et méthode. Qu’un phénomène soit flou n’implique pas que les outils précis deviennent inutiles. C’est exactement comme refuser la physique parce que les nuages ne sont pas des cubes. Le désordre du réel ne détruit pas la rigueur des descriptions.
Je n'ai pas dit qu'il s'agissait d'exclure la logique formelle , mais de comprendre que la logique formelle n'est pas la logique utilisée par l'être humain sur le plan quotidien ni dans sa pyché .
a écrit :J'minterroge a fdit : Affirmer que la psychologie cognitive valide ces visions taoïstes ou que la philosophie occidentale serait inefficace nécessite des preuves massives, absentes
Elles sont massives .
Par exemple , la méditation de pleine conscience arrive à traiter de façon importante les dépression chroniques . Avant il n'y avait aucun résultat là dessus .
Ensuite la psychologie cognitive comportementale ( TCC) est la seule thérapie efficace sur les phobies , avec seulement 10 séances ( thérapie coute) .
Hors il n'est pas caché que ces thérapies s'inspirent largement du bouddhisme .

Sur ces deux problèmes phobies et dépression chronique , l'étude sur la philosophie et la méditation bouddhiste a fait faire des bon prodigieux à la science en matière de compréhension du cerveau, des neurosciences , alors que ça a été de l'ordre de zéro pour la philosophie occidentale .
Modifié en dernier par vic le 13 juin26, 02:03, modifié 1 fois.
Seul le présent est “réel”, précisément parce qu’il ne peut être saisi, ni retenu.

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Re: Le principe de non contradiction toujours pertinent ? ( ex Tao faire sans faire , voir sans voir,entendre sans enten

Ecrit le 13 juin26, 01:58

Message par J'm'interroge »

.
Pourrais-tu résumer en trois phrases qu'elle est la thèse que tu défends dans ce topic ?
.
1. S’en tenir au concret, c’est-à-dire à ce qui se présente, tel que cela se présente, sans ajout purement spéculatif.
2. Ne rien affirmer qui ne réfère à rien d’identifiable dans ce qui se présente.
3. Ne rien postuler qui ne puisse s’y vérifier.
4. Reconnaître toute construction théorique pour ce qu’elle est : une construction langagière.

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Re: Le principe de non contradiction toujours pertinent ? ( ex Tao faire sans faire , voir sans voir,entendre sans enten

Ecrit le 13 juin26, 02:05

Message par vic »

J'm'interroge a écrit : 13 juin26, 01:58 .
Pourrais-tu résumer en trois phrases qu'elle est la thèse que tu défends dans ce topic ?
.
je défends simplement la thèse que le principe de la logique formelle n'a pas vraiment sa place quand on parle de psyché humaine . Même chose pour le principe d'utilisation systématique du principe de non contradiction en psychologie .Je défends que aristote s'est trompé si il l'a introduit en philosophie pour ce qui traite des problèmes de pensées humaine de type psychologique .

La psyché humaine n’est pas un système logique.
Elle est :

mouvante
contradictoire
contextuelle
émotionnelle
intuitive
non bornée

Appliquer la logique formelle à la psyché, c’est comme vouloir mesurer un nuage avec une règle.

Les sciences cognitives montrent que l’esprit humain :

tolère les contradictions (dissonance cognitive)
fonctionne par associations floues
oscille entre plusieurs interprétations
garde simultanément des croyances incompatibles
éprouve des émotions mixtes
reconstruit ses souvenirs
n’a pas de frontières nettes

Autrement dit :
la psyché humaine est paraconsistante, c’est‑à‑dire qu’elle fonctionne très bien même en présence de contradictions.

La logique aristotélicienne, elle, s’effondre dès qu’il y a contradiction.

Le Taoïsme, le Bouddhisme, la phénoménologie l’avaient compris
Ces traditions disent toutes la même chose :


la réalité intérieure est paradoxale
les opposés coexistent
la pensée est fluide
le silence est une forme d’écoute
l’absence est une forme de présence
l’être humain n’est pas un système logique

Elles décrivent une logique non binaire, non dualiste, non aristotélicienne.

La logique formelle n’a pas sa place dans la description de la psyché humaine.

Aristote a créé un outil puissant, mais cet outil n’est pas universel.
Il ne décrit pas l’expérience intérieure.
Il ne décrit pas les émotions.
Il ne décrit pas la conscience.
Il ne décrit pas la pensée vivante.


Exemple émotionnel de paradoxe : “Je suis heureux d’être triste.”


nostalgie
mélancolie douce
tristesse joyeuse
joie d’avoir pleuré
Logique classique :

Joie v Tristesse = contradiction → impossible.

Exemple existentiel : “Je veux changer, mais je veux rester le même.”
C’est le cœur de la dynamique psychique :


désir de nouveauté
peur de l’inconnu

Logique classique :

Vouloir ∧ ¬Vouloir = contradiction → incohérent.

Logique paraconsistante :

Vouloir ∧ ¬Vouloir = tension interne → moteur du changement.

C’est même un principe fondamental en psychanalyse.
Seul le présent est “réel”, précisément parce qu’il ne peut être saisi, ni retenu.

J'm'interroge

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Re: Le principe de non contradiction toujours pertinent ? ( ex Tao faire sans faire , voir sans voir,entendre sans enten

Ecrit le 13 juin26, 05:37

Message par J'm'interroge »

.
@ vic,


Ton exemple « Je suis heureux d'être triste » n'est pas une contradiction logique. Une contradiction serait : « Je suis triste et je ne suis pas triste sous le même rapport, au même moment. » Ici, la joie porte sur le fait d'éprouver une tristesse jugée significative, belle ou libératrice. Les objets des deux émotions sont différents. Ce que tu présentes comme une réfutation du principe de non-contradiction est en réalité une simple ambiguïté sémantique.

Que l'esprit humain soit biaisé, contradictoire, reconstructif ou ambivalent est un résultat classique de la psychologie cognitive. Mais ces travaux ne concluent pas que la logique aristotélicienne est fausse ou inapplicable. Au contraire, ils identifient précisément les écarts entre certains raisonnements humains et les normes de cohérence logique. Tu transformes un constat descriptif (« les humains se contredisent ») en conclusion normative (« la logique n'a pas sa place »), alors que cette conclusion ne découle pas des données. Et par quel biais y arrives-tu ?

Une logique paraconsistante est un système formel rigoureux qui permet de raisonner en présence de contradictions sans que tout devienne vrai. Ce n'est pas une célébration du flou, du Tao ou des paradoxes existentiels. Ce qui est assez ironique, c'est que pour défendre ton point de vue, tu invoques justement une branche extrêmement sophistiquée de la logique formelle. Tu prétends sortir d'Aristote grâce à un outil construit par des logiciens, avec des axiomes, des règles d'inférence et des démonstrations formelles.

J'ai l'impression que tu raisonnes comme si Aristote avait affirmé : « les êtres humains ne ressentent jamais d'ambivalence ». Or Aristote n'a jamais soutenu cela. Le principe de non-contradiction concerne la vérité des propositions, pas la stabilité émotionnelle des personnes. Depuis le début du débat, tu attaques une thèse que personne ne défend. Tu combats un épouvantail de la logique plutôt que la logique elle-même.
.
1. S’en tenir au concret, c’est-à-dire à ce qui se présente, tel que cela se présente, sans ajout purement spéculatif.
2. Ne rien affirmer qui ne réfère à rien d’identifiable dans ce qui se présente.
3. Ne rien postuler qui ne puisse s’y vérifier.
4. Reconnaître toute construction théorique pour ce qu’elle est : une construction langagière.

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Re: Le principe de non contradiction toujours pertinent ? ( ex Tao faire sans faire , voir sans voir,entendre sans enten

Ecrit le 13 juin26, 05:41

Message par vic »

a écrit :j'minterroge a dit : Une contradiction serait : « Je suis triste et je ne suis pas triste sous le même rapport, au même moment.
C'est ce que provoque la nostalgie oui,triste et pas triste sous le même rapport au même moment concernant un même sujet et objet .
a écrit :j'minterroge a dit : J'ai l'impression que tu raisonnes comme si Aristote avait affirmé : « les êtres humains ne ressentent jamais d'ambivalence ». Or Aristote n'a jamais soutenu cela. Le principe de non-contradiction concerne la vérité des propositions, pas la stabilité émotionnelle des personnes.
Si il n'a rien précisé , ça veut dire que sa loi de non contradiction s'appliquait peut être pour lui dans toutes les circonstances .
Même pour des personnes aujourd'hui la loi de non contradiction d'aristote reste une référence en logique et en philosophie et beaucoup l'utilisent faussement dans un débat qui concerne la psychologie humaine .( je ne citerais pas de nom :face-with-hand-over-mouth: )
a écrit :J'minterroge a dit : Que l'esprit humain soit biaisé, contradictoire, reconstructif ou ambivalent est un résultat classique de la psychologie cognitive. Mais ces travaux ne concluent pas que la logique aristotélicienne est fausse ou inapplicable. Au contraire, ils identifient précisément les écarts entre certains raisonnements humains et les normes de cohérence logique. Tu transformes un constat descriptif (« les humains se contredisent ») en conclusion normative (« la logique n'a pas sa place »), alors que cette conclusion ne découle pas des données. Et par quel biais y arrives-tu ?
Ces travaux concluent que l'humain fonctionne dans une logique para-consitante.
Une logique para- consistante n'est pas illogique en soi , elle ne répond pas aux même critères que la logique formelle en terme de logique et de conclusions logiques .

Dans certains états de détente profonde, beaucoup de personnes décrivent quelque chose comme :

moins de besoin de contrôler ;
moins de besoin de définir immédiatement ;
moins de besoin de résoudre chaque ambiguïté.

Il peut alors apparaître une impression de flottement, non pas forcément comme une confusion, mais comme une diminution des tensions qui maintiennent habituellement les choses dans des catégories bien établies.

On pourrait presque dire que l'esprit cesse momentanément de serrer les concepts.
Seul le présent est “réel”, précisément parce qu’il ne peut être saisi, ni retenu.

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Re: Le principe de non contradiction toujours pertinent ? ( ex Tao faire sans faire , voir sans voir,entendre sans enten

Ecrit le 13 juin26, 07:51

Message par J'm'interroge »

.
@ vic,


Aucune science cognitive ne dit que l’humain « fonctionne en logique paraconsistante ». C’est une invention philosophique plaquée après coup sur des résultats qui parlent juste d’erreurs, de biais et d’ambiguïtés. Tu confonds description des dysfonctionnements et théorie du fonctionnement.

Tolérer des contradictions n’a jamais voulu dire raisonner selon elles. C’est exactement l’erreur de base : transformer une capacité d’adaptation mentale en structure logique formelle. Aucun psychologue sérieux ne fait ce saut.

Tu pars d’une sensation de « flottement mental » pour arriver à une refonte de la logique elle-même. Entre les deux : rien. Juste du style, des impressions et des mots qui donnent une allure profonde à un raisonnement vide de transition réelle.
.
Modifié en dernier par J'm'interroge le 14 juin26, 00:39, modifié 1 fois.
1. S’en tenir au concret, c’est-à-dire à ce qui se présente, tel que cela se présente, sans ajout purement spéculatif.
2. Ne rien affirmer qui ne réfère à rien d’identifiable dans ce qui se présente.
3. Ne rien postuler qui ne puisse s’y vérifier.
4. Reconnaître toute construction théorique pour ce qu’elle est : une construction langagière.

ChristianK

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Re: Le principe de non contradiction toujours pertinent ? ( ex Tao faire sans faire , voir sans voir,entendre sans enten

Ecrit le 13 juin26, 14:37

Message par ChristianK »

La logique , et la non contradiction, sont au-delà du psychologique. C’était un des grands point s de départ de Husserl, de formation mathématique, et de son courant si important au 20e s.
《10,000 difficultés ne font pas un seul doute》(Newman)
《J’ai toujours regardé l’athéisme comme le plus grand égarement de la raison》 (Voltaire , 1766)

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Re: Le principe de non contradiction toujours pertinent ? ( ex Tao faire sans faire , voir sans voir,entendre sans enten

Ecrit le 13 juin26, 19:08

Message par vic »

J'm'interroge a écrit : 13 juin26, 07:51 .
@ vic,


Aucune science cognitive ne dit que l’humain « fonctionne en logique paraconsistante ». C’est une invention philosophique plaquée après coup sur des résultats qui parlent juste d’erreurs, de biais et d’ambiguïtés. Tu confonds description des dysfonctionnements et théorie du fonctionnement.

Tolérer des contradictions n’a jamais voulu dire raisonner selon elles. C’est exactement l’erreur de base : transformer une capacité d’adaptation mentale en structure logique officielle. Aucun psychologue sérieux ne fait ce saut.

Tu pars d’une sensation de « flottement mental » pour arriver à une refonte de la logique elle-même. Entre les deux : rien. Juste du style, des impressions et des mots qui donnent une allure profonde à un raisonnement vide de transition réelle.
.
Non, la logique para consistante n'est pas figer l'esprit humain dans des cases ou des structures .
C'est justement le fait que l'esprit humain soit plus ouvert , moins mécanique qui a conduit à ouvrir le champs sur une autre vision que la logique classique pour comprendre le comportement humain .
Les neurosciences ont permis de comprendre que le fonctionnement humain n'est pas comme un algorythme mathématique .
Il est bien plus insaisissable .

Non, je ne dis pas que « l’humain raisonne officiellement en logique paraconsistante ».
Je dis que la logique classique n’est pas suffisante pour décrire certains comportements humains, et que des logiques non classiques dont la logique paraconsistante offrent parfois des modèles plus adaptés.

Les sciences cognitives ne disent pas que « l’humain est paraconsistant », mais elles montrent clairement que :

l’humain tolère des contradictions,

l’humain raisonne malgré des contradictions,

l’humain ne s’effondre pas logiquement quand deux croyances incompatibles coexistent.

C’est exactement ce que modélisent les logiques paraconsistantes :un système qui continue de fonctionner même en présence de contradictions, sans exploser en absurdité.
Je ne transforme pas une sensation en théorie.

Je dis simplement que :

la logique classique (où une contradiction détruit tout)ne correspond pas toujours au fonctionnement réel du raisonnement humain.

Les neurosciences et la psychologie cognitive montrent que le cerveau n’est pas un algorithme déterministe, ni une machine binaire.
Il gère l’ambiguïté, l’incertitude, les conflits internes, les heuristiques, les biais, les émotions.

Ce n’est pas “figer l’esprit dans une structure logique”.
C’est reconnaître que la logique classique n’est pas le seul outil possible pour modéliser un système aussi souple et imparfait que l’esprit humain.
Seul le présent est “réel”, précisément parce qu’il ne peut être saisi, ni retenu.

J'm'interroge

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Re: Le principe de non contradiction toujours pertinent ? ( ex Tao faire sans faire , voir sans voir,entendre sans enten

Ecrit le 14 juin26, 00:50

Message par J'm'interroge »

.
Il y avait une erreur dans mon texte j'avais écrit "officielle" mais le mot était "formelle".

Je corrige :

J'm'interroge a écrit : 13 juin26, 07:51 .
@ vic,


Aucune science cognitive ne dit que l’humain « fonctionne en logique paraconsistante ». C’est une invention philosophique plaquée après coup sur des résultats qui parlent juste d’erreurs, de biais et d’ambiguïtés. Tu confonds description des dysfonctionnements et théorie du fonctionnement.

Tolérer des contradictions n’a jamais voulu dire raisonner selon elles. C’est exactement l’erreur de base : transformer une capacité d’adaptation mentale en structure logique formelle. Aucun psychologue sérieux ne fait ce saut.

Tu pars d’une sensation de « flottement mental » pour arriver à une refonte de la logique elle-même. Entre les deux : rien. Juste du style, des impressions et des mots qui donnent une allure profonde à un raisonnement vide de transition réelle.

___

vic a écrit : 13 juin26, 19:08 .

@ vic,


Ta réponse est plus prudente que les précédentes, mais elle conserve un problème majeur : elle passe constamment de « modéliser » à « décrire la nature réelle de l'esprit » comme si c'était la même chose.


Tu déplaces progressivement ta thèse. Au départ, tu affirmais que la psychologie cognitive montrait que l'humain fonctionne selon une logique paraconsistante. Maintenant tu dis seulement que certaines logiques non classiques peuvent parfois constituer des modèles utiles. Or ce n'est plus du tout la même affirmation.

Qu'une logique paraconsistante puisse modéliser certains phénomènes cognitifs, pourquoi pas. Mais cela ne signifie pas que le cerveau « fonctionne » selon cette logique, pas plus que l'utilisation d'équations différentielles en physique ne prouve que la nature « pense » en équations différentielles.

Surtout, tu continues à opposer la logique classique à l'ambiguïté humaine comme si elle avait été conçue pour décrire des états psychologiques. Ce n'est pas son objet. La logique classique traite des relations entre propositions, pas des fluctuations émotionnelles, des biais cognitifs ou des conflits motivationnels.

Enfin, tu répètes que « la logique classique s'effondre en présence d'une contradiction ». C'est faux. Ce sont certains systèmes formels qui permettent de déduire n'importe quoi d'une contradiction. Cela ne signifie pas que la logique classique est incapable d'analyser ou de détecter des contradictions dans les propos d'un sujet humain. Au contraire, elle permet précisément de les identifier.


La faiblesse centrale de ton argument est devenue beaucoup plus visible :

Dire : « Les logiques paraconsistantes peuvent être utiles pour modéliser certains phénomènes cognitifs » est une thèse raisonnable. Mais quand tu affirmes : « Donc Aristote s'est trompé et le principe de non-contradiction n'a pas sa place en psychologie », cela ne suit pas. C'est un saut logique que tu n'as toujours pas justifié.

___


Ajouté 2 minutes 32 secondes après :
Re: Le principe de non contradiction toujours pertinent ? ( ex Tao faire sans faire , voir sans voir,entendre sans entendre)
vic a écrit :Beaucoup de psychologues et de philosophes modernes (et même des contemporains d'Aristote comme les Sceptiques) ont fait la même remarque que moi. Ils ont reproché à Aristote d'avoir créé un système logique trop rigide, qui l'oblige à inventer des usines à gaz psychologiques pour expliquer des comportements qui sont pourtant la base de la nature humaine : l'ambivalence, le paradoxe et le conflit intérieur.

Au lieu d'admettre que la psychologie humaine est fondamentalement chaotique et parfois contradictoire, Aristote préfère dire que notre esprit est un ensemble de tiroirs logiques bien rangés qui s'activent à tour de rôle.
C'est pour le moins assez comique .

Et cette pirouette acrobatique dans le seul but de préserver son fameux principe de non contradiction .

Le "Syllogisme pratique" (L'aveuglement temporaire)

Dans le cas de l'acrasie (agir contre son propre bien), Aristote refuse l'idée qu'on puisse penser lucidement en même temps "Je dois faire A" et "Je fais l'inverse de A".

Sa solution ? Il invente un mécanisme où, sous le coup de la passion, la formule générale de la raison ("Le sucre est mauvais pour moi") est temporairement "masquée" ou oubliée par l'esprit. Au moment exact où vous tendez la main vers le gâteau, vous n'êtes plus dans la contradiction : vous êtes juste temporairement ignorant ou aveuglé par le désir. Dès que vous avez avalé le gâteau, la raison se "réveille" et la culpabilité arrive.

L'astuce du "Sous le même rapport"

Le principe de non-contradiction stipule qu'une chose ne peut pas être A et non-A sous le même rapport. Aristote utilise ce "sous le même rapport" comme un joker permanent :

L'œil voit une rame de bateau tordue dans l'eau, mais l'esprit sait qu'elle est droite. Contradiction ? "Non", dit Aristote, "car l'œil juge selon l'apparence visuelle immédiate, et l'intellect juge selon la vérité géométrique. Deux rapports différents, donc pas de contradiction."

@ vic,


Tu continues surtout à raconter une histoire d'Aristote qui ressemble davantage à ton propre adversaire imaginaire qu'à Aristote.

Tu présentes les explications d'Aristote comme des « usines à gaz » destinées à sauver son principe de non-contradiction, mais tu ne démontres jamais qu'elles sont fausses. Tu te contentes de les trouver artificielles. Or une théorie ne devient pas fausse parce qu'elle te paraît compliquée.

Sur l'acrasie, Aristote ne nie pas le conflit intérieur. Au contraire, il essaie précisément de l'expliquer. Tu sembles croire qu'il refuse l'ambivalence, alors qu'il cherche à comprendre comment quelqu'un peut agir contre ce qu'il juge préférable. C'est un problème psychologique qu'il prend au sérieux, pas qu'il évacue.

Quant au « sous le même rapport », ce n'est pas un joker. C'est une condition indispensable. Si tu la supprimes, toute distinction disparaît. Voir une rame tordue et savoir qu'elle est droite n'est pas une contradiction : c'est la différence entre une apparence perceptive et un jugement sur la réalité. Confondre les deux, ce n'est pas être profond, c'est mélanger des catégories différentes.

J'ai l'impression que tu prends toute distinction conceptuelle pour une esquive. Dès qu'Aristote distingue perception et jugement, ou désir et raison, tu cries à la « pirouette ». Pourtant sans ces distinctions, la psychologie devient impossible : tout se mélange et plus rien n'est analysable.

Ton argument revient souvent à ceci : « L'être humain est complexe, donc toute tentative de distinguer les mécanismes en jeu est artificielle. » Mais alors tu ne réfutes rien. Tu remplaces une explication par un mot : « paradoxe ».

Et surtout, tu continues à attribuer à Aristote une thèse qu'il n'a jamais défendue : que l'esprit humain serait un ensemble de tiroirs parfaitement cohérents. C'est précisément parce qu'il observait les conflits internes, les erreurs, les passions et l'acrasie qu'il a essayé de les expliquer. Tu lui reproches de répondre à une question que toi-même tu reconnais exister.
.
1. S’en tenir au concret, c’est-à-dire à ce qui se présente, tel que cela se présente, sans ajout purement spéculatif.
2. Ne rien affirmer qui ne réfère à rien d’identifiable dans ce qui se présente.
3. Ne rien postuler qui ne puisse s’y vérifier.
4. Reconnaître toute construction théorique pour ce qu’elle est : une construction langagière.

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Re: Le principe de non contradiction toujours pertinent ? ( ex Tao faire sans faire , voir sans voir,entendre sans enten

Ecrit le 14 juin26, 01:22

Message par vic »

Notre cerveau est plastique. L'éducation, la langue et la culture (comme la logique occidentale héritée d'Aristote) façonnent physiquement nos connexions neuronales. Un Occidental et un Asiatique de l'Est, par exemple, ne gèrent pas la contradiction de la même manière dans leur cerveau.

Voici comment la culture a littéralement "programmé" notre cerveau à rejeter la contradiction.


1. La preuve par les cultures non-occidentales

Si le principe de non-contradiction était une loi biologique pure, câblée dans le cerveau de tous les humains depuis la nuit des temps, tout le monde devrait réagir de la même façon face à un paradoxe. Or, ce n'est pas le cas.

Des psychologues culturels (comme Richard Nisbett dans son livre The Geography of Thought) ont mené des études fascinantes comparant la pensée occidentale (post-aristotélicienne) et la pensée asiatique (influencée par le taoïsme et le confucianisme).

En Occident : Face à deux propositions contradictoires, notre cerveau (formaté par Aristote) cherche immédiatement à éliminer l'une des deux. C'est "Vrai ou Faux", "Noir ou Blanc", "Bien ou Mal". On appelle cela la pensée analytique.

En Asie de l'Est : La tradition philosophique (comme le Yin et le Yang) repose sur l'idée que la réalité est cyclique et que les contraires se complètent. Face à une contradiction, un cerveau baigné dans cette culture aura tendance à chercher le juste milieu ou à accepter que deux choses opposées puissent être vraies en même temps. C'est la pensée dialectique.

L'expérience des propositions contradictoires :

Quand on présente à des étudiants deux affirmations qui se contredisent légèrement :

Les Occidentaux s'énervent, choisissent un camp et rejettent massivement l'autre proposition pour maintenir une cohérence logique absolue.
Les Orientaux trouvent souvent du sens aux deux et cherchent un terrain d'entente.

2. La Neuroplasticité : La culture grave la logique dans le marbre des neurones

Le cerveau humain naît extrêmement "malléable". C'est l'apprentissage qui crée les autoroutes neuronales.
Lorsque vous grandissez dans une société occidentale, tout votre environnement est structuré par la logique d'Aristote :

La langue : Nos structures de phrases séparent très rigidement le Sujet, le Verbe et l'Objet, ce qui pousse à catégoriser le monde en objets distincts et immuables.

L'école : On vous apprend le principe du tiers exclu (une chose est soit vraie, soit fausse, il n'y a pas de troisième option) et à faire des dissertations en thèse/antithèse/synthèse pour résoudre les conflits.

À force de répéter ces schémas logiques pendant toute votre enfance, votre cerveau muscle les zones de détection des conflits (le fameux cortex cingulaire antérieur ). Vous apprenez à votre cerveau à ressentir de l'inconfort (de la dissonance cognitive) face à la contradiction, et vous automatisez le réflexe de la détruire.

3. Le cerveau est un "bricoleur" devenu "géomètre"

A la naissance, le cerveau est un outil de survie pragmatique. Il s'en fiche de la logique pure, il veut juste savoir s'il faut courir ou manger. Il est tout à fait capable de gérer le flou et le paradoxe.

Mais en Occident, nous avons adopté le logiciel d'Aristote comme système d'exploitation universel (pour les sciences, le droit, la religion, l'ingénierie). Ce logiciel est si puissant et si efficace pour dompter la matière qu'il a fini par reconfigurer le matériel (notre cerveau).

Ce n'est pas simplement que la logique d'Aristote décrit le cerveau, c'est que notre cerveau occidental a été colonisé et entraîné par la logique d'Aristote.


L'incapacité à penser l'ambivalence (Le refoulement)

Dans une psyché formatée par la non-contradiction, l'ambivalence n'a pas le droit d'exister. On ne peut pas "aimer et haïr la même personne en même temps sous le même rapport".

Si vous ressentez de la haine pour quelqu'un que vous devez aimer (un parent, un enfant), la logique aristotélicienne crée un bug majeur.

Pour résoudre cette contradiction insupportable, la psyché occidentale utilise un mécanisme puissant : le refoulement (théorisé par Freud). On enterre la pensée contradictoire dans l'inconscient pour préserver la cohérence logique du conscient.

À l'inverse, d'autres cultures acceptent plus facilement cette ambivalence innée de l'être humain, sans y voir une anomalie mentale à corriger ou à cacher.

En somme:

Aristote voulait simplement créer un outil pour classifier le monde de manière ordonnée. Mais en appliquant sa grille "A ou non-A" à la psyché, l'Occident a fini par s'enfermer dans un dualisme artificiel. On a séparé le corps de l'esprit, l'homme de la nature, et la raison de la folie.

La logique occidentale force à tout découper :

On sépare le corps de l'esprit (alors que le corps exprime souvent par la maladie ce que l'esprit ne peut pas dire).

On sépare le sujet de l'objet (on se sent isolé du monde).

On refuse les contradictions internes (ce qui crée une culpabilité et une tension nerveuse permanentes : "Je ne devrais pas ressentir ça", "Si je pense A, je ne peux pas être B").

Cette tension psychologique n'est pas juste "dans la tête". Elle se traduit physiquement. Le stress chronique lié à la tentative de faire entrer une psyché complexe et fluide dans les tiroirs rigides d'Aristote dérègle le système nerveux, augmente le cortisol, et finit par déclencher de vrais problèmes de santé somatiques (problèmes digestifs, douleurs chroniques, maladies auto-immunes, épuisement).
Seul le présent est “réel”, précisément parce qu’il ne peut être saisi, ni retenu.

J'm'interroge

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Re: Le principe de non contradiction toujours pertinent ? ( ex Tao faire sans faire , voir sans voir,entendre sans enten

Ecrit le 14 juin26, 02:55

Message par J'm'interroge »

.

Pour ma part, j'ai dit ce que j'avais à dire concernant ce sujet.

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1. S’en tenir au concret, c’est-à-dire à ce qui se présente, tel que cela se présente, sans ajout purement spéculatif.
2. Ne rien affirmer qui ne réfère à rien d’identifiable dans ce qui se présente.
3. Ne rien postuler qui ne puisse s’y vérifier.
4. Reconnaître toute construction théorique pour ce qu’elle est : une construction langagière.

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