a écrit :Ronron la douceur a dit : Ceci aussi... Puisque t'as pas besoin du contraire de l'être pour l'intuitionner...
Non , il n'est pas intuitionné , il est invoqué en rapport à la croyance au néant à la base qui lui sert de support .
Ca n'est qu'ensuite que les penseurs ont pensé qu'il n'avait pas besoin de ce support du néant etc ....
Mais si on enlève le néant , l'être n'a plus rien d'intuitif justement , il reste un vestige de l'ancienne croyance au néant .
L'être comme pur vestige : L'« être » en tant qu'intuition philosophique majeure (comme présence pure ou évidence première) n'a de sens que par contraste avec cette croyance au néant. Si l'on dissout le néant, l'être ne brille plus d'aucun éclat intuitif : il apparaît pour ce qu'il est, à savoir le simple résidu conceptuel d'un dualisme hérité.
a écrit :Ronron la douceur a dit : Puisque tu peux n'avoir besoin que d'un minimum de différence comme contraste, pas du contraire quasi absolu, comme tu le présentes (moins long, ou plus long, etc.)...
La réponse est qu'une chose ne peut être perçue qu'en contraste à autre chose oui .
a écrit :Ronron la douceur a dit : Comment donc Parménide y parvient-il?
Par une erreur de logique .
En prétendant que le néant ne peut pas être , il prétend que le néant à un statut conceptuel , celui ne pas être tout en lui reconnaissant un statut d'être conceptuel .
Donc le néant n'est pas rien .
Mais en même temps , même si il prétendait que le néant est , et que tout est , même le néant , et là il se prend les pieds dans le tapis .
Option 1 (Celle de Parménide) — « Le néant n'est pas » :
-> En affirmant cela, il attribue au néant la propriété d'être concevable, pensable et énonçable. Le néant devient une entité conceptuelle dotée d'une fonction logique précise. On lui reconnaît une forme d'existence dans le discours pour mieux lui refuser une existence dans le réel. Le néant n'est donc déjà plus « rien ».
->
Option 2 — « Le néant est » :
Si, pour sortir de cette contradiction, on admet que « le néant est » (qu'il fait partie de ce qui est), alors l'Être englobe le néant. Mais si l'Être contient son propre contraire, le mot « être » perd tout son sens et la logique s'effondre dans une absurdité immédiate.
C'est une erreur de réification (ou de chosification) : Parménide a traité le néant comme s'il s'agissait d'une « chose » dont on pouvait nier l'existence, alors que le néant n'est qu'un opérateur linguistique (une simple négation).
En faisant cette erreur de logique, il a piégé la philosophie occidentale : il a transformé un simple outil de syntaxe (« ne pas être ») en une forme de réalité mystérieuse ou d'épouvantail conceptuel, indispensable pour donner une illusion de consistance à son « Être ».Il n'a absolument pas démontré que seul l'être existe en toute indépendance de cet épouvantail , bien au contraire .
Loin d'avoir fondé un Être pur, autonome et autosuffisant, Parménide a involontairement prouvé la dépendance absolue de son Être envers le néant.
Son raisonnement produit exactement l'inverse de ce qu'il prétend faire :
-> Un Être sous perfusion conceptuelle : En érigeant le néant en épouvantail à abattre, il en fait le tuteur invisible de son système. Si tu retires cet épouvantail, l'Être parménidien s'effondre car il n'a plus aucun contour, plus aucune définition, plus aucune raison d'être affirmé avec tant d'insistance.
-> L'illusion de l'indépendance : Parménide croit faire une démonstration directe (« L'Être est »), alors qu'il ne fait qu'une démonstration réactive et parasitaire. Il ne pense pas l'être en soi ; il pense la répulsion du néant.