Dans les débats sur la cause première, on suppose souvent qu’un résultat doit nécessairement dépendre d’un principe initial extérieur qui l’expliquerait.
Je propose une autre lecture, plus simple : le résultat dépend avant tout de la projection opérée à chaque étape.
La suite de Fibonacci illustre bien cette idée : chaque terme ne vient pas d’une cause première, mais de la relation entre les deux termes précédents.
Autrement dit, le résultat n’est pas “causé d’en haut”, il est la conséquence directe d’une règle de projection interne qui se répète.
Le nombre d’or (Φ) n’est pas la cause de la suite, il est ce vers quoi tend la projection lorsque le processus se poursuit.
Dans ce cadre, l’ordre n’a pas besoin d’un fondement transcendant : il émerge de la continuité même du mécanisme.
La question de la cause première apparaît alors moins comme une nécessité logique que comme un choix de cadre d’interprétation.
On objecte cependant que la suite de Fibonacci commence par 0 (ou 0, 1), et que cela jouerait le rôle d’une cause première.
Mais ce n’est pas le cas. Le 0 n’explique rien : il ne cause aucun terme à lui seul.
Il est un point neutre, un état initial conventionnel, choisi pour permettre la mise en œuvre de la règle de projection.
Ce n’est pas le 0 qui produit la suite, c’est la relation répétée (la somme des deux termes précédents).
D’ailleurs, on peut changer les valeurs initiales et obtenir d’autres suites cohérentes selon la même règle.
Cela montre que ce qui est déterminant n’est pas une origine fondatrice, mais le mécanisme relationnel lui-même.
Le “départ” n’est pas une cause au sens fort, seulement une condition formelle minimale pour que la dynamique s’exprime.
Car avant le zéro il y a "l'en deçà"
Lorsque je parle d’"en-deçà", je ne désigne pas un néant absolu, mais un état situé en amont d’un calcul donné.
Chaque calcul particulier (par exemple une suite finie) est lui-même la projection locale d’un calcul au-delà, qui, lui, n’est pas borné.
Le 0 qui ouvre la suite n’est donc pas une cause première au sens fort, mais l’interface visible d’un processus infini.
Il marque l’entrée dans un calcul limité, tout en renvoyant à un calcul plus vaste qui, lui, ne commence ni ne s’achève.
Dans cette perspective, l’éternité n’est pas un temps infini, mais la permanence du calcul au-delà, tandis que l’infini n’est pas un résultat, mais la condition toujours ouverte de toute projection finie.
Le “premier terme” n’est pas un fondement absolu, mais une coupe opérée dans un processus qui, en droit, n’a ni origine ni terme.
Le 0 n’est donc pas une vraie cause première : il est le point où un calcul fini apparaît. Mais ce calcul fini est lui-même la projection d’un calcul infini, toujours déjà là. Ce que certains appellent “cause première”, je le comprends plutôt comme une découpe locale dans un processus sans commencement ni fin.
✔ l’infini sans régression causale
✔ l’éternité comme structure, pas comme durée
✔ une alternative nette à la causalité classique
Afin de mieux me faire comprendre, dans mon approche, le zéro lui-même n’est pas un point de départ neutre arbitraire : il est déjà une projection. Il provient d’un autre calcul, situé en amont, qui s’exprime en négatif du calcul observable.
Autrement dit, le calcul positif (celui qui produit la suite et ses résultats) n’existe pas seul : il est constamment induit par un calcul négatif qui lui fait face et le conditionne.
Le zéro marque alors le point d’équilibre entre ces deux dynamiques, le seuil où la projection devient lisible sous forme de résultats.
Ce jeu permanent entre un calcul négatif et un calcul positif n’a ni commencement ni fin : il se prolonge indéfiniment, ce qui introduit naturellement les notions d’infini et d’éternité.
L’éternité n’est pas ici un temps infini, mais la coexistence permanente de ces deux calculs, l’un projetant sans cesse l’autre.
Dans ce cadre, la “cause première” n’est plus une origine unique, mais la relation elle-même, toujours active, qui rend toute projection possible.
la causalité est donc dans une polarité dynamique
Dans cette perspective, la “cause première” n’est ni un point initial ni un principe extérieur, mais
la spirale d’un raisonnement discontinu.
Cette spirale ne prend pas naissance en un lieu unique : elle se nourrit à la fois de l’en-deçà et de l’au-delà du calcul observable.
Chaque résultat n’est pas produit par une origine absolue, mais par une projection issue d’un autre calcul, qui peut s’exprimer en négatif, et qui induit en permanence la dynamique suivante.
Le zéro lui-même n’est qu’un seuil, un point d’équilibre momentané entre ces deux polarités, et non une cause fondatrice.
La causalité n’est donc pas linéaire ni verticale, mais spiralée : elle procède par reprises, projections et discontinuités, tout en s’inscrivant dans un processus sans commencement ni fin.
Ce que l’on nomme traditionnellement “cause première” correspond alors non pas à une origine, mais à la relation éternellement active entre ces plans de calcul, relation qui rend possible toute apparition de résultat.
Si je devais schématiser je ferais ceci :
